En plongée !

Grands moments d'un instant...

Modérateur: Guardian

En plongée !

Messagepar DD » 04 Juin 2008 23:24

Je ne prétend pas ètre un grand nageur. Au bout de cent mètres, je fatigue. Par contre en plongée libre, je suis capable de rester des heures dans l'eau (aidé en celà par une légère couche protectrice sous-cutanée, je ne sais pas si je me fais comprendre). Ca fait quarante ans que je pratique. J'y ai initié mes deux petits et je revois souvent dans ma tète mon gamin à cinq ans, le masque sur le nez avec encore ses brassières, ou ma petite sirène de fille qui à huit ans se permettait de descendre à cinq mètres en trois coups de palmes et y rester pendant de longues secondes.
L'ile de Port Cros est mon lieu de plongée préféré. Dans ce parc national, ou la pèche est interdite tout autour de l'ile, la flore sous-marine est luxuriante, et la faune débarassée de sa méfiance envers l'homme se laisse approcher au plus prés. Mais c'est un peu loin. Alors je me rabat sur la réserve marine du Cap Rousset, à coté de Carry le Rouet, ou les conditions sont similaires, et à seulement une heure trente de Bourg.
Le plus difficile pour se mettre à l'eau c'est... d'éviter les oursins ! Il y en a dans chaque anfractuosité, et pour ceux qui ont déjà marché dessus, c'est une expèrience désagréable ! Les palmes au pied, le masque sur le nez, le tuba est en place. Un dernier coup d'oeil au monde des hommes et un petit coucou à Martine qui préfère de loin dorer au soleil sous le parasol. Pardon ? Oui je sais, çà parait idiot, mais elle bronze effectivement dans ces conditions. Je sais pas comment elle fait.
Encadré par mes deux petits, je pénètre en une seconde dans un autre monde. La lumière change instantanément, je ne pèse plus rien, le silence se fait; ou presque. Le monde du silence est une image. On entend presque en permanence des cliquetis émis par les poissons. Plus çà cliquète, plus il y a de poissons, et aujourd'hui çà cliquète dur.
En quelques coups de palmes, nous atteignons les premières posidonies. Drole de plante la posidonie. Ce n'est pas un algue, mais une cousine des iris, une plante terrestre qui s'est adaptée à la vie sous-marine ! Il parait qu'elle a des toutes petites fleurs, mais je ne les ai jamais vues. Les premiers poissons sont là aussi au rendez vous: mulets, daurades, éperlans. En grand nombre aussi au Cap Rousset, des saupes, un joli poisson d'une trentaine de centimètres qui vit en banc, rayé horizontalement d'un gris/bleu turquoise et jaune doré, peu farouche qui se laisse approcher assez facilement.
Un peu plus loin, dans un trou de sable sous de feuilles de posidonie, je trouve une ponte toute fraiche de castagnole. Les alevins sont mignons tout plein, violet presque fluorescents dans les rayons du soleil, et d'une curiosité insatiable. Ils viennent a quelques centimètres du masque voir de plus prés de quoi il retourne.
En avançant encore, le fond augmente. Les couleurs virent au bleu et au vert. Les touffes de posidonnies forment a présent une prairie continue. Il faut s'employer un peu pour descendre non lesté. Par ci, par là des holoturies peuplent le fond. Les oursins sont omniprésents. Je trouve un oursin étoilé, bleu nuit avec les pointes blanche. Moins pointues que l'oursin brun commun, on peut le prendre en main , mais ne serrez pas, ce serait idiot. Par contre trés peu d'étoiles de mer. La Mediterranée nord n'est pas leur lieu de prédilection. Ramassage exagéré ? J'en trouve deux ou trois, pas plus.
Voici à présent une étendue de sable. Le fond est tapissé d'une quantité pharamineus de paillettes de mica qui fait ressembler le fond à un miroir brisé. Dans un coin un bac de petits rougets fouille le sable. Par jeu, j'en fait autant durant quelques secondes et le résultat ne se fait pas attendre ! Surgies de nulle par les girelles se précipitent pour voir si quelque chose de commestible se trouve dans les débris soulevés. La girelle est le poisson que se laisse toucher le plus facilement. Les daurades viennent voir également. L'une d'elle déçue se rabat sur un jeune oursin et le met en pièces en quelques secondes ! Cruelle, la vie. Résultat, nous avons a présent notre escorte. Girelles et daurades vont nous accompagner jusqu'au retour ! Espèrent-elle que nous retournerons des cailloux, ou... projettent-elles de nous croquer tout vif ? Les paris sont ouverts.
Nous sommes à présent dans une zone rocheuse. Les blocs forment des amoncellements ou les parois le disputent aux surplomb. Nous descendons de plus en plus souvent, de plus en plus bas, fouillant du regard chaque fissure. Tiens ? Une pieuvre ! Qui me fait la démonstration de ses talents de camouflage. C'est vrai: elle est capable de changer de couleur en une seconde !
La profondeur a un effet curieux, liée sans doute à la pression. En gros, plus on descend bas, moins on éprouve le besoin de respirer et plus on peut rester longtemps immergé. En suivant le fond, j'ai accompagné une daurade, et lorsque je décide de remonter...aïe. Je me suis vraiment laissé entrainer trés bas ! Entre quinze et vingt mètres au bas mot. J'ai besoin de respirer, mais il faut garder son air absolument. Ce sont nos poumons et l'air qu'ils contiennent qui nous font flotter ! Un coup de palme pour l'impulsion initiale, et je me laisse remonter comme un bouchon. Pour le coup, je joue les flipper et sur l'élan, j'émmerge jusqu'à la taille.
Une minute pour me réoxygéner, et la promenade continue. Nous trouvons encore des éponges jaunes et rouges, quelques branches de corail. Au détour d'un rocher, je tombe nez à nez avec un jeune mérou.
Et puis, et puis... le froid commence à se faire sentir. La fatigue aussi. Le mouvement des vagues nous met dans une certaine torpeur. Et comme j'ai appris à mes petits qu'en plongée, on fait demi-tour au premier symptome de fatigue, nous revenons tranquilement à petits coups de palmes. A quelques mètres du bord, notre escorte fait demi-tour et se disperse. Nous reprenons contact brusquement avec le monde extèrieur, et nous allons faire notre rapport à Martine en claquant des dents !
Voilà; un petit florilège de ce que sont mes promenades nautiques. Ce soir je vais m'endormir en ayant l'impression d'ètre encore bercé par les vagues du Cap Rousset. Bonne nuit !

J'oubliais ! Les méduses... C'est vrai elle font partie du décor, pas trés sympathiques, mais... trés esthétiques quand même avec leur jolie couleur rosée. En méditerrannée nord, c'est la petite pelagia noctiluca qui nous gache nos balades, mais malgré tout, je ne me suis fait piquer qu'une seule fois, mon fils deux. Nadia y a jusqu'à présent échappé. Ca fait le même effet qu'une tige d'ortie. On frotte fort avec du sable humide et c'est tout. Nous n'en avons gardé d'autre trace qu'un souvenir cuisant.

La prochaine fois qu'on descend, je vais voir comment se débrouille Yuan, la copine à mon fils. Qui nous accompagne pour la prochaine balade ?
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Re: En plongée !

Messagepar Aphrodite » 05 Juin 2008 12:32

DD a écrit: !
J'oubliais ! Les méduses... C'est vrai elle font partie du décor, pas trés sympathiques, mais... trés esthétiques quand même avec leur jolie couleur rosée. En méditerrannée nord, c'est la petite pelagia noctiluca qui nous gache nos balades, mais malgré tout, je ne me suis fait piquer qu'une seule fois, mon fils deux. Nadia y a jusqu'à présent échappé. Ca fait le même effet qu'une tige d'ortie. On frotte fort avec du sable humide et c'est tout. Nous n'en avons gardé d'autre trace qu'un souvenir cuisant.

La prochaine fois qu'on descend, je vais voir comment se débrouille Yuan, la copine à mon fils. Qui nous accompagne pour la prochaine balade ?


Je ne voulais pas lire ton rapport parcequ'il me rappelle quelqu'un que j'ai aimé, avec lequel j'ai appris à faire de la plongée. J'y suis quand même revenue, trop tentée par l'envie de te lire et je n'ai pas regretté, tu as un talent de narrateur incroyable! On aurait cru un commentateur de ces splendeurs océaniques que passe "USHUAIA"!
Jamais je n'oublierai l'effet que produit ce tapis mouvant qui se déploie devant soi, mais Je n'ai pas réellement profité du côté insolite des profondeurs que tu décris si bien! Pourquoi?
Parceque la première fois, nous avons testé un comportement humain au fond des eaux et nous avons tellement aimé que nous allions spécialement pour ça!
Il était clostrophobe et la plongée le libérait de cette phobie! On en faisait beaucoup, je n'en ai plus fait, depuis qui'il a rendu l'âme sous les décombres de sa maison à Boumerdes, le 21 Mai 2003.
Ta façon de relater ton escapade m'a mis l'eau à la bouche! J'ai eu envie de me téléporter pour être avec toi :oops: DSL MARTINE
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Messagepar DD » 30 Juin 2008 23:18

Je reviens d'un dimanche de plongée libre dans la calanque du cap Rousset et de sa réserve marine, le log de l'Estaque, ce petit chainon calcaire oublié à l'ouest de Marseille. Deux ans qu'on n'y avait plus mis les palmes avec ma fille (*).
Les lieux n'ont guère changé. Mais il est curieux de voir comme sa population change au fil des semaines. Je commence à connaitre cette crique comme ma poche et ses occupants me sont familiers. Les saupes, les dorades et les girelles en sont toujours les membres les plus actifs, mais il y a des petits nouveaux: des castagnoles en grand nombre, sans doute en train de se préparer à frayer, ainsi que des girelles "paon", des cousines tropicales de notre espèce méditerranéenne. Des bancs d'éperlans se sont également installés dans la partie ouest.
Les fonds et les creux sont occupés par une quantité fabuleuse d'alevins de deux ou trois centimètres tout frais éclos. Ils sont trop petits pour que je puisse les identifier. Cà fait drole de penser que plus de 90 % d'entre eux serviront de proies. La nature est cruelle pour les jeunes.
La forèt de posidonies n'a pas encore repris son plein développement. Elles ont été sévèrement broutées par les saupes dans les haut fonds. Un grand absent: l'oursin ! Je ne sais pas ce qui s'est passé, mais alors qu'avant pour poser les palmes sur les rochers, il était trés difficile de les éviter, à présent il faut vraiment s'employer pour en trouver de rares planqués sous les rochers. Sans rire, leur population doit ètre réduite à un petit dixième de ce que j'ai connu. Un nouvel arrivant également, la pieuvre ! J'ai relevé au moins une dizaine de ces mémères qui se retitrent frileusement au fond de leur trou quand on les approche. La première que j'ai découverte a généré un incident comique. Comme je montrais la première trouvée à ma fille, elle a poussé un cri (ma fille) et elle est partie comme une torpille dans la direction opposée ! Il y a des courageuses vous savez...
Au rayon des bonnes nouvelles, pas de méduses rencontrées croisons les doigts, ni la moindre trace de la fameuse algue tueuse, la caulerpa taxifolia. Quelque chose m'échappe avec cette "prétendue" calamité. Pourquoi n'a t-elle jamais mis ses racines dans la réserve marine alors que sa présence est signalée un peu partout autour depuis des années ?
Voilà mes amis, le compte-rendu de mon dimanche de plongée. Je fantasme à y plonger toutes les semaines durant une année pour y noter l'évolution au fil des saisons. Chassez le scientifique... Quelqu'un peut-il me tricoter des palmes en laine ?

(*) je ne sais pas combien de kilomètres on a fait, mais en trois plongées de plus d'un heure à chaque fois, ma fille m'a tué ! J'en avais plein les bras, surtout que c'est toujours elle qui m'entraine au loin. Mais d'une certaine façon, elle s'est punie toute seule, comme elle palme assez fort et nage exclusivement sur les jambes, ce matin elle a les mollets comme du bois et peut à peine marcher !
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