Mon pays...

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Ma region d'origine

Messagepar charlestone » 06 Mar 2008 18:27

Le père fondateur d'Ath Yalla est un nomade Amazigh avec ses sept fils. Ils étaient dans la région de la Kelaa (monument historique actuellement) aux environs de M'Sila. Une guerre avec les Benou-Hillal les oblige à fuir vers les montagnes. Selon Ibn Khaldoun (historien maghrébin (1331-1406), a été l'un des premiers théoriciens de l'histoire des civilisations), le départ des populations de la Kelaa débuta, pour certains, des l'apparition dans le voisinage des éléments précurseurs de la tribu des Benou-Hillal. La légende rapporte de la manière suivante : les circonstances qui avaient amené Yalla et sa famille a émigrer dans les monts du Babor, région appelée aujourd'hui Ath Yalla. Yalla avait un jardin aux portes de la ville ou il cueillait le raisin de sa vigne en cet été de 1061. Le transport se faisait à dos d'âne dans des choiris. Habituée au même chemin, la monture regagnait seule le domicile ou l'attendait le fils qui déchargeait le fardeau.
L'âne revenait au jardin ou Yalla et ses autres enfants accomplissaient leur tache.
Le va-et-vient se faisait sans encombre. Les gens habituées à la discipline imposée par le prince El Mansour, étaient correctes, honnêtes, respectueuses des biens d'autrui, ce qui faisait de la capitale un havre de paix et de prospérité. Au cours de ce va-et-vient,
l'âne, un jour, tarda a revenir. Yalla, inquiet « reprit le chemin habituellement suivi par sa monture. A quelques pas de la, il le vit arrête, la charge en déséquilibre

Quelqu'un s'étant donc amuse a perdre quelques grappes de raisin fit pencher la charge qui obligea la bête a s'arrêter, Apres avoir rétabli l'équilibre, Yalla reconduisit l'âne a la maison. Mais non loin des remparts, il vit des individus étranges qui s'apprêtaient camper au milieu de leurs chameaux, Il ne douta plus des auteurs du vol de son raisin.
Le soir, quand tous les siens étaient rentrés, il tient un conseil de famille pour discuter des événements de la journée et des mesures effrayantes qui circulaient sur les nouveaux arrivés. Apres que chacun ait donne son avis sur l' attitude a prendre en la circonstance,Yalla exprima le sien en ces termes: l' homme au méhari dont on avait vaguement entendu parler est sous nos murs, d' un moment a l' autre, nous risquons d' être ses victimes, son geste d' aujourd'hui atteste qu 'il est sans scrupule et qu 'il ne respectera pas le bien d' autrui, il faut avant qu 'il soit trop tard quitter ces lieux, et pour ne point éveiller l' attention des voisins, nous allons faire semblant de nous disputer et décider, sous le mouvement de la colère, la vente de nos biens a l' exception de la maison. Quant au troupeau, il partira des l'aube et nous attendra a une journée de marche vers le nord.
Le lendemain tout se passa comme prévu, et, la nuit tombante, rien ne « manquait pour le départ, Au moment ou tout le monde dormait, que la ville était déserte, Yalla et ses gens quittèrent pour toujours la Kelaâ des Beni Hammad, Au matin, les voisins s'étonnant du silence qui régnait dans la maison, forcèrent la porte. Les chambres étaient vides, quelques objets sans valeur gisaient ça et la, On remarqua cependant dans un coin un Gassaâ (plat en bois). Quand on la souleva on découvrit deux pigeons: l'un après quelques mouvements s'envola, l'autre se blottit dans un coin. On s' aperçut qu 'il portait quelque chose au cou ; c' était un pli portant l' inscription suivante : Celui qui a des ailes s' envole, celui qui en est dépourvu reste a la merci du premier venu. Il faisait allusion a l'intrusion des nouveaux étrangers et conseillait a ceux qui étaient conscients du danger de quitter le pays alors qu 'il était encore temps.
Apres quelques jours de marche, Yalla et sa famille campèrent au bord « de la rivière Chertioua, au nord de Bordj Bou Arreridj, mais ce lieu n'offrait pas les garanties suffisantes de sécurité et de viabilité : de l'eau tiède, des moustiques, pas d'abri contre un éventuel ennemi, chargea donc son berger de repérer dans la montagne un endroit de conditions avantageuses. Ce fut grâce a l'un des ces boucs appelé Abadh qu'il trouva une clairière bien abritée, facile a défendre, au bas de laquelle coulait une source fraîche et abondante ou sa bête venait se désaltérer aux heures chaudes de la journée.
Yalla s'y établie et prospéra, depuis la source porte le nom de < Talla Abadh > c' est dans la région entre Guenzet et Taourirt Yacoub .De la tente, la famille passa a la maison en pierres, L' hiver est rude avec ses pluies et ses neiges empêchant souvent toute communication avec l' extérieur. Il faut du bois pour se réchauffer et faire cuire les aliments, il faut des abris pour les animaux domestiques. Yalla et ses enfants se mirent à l'ouvrage, et bientôt un petit hameau prit naissance au milieu de la clairière.
Installe définitivement, Yalla songea à consolider sa position. Berbère lettré, ayant connu une certaine civilisation a la Kelaâ des Beni-Hammed, fortuné avec son troupeau de chèvres et de moutons, il possédait tous les moyens de s'implanter la, s'intégrer au milieu local et de s'imposer par son savoir et sa culture
Le père Yalla a vécu dans la région jusqu 'a sa mort il est enterre dans la mosquée qui porte son nom Djeddi Yalla , elle se trouve toujours entre Guenzet et Taourirt Yacoub. D' apres Gaid Mouloud d'ou nous avons tiré ces informations, la population de Harbil est hétérogène. Elle est composée surtout d'arabes venus des Ouked -Thair, des Ouled Abdellah des arabophones de la vallée du Guergour et de Bougâa . Au milieu des Kabyles, ils ont adopté leur langue et leur mûrs.

En juillet 1871 L'armée Française sous les ordres du colonel CANROBERT envahie la région et instaurait l'États civil.
Et, moi je suis un descendant de Beni Yalla
charlestone
 

Messagepar livrerose » 06 Mar 2008 19:45

WWWOOOUUUAAAW ...LAMINE, quel beau récit!!!!
on sent la fièrté des peuples Arabes a travers toi et tes histoires,...Félicitations!......amitié--Rose--
" c'est en profondeur seulement que les distances se raccourcissent"
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Messagepar charlestone » 06 Mar 2008 22:38

livrerose a écrit:WWWOOOUUUAAAW ..., quel beau récit!!!!
on sent la fièrté des peuples Arabes a travers toi et tes histoires,...Félicitations!......amitié--Rose--

Je parle des peuples berberes Rose! J'en fais partie de cette famille dont je raconte leur peripetie dans l'histoire...Et, leur installation definitive dans une region, la notre actuellement.
charlestone
 

Excursion en Kabylie (Carnet de voyage).

Messagepar charlestone » 14 Mar 2008 19:24

Si l'on survole la Kabylie en avion, et en prenant des vues en plongée, les images reçues devraient être aussi belles que tourmentées, car constituant une urbanisation entrecoupée par la contrainte du relief.
La Kabylie c'est une suite presque ininterrompue de creux et de pics, de chemins qui montent et qui descendent, de proéminences et d'anfractuosités. C'est un peu l'épiderme vu en gros plan d'un gigantesque dinosaure.
Dans mes notes de voyages, je me souviens d'une excursion estudiantine qui nous a amené au cœur de la Kabylie: région de Beni Yenni, une belle région, pleine de charme. Nous devions visiter les divers commerces et ateliers de bijoux.
Les Beni Yenni (Ath Yenni en kabyle), ensemble de sept villages, sans doute les plus connus de la grande kabylie, et parmi les plus attrayants de cette région. Ils offrent l'exemple de la densité la plus forte en pays rural. De tous côtés, admirable panoramas, en particulier au couché du soleil, lorsque s'embrasent les monts du djurdjura.
Parmi ces villages, nous retrouvons le village de Taourirth Mimoun, d’où est originaire la famille Mammeri, qui a donné des artisans armuriers et bijoutiers , des caïds (juges), un artiste peintre et l'écrivain Mouloud Mammeri né en 1917 ( dont nous célébrons ces jours-ci l'anniversaire de sa mort). Chaque village s'est plus ou moins spécialisé dans une activité artisanale. Les habitants des ces villages fabriquent de l'ébénisterie, de la coutellerie et surtout des bijoux. Les bijoux à base d'argent ciselé sont ornés de filigranes, de coraux ou d'émaux cloisonnés dont la tradition s'est peut-être transmise depuis les époques contemporaines du haut Moyen-Âge européen ; parmi les bagues, bracelet, anneaux, colliers, fibules, boucles d'oreilles domine la composition triangulaire, thème ancien de la bijouterie musulmane.
On trouvera dans le village de notre célèbre écrivain, l'un des artistes du bois incrusté dont les travaux ne peuvent qu'exciter l'admiration : à l'entrée du village on pourra demander aux enfants de nous indiquer à voir l'ancien et vieux facteur, pour lui demander de nous montrer ses poignards au manche et au fourreau de bois incrustés de nacre ou de corail.
Outres les richesses de l'artisanat, c'est peut être là qu'on aura l'occasion de saisir au mieux l'esprit kabyle. Il faut flâner à l'intérieur des villages, la route s'arrêtant très souvent à l'entrée, sur la djemaa (lieu de rencontre des habitants) où palabrent et rêvent les vieux habitants du village. Très vite on comprend, qu'on est entré dans un autre univers, et si d'aventure une invitation impromptue vous amenait à l'intérieur d'une maison, ne refusez surtout pas (les contacts sont souvent faciles entre femmes européennes et berbères, gestes et sourires remplaçant le manque de langue commune). On y verra les femmes faire la galette ou rouler le couscous, certaines vous montreront leurs bijoux dont elles sont très fières (et qui ne sont pas à vendre!) On pourra surtout admirer la simplicité et la sobriété des intérieurs et parfois mêmes apercevoir quelques murs aux peintures traditionnelles ou quelques ustensiles anciens qu'on pouvait croire aujourd'hui disparus.
charlestone
 

Messagepar livrerose » 14 Mar 2008 22:20

cher charlestone, c'est très intéressant tes récits,......dit moi, est ce que le couscous de chez vous est différent?.....en as tu la recette?........si oui, tu pourrais la mettre dans la rubrique destinée a cela ici sur ce forum , ...a toi de voir.
et y a -t- il d'autre spécialitées qui ne sont pas très connues chez nous?amitié--Rose--
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Et pourquoi pas!

Messagepar charlestone » 15 Mar 2008 23:16

livrerose a écrit:cher charlestone, c'est très intéressant tes récits! Dit moi, est ce que le couscous de chez vous est différent? En as-tu la recette? Si oui, tu pourrais la mettre dans la rubrique destinée a cela ici sur ce forum , ...a toi de voir.
et y'a t- il d'autres spécialitées qui ne sont pas très connues chez nous?


Oui Rose, le couscous de chez nous est legerement différent de celui qu'on trouve dans les restaurants. Car, dans notre région le couscous est le plat par excellence! Notre specialité meme!!!
Ma chere Rose, j'ai jamais fait la cuisine et encore moins le couscous....C'est difficile déja pour une femme et encore plus pour un mec comme moins qui aime uniquement manger ce delicieux plat.
Il existe beaucoup de plats arabes et surtout berbere non connus par les francais ! (mise a part les pieds noirs qui connaissent beaucoup de choses sur nous )
charlestone
 

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