Mes pilotes de légende

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Mes pilotes de légende

Messagepar DD » 25 Nov 2008 00:16

Quand j'étais gamin, mon rève c'était d'ètre pilote de chasse ! Je suis nul en Anglais, pas trés fort en mathématiques, deux disciplines incontournables pour s'envoyer en l'air, mais je vous jure que pour arriver à ce rève, j'aurai fait en sorte d'ètre le meilleur dans ces matières. Malheureusement une myopie catastrophique m'a écarté à jamais des voies du ciel. J'en ai gardé une profonde prostration sur le sujet, mais le virus de l'aviation, c'est comme la malaria, on n'en guérit jamais.
On n'aurait jamais fait une histoire de l'aviation sans les avions, mais sans pilotes, ce n'aurait pas été mieux. J'ai une immense admiration pour ces pilotes de légendes pour lesquels le fait de voler incluait de mourir aux commandes de leurs avions. Il leur fallait du courage, de la détermination, de l'abnégation et une science énorme pour se risquer sur des routes jamais parcourues, explorer des domaines de vol jamais atteint, ou partir pour des missions qui avaient toute les chances d'ètre la dernière.
Oui vraiment, ce sont des pilotes de légendes. Tous: Français, Anglais, Américains, Japonais, Italiens et bien d'autres, civils et militaires, connus et inconnus, je veux vous les faire découvrir, et vous dire pourquoi ils sont admirables.
Et s'il faut une seule raison, c'est que c'est grace à eux que l'aviation est ce qu'elle est aujourd'hui, et que c'est avant tout une extraordinaire aventure humaine.
Comme pour mes avions de légende, je vais citer pas mal de pilotes militaires, ce qui est quelque peu en contradiction avec mon coté pacifiste. Pour résoudre ce paradoxe, je citerai un pilote dont j'ai oublié le nom et qui disait en substance:"quand vous ètes engagés en combat aérien, vous cherchez à abattre une cible. Mais lorsque il se met a flamber, et vous pensez au gars qui est dedans. Et c'est un vrai soulagement quand vous voyez un parachute se déployer".
Oui, c'est un monde à part, le monde des pilotes ou les adversaires d'hier peuvent tomber dans les bras l'un de l'autre le lendemain, un monde fait de respect et que Pierre Closterman résumait en parlant d'un adversaire tombé en combat quelques jours avant "Si ce gars là avait été de notre coté, il aurait faiit un bon copain"
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Messagepar DD » 27 Nov 2008 00:51

Le plus grand pilote du monde
Qui était-il ? Voilà une question que je me suis posé durant pas mal d'années. Etait-ce Eric Hartman, Chuck Yeager, Pierre Closterman ? Ou encore : Jean Mermoz, Amy Johson ou Howard Hugues, autant de pilotes dont je compte vous parler au fil du temps ? Voilà a une question a laquelle il est bien difficile de répondre, tant les corconstances doivent se préter à ce qu'un pilote puisse faire quelque chose d'exceptionnel.
Et puis un jour, j'ai eu le déclic; Pour moi, les pilotes que j'ai cité sont des grands pilotes parce qu'ils ont atteint le summum de la maitrise de leurs machines respectives. Mais un TRES grand pilote, sera amené à faire avec son avion quelque chose qu'il ne peut normalement PAS faire. Et j'en ai vu un dans ce cas.
Il y a quelque temps dans un documentaire "spécial catastrophes" un pilote de ligne dont je n'ai hélas pas noté le nom s'est retrouvé dans une situation de cauchemar. Pour une raison inconnue, ses commandes se sont bloquées en position léger virage, rendant l'avion ingouvernable. Son avion était un biréacteur, de la meme classe qu'un Boeing 767 ou un airbus A300 (je n'ai pas noté non plus, pas de jaloux...) avec plus de cent passagers a bord. Seules répondaient les commandes des gaz des réacteurs.
Il a alors fait quelque chose d'impossible ! Il a réussi a controler l'avion simplement en jouant sur la poussée des réacteurs. Schématiquement sur un biréacteur, on pousse les gaz; l'avion monte, on les baisse, il pique du nez; on augmente la poussée d'un coté pour virer de l'autre coté. Puis toujours sur ses seuls moteurs, il a réussi a aligner son avion pour l'atterissage.
La suite... est plus conforme a ce qu'on peut attendre. Forcé d'arriver trop vite, aligné comme il pouvait, l'avion s'est lourdement vautré sur la piste et s'est embrasé. Un tiers des passagers a survécu au crash.
Le plus terrible c'est qu'aujourd'hui encore le pilote se reproche de n'avoir pu sauver la vie de tous ses passagers. Eh bien moi je le dit respectueusement: ce type est un héros ! Il a fait quelque chose d'impossible, que personne d'autre n'aurait pu faire, en sauvant la vie de nombreux pasagers. Normalment, ils auraient du tous mourir. C'est un pilote exceptionnel, un TRES GRAND pilote, et mon seul regret est de ne pas avoir retenu son nom pour le citer ici.
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Messagepar DD » 29 Nov 2008 00:30

Pierre Closterman

Pilote de chasse durant la deuxième guerre mondiale, fondateur de la compagnie "Reims Aviation" aprés guerre et écrivain, c'était Pierre Closterman. J'ai dévoré son livre "Le grand cirque" une dizaine de fois quand j'étais adolescent, une chronique du quotidien de ces pilotes, des conditions du combat aérien de l'époque. J'en ai retenu que pour ètre un grand pilote, il faut avoir la chance avec soi.
Et Closterman était un grand pilote. Engagé dans les forces françaises libre en 1942, il a terminé la guerre avec un score de 33 victoires homologuées ce qui fait de lui le premier as français. Débutant d'abord comme sergent pilote au sein du groupe "Alsace", il fut ensuite détaché dans la Royal Air Force et connut l'honneur de commander une escadre de chasse, avec la fonction de Wing Commander, soit l'équivalent de colonel/lieutenant colonel alors qu'il n'était officiellement que lieutenant dans l'armée de l'air française ! Et la chance ? Elle s'est manifestée à plusieurs reprises, puisqu'il a été abattu sans dommage physique à deux reprises, auxquels j'ai noté au moins deux atterrissages en détresse dont un faillit mal se terminer, touché à plusieurs reprises par les tirs des chasseurs ennemis, épargné par la "flak" (la DCA allemande) et se sortit miraculeusement vivant d'un accrochage en vol avec un autre avion lors d'une parade aérienne aprés la guerre. Ce fut ce dernier évènement qui le conduisit à quitter l'armée de l'air. "C'était le dernier avertissement d'un sort qui se lassait" pour reprendre ses termes.
Chance encore ? Le 1er janvier 1945, la Luftwaffe lança sa dernière attaque massive, engageant prés de huit cent chasseurs et bombardiers contre les terrains d'aviation alliés. Les chiffres les plus fantaisistes sur le bilan de cette attaque se trouvent dans diverses sources. 200 allemands abattus pour 200 alliés, certains chiffres vont jusqu'à 600 avions allemands abattus, chiffres balancés par une censure affolée "et dont les escadrilles se moquaient encore trois mois aprés". Closterman rectifie les données de façon beaucoup plus abrupte. Les alliés pour le citer perdirent prés de 800 appareils au prix de 97 appareils allemands abattus. Tous les terrains alliés avaient été sévèrement bombardés sauf trois, dont le sien. Et son escadre par miracle faisait un raid en force sur l'Allemagne ce jour là. Durant une semaine, les forces alliées furent pratiquement sans couverture aérienne. Mais la Luftwaffe était à bout, elle n'avait pas les moyens d'exploiter cet avantage. Il n'empèche: l'escadre de Closterman durant cette phase assura pratiquement seule l'offensive aérienne et perdit au mois de janvier "18 pilotes et 24 avions". Closterman passa au travers de l'hécatombe.
Dans "le grand cirque" on discerne l'état d'esprit qui régnait au sein des escadrilles, mais aussi le grand respect qui régnait entre les adversaires des deux bords. Cet état d'esprit s'est manifesté aprés guerre quand Closterman rencontra une autre légende de l'air, Ernst Rudel ancien pilote de Stuka dont les exploits lui avait valu d'avoir sa tète mise à prix par les russes ! Les deux anciens adversaires tombèrent dans les bras l'un de l'autre.
Pierre Closterman a effectué son "dernier décollage" il y adeux ans... Il reste pour moi l'exemple type du pilote de chasse, de ce que j'aurai voulu ètre. Et je ne doute pas une seule seconde que ses anciens camarades, tout comme ses anciens adversaire sont venus l'accueillir pour l'escorter au paradis des pilotes...
http://fr.wikipedia.org/wiki/Closterman_Pierre
(*) Jacques Remlinger cité dans l'article de Wikipedia a été désigné comme le pilote ayant attaqué sur une route le maréchal Rommel alors qu'il revenait d'urgence d'Allemagne suite au débarquement allié. Blessé, Rommel ne put commander les troupes allemandes à un moment crucial. Le "shoot of the war" comme disait Closterman a peut-ètre pesé lourd dans l'issue de la bataille de Normandie.
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Messagepar DD » 02 Déc 2008 00:51

Douglas Bader
J'ai une immense admiration pour ce pilote anglais de la deuxième guerre mondiale inconnu du grand public. Pourquoi admiration ? Eh bien ce n'est pas pour ses 22 victoire aériennes confirmées, ni pour son sens tactique hors du commun qui lui fit modifier les méthodes de combat de la RAF, ni parce qu'il était bien plus agé que ses camarades pilotes, ni parce qu'il participa a toutes les combats de la bataille d'Angleterre, ni pour ses décorations, ni parce qu'il commanda quatre escadrilles avec le grade de Wing Commander, ni parce que.... C'est déjà pas mal hein ?
Tombé en France en 1941 aprés etre entré en collision avec un chasseur allemand au cours d'un combat, il est capturé et envoyé à la forteresse de Colditz. Aprés guerre, il fut nommé group captain avant de quitter la RAF.
Oui mais et le pourquoi de l'admiration dans tout çà ? Eh bien voilà: en 1931, il fut victime d'un grave crash, et tout ceci a été accompli alors qu'il était amputé des deux jambes...........
http://fr.wikipedia.org/wiki/Douglas_Bader
Fait chevalier de l'empire britannique, légende vivante de son temps, il est pour moi l'incarnation de ce qu'est capable un courage et une volonté indomptable.
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Messagepar DD » 10 Déc 2008 00:15

Jean Mermoz
Sans doute un des aviateurs les plus connus. Même si vous ne vous interessez pas à l'aviation, vous avez entendu parler de ce pilote, legende de l'aviation autant que pour moi.
Mais.... dois-je le dire ? Mermoz me laisse des sentiments mitigés. Force est de constater que je lui doit le respect par sa capacité à forcer le destin. Au cours de sa carrière, il l'a forcé plus d'une fois, ouvrant des routes inconnues dés que la technique l'a permis. Il a inauguré le vol de nuit commercial à une époque ou en principe on ne volait pas de nuit. Il a forcé l'Atlantique sud avec un hydravion alors que l'avion pouvait faire la traversée de justesse, puis plus tard avec "l'arc en ciel" premier appareil commercial "terrestre" à voler sur cette même route. Sans doute avez vous entendu parler de son atterrissage forcé au coeur des Andes ce qui lui a valu de réparer et de redécoller de justesse d'un champ de neige aprés trois jours de bricolage en haute montagne ! Oui vraiment, Mermoz mérite l'admiration pour avoir ainsi forcé le destin.
Seulement...un jour, il vous ratrappe et se venge. Devenu chef pilote d'air France, il continuait a piloter sur "sa" ligne régulièrement et son dernier vol sur le "Croix du sud" était un nouveau défi. En effet ce jour là, aprés avoir déjaugé et pris son cap au dessus de la mer, Mermoz fit demi-tour, une fuite d'huile s'étant déclarée sur le moteur arrière droit, au niveau d'un arbre d'hélice. La réparation fut menée tambour battant, trés (trop ?) vite, Mermoz impatient, pressant les mécanos de terminer au plus vite (le courrier !). Toujours est-il qu'aprés etre reparti, lors d'une de ses vacations, la "croix du Sud" envoyait cet ultime message "Coupons moteur arrière droit".
Le reste est du ressort des spécialistes des accidents aériens. D'aprés eux, la "croix du sud" avait besoin à l'heure de sa disparition de ses quatre moteurs. On pense généralement que, perdant de l'altitude, Mermoz a redémarré le moteur malgré la fuite d'huile. Et cet arbre d'hélice n'étant plus lubrifié a fini par casser projetant l'hélice sur la carlingue de l'hydravion causant des dégat irrémédiables qui ont provoqué la chute immédiate. Si ce scénario est exact, ce que j'en retiens, c'est que Mermoz a pris un risque inconsidéré, un de trop, il a fait une faute et l'a payée cash. On ne joue pas impunément avec le destin...
http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Mermoz
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Messagepar DD » 11 Déc 2008 01:11

Erich Hartmann
C'est un pilote qui a servi dans la Luftwaffe durant la seconde guerre mondiale de 1940 à 1945. Sa particularité ? Il possède le plus important tableau de chasse de toute l'histoire de l'aviation avec 352 victoires !
Est-il pour autant le plus grand pilote de tous les temps ? Je ne sais pas. C'est certainement un trés grand pilote, se sortir vivant du jeu de massacre du front soviétique n'a pas été donné à tous les pilotes, mais ce tableau de chasse doit ètre relativisé. Primo, il faut tenir compte que les missions et donc les combats étaient beaucoup plus fréquents sur le front russe que sur le front de l'ouest. Deuxio, le nombre de "cibles" était trés important, et les stratèges allemands avaient d'ailleurs gravement sous-estimé les effectifs de l'aviation russe avant l'opération Barbarossa, et la Luftwaffe a détruit des quantités pharamineuses d'avions russes... moins vite que les russes ne les produisaient ! Enfin tertio, la qualité de la Luftwaffe au début de l'invasion était bien supèrieure à celle de l'aviation soviétique. Ses avions volaient plus vite et plus haut, étaient mieux équipés, ses pilotes mieux entrainés et aguerris, ce qui valut à de nombreux pilotes allemands de dépasser les cent victoires homologuées. Mais celà n'eut qu'un temps et à partir de 1943, la Luftwaffe et l'aviation russe se battirent à égalité.
Ce qui fit la différence pour Hartman et d'autres "as" allemands, c'est l'expèrience. Dans les armées alliées, les pilotes s'engageaint par une sorte de contrat pour des "tours d'opération". Par exemple, les équipages de bombardiers américains signaient pour 25 missions de bombardement, aprés quoi, leur contrat rempli, ils étaient affectés à l'instruction ou a d'autres taches... libres à eux de signer pour un nouveau tour d'opération. La Luftwaffe par contre "a été trés cruelle envers ses pilotes, les faisant voler littéralement jusqu'à la mort. La contrepartie étant que ceux qui survivaient avaient une expèrience extraordinaire et qu'en face d'eux, un pilote ordinaire n'avait aucune chance".(Interview de Pierre Closterman)
Ce qui est surprenant dans la "réussite" de Hartman, c'est que ce tableau impressionnant fut établi en respectant des règles basiques trés simple. Dans une interview donnée quelques années aprés guerre, il expliquait sa méthode, "toujours la même, voler plus haut que l'adversaire, attaquer plus vite que lui par derrière en piqué, le dos au soleil, reprendre l'altitude et chercher une autre cible, en résistant à l'envie suicidaire de revenir achever un adversaire endommagé, perdre ainsi l'avantage de vitesse et risquer de se retrouver à la merci de ses équipiers", tous principes ennoncés déjà en 1917 par les premiers théoriciens du combat aérien. J'en retiens qu'en aéronautique, les manoeuvres les plus simples sont aussi les plus efficaces. Et au fond, dans la vie quotidienne c'est assez vrai dans tous les domaines
http://fr.wikipedia.org/wiki/Erich_Hartmann_(aviateur)
Sur le lien, vous avez le choix entre deux homonymes. Cliquez sur l'aviateur. Sachez que sa tète avait été mise à prix par les soviétiques a l'instar de plusieurs autres as allemands. Les russes ont été assez mauvais joueurs... et vous noterez l'attitude ignoble des américains à cet égard...
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Messagepar DD » 13 Déc 2008 00:17

Le plus grand pilote du monde ?
Peut-etre était-ce celui-là ? Encore hélas une séquence que j'ai prise par hasard et ou le nom du pilote m'a échappé. Je sais juste qu'il était canadien, pilote de ligne aux commandes d'un biréacteur de la classe A300 ou B767, le genre d'avion qui emporte cent cinquante personnes en moyenne.
Tous les pilotes de lignes ne sont pas des as parait-il. Mais celui-là a fait quelque chose d'extraordinaire. Ce jour là, suite à des évènements dont je n'ai pas le détail, il s'est trouvé dans une situation incidentelle exceptionelle: il a totalement perdu ses deux réacteurs, ainsi que le groupe de puissance auxiliaire ce qui fait qu'il s'est retrouvé sans la moindre alimentation électrique de son avion ! Imaginez les conséquences: instruments et cadrants morts, plus la moindre indicateur fonctionnant, toutes les commandes électriques inopérantes, bref il s'est retrouvé aux commandes d'un pavé...
L'ultime secours, ce fut un petit aérogénérateur, autrement dit une petite hélice escamotable manuellement, accouplée à un alternateur, qui actionnée par la vitesse de l'avion a pour fonction de fournir une alimentation électrique minimale pour les équipements d'urgence. La encore, j'ignore pour quelle raison celà ne permettait pas de relancer les réacteurs. Le pilote s'est donc retrouvé aux commandes d'un planeur de cent tonnes; une paille.
La bonne nouvelle, c'est qu'un jet peut ètre manoeuvré en vol plané sur d'assez grandes distance. Un terrain se trouvant à portée de vol, si on peut appeler çà ainsi, le pilote a commencé sa descente. Le problème, c'est qu'on ne ralentit pas un jet comme çà, qui dévalle du ciel comme un boulet de canon. Il faut utiliser les aérofreins, baisser les volets de courbure ce qui sans électricité suffisante est complètement impossible. La conclusion c'est que le jet aurait abordé la piste a trés grande vitesse et la catastrophe aurait été innévitable.
Pour arriver à freiner son avion, le pilote a alors fait une manoeuvre que l'on utilise sur les planeurs ou les petits avions de voltige. Il a mis son avion en glissade sur l'aile afin de faire jouer au fuselage le role d'un frein aérodynamique ! Techniquement, le principe est simple. On met le manche sur le coté pour incliner l'avion, un peu de palonnier dans l'autre sens pour le faire glisser et on controle légèrement avec le manche un peu dans le ventre. Il ne reste plus qu'à maintenir subtilement cette attitude, tout en jouant légèrement sur ces trois axes pour lui faire suivre la trajectoir voulue ! Simple n'est-ce pas ?
Si vous aviez été témoins extèrieurs, vous auriez vu l'avion arriver "en travers", progressant plus ou moins en crabe, une aile gracieusement inclinée vers le sol. Vous auriez pensé que tout celà allait se terminer par une boule de feu et une première page dans les journaux et vous auriez eu raison. Mais alors qu'à l'intèrieur, les passagers transpiraient l'Ave Maria et que ceux qui étaient du "bon coté" admiraient les véhicules de secours postés le long de la piste, au dernier moment, le pilote profitant du reste de sa vitesse a tranquilement rétabli l'avion en vol horizontal stable avant de faire un atterrissage d'anthologie, quoique avec une longueur de roulage plus élevée que d'habitude.
Chapeau Commandant.

NB: le plus drole, c'est que le temps d'embarquer les passagers sur un autre avions, ils sont arrivés à destination avec assez peu de retard ! Il y en a juste quelques uns qui se sont dégonflés et ont préféré prendre le train, et ma foi, je ne leur en voudrais pas... Mais tous sont arrivés a destination vivants et ce grace au sang-froid et au savoir-faire d'un pilote exceptionnel.
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Messagepar DD » 16 Déc 2008 00:34

Helene Boucher
Certains pilotes peuvent devenir légendaire pas forcément par leur talent de pilote mais pour leur capacité à atteindre les sommets en partant de rien. C'est le cas d'Hélène Boucher, jeune fille d'origine modeste, qui à force de privations, d'entètement et de courage a atteint les plus hauts sommets de l'aviation.
Entre les deux guerres, de 1932 à 1934 elle s'est lancée à corps perdu dans la vitesse pure pour parvenir un jour à devenir "l'ètre humain le rapide du monde", au nez et à la barbe de tous les meilleurs pilotes masculins de la planète. C'était une pèriode ou les foules du monde entier se passionnaient pour les courses aériennes, et les recherche de performances en durée, altitude et vitesse. Le 11 aout 1934 Hélène Boucher sur Caudron "Rafale" battait le record du monde de vitesse sur base à la vitesse de 445 Km/h
Le Rafale de 1934 n'avait rien a voir avec le jet ultra-moderne actuel. C'était à l'instar des autres avions de compétition de l'époque un petit avion, trés fin, avec des ailes réduites à l'extrème, trés difficile à piloter qui exigeait une trés grande maitrise du pilotage. Une infime minorité de pilote était capable de piloter ces avions. Comme on dit actuellement, il fallait "en avoir" ! Et pourtant ! Il est bluffant de constater que cette jeune fille dotée de tous les handicap ait pu par sa seule volonté et son talent atteindre les sommets de la gloire.
Sa vie est également un exemple de la mentalité qui régnait parmi les pilotes de l'époque, ou l'on dépassait sans cesse ses limites, celles de sa machine, ou l'on découvrait tout. Ils étaient préts au sacrifice. "La mort était dans le contrat", pour paraphraser le livre de François Cevert. Elle confia un jour à un proche "Je sais que j'y passerai comme les autres. Il n'y aura pas d'exception pour Helène Boucher"
Il n'y a pas eu d'exception. Ses ailes se sont brisées quelque jours plus tard. Elle avait 26 ans.
http://fr.wikipedia.org/wiki/H%C3%A9l%C3%A8ne_Boucher
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Messagepar DD » 19 Déc 2008 00:25

Le plus grand pilote du monde ?

Encore un dont j'ignore le nom et qui a fait quelque chose d'impossible. C'est un pilote de voltige dont j'ai vu la video récement. On y voit un de ces petits avions de voltige, trés fins, trés légers, effectuant sa présentation enchainant accrobaties sur accrobaties, tonneaux à facettes, boucles vrillées et autres ressources brutales. Et justement sur une des boucle, l'avion s'engage dans une ressource serrée... et perd une aile.
L'aile droite s'est arrachée au ras du fuselage... Désemparé, l'avion tombe comme une feuille morte. Circonstance dramatique, il est trop bas pour sauter en parachute, il est perdu. Vous vous doutez comment çà va se terminer ?... Eh bien vous avez tort.
Sauf... sauf qu'à un moment donné, je ne sais pas comment a fait le pilote, son avion se retrouve avec le nez en l'air, chutant sur sa queue, et il donne un grand coup de gaz, ralentissant ainsi sa chute et tombant un peu comme un hélicoptère, suspendu à son hélice, et avec une certaine dérive horizontale. C'est dans cette configuration que la queue de l'avion touche le sol. Va savoir ce qui s'est passé ? Est-ce le choc ? Ou le pilote a t-il donné un coup de palonnier ? Toujours est-il que l'avion bascule du coté de son aile valide, touche "à plat" la piste avec ses roues... et s'immobilise trente mètres plus loin, sans autre dégat qu'une solide balafre sous la dérive ! Et le pilote coupe (tranquilement ?) son moteur et descend de son avion.
Un atterrissage somme toute normal, si l'on excepte l'absence de son aile droite ! Eh bien, si un pilote exceptionnel se reconnait au fait qu'il est capable de faire avec son avion quelque chose qu'il est impossible de faire, alors celui là est certainement le plus grand pilote du monde.

Mais en fait, on ne saura jamais qui était le plus grand. Un pilote Allemand de la Luftwaffe de la deuxième guerre mondiale l'a bien résumé lors d'une interview. Au journaliste qui lui demandait s'il pensait avoir été le plus grand, il a répondu en substance "il faut beaucoup de chance pour devenir un grand pilote. Il faut avoir le temps d'apprendre le métier. Si les évènements vous permettent d'acquérir suffisament d'expèrience, vous aurez une chance d'ètre un pilote reconnu. Mais le plus grand pilote du monde, c'est peut-ètre un type qui s'est tué sur éclatement d'un pneu à son premier décollage"..........................................
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Messagepar DD » 19 Déc 2008 23:30

Heinz Knocke
Heinz Knocke n'est pas le plus connu des pilotes de la Luftwaffe, mais une de ses particularités est d'avoir eu une carrière d'écrivain, tout comme Clostermann et d'autres de ses semblables. Ce qui veut dire que les pilotes ont toujours quelque chose à racconter !
Sa carrière a été relativement courte en ce sens qu'il ne s'est battu que sur le front Ouest et seulement aprés la bataille d'Angleterre. Gravement blessé fin 1944, il a fini la guerre en convalescence. Quoique ayant remporté un certain nombre de ses victoires face à des chasseurs anglais ou américain, il a été essentiellement confronté aux B17 "forteresses volantes" qui commençaient à cette époque à sèrieusement ravager les villes allemandes. Sous son commandement et à sa demande, son escadrille fut affectée en priorité à l'attaque des bombardiers lourds. On lui "doit" ainsi qu'à quelques autres, si j'ose dire la mise au point des attaques dites frontales, une tactique redoutable mais qui necessitait une trés grande habileté. Dans ce type d'attaque, les chasseurs allemands attaquaient de front les forteresses volantes, exercice extrordinairement difficile car du fait de leurs vitesses respectives, les attaques se faisaient à une vitesse relative de 1000 Km/h, ce obligeait les chasseurs à viser et tirer seulement en quelques secondes.
Plus inattendu également, il fut à ma connaissance le premier à lancer... des bombes sur les bombardiers. Drole de retour à l'envoyeur ! La technique consistait à emporter une bombe à retardement et à la lacher au-dessus des formations serrées, bombe réglée de façon à exploser à l'altitude des bombardiers. Même si la bombe ne frappait pas directement un B17, la déflagration suffisait à les endommager suffisament pour les abattre. Les ailes notament ne resistait guère, et plus d'un B17 tomba les ailes arrachées. Toutes les bombes ne furent pas des coups au but, mais trois bombardiers abattus avec une seule bombe n'était pas rare. La tactique était néanmoins dangereuse, car la phase d'allignement du chasseur au-dessus des formations le livrait aux mitrailleurs alliés ce qui occasionait quelques trous de balles bien mérités !
En 1944, les choses commencèrent à se gater sèrieusement pour la Luftwaffe. Les Messerschmidt 109 et Focke Wulf 190 devaient affronter des chasseurs alliés de plus en plus nombreux avant de pouvoir s'attaquer aux bombardiers. Celà valut à Knocke d'ètre abattu en flammes par un Thunderbolt américain, mais il eut le temps avant de s'ejecter d'abattre son vainqueur alors que son Messerschmidt flambait comme une torche ! Parachutés à peu de distance l'un de l'autre, les deux hommes échangèrent un moment et partagèrent du chewing-gum en attendant les soldats de la Wermacht !
J'ai lu un de ses livres dont le titre français est "La grande chasse". L'impression que j'en retire est que l'attaque des forteresses volantes était une véritable partie de roulette russe. On a souvent évoqué les pertes terribles subies par les bombardiers alliés, mais la Luftwaffe ne fut pas en reste. L'explication est simple: dans des affrontements entre chasseurs, c'est le meilleur qui gagne en général, mais la plupart du temps l'un des deux adversaire rompt le combat à court, soit de munitions ou d'essence. Entre chasseurs et bombardiers, rien de pareil. Les mitrailleuses lourdes des Forteresses Volantes et des Liberators ne faisaient pas de différence entre les vétérans et les débutants. Petit à petit, les "as" de la Luftwaffe furent soient blessés ou tués, et le nombre de pilotes expérimentés chuta dramatiquement. Il y avait toujours autant d'avions et de pilotes, mais la qualité globale n'était plus la même. C'est dans ce contexte que Knocke fut abattu et blessé de façon définitive une dernière fois. Sa guèrison complète ne s'est faite qu'aprés guerre. La Luftwaffe a été usée par la chasse alliée, mais aussi de façon non négligeable, par les mitrailleurs des bombardiers lourds anglais et américains.
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Messagepar DD » 29 Déc 2008 00:38

Chuck Yeager
Charles "Chuck" Yeager restera certainement un nom connu longtemps dans l'histoire de l'aviation. Il est le premier homme a avoir franchi le mur du son sur le Bell X1, et au cours de sa carrière, on prétend qu'il a piloté tout ce qu'il vole.
Il a une acuité visuelle exceptionelle, de 20/10 parait-il. Il a fait une partie de la deuxième guerre mondiale avec treize nombre de victoire et terminé sa carrière d'aviateur avec le grade de général. Il aurait surement fait partie de ces milliers de pilotes anonymes s'il n'avait pas rejoint le corps des pilotes d'essais de l'US Air Force. C'est là qu'il eut l'occasion de réaliser l'exploit qui l'a rendu célèbre.
Il faut bien se rendre compte du courage ou l'inconscience qu'il fallait à l'époque pour ètre pilote d'essai, en charge de franchir le mur du son. C'était une partie de roulette russe, car en réalité personne ne savait ce qu'il se passerait de "l'autre coté". Certains pensaient même qu'il était impossible de franchir le mur du son et que l'on ne pourrait jamais que s'en approcher. Et les évènements semblaient leur donner raison. Nombre de pilotes se sont tués à l'approche de ce fameux mur du son, ou au mieux se sont retrouvés en slip accrochés à leur parachute. Dans ces conditions que Yeager et quelques autres se soient lancé dans la recherche des hautes vitesses, sachant qu'ils risquaient leur vie à pile ou face (*) est absolument admirable. Ou consternant. Déjà, j'estime qu'il ne faut pas ètre sain d'esprit pour se faire larguer à 10000 mètres d'altitude à bord d'une balle de fusil géante avec un moteur fusée derrière soi toujours prèt à vous péter dans le dos. Encore plus fou, et qui n'aurait aucune chance de se produire aujourd'hui, Yeager a piloté le Bell X1 avec deux cotes
fracturée ! Héritage d'une chute de cheval la veille ou l'avant veille qui l'a obligé à s'installer dans le cockpit du X1 en s'aidant d'un manche de rateau ! Le plus beau: en redescendant vers la base en vol plané, puisque plus de carburant dans le moteur fusée, il s'est permis de faire un tonneau lent, à l'image de ce que font les pilotes de chasse quand ils remportent une victoire !
Par la suite, il a porté le record de vitesse à mach 1.5. Puis dans les années cinquante, il eut l'opportunité de rejoindre le premier groupe d'astronautes, aux coté de John Glenn et autres Alan Shepard. Il refusa pretextant qu'il n'était pas un homme canon, et que çà ne l'interressait pas parce que ce n'était pas du pilotage ! Avec le recul ce fut une erreur, çà aurait été le couronnement de sa carrière, car le public se désintéressa des hautes vitesses pour se passioner pour les astronautes. Quelques années plus tard, il l'a regretté lorsque les navettes sont entrées en service car celà redevenait du pilotage, mais il était alors dit-il "hélas trop vieux"
Je vous invite à voir le téléfilm "l'étoffe des héros" ou son personnage est longuement évoqué. C'est je crois assez réaliste de l'état d'esprit qui régnait alors dans le milieu trés spécial des pilotes d'essai. Vous y verrez également que Yeager est un miraculé et qu'il ne faisait pas toujours bon de taquiner les "nombre de mach" impunément...

(*) j'ai entendu cette expression dans la bouche d'un ancien pilote d'essai, peut-etre Yeager lui même qui précisait que le dé était pipé de telle façon qu'il y avait un coté "pile" pour dix coté "face" !
(**) Yeager a reçu le titre "d'as" en un seul jour. Escortant les B17 au-dessus de l'Allemagne, il partit en avance pour reconnaitre l'opposition éventuelle, et surprit un groupe de chasseurs Allemand en attente d'interception. Il attaqua et en abattit cinq en quelques rafales ! Lorsque ses équipiers admiratifs lui reprochèrent de ne pas les avoir attendu, il rétorqua "qu'il n'y avait pas assez d'Allemands pour tout le monde" !
http://www.aeromovies.fr/articles.php?pg=27&lng=fr
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Messagepar DD » 15 Jan 2009 00:26

Scott Crossfield

Crossfield a été le premier homme a dépasser mach 2. Mais il est surtout entré dans la légende en étant le pilote qui a eu l'honneur de voler pour la première fois sur le X15 .

C'est surtout pour moi l'incarnation du sang froid et de la maitrise imperturbable dont est capable de faire preuve un pilote. Et pourtant, il fallait du courage ou de l'inconscience pour se lancer à des vitesses jamais atteintes à bord d'un suppositoire bourré de carburant toujours prèt à vous péter dans le dos, transformé en barbecue géant, sans savoir ce qui allait se passer ! Je l'ai vu une fois pendant une interview dans un documentaire consacré au X15. Ce type n'avait pas de nerfs ! Qu'on en juge:

Lors d'un des tout premier vol du X15 il a été confronté lors de la procédure d'atterrissage à un problème qui aurait terrifié plus d'un pilote. Le X15 fut victime d'une panne d'un de ses équipements qui l'a affligé d'un mouvement de tangage incontrolable. Grossièrement, l'avion se mettait en piqué, puis cabrait et recommençait suivant un cycle de l'ordre de trois secondes. J'ai vu la vidéo, mais je n'ai pas pu remettre la main sur le lien. Tout ce que pouvait faire Crossfield, c'était garder le controle de la direction et trés vaguement de sa vitesse de descente. Normalement çà aurait du se terminer par un crash. Il s'en est tiré en réglant la vitesse de descente du X15 de telle sorte qu'il touche le sol alors qu'il était en position "cabré" ! Et il a réussi.

Une autre preuve ? Lors des premiers vol, le X15 a volé avec un moteur fusée provisoire. Le définitif n'arrivant que plus tard. Lors d'un essai au sol alors qu'il était aux commandes, le moteur fusée lui explose dans le dos ! La partie avant du fuselage est projetée avec son pilote à plusieurs mètres. Crossfield est choqué, mais vivant. Quinze jours plus tard, il effectue un vol pour de bon avec un autre exemplaire équipé du nouveau moteur fusée...

L'ironie du sort, c'est qu'aprés avoir défié la mort à plusieurs reprises dans ces courses folles, cette dernière l'a rattrapé il y a quelques années à bord d'un petit avion de tourisme lors d'un vol à priori sans histoire.

Le calme qui se dégageait de Crossfield est impressionnant. Il racontait ces anecdotes d'une voix posée, toujours égale sans manifester la moindre émotion. Sa modestie m'a impressionné. Il n'était pas à l'époque pilote militaire, mais chef des pilotes d'essai de North Américan, le constructeur du X15. Il avait participé activement à la conception et la réalisation de l'avion-fusée. Le X15 était en quelque sorte son "bébé". Mais quand on lui demandait sa profession, il répondait calmement: "Ingénieur"...

http://fr.wikipedia.org/wiki/Albert_Scott_Crossfield
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Messagepar DD » 26 Jan 2009 09:48

Maryse Bastie
Pilote de raid pendant l'entre deux guerres, elle a battu plusieurs records de distances. Mais son plus bel exploit est son record de durée avec un vol de 37h55.
37h55 minutes ! Pouvez vous vous imaginer tourner en rond au-dessus d'un aérodrome sur un petit machin de 40cv, le tiers de la puissance de votre voiture, pendant plus d'un jour et demi, dans le froid, les courbatures, les hallucinations. Vos mains sont à vif a force de tenir le manche. Pour ne pas vous endormir, vous vous aspergez les yeux a l'eau de cologne. C'est dans ces conditions que Maryse Bastié à établi ce record entre le 2 et le 4 septembre 1930, battant au passage tous les pilotes, homme et femmes.
Et encore: hésitant a chaque tout de piste entre continuer et atterrir, ce fut son avion qui décida: il était en panne sèche.
Pilote de légende, instructeur, résistante, capitaine dans l'armée de l'air, j'ai été toujours bluffé par le courage et la détermination de cette femme et la salue respectueusement.
Ironie du sort, aprés avoir défié la mort dans tous les cieux du monde, c'est en France que ses ailes se sont brisée. Comme passager.....
http://fr.wikipedia.org/wiki/Maryse_Bastie
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Messagepar DD » 05 Fév 2009 23:47

Clarence Mac Cluskey
Mac Cluskey est la démonstration éclatante du facteur "chance" dans la carrière d'un pilote et un seul jour a suffi pour lui apporter la célébrité. Il était chef d'une escadrille de bombardiers en piqués embarqué à bord de l'Enterprise engagés par les américains lors de la fameuse bataille aéronavale de Midway au début de Juin 1942. Cette bataille est devenue mythique car elle fut un tournant dans la guerre du Pacifique et par les pertes subies des deux cotés. Les américains perdirent prés de la moitié de leurs avions embarques et le porte-avion Yorktown, mais les japonais perdirent quatre de leurs porte-avions de première ligne avec tous leurs équipages embarqués, un désastre dont le Japon ne se remit jamais. Quoique les batailles suivantes soient féroces, les américains eurent presque toujours l'initiative.
Mac Cluskey aurait pu disparaitre anonymement comme nombre de ses camarades sous les coups de la chasse japonaise, mais ce jour là il eut plusieurs coups de chance invraissemblable. Tout d'abord, il ne trouva pas les forces japonaises au point indiqué ce qui lui sauva la vie. Mais trouvant un destroyer japonais qui avançait à grande vitesse, il eut l'inspiration géniale de le suivre postulant qu'il rejoignait le gros de la flotte. Bonne pioche ! Pendant ce temps là, les premiers groupes d'attaque américains "Vindicators" et "Avengers" se faisaient massacrer par les défenses japonaises. Mais pour celà, coup de chance, les chasseurs japonais avaient du descendre au ras des flots et les porte-avions n'avaient plus de protection à haute altitude, là ou arrivait Mac Cluskey et son escadrille. Troisième coup de chance: les porte avions japonais étaient en train finir de réarmer leurs escadrilles et s'aprétaient à les lancer. Les ponts d'envol étaient pleins d'avions bourrés de carburant et de munitions. Au même moment, deux autres escadrilles rejoignaient Mac Cluskey lequel organisa rapidement l'attaque attribuant une cible a chacun des groupes.
Ensuite, ce fut une affaire de pilotage et de savoir faire. Le résultat ne se fit pas attendre: trois porte avions japonais furent mis hors de combat lors de cette attaque. Plus tard, le temps de réarmer et de ravitailler, une nouvelle attaque menée par Mac Cluskey détruisait le dernier porte-avions japonais. La victoire était complète.
L'amiral Nimitz qui commandait la flotte du Pacifique déclara plus tard que l'inspiration de suivre le destroyer japonais fut la décision la plus heureuse de toute la guerre. Elle a totalement changé la donne de la guerre du Pacifique. Et Clarence Mac Cluskey est devenu légendaire.

Je vous invite à regarder le film "la bataille de Midway". Son personnage y est évoqué assez brièvement. Je n'aime pas trop la première partie un peu trop conventionelle à mon gout, mais la seconde reproduit assez fidèlement l'enchainement des évènements sur un ton documentaire romancé. Et sinon, vous pouvez toujours le regarder pour la kyrielle d'acteurs ayant interprété les différents role: Robert Mitchum, Glenn Ford, Henri Fonda, Tochiro Mifune, Charlton Heston, James Coburn, Robert Wagner et bien d'autres....
http://fr.wikipedia.org/wiki/Bataille_de_Midway
Je n'ai hélas pas trouvé grand chose sur le Net concernant Mac Cluskey lui même. L'essentiel de ce que je vous rapporte a été lu dans un bouquin appelé "le survivant du Pacifique"
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Messagepar DD » 13 Fév 2009 09:29

Le plus grand pilote du monde ?
C'est moins spectaculaire, mais celui-là n'est pas mal non plus
http://www.youtube.com/watch?v=Kk1KBQ96 ... re=related
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Messagepar DD » 19 Fév 2009 23:50

Hans J. Marseille
Avec un nom pareil, on aurait pu croire que c'était un gars bieng de chez nous peuchère ? Eh bé non. Hans Joachim Marseille comme son prénom le laisse supposer était un pilote de la Luftwaffe qui a combattu uniquement sur le front ouest, de l'Angleterre et surtout en Afrique du Nord. C'était un trés grand pilote, peut-ètre le plus grand de la Luftwaffe. En seulement deux ans entre 1940 et 1942, il fut crédité de 158 victoires. Celà peut paraitre peu par rapport à d'autres "as" Allemands qui ont dépassé ce score. Mais alors que les tableaux de chasse de ses rivaux furent acquis face à des adversaires russes pas tout à fait au niveau, ses victoires furent toutes acquises face aux pilotes de la RAF expérimentés et bien équipés, dont les Hurricane, Spitfire et Tomahawk avaient de solides arguments à faire valoir face aux Messerschmidt 109.
La carrière de Marseille montre a quel point le talent, l'expèrience et la discipline peuvent faire un mélange détonnant. Mais un grand pilote ne peut le devenir sans ces qualités réunies. Marseille était au début de sa carrière un remarquable pilote, mais un fonceur indiscipliné, ce qui lui valut d'ètre abattu a trois reprises durant la bataille d'Angleterre ! La chance veillait sur lui... Mais lorsqu'il se disciplina et consentit à voler "en équipe", le nombre de ses victoires explosa. Dans la documentation qui lui est consacrée, je note "six avions abattus en un seul combat", "dix-sept en une seule journée", ou encore "un avion abattu alors qu'il était en vol plané aprés une panne de moteur" !!!
C'est d'ailleurs une panne de moteur qui lui fut fatale, tué en s'ejectant, heurté par son propre avion. Le dieu de la guerre n'avait sans doute trouvé que çà pour l'amener à lui puisque aucun de ses adversaires ne pouvait y arriver....

http://fr.wikipedia.org/wiki/Hans-Joachim_Marseille
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Messagepar DD » 12 Mar 2009 08:41

Ryuji Nagatsuka
Si vous avez entendu parler de ce pilote japonais de la deuxième guerre mondiale, je vous tire mon chapeau ! Il n'a certainement pas été le meilleur pilote du monde et je crois même qu'il n'a jamais obtenu la moindre victoire en combat. Et si vous tapez son nom dans un moteur de recherche, vous aurez de la chance d'avoir plus des deux réponses que j'ai obtenu. Dans ces conditions, pourquoi ce pilote est-il resté dans ma mémoire ? Eh bien, il a appartenu au corps des kamikazes.
J'ai eu l'occasion il y a longtemps de lire quelques extraits de son livre "J'étais un kamikaze". J'ignore pourquoi, mais j'ai toujours eu à l'égard de ces pilotes un mélange d'admiration, de consternation et de compassion.
Les attaques kamikazes massives ne se sont produites que lors des deux dernières années de la guerre du Pacifique. Depuis l'ouverture des hostilités, il est arrivé au coup par coup que des pilotes isolés se livrent à une attaque suicide, soit parce qu'ils étaient blessés, ou que leurs avions endommagés n'auraient pu rejoindre leur base. Mais c'est seulement à partir de l'attaque de l'ile d'Okinawa par les alliés que des corps de kamikazes ont été duement constitués.
Dans mon esprit, il y a un monde entre un soldat qui se bat pour tuer son adversaire, et celui qui se tue pour tuer les autres. C'est encore pire quand il s'agit de gamins de 16 à 20 ans, qu'on fanatise, qu'on formate à coup de sens d'un honneur démesuré, pour en faire une arme à usage unique. Certains pensent que ces pilotes étaient désignés. C'est vrai dans un certain nombre de cas mais la plupart étaient volontaires, pour leur pays, pour l'empereur, pour l'honneur de leur famille... ou parfois si j'en crois le livre, pour ne pas passer pour des laches devant leurs camarades !
Ces jeunes recevaient une formation minimale théorique, on leur apprenait dans les cas extrèmes, en théorie à décoller, voler droit, suivre un leader, et piquer sur une cible. L'entrainement était réduit au strict minimum. Puis venait le jour de la mission. Sans retour pour presque tous... Inexpérimentés, pilotants des appareils bons pour la casse, hypnotisés par leur objectif, nombre de kamikazes furent tirés comme des lapins par les chasseurs américains sans même penser à faire une manoeuvre d'évitement. Et si plusieurs atteignirent leurs cibles, la plupart tombèrent bien avant d'avoir eu une chance de combattre (*)
Peu avant leur décollage, il y avait une cérémonie qui n'était rien d'autre que leur propre cérémonie funèbre. A cet instant, tous ces jeunes pilotes étaient considérés comme morts ! Or un certain nombre ont survécu, pour diverses raisons: panne technique, objectif non trouvé, ou usage du parachute. L'inconcevable pour un occidental, c'est que ces pilotes ayant survécu furent l'objet du mépris de leurs concitoyens. Ils étaient partis pour mourir, ils devaient mourir ! Quelle que soit la raison ! Ryuji Nagatsuka était de ce nombre...
Je n'ai jamais aimé la guerre et çà ne s'arrange pas. Je respecte ceux qui ont survécu en leur souhaitant de ne plus la connaitre. Je salue la virtuosité du pilotage des meilleurs d'entre eux. Mais tous ont droit au respect pour le courage dont ils ont fait preuve, tous ceux qui sont tombés au commandes, brulés, broyés, ou frappés par des balles aveugles, tous ces jeunes hommes, tous ces gamins... Et les kamikazes survivants plus encore que les autres, car en plus ils ont du supporter l'amertume de la défaite et le mépris de ceux qui les envoyaient à la mort.

(*)J'ai lu dans le livre "Le survivant du Pacifique" consacré à l'histoire du porte-avions Enterprise, que lors d'une bataille surnomée apres coup "le tir au pigeon des Mariannes", un groupe de quatre chasseurs américains ont abattu cinquante avions japonais sans recevoir une seule balle.....
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