Voyage en Chine

Grands moments d'un instant...

Modérateur: Guardian

Voyage en Chine

Messagepar DD » 19 Jan 2013 21:20

J'ai eu le plaisir de passer quasiment trois semaines en Chine en Septembre dernier. Nous sommes partis à cinq, martine, mon fils, son épouse chinoise, et le jeune fruit de leurs amours agée d'un an et demi. L'objectif principal était de rendre visite à la belle-famille Chinoise, mais nous en avons profité pour "tourister" un peu. Bien que n'ayant fait qu'effleurer la surface de ce pays, je ne peux résister à l'envie de vous faire partager mes impressions et mes expériences. Ce voyage m'a fait voir trois villes majeures, Lanzhou (Lan Chéou) dans le Nord-Ouest sur les bords du fleuve jaune, Xi'An et Beijing (Pekin). Toutefois, je n'ai pas trés envie de vous raconter mon voyage au jour le jour, celà ferait un peu trop fouillis, pour ne pas dire banal. Mais j'en ai retiré un certain nombre d'impressions et de constantes au cours de ce périple. Alors je prend l'option de vous raconter ce voyage en regroupant mes expériences par thèmes et par sujets. Qui sait, celà vous inciter peut-ètre à aller visiter ce pays qui je n'en doute pas, sera la puissance dominante sur Terre au cours du XXIe siècle.

Bonne lecture.
Dernière édition par DD le 19 Jan 2013 21:32, édité 1 fois.
Ni bombes, ni roquettes. Foutez VOUS la paix !
Avatar de l’utilisateur
DD
 
Messages: 1527
Inscription: 30 Sep 2007 22:44
Localisation: Bourg Saint Andeol, Ardèche, entre Montelimar et Orange

Re: Voyage en Chine

Messagepar DD » 19 Jan 2013 21:23

Un pays démesuré
La première chose qui frappe en arrivant en Chine, c'est la démesure dans tous ses aspects. C'est une constante partout et pour tout. Je me suis amusé a plusieurs reprises auprès de mes interlocuteurs Chinois chaque fois que l'on évoquait la France, que c'était comme la Chine, que nous avons à peu prés tout ce qu'il y a en Chine, mais juste un peu ! Tout est géant. L'aérogare de Beijing est la plus grande structure couverte que j'ai jamais vue. Et ce n'est qu'une des quatre ou cinq qui composent l'aéroport. Même au sein de l'aérogare, le déplacement en mini-métro est obligatoire, comme ailleurs, mais plus long évidement.
Démesure également dans le bâtiment. L'équivalent de la tour Montparnasse se compte par dizaines à Beijing, et il y a une frénésie de construction hallucinante. Les tours poussent comme des champignons, certaines bizarrement tordues. Les architectes s'en donnent à coeur joie ; ou abusent du saké, je me demande. Le pays est un immense chantier. Et le soir les illuminations n'ont rien à envier à tout ce que vous avez pu voir ou imaginer sur les villes lumières du monde, que ce soit, New York, Vegas, Tokyo ou quelques autres. La Chine est une grande dévoreuse d'énergie, çà ne me surprend plus du tout !
Démesure encore dans l'urbanisme, que ce soit sur les bâtiments historiques (j'y reviendrai), les places, les bâtiments ou les avenues. La règle semble ètre, occupation maximale de l'espace, il y en a de la place. Les avenues sont presque toujours larges et aérées, les bâtiments monumentaux, les espaces historiques largement étalés. Quant aux places et aux esplanades, il suffit de se rappeler que la place Tian An Men pour ne parler que d'elle, a été la plus grande esplanade du monde pendant longtemps. En fait l'espace disponible est démesuré en règle générale. Le pays est immense, vingt fois la France. Ce n'est pas rien. Le vol entre Beijing et Lanzhou dure 1h45 pour une distance de 2000 km à vol d'oiseau (humour). En Europe, c'est à peu de chose prés un vol de Marseille au nord de l'Ecosse. Et encore, la Chine s'étend encore bien au delà et autant vers le sud. Des rivages brumeux de la mer de Chine aux étendues glacées du Gobi, des montagnes himalayennes aux forèts tropicales humides du sud en passant par l'immensité du fleuve bleu, il est illusoire de penser visiter la Chine dans son ensemble. On ne connait même pas totalement la France. Alors comment pourrait-on décrire la Chine en ayant vu aussi peu ?
Ni bombes, ni roquettes. Foutez VOUS la paix !
Avatar de l’utilisateur
DD
 
Messages: 1527
Inscription: 30 Sep 2007 22:44
Localisation: Bourg Saint Andeol, Ardèche, entre Montelimar et Orange

Re: Voyage en Chine

Messagepar DD » 19 Jan 2013 21:30

Climat et Végétation
Avant de partir pour ne pas avoir l'air d'un idiot, j'avais lu et regardé tout ce que je pouvais sur Lanzhou et sa région. D'une manière générale, ce que j'ai trouvé correspondait assez à l'idée que je me faisais de la Chine. Sauf pour le climat ou je me suis complètement fourvoyé. D’après les vidéos que l'on trouve sur YouTube, j'en avais déduit que la ville était assez humide. Eh bien pas du tout. J'ai été trés surpris de découvrir que la ville est en région semi-aride. Quant on regarde une carte, on se rend compte que le Gobi n'est pas trés loin au Nord. De plus on est trés loin de la mer et à une altitude de 2500-2600 mètres. Ca compte.
En fait nous y avons été à la meilleure pèriode. L'hiver est froid et long, on est en climat continental. Le printemps est sec entrecoupé parfois de tempêtes de sable ! L'été, c'est la mousson, il fait chaud et humide. Et l'automne trés doux et tempéré. Le résultat, et c'est ce qui m'avait immédiatement frappé, aïe, l'environnement de Lanzhou est constitué de collines assez pelées, terreuses avec une végétation rare. Deux balades que nous avons fait à Xining vers L'ouest et Linxia au sud n'ont fait que confirmer cette vision. La meilleur comparaison que je connaisse est les contreforts de l'Atlas Marocain. On retrouve les mêmes collines et montagnes arides et sèches, et les vallées humides au premier rang duquel la vallée du fleuve jaune, couvertes de végétations et de champs cultivés. Hors de ces oasis, pas grand chose de vert a part des petits arbres et des buissons que nous avons eu la chance de voir en fin de saison humide.
Ce paysage n'est peut etre pas naturel et je me demande dans quelle mesure le déboisage sauvage n'y a pas contribué. La raison de ce questionnement, c'est que j'ai vu beaucoup de ces collines fraichement plantées d'arbres jeunes. Ce fut aussi le cas à Xi'An. Manifestement, les Chinois commencent a se préoccuper de leur environement et s'activent à le restaurer. Et c'est bien rassurant ainsi.
Une particularité frappante de Lanzhou et de sa région est la quasi absence de pierres et de rochers. Les collines et les montagnes, y compris celle qui domine la ville de mille mètres ne sont que des masses d'argiles. Et toute la région est comme çà sur des dizaines de kilomètres alentour ! C'est tout juste si nous n'avons pas sauté de joie en allant à Xining puis Linxia en découvrant en quelques endroits des affleurements rocheux. Cette géologie a deux conséquences. La région est soumise a une forte érosion, du moins quand il pleut, et ce sont ces rares pluies qui donnent à la région son aspect de collines et de montagnes basses. Effet collatéral, les rivières charrient en permanence du limon. Les flots bleus sont inconnus dans ce coin là, le fleuve jaune y doit son nom et il est inutile d'espérer le voir un jour avec de l'eau transparente, çà n'existe pas. L'autre conséquence est que la poussière est omniprésente, elle fait partie du décor, elle fait partie de la vie là bas. Et si l'atmosphère est souvent brouillées, ce n'est pas que de la pollution atmosphérique, j'y reviendrai.
L'effet de l'altitude n'est pas le même qu'en France. Lanzhou, 2500 mètres. En France a cette altitude, on est depuis longtemps dans les sapins, quand ce n'est pas déjà de l'alpage. A Xining, nous nous sommes retrouvé à 3500 mètres d'altitude, un niveau en France ou on n'a plus que des cailloux quand ce n'est pas des glaciers. Si nous n'avions pas éprouvé un certain essoufflement, du moins à Xining, nous aurions pu nous y tromper puisque même là, on était encore dans les forèts de feuillus, les roseaux, le maïs et autres végétaux qui forment notre ordinaire. Les sapins et les cailloux n'apparaissent qu'encore plus haut. La raison ? C'est que Lanzhou est plus bas en latitude. En outre, le sol monte lentement depuis la mer de Chine ce qui permet aux masses atmosphériques de remonter trés loin à l'intèrieur du continent alors qu'en France elles viennent buter sur les montagnes trés rapidement.
Pour l'anecdote, pour aller à Xining, on nous avait recommandé de bien nous couvrir parce que "il y fait trés froid" ! En fait, il y faisait frais sans plus, et je crois que nous avons légèrement étonné nos hotes Chinois en constatant que nous y étions parfaitement à l'aise. Je crois qu'ayant connu la Provence au mois d'Aout, ils doivent s'imaginer qu'il fait toujours chaud et sec en Provence. Apparemment, ils ne pensaient pas qu'on puisse avoir trés froid l'hiver avec de la neige ou des lacs glacés, avec ce putain de Mistral qui glace tout. Comme quoi, les idées reçues, çà marche dans les deux sens.

Et à Beijing ? Je n'en ai pas parlé ? Ben y a rien à dire les gars, sur le plan climat et végétation, a part des hivers plus long, c'est comme en France !
Ni bombes, ni roquettes. Foutez VOUS la paix !
Avatar de l’utilisateur
DD
 
Messages: 1527
Inscription: 30 Sep 2007 22:44
Localisation: Bourg Saint Andeol, Ardèche, entre Montelimar et Orange

Re: Voyage en Chine

Messagepar coriolan » 20 Jan 2013 13:37

Un pays démesuré,
Climat et Végétation, etc.

Si tu as d'autres thèmes à développer, prends ton temps mais vas-y ! C'est intéressant en diable... il faut dire que tu décris bien ; on s'y croirait.

Ce qui m'a surpris, c'est l'absence des effets connus en altitude ; le cardiaque s'y porterait aussi bien qu'en rase campagne ? Tu en donnes la raison :
C'est que Lanzhou est plus bas en latitude. En outre, le sol monte lentement depuis la mer de Chine ce qui permet aux masses atmosphériques de remonter trés loin à l'intèrieur du continent alors qu'en France elles viennent buter sur les montagnes trés rapidement.

OK. Que les masses atmosphériques génératrices de la pression ressentie remontent loin à l'intérieur des terres du fait de la lente déclivité du sol, je le comprends mais... quand tu es à 3500 m. au-dessus du niveau de la mer, tu es tout de même à 3500 m. même si ça a monté lentement pour y être ! La pression des masses devrait se faire ressentir, à moins qu'elle soit sans conséquence lorsque les masses sont mobiles... ? C'est purement physique mais je suis nul. Quant à l'incidence de la latitude, je ne la comprends pas.

J'sus chiant ! Mais j'aime bien comprendre ce que je lis et là... mes connaissances sont plutôt limitées. Merci pour tes lumières. :idea:
L'espoir de l'Océan naît au cœur de la Source.
Avatar de l’utilisateur
coriolan
Administrateur
 
Messages: 5787
Inscription: 24 Sep 2007 20:25

Re: Voyage en Chine

Messagepar DD » 21 Jan 2013 00:26

coriolan a écrit:Si tu as d'autres thèmes à développer, prends ton temps mais vas-y ! C'est intéressant en diable... il faut dire que tu décris bien ; on s'y croirait.

Ce qui m'a surpris, c'est l'absence des effets connus en altitude ; le cardiaque s'y porterait aussi bien qu'en rase campagne ? Tu en donnes la raison :
C'est que Lanzhou est plus bas en latitude. En outre, le sol monte lentement depuis la mer de Chine ce qui permet aux masses atmosphériques de remonter trés loin à l'intèrieur du continent alors qu'en France elles viennent buter sur les montagnes trés rapidement.

OK. Que les masses atmosphériques génératrices de la pression ressentie remontent loin à l'intérieur des terres du fait de la lente déclivité du sol, je le comprends mais... quand tu es à 3500 m. au-dessus du niveau de la mer, tu es tout de même à 3500 m. même si ça a monté lentement pour y être ! La pression des masses devrait se faire ressentir, à moins qu'elle soit sans conséquence lorsque les masses sont mobiles... ? C'est purement physique mais je suis nul. Quant à l'incidence de la latitude, je ne la comprends pas.
En fait c'est assez simple, avec la rotation terrestre, l'atmosphère est plus épaisse au fur et à mesure qu'on se rapproche de l'équateur. Lanzhou est par 36° de latitude. Wikipédia : "la troposphère : la température décroît avec l'altitude (de la surface du globe à 8-15 km d'altitude) ; l'épaisseur de cette couche varie entre 13 et 16 km à l'équateur, mais entre 7 et 8 km aux pôles". Donc 3500 mètres à Xining est ressenti comme, je sais pas je fais pas le calcul, 2500-3000 mètres en France. Et comme l'air chaud remonte facilement dans les terre, la végétation suit. Note que les escaliers là bas essoufflaient rapidement !
Ni bombes, ni roquettes. Foutez VOUS la paix !
Avatar de l’utilisateur
DD
 
Messages: 1527
Inscription: 30 Sep 2007 22:44
Localisation: Bourg Saint Andeol, Ardèche, entre Montelimar et Orange

Re: Voyage en Chine

Messagepar DD » 21 Jan 2013 23:54

La circulation automobile.
Dire que la place de l'automobile en Chine explose est un doux euphémisme. A Lanzhou, et ses trois millions d'habitants, le parc automobile augmente de 300 à 400 voiture de plus PAR JOUR !!!
Le problème est que les infrastructures ne suivent que difficilement. A Lanzhou, la ville étouffe sous les embouteillages. J'ai dit par ailleurs qu'il y a beaucoup de place en Chine, mais il y a des contraintes. Lanzhou par exemple est dans une cuvette creusée par le fleuve jaune, étalée sur 30 km de long mais coincée entre une montagne d'un coté et des collines escarpées de l'autre. Impossible d'imaginer un boulevard périphérique par exemple.
Les Chinois apprécient beaucoup d'acheter une voiture qui reflète leur statut social. Comme la classe bourgeoise a pas mal d'argent, les grosses voitures sont légions. Si les Porsche ou les Ferrari sont inexistantes (les Chinois ne semblent pas avoir la culture de la vitesse), les gros 4x4 grouillent de partout. Les Buicks, les BMW, Audi cotoient diverses marques chinoises caractérisées par leur volumes imposants. Il y a également des modèles plus "populaires" (et mieux adaptés !). Ainsi il y a beaucoup de taxis aux tarifs imbattables (70 centimes d'euro en base, plus 10 centimes par kilomètres...), essentiellement des VW et des Citroën. En cherchant bien, on peut trouver a peu prés toutes les marques et tous les modèles. J'ai même vu une Fiat Punto, c'est dire. Évidemment, l'explosion de la circulation génère des embouteillages monstres, et çà n'ira pas en s'arrangeant. Et s'il n'y avait que çà ! Car en plus de ces voitures, les rues sont encore encombrées de véhicules invraisemblables, tels ces tricycles à moteur, avec plateau arrière surchargé de marchandises diverses, certains bricolés avec l'avant d'une vieille moto rouillée venue on ne sait d'ou. Et tous ces véhicules cohabitent dans une joyeuse pagaille ou la seule règle semble ètre, tant que çà circule, tout va bien !
En fait la seule règle vraiment respectée est l'arrèt au feu rouge. Et encore, au redémarrage, pour traverser ou tourner, c'est à celui qui a les plus grosses boules ou le plus gros culot. Et ce n'est pas tout. Oubliez les priorités à droite (les quoi ?), les stops et autre joyeusetés du code de la route. Plus fort, ce n'est pas parce que vous ètes en sens unique que ne va pas apparaitre en sens inverse un véhicule quelconque, quelque chose entre le 4x4 et le vélo. Tout est permis. On nous avait prévenu qu'il valait mieux prendre un chauffeur, ce que nous avons fait. C'est simple : à notre arrivée, au premier carrefour, on s'est crispé. Au second, on s'est dit ben on va mourir........... Le plus dingue c'est que tout se passe bien ! Les Chinois sont experts dans le faufilage et parviennent à insinuer leur véhicule là ou un Français normal ne le ferait jamais. Et pourtant les véhicules cabossés sont rarissimes. malgré la densité de la circulation, en quinze jours j'ai compté à peine cinq voitures ayant subi un impact !
Nous avons vu trés peu de scooters, encore moins de moto. Et quant on en a vu, aucun conducteur ou presque ne portait de casque. Et trés peu de vélos également. On est bien loin de ces images datant d'il y a quelques années ou les rues étaient couvertes de vélos. A Lanzhou, Xi'An et Beijing, c'est terminé, çà n'existe plus.
Un point amusant, c'est que les Chinois, experts en ville sont beaucoup moins "performants" sur route ouvertes. Ils ont tendance à trainer par exemple sur autoroute, et à conduire de façon approximative. Une fois, David a été à deux doigts d'arracher le volant des mains de notre chauffeur du jour, tellement ce dernier faisait souffrir son véhicule à 50 Km/h, en 5e et en montée ! Sur autoroute, la règle est trés différente de ce que l'on connait en France. Il y a une voie lente à droite, et une voie rapide à gauche. Et comme tout le monde roule sur la voie rapide, le dépassement par la droite est automatique..... Un coup de klaxon, et çà passe............ En fait le coup de klaxon là bas n'est jamais agressif. C'est juste pour dire, attention, je suis là, j'arrive, ne bougez pas. Et çà se passe bien.
Y a t-il pire ? Oui ! L'état des routes est disons "perfectible". Les autoroutes méritent le statut "bon" d'aprés les standards européens (certains tronçons allemands sont bien en deçà !). Les aires de service sont rares et également perfectibles. Les grandes avenues ne soufrent pas de critiques particulières, mais certaines rues ménagent quelques surprises. Des gros trous minent parfois le passage, que chacun évite avec maestria. Encore pire, si c'était possible : nous avons eu la surprise de découvrir que parfois sur les bouches d'égout, la plaque métallique est manquante ! Et rien n'est signalé........... Là encore, chacun évite avec un petit coup de volant. Sur une quatre voie prés de l'endroit ou nous logions, c'était le cas. Au bout de deux ou trois jours, l'endroit a été signalé : deux palettes en bois apposées l'une contre l'autre à l'aplomb du trou ! J'imagine que quelqu'un avait du prendre le trou de plein fouet avec de fâcheuses conséquences....
Encore pire ? Oui, pour les piétons.... Il a fallu traverser parfois les avenues à pied, et à chaque fois, je me suis demandé si notre dernière heure n'était pas arrivé.... Là c'est au piéton de jouer, à lui de déterminer si çà apsse ou pas, parce que le véhicule ne bouge pas de sa ligne. je ne sais pas qu'l est l'équivalent de saint Christophe en chine, mais il est trés performant......
Mais le plus fort dans tout ce que je vous ai raconté, c'est que tout se passe bien, personne ne meurt. La circulation automobile, çà se passe comme çà à Lanzhou (un peu mieux à Beijing). Et le plus incroyable, c'est que tout le monde semble trouver çà normal ................................
Ni bombes, ni roquettes. Foutez VOUS la paix !
Avatar de l’utilisateur
DD
 
Messages: 1527
Inscription: 30 Sep 2007 22:44
Localisation: Bourg Saint Andeol, Ardèche, entre Montelimar et Orange

Re: Voyage en Chine

Messagepar DD » 22 Jan 2013 23:25

La cuisine chinoise
Pour ètre franc, la cuisine chinoise telle que nous l'avons connue en Chine s'écarte un peu de ce que l'on connait en France. Ca ressemble un peu mais.... c'est pas pareil ! La différence essentielle tient au nombre de plats. Le plat unique tel qu'on le conçoit dans nos sociétés occidentales existe peu en Chine. En fait nous avons découvert avec un certain amusement que les Chinois sont capables de manger et de grignoter tout le long de la journée. Et de manger n'importe quoi ! Il faut noter que nous n'avons pas vu de Chinois obèses. C'est rarissime. Le régime alimentaire est différent également. Peu de fritures, quasiment aucunes graisses. Pâtisseries également quasiment inexistantes et fruits présents mais peu consommés. Par contre le piment est présent dans quasiment tous les plats dans des proportions qui donnent des sauces oscillant entre le kérosène et la nitroglycérine. Ceci a été particulièrement marquant lors de notre participation à une fondue chinoise. Je vous décrit le tableau. Au centre une cuvette en métal a deux compartiments concentriques, intérieur et extérieur, et un feu au-dessous pour maintenir les deux bouillons......... bouillants. L’extérieur était disons rempli d'un bouillon classique, l'autre avait le gout de sa couleur, c'est à dire rouge vif, comme nos joues après y avoir gouté. Et chacun y trempe sa viande, ses légumes, ses pâtes à son gout jusqu'à cuisson. Trés franchement, je ne me rappelle plus ce que j'ai mangé ce soir là, mais je vous confirme qu'il y avait beaucoup de piment................
Nous avons eu droit à plusieurs reprises au "plateau tournant" sur lequel sont disposés les plats. Chacun y pioche ce qu'il désire lorsque le plat passe à sa portée, au vol en quelques quatre à cinq secondes, ce qui n'est pas une mince affaire quand on est quasiment débutant des baguettes ! Heureusement que quelque part, quelqu'un stoppait discrètement et aimablement le plateau lorsque nous avions des difficultés un peu plus aigües qu'à l'accoutumée, c'est à dire souvent. Nous avons fait de notre mieux pour ne pas ètre ridicule, mais il a fallu faire quelques concessions et utiliser parfois fourchettes et couteaux gentiment mis à disposition par nos hotes. Mais nous nous sommes appliqués, et à la fin du séjour, nous avions suffisamment d'adresse pour ne pas ètre morts de honte chaque fois qu'une pincée de nourriture s'envolait à droite ou à gauche, quant elle ne retombait pas lamentablement dans le plat dans le meilleur des cas. Et je suis encore médusé de la dextérité de nos hotes à dépiauter le poisson uniquement à la pointe des baguettes.
La région de Lanzhou est renommée pour avoir les meilleures pâtes chinoises de toute la Chine. Elles se présentent soit sous forme de nouilles, soit de "spaghettis" si vous pouvez me pardonner ce vocabulaire. La technique pour les obtenir m'a laissé sur le Q. Pour les spaghettis, le cuisinier part d'un rouleau de pâte d'environ un demi-mètre de long, du diamètre d'une baguette de pain, et il la secoue en la tenant par les deux extrémités pour qu'elle s'allonge naturellement. Quant la pate a doublé de longueur, il la replie sur elle même et recommence à la secouer pour l'allonger, et ainsi de suite, jusqu'à ce qu'il ait entre les mains un faisceau de spaghettis d'un diamètre individuel d'à peu prés la moitié d'un crayon. Mais quand on y pense, a aucun moment il n'a coupé le fil de pâte, et qu'en fait l'écheveau est composé d'un spaghetti unique de pas mal de mètres de long ! Quant aux nouilles, la technique est un peu équivalent. Lors de la fondue chinoise, le gars qui nous les servait partait d'un ruban idem et le faisait danser, voler, tortiller pour l'étirer sur trois ou quatre mètres de long ! Et çà fait beaucoup, de quoi répondre de façon incongrue à la question qu'est-ce que tu as mangé ce soir ? ben une nouille.........
Et c'était délicieux.
A Xi'An, Juan nous a fait la démonstration d'un loisir typiquement Chinois. C'était dans une rue grouillante d'activité, bordée par une quantité pharamineuse de boutiques et de petites gargotes. Le jeu consiste à pénétrer dans une de ces gargotes, commander un petit plat, le déguster à nous quatre, puis recommencer dans une gargote voisine, et ainsi plusieurs fois à seule fin de gouter à toutes les spécialités de l'endroit et faire une cure de saveurs dont nos estomacs se souviennent encore !
Notez qu'il est possible de tourner avec un plat unique. Ca nous est arrivé au moins à deux reprises. La première fois c'était dans une resto style MacDo avec un plat unique de pâtes cuisinées à la manière de la-bas, burp. L'autre fois, c'était dans un pizza hut (si !) ou David nous avait entrainé tellement il n'en pouvait plus de la bouffe chinoise. Il a commandé une énorme pizza normalement prévue pour plusieurs personnes, et a parié avec la serveuse médusée qu'il l'a mangerait tout seul. Et il a perdu son pari !!
Pour faire passer tout çà heureusement, il y a le saké.... Lui aussi est omniprésent au même titre que le piment. Je recommande d'ailleurs le traitement, piment et saké forment un cocktail détonnant auquel ne résiste aucun microbe. Ca décape ! Il est servi dans des petits verres consciencieusement remplis chaque fois qu'ils sont vidés, les réserves semblent inépuisables.... Et on porte des toast régulièrement avec les uns et les autres tout le long du repas, "cam peï" ! A ce petit jeu, Martine a compté un de nos hotes au score de 32. Personnellement, j'ai tenté de faire honneur au drapeau en supportant vaillamment les défis. Au-delà de 10 ou 12, je n'ai plus compté, mais je dois avouer qu'à deux ou trois reprises, j'ai pensé à l'honneur du pays et me suis encourage avec un "Vive la France" avant de vider ma coupe !
Ni bombes, ni roquettes. Foutez VOUS la paix !
Avatar de l’utilisateur
DD
 
Messages: 1527
Inscription: 30 Sep 2007 22:44
Localisation: Bourg Saint Andeol, Ardèche, entre Montelimar et Orange

Re: Voyage en Chine

Messagepar DD » 23 Jan 2013 23:21

Les médias Chinois
Avant de partir j'avais entendu parler comme tout un chacun de l'impitoyable censure dont soufrent les médias Chinois au premier rang duquel l'Internet. Ca m'ennuyait beaucoup dans la mesure ou je suis adepte de régates virtuelles sur le site de VLM. A mon grand plaisir, j'ai pu accéder sans problème à mon site favori et ainsi éviter bien des naufrages (virtuels) à mes petits batôs. Partant de là, j'ai testé l’accès à d'autres sites et constaté non sans un certain étonnement que je pouvais accéder à ma messagerie Yahoo, ou mes sites favoris que sont Exodoxe et ONCT ou pourtant les cas sociaux ne manquent pas et/ou les commentaires sont parfois forts acerbes, ou encore le site d'Activolcan que j'adore. J'ai également pu accéder sans problème à d'autres médias Français d'information tels que RTL, 20 minutes, les dépèches de l'AFP, etc, sans avoir une descente de police dans les minutes suivantes ou un message incompréhensible mais à priori menaçant sur la tablette. Toutefois il est vrai que des sites ne sont pas tous accessibles. Impossible par exemple d'aller sur YouTube ou Facebook. Et j'ai soigneusement évité d'écrire un truc du genre: vive le Japon par exemple au cours de mes parties de surf. Je ne suis pas fou. Mais force est de constater qu'un internaute Chinois peut aller surfer sur les sites dans le monde entier tout au moins avec une certaine liberté.
La télévision Chinoise par contre m'a surpris. Nous avons du attendre parfois que le taxi arrive, coincé dans les embouteillages, et la seule occupation était de regarder la télé Chinoise. Évidement on ne comprenait rien vu que pour nous le Chinois, c'est de l'Hébreu, donc on faisait comme à la maternelle, on regardait les images. Il y a beaucoup de chaines en Chine. A Beijing, je me suis amuse à compter le nombre de chaines présentes à l'hotel, j'en ai compté 66 ! Mais ce qui est surprenant, c'est que toutes sauf une ne parlent que de la Chine ! C'est tout juste si je suis tombé une fois par hasard sur des images montrant Barak Obama, sans doute égaré, Juan me disait que sur la principale chaine, il y avait un quart d'heure aux infos consacré à l'actu étrangère. Je ne me rappelle pas d'avoir vu une chaine étrangère, sauf une version du Discovery channel, et peut etre une chaine en langue anglaise ou passait "Pirates des Caraïbes". C'est peu.
La conclusion est assez étonnante et laisse dubitatif. Si vous prenez le Chinois moyen, qui ne va pas sur Internet et qui regarde la téloche comme tout un chacun, il ne sait QUE ce qui se passe en Chine. S'il ne fait pas l'effort d'aller sur le Net, surfer sur les sites étrangers ce qui nécessite quand même un gros investissement personnel (il faut assimiler l'écriture occidentale ou autre, la langue étrangère...) eh bien il est complètement enfermé dans les limites du pays et n'a aucune idée de ce qui se passe dans le reste du monde. L'étranger lui est étranger......
Notez toutefois que nous non plus nous ne savons pas ce qui se passe en Chine............
Ni bombes, ni roquettes. Foutez VOUS la paix !
Avatar de l’utilisateur
DD
 
Messages: 1527
Inscription: 30 Sep 2007 22:44
Localisation: Bourg Saint Andeol, Ardèche, entre Montelimar et Orange

Re: Voyage en Chine

Messagepar DD » 25 Jan 2013 00:32

La pollution
C'est quelque chose dont on parle souvent à propos des grandes villes Chinoises, et ce n'est pas une vue de l'esprit. Que ce soit à Beijing, Xi'An ou Lanzhou, nous avons vu la même atmosphère lourde de menaces, d'une couleur allant de l'orange au brun-gris selon l'heure et le degré d'ensoleillement. Lanzhou a même été considérée comme la plus polluée de Chine au point que le gouvernement déconseillait de s'y rendre à certaines époques. En cause évidement la circulation mais aussi la fumée des usines. Toutefois ce constat doit ètre nuancé. Dans ces trois villes nous avons eu le plaisir d'avoir droit à un jour de pluie suivi d'une période de vent. Et là tout a changé. Ces trois villes se sont soudainement affichées verdoyantes, riantes et ensoleillées.
Il faut pas réver. Paris, Lyon, Marseille et les autres grosse villes d'Europe (hello London !) ont aussi de gros parcs automobiles et certains jours dans le couloir de la chimie du coté de Lyon ne sont pas de la rigolade. Alors d'ou vient la différence ? Déjà Lanzhou est en zone semi-désertique ce qui fait qu'outre la pollution se rajoute un fond de cette poussière omniprésente que j'évoque plus haut. Mais la vraie raison tient je pense dans la faiblesse des vents. Il n'y a pas comme ici l'influence de l'Ocean proche, ou ce foutu Mistral qui l'un comme l'autre balayent les fruits de nos émissions nauséabondes. Exceptionnellement à Beijng, nous avons eu une bonne brise. mais en temps normal, les vents sont extrêmement faibles et c'est la raison pour laquelle les nuages de pollution ne parviennent pas à s'évacuer et aller se faire voir.... ailleurs.
Il faut ètre bien conscient que la Chine a pris la mesure de l'importance de la sauvegarde de son environnement. Je ne sais pas de quand çà date, mais par exemple, j'ai vu de nombreux endroits plantés de jeunes arbres solidement arrimés et bichonnés avec soin. Preuve s'il en est, en Italie, j'avais été étonné et un peu ecoeuré de découvrir les bords de route du coté de Naples tapissés de sacs et de bouteilles plastiques. Rien de delà en Chine là ou nous avons été. Les rues, les bas-coté, les routes supportent sans problème la comparaison avec l’environnement Français, et parfois même mieux. Même constat à Linxia ou nous avons été à la rencontre du milieu du XXe siècle. De la même façon, alors que je redoutais un peu de découvrir un égout a ciel ouvert lors d'une promendade sur les bords du Fleuve jaune, j'ai été agréablement surpris de constater l'absence en bord du cours d'eau de sacs, de débris, de bouteilles et autres déchets que l'on découvre sur les bords de nos propres rivières. Sur ce plan là, nous avons a prendre des leçons des Chinois. Evidement, celà ne résout pas le problème de la pollution atmosphérique, mais celà va obliger les autorités Chinoises à prendre des mesures extrèmes et performantes qui vont faire que dans ce domaine, là encore les Chinois vont nous donner des leçons.
Ni bombes, ni roquettes. Foutez VOUS la paix !
Avatar de l’utilisateur
DD
 
Messages: 1527
Inscription: 30 Sep 2007 22:44
Localisation: Bourg Saint Andeol, Ardèche, entre Montelimar et Orange

Re: Voyage en Chine

Messagepar DD » 29 Jan 2013 23:59

Bateaux, autos, vélos et autres moyens de transports
Je passe rapidement sur les bateaux, on n'en a pris qu'une fois à Beijing. C'était un "bateau-bus" avec lequel nous avons traversé le lac qui se trouve au pied du palais d'été, et qui nous a permis un beau point de vue sur le palais, j'y reviendrai.

On a également pris le bus une fois. Pas grand chose à dire, c'est un peu comme en France. Je passe également rapidement sur nos trajets en avion de la compagnie China Air. Si vous avez des doutes, sachez que la compagnie est sans problème au niveau des meilleures, tant au niveau technique qu'humain. Et les hôtesses ont manifestement été sélectionnées aussi bien pour leur beauté, que pour leur gentillesse et leur professionnalisme !

J'ai brièvement évoqué les taxis plus haut. Ils sont trés, trés nombreux, tant à Lanzhou qu'à Beijing. En 2006 parait-il à Lanzhou, il y avait autant de taxis que de voiture particulières. Depuis, le nombre de voitures a explosé, mais les taxis sont toujours présents en nombre. Ou que l'on soit dans la ville, il y en a bien quatre ou cinq qui passent à la minute et c'est bien le diable si on n'en trouve pas un disponible rapidement. Et même s'ils sont plus rares, on peut toujours faire appel aux "taxis noirs", là encore si j'ai tout compris des gars qui travaillent en "indépendants", sans license au vu et au su de tout le monde. C'est vrai, les Volkswagen et les Citroen qui forment le gros de la troupe ont du kilométrage, les amortisseurs sont parfois fatigués quand une vitesse n'est pas cassée dans la boite, mais les gars sont des as dans la circulation urbaine et n'ont pas leur pareil pour vous emmener rapidement à destination malgré les embouteillages.

Notre voyage en train de Lanzhou à Xi'An a par contre été un vrai choc. Force est de constater que sur ce plan, la SNCF est encore un cran au-dessus. C'est vrai, en Chine, il y a une ligne de Maglev, et ils viennent de mettre en service la plus longue ligne de train à grande vitesse du monde entre Beijing et.... le sud de la Chine, Shangaï je crois. C'est pas rien. Par contre le train de nuit que nous avons pris à l'aller comme au retour est au standard Français disons, années 60. Il y avait un monde fou à la gare et j'ai été trés surpris de devoir passer les bagages aux rayons X. Notre train était trés long, avec de grosses motrices et nous avons voyagé en couchettes première classe. Notez qu'il y avait cinq classe dans ce train ! La première classe avait un compartiment fermé avec quatre couchettes, un peu dures, les Chinois dorment préférentiellement "à la dure" ce qui a un peu choqué nos physiques fragiles d'occidentaux, aïe. En seconde classe, il y a six couchettes par compartiment non fermé, et je préfère ne rien dire des trois autres classes. Nous y avons passé deux nuits de trajet assez horribles (aller et retour, entrecoupé par une nuit en cinq étoiles à Xi'An, j'y reviendrai aussi). Le train est rapide, aussi rapide qu'un corail par exemple, mais les voies sont moins roulantes qu'en France si j'en juge aux secousses permanentes qui ont secoué notre repos, je n'ose pas dire sommeil. Au moins une fois, nous avons enregistré un choc si violent que j'ai pensé que l'on déraillait ! Mais nous somme néanmoins arrivé à bon port si j'ose dire, aprés huit à dix heures de voyage. Et c'est là qu'on se rend compte a quel point le pays est étendu. Pour reprendre un réflexion de mon frère à propos de l'Australie, quand on a regardé sur une carte le trajet effectué au cours de ce voyage, ben on n'avait pratiquement pas bougé............... Je ne critiquerai plus jamais la SNCF, jamais, je le jure !

Et le vélo ? Eh bien ils sont devenus trés rare, c'est une image d'Epinal qui ne correspond plus à la réalité. Nous avons eu par contre droit à une balade en "presque" pousse-pousse, dans la mesure ou il état tracté par un vélo et non par un gars à pied comme dans le temps. C'était à Beijing, pour un excursion faisant partie du tour opérator que nous avions pris. J'ai parlé de la démesure de la Chine. Cette fois, c'était exactement l'inverse, car cette balade nous a emmené dans un petit quartier ancien de Beijing, juste à la sortie de la cité interdite, un quartier atypique de petites maisons grises à un seul niveau, des ruelles étroites certaine ne permettant pas la circulation auto. Autant que j'ai compris, c'était le mode d'urbanisme traditionnel avant que la Chine ne commence à construire des immeubles. On y a mangé chez l'habitant, complément de ressources pour eux, dépaysement pour nous et c'était trés agréable et délicieux. Le pousse-pousse était à deux places, Martine et moi dans l'un, Juan et David avec Celine dans l'autre, et au démarrage, notre "tracteur" a dit quelque chose que nous n'avons pas compris évidement, mais Juan nous a glissé plus tard que c'était quelque chose comme "ils sont pas légers" ! OK, le gars était payé pour çà et on a laissé un pourboire j'espère raisonnable, mais on était quand même un peu confus. Du coup lorsque la balade a été terminée, outre le pourboire on s'en est tiré avec les remerciements d'usage et les félicitations. J'ai dit au gars qui nous avait tracté qu'il avait un trés beau coup de pédale, qu'il pourrait disputer le tour de France sans problème et qu'il avait du mérite à nous avoir tracté vaillamment. Mais çà aurait pu ètre pire pour lui : on aurait pu ètre américains !
Ni bombes, ni roquettes. Foutez VOUS la paix !
Avatar de l’utilisateur
DD
 
Messages: 1527
Inscription: 30 Sep 2007 22:44
Localisation: Bourg Saint Andeol, Ardèche, entre Montelimar et Orange

Re: Voyage en Chine

Messagepar DD » 11 Fév 2013 23:45

L'architecture traditionelle
Qui n'a jamais vu et qui ne connait pas la principale caractéristique des bâtiments historiques Chinois, les toits en pagode, avec leurs extrémités relevées ? C'était un de nos principaux objectifs et le moins que l'on puisse dire c'est que nous n'avons pas été déçus. Dans ce domaine une fois de plus, c'est la démesure qui s'impose. Démesure dans la taille des bâtiments, dans l'espace utilisé ou la décoration.
Une constatation s'impose d'entrée. Le fameux toit en pagode n'est rien d'autre qu'un lointain héritage des toits en bambous, fendus et emboités les uns dans les autres. La souplesse des bambous leur faisaient prendre automatiquement la forme caractéristique. Par la suite, le bambou a été remplacé par des tuiles en céramique, mais la forme a été conservée par les architectes Chinois.

Un aspect un peu étrange, est l'impression d'un style "figé". Nous avons visité Xi'An dont l'age d'or se trouve au 9e siècle de notre ère, nous avons visité divers palais, nous avons visité les tombeaux des Ming qui datent du 15e siècle, ainsi que la cité interdite, le palais céleste et le palais d'été à Beijing plus récents, tous sont batis selon le même schéma. Il ne reste malheureusement presque rien de l'ancienne cité impériale de Xi'An, mais les documents et les reproductions montrent le même style que les bâtiments les plus récents. Tous sont batis sur des tertres ou des terrasses plus ou moins élevées. La plupart sont rectangulaires, tous à peu prés dans les mêmes proportions. Les édifices circulaires sont rares. Les tours ont en général un nombre de coté pair, six, huit. En règle générale, plus le batiment est imposant, plus le tertre l'est aussi. Les petits logements de fonctions des employés de l'empire sont pratiquement au ras du sol. Au contraire, les batiments monumentaux comme ceux que l'on voit dans la cité interdite sont perchés tellement haut que l'on y accède par des rampes courant le long du tertre. Sinon, on y accède par des escaliers montant directement à flanc de terrasse. A noter que ces tertres et ces terrasses sont des structures pleines. A de trés rares exceptions comme on en a vu à la nécropole des Ming, il n'y a aucun vide. Dans ce cas particulier, nous avons parcouru un couloir en pente à l'intèrieur même du tertre pour atteindre ce que j'appelerai par commodité le premier niveau. Sinon, les seules ouvertures sont celles qui permettent de passer à travers, sous le batiment.
Ces batiments sont trés aérés, il y a de grandes ouvertures. Un aspect impressionnant, ils sont presque faits exclusivement en bois ! Les charpentes elle même sont constituées par un empilement de poutres, sans le moindre clou ou cheville. Mon beau-frère de charpentier appréciera.
Nous n'avons pas vu non plus de batiment de grandes dimensions. Par comparaison, on peut dire que le moindre de nos gymnase est immense par rapport aux plus grands batiments de l'empire. Par contre, les Chinois ne lésinaient pas sur l'espace extèrieur. Chaque batiment est entouré de grands espaces, de places et d'esplanades trés dégagées. Là encore le meilleur exemple reste la cité interdite si vous allez vous balader sur le net, ce dernier regorge de photos et de vidéos.
Là ou les Chinois sont des experts, c'est dans la décoration. Et là, ils se sont lachés ! Les tuiles des toits sont en céramique. Les batimenst sont peints et décorés de couleurs vives, rouge, vert, bleu, jaune, avec une dominante spécifique pour un groupe d'edifices. Si par exemple la cité interdite est majoritairement dans le rouge, le palais d'été fait davantage dans le bleu et le vert. Mais dans tous, les dorures ruissellent de partout atteignant le point culminant dans les batiments réservés à l'empereur. Là, çà croule carrément sous l'or ! Chaque centimètre carré est décoré, peint, doré, rien n'a échappé aux artistes. Les toits eux-mêmes n'échappent pas à cette frénésie. Des animaux mythiques, dragons et fils du dragon ornent les arrètes des toits en nombre d'autant plus important que l'on approche du logement de l'empereur. Et là ou il n'y a pas de dorure ou de sculpture, c'est des peintures. En bordure du lac ou se trouve le plais d'été, court une longue galerie couverte de plus d'un kilomètre. Chaque élément de la charpente, tous les deux ou trois mètres est orné d'une peinture représentant soit un paysage ou une scène bucolique, toutes sont différentes. C'est éblouissant ! Il est impossible de tout voir de tout détailler. Rien qu'un examen détaillé de la longue galerie mériterait plus d'une journée à elle seule.
Quant aux espaces entre les batiments, c'est le règne du marbre. Barrières, ponts, passages, escaliers tous sont sculptés et décorés de fleurs de lotus, de tètes de dragons, de... je sais pas de quoi ! On en prend plein les yeux.
Par places, on découvre également des sculptures d'animaux, le plus fréquent étant le couple de lion chargé d'écarter les mauvais esprits et les empécher de rentrer dans les batiments. Ils ont toujours la mine sévère, prèts à se jeter sur l'intrus. Ils sont presque toujours en couple, un male et une femelle. A Beijing, notre guide nous a demandé de deviner lequel était le male et lequel la femelle. Réponse : le male est celui qui a sa patte sur le globe terrestre. La femelle a son petit sous sa patte dans un geste protecteur. Mais je dois dire que cette interprétation m'a laissé dubitatif. Le "petit" lion est couché sur le dos, la patte de la lionne posé sur son ventre. Du coup, je me demande s'il ne s'agit pas plutot d'une symbolique différente, à savoir le lion représente le pouvoir, d'une part sur la Terre, d'autre part sur ses habitants symbolisés respectivement par le globe terrestre et le lionceau !

Cette richesse, cette architecture monumentale contraste fortement avec l'habitat du petit peuple qui ressemble plutot à des boites à chaussure posées les unes à coté des autres. Elle contraste également avec les édifices datant de l'époque communiste, sévères et fonctionnels, gris et bétonnés, que ce soit les batiments officiels ou les immeubles réservés aux logements populaires. Mais il faut noter deux choses, constat bien agréable au demeurant. Primo les Chinois apportent beaucoup de soin à l'entretien du patrimoine historique, parfois en le reconstruisant comme à Xi'An. Ils les restaurent, les mettent en valeur en faisant courir des guirlandes lumineuses le long de leurs angles et de leurs toits offrant une vision féérique à la nuit tombée. Et les grands immeubles aux couleurs claires actuellement en construction sont souvent couronnés de toits en pagode, héritage de leur architecture millénaire, mais tellement esthétiques.
Ni bombes, ni roquettes. Foutez VOUS la paix !
Avatar de l’utilisateur
DD
 
Messages: 1527
Inscription: 30 Sep 2007 22:44
Localisation: Bourg Saint Andeol, Ardèche, entre Montelimar et Orange

Re: Voyage en Chine

Messagepar DD » 22 Fév 2013 23:57

Terre de contraste
Dans ce domaine, la Chine fait encore dans la démesure. On a rapidement l'impression que ce pays est en train de muter à toute allure en oubliant au moins momentanément derrière lui une partie de sa population et de ses agglomérations.

J'ai déjà évoqué l'amusante cohabitation routière entre les (trés !) gros 4*4 et autres voitures luxueuses et les invraisemblables tricycles à moteur formés d'un avant de moto rouillée (russes ? chinoises ?) accouplé à une plate forme branlante trouvée on ne sait ou. Et tous les intermédiaires sont imaginables.

Contraste saisissant également entre les magnifiques avenues et boulevards des centres villes, et les ruelles poussiéreuses criblées de trous d'obus (au moins !) de leur banlieues. Là encore le contraste est trés fort coté batiments. Le centre ville de Lanzhou regorge d'immeubles ultra-modernes aux façades ruisselantes de lumières. A coté de çà la banlieue a un aspect pauvre, aux maisons basses, étroites, oscillant entre le bidon ville et les corons du Nord. Les grands magasins ne se comptent plus, s'élevant sur plusieurs étages, avec leurs ascenseurs, leurs escalators, leurs débauches d'éclairage, les marbres et les produits de luxe ou high-tech le tout dans un état de propreté impeccable. Et à quelques distances, on va trouver des petites boutiques débordant de bricoles hétéroclites, réparateurs de vélos, vendeurs de n'importe quoi, ou les articles se mélangent à plus ou moins de poussière en fonction de leur modernité. Et puis, agent EDF oblige, je n'ai pu qu’être frappé par le soin apporté à l'alimentation électrique des grandes et belles avenues d'une part, et d'autre part avec les petites ruelles et ses forêts de câbles, de transformateurs et autres fils électriques dont certains pendouillaient parfois coupés au ras du trottoir ! Et croyez moi si vous voulez, mais je n'ai pas cherché à savoir s'ils étaient sous tension ...

Quoi encore ? Les restaurants bien sur que j'ai évoqué plus haut. Nous avons eu l'honneur d'ètre invités dans des restaurants de grande classe, avec ces fameux plateaux tournants sur lesquels sont posés les plats raffinés proposés aux convives au fil de leur rotation. Mais il y a aussi ces petits restos bien sympathiques dans des ruelles débordantes d'animation ou l'on pouvait gouter des plats plus ordinaires, mais pour nous Européens tellement exotiques. Là aussi tous les intermédiaires en terme de standing ou... d'hygiène sont imaginables. Ce dernier point aurait rebuté n'importe quel Français parfois. Une fois j'ai été avec Juan commander des pates chinoises et autres plats à emporter et nous sommes tombés sur un petit resto essentiellement noir de.... où même elle a dit, non pas là, c'est un peu crade ! On a donc été dans celui d'à coté, à peine mieux, et qu'est-ce que c'était bon !

Les différences de niveau de vie sont également criantes. Juan nous disait que dans certains coins de Chine, un ouvrier est payé 100 yuans par mois, environ 10 euros................. J'ai été médusé de voir parfois des gens armés de sacs fouiller dans les poubelles pour en récupérer les bouteilles plastiques afin de les recycler. A coté de çà, la Chine connait une classe moyenne en pleine explosion dont le train de vie n'a rien à envier à l'Europe, l'Amérique du Nord ou le Japon. La famille de Juan en fait partie. Et au sommet de la pyramide, il y a une classe de personnes trés riches, même selon des critères Occidentaux. Un soir nous avons eu l'honneur et le plaisir d'ètre invité à la table d'une de ces personnes. Outre propriétaire d'un hotel, d'immeubles et d'appartements (nous avons été trés discret sur ce sujet), il était président d'un fond d'investissement pour le Gansu, région de Chine dont Lanzhou est la capitale. Le Gansu c'est en surface à peu prés entre la moitié et les deux tiers de la France. Et une de ses invitées ce soir là était la présidente pour la province de la Banque de Chine........... Autant dire que ce soir là nous avons cotoyé un niveau de puissance et de richesse qui nous dépassait complètement, et assez étonament, en toute simplicité.

Et puis disparité entre la ville et la campagne. Martine a eu du mal à s'en remettre. Celà s'est passé quand nous avons été à Linxia rendre visite à une cousine de Juan. Linxia est une "petite" ville de 200 000 habitants à l'habitat assez ouvert et qui ne dépayse pas du tout. On aurait remplacé les Chinois par des Européens, on se sentait chez nous. Et puis quelques kilomètres hors de l'agglomération chez sa cousine, c'était la campagne. Mais la campagne des années 50 ou 60 en France, la même, options comprises, avec les poules (et les coqs, vive la France !) et les canards en liberté, les petits chemins poussiéreux et les maisons basses et petites, et des tracteurs tirant des tombereaux remplis à ras bord d'abats animaux sanguinolents ! Pauvre Martine... En fait, un habitat à taille humaine, prés de la terre et des animaux, à des années lumières du centre ville de Lanzhou ou de Beijing.
Et bizarrement, je m'y suis senti parfaitement à l'aise..............................
Ni bombes, ni roquettes. Foutez VOUS la paix !
Avatar de l’utilisateur
DD
 
Messages: 1527
Inscription: 30 Sep 2007 22:44
Localisation: Bourg Saint Andeol, Ardèche, entre Montelimar et Orange

Re: Voyage en Chine

Messagepar DD » 12 Mar 2013 23:24

Histoire de religions
Les édifices religieux ne sont pas légion, mais ils sont fréquents. Et autant que j'ai pu en juger loin de l'idée reçue d'un état laïque, je n'ai noté aucun obstacle à la pratique des religions des uns et des autres.
Je n'ai pas vu d'églises ou de cathédrales. Le christianisme est minoritaire, et absent dans les petites zones que j'ai visité. La Chine est essentiellement bouddhiste et musulmane, à laquelle il faut rajouter une "certaine" proportion de bouddhisme tibétain. Les Chinois musulmans sont assez naturellement concentrés dans l'Est de la Chine. Lanzhou est un peu frontalière dans la mesure ou les temples bouddhistes et Lamaïstes (Tibétains) côtoient des mosquées.
Par contre à Linxia, à seulement 80 km de là, c'était le plein pays musulman, et la vallée que nous avons remontée était semée de petites mosquées caractéristiques avec leurs minarets de toutes tailles et leurs coupoles aux toits de tuiles vertes. Je ne suis pas un expert en Islam, mais il me semble que l'islam tel qu'il est vécu là bas est assez éloigné de celui que l'on rencontre au Moyen Orient ou même en France. Nous n'avons vu par exemple aucune femme en tchador ou assimilé, et c'est tout juste si certaines portaient un foulard de façon assez lâche, de la même façon et avec les mêmes couleurs que ceux que portaient nos mères et grand mères, et que l'on voit encore parfois. Invités chez la cousine de ma belle-fille, j'ai relevé avec un certain amusement, un relative séparation entre hommes et femmes, mais sans que ce soit une règle absolue. Mais je serai extrêmement prudent, faire des statistiques sur un cas....? A part çà, je n'ai pas vu la moindre viande de porc au menu, apparemment c'est "halouf !" comme partout ailleurs. Et si aux murs s'affichaient des grandes tapisseries avec des caractères arabes reproduisant la déclaration de foi fondamentale des musulmans, pour le reste, c'était très ordinaire. Et à noter que le saké en Chine n'a rien de "haram" ! On nous a offert un mélange de saké et de sang de........ je préfère pas savoir, qui m'a fait faire appel à l'honneur national pour accompagner nos hôtes ! Et la chaleur de leur accueil a eu raison des interrogations que je pouvais avoir avant de leur rendre visite.

Du coté Bouddhistes et Lamaïstes, ils sont évidement assez proche. Là, l'atmosphère est radicalement différente de la partie musulmane. Il n'y a pas de grands édifices assimilables à nos églises et cathédrales, ou aux mosquées. Une personne non avertie aurait vite fait de confondre temple bouddhiste et palais impérial. On retrouve le même type d'architecture : bâtiments de taille relativement réduites, se succédant dans de vastes espaces, séparés les uns des autres par des placettes boisées. Chacun de ces bâtiments abrite une ou plusieurs statues d'un bouddha devant lesquels s'agenouillent les pèlerins pour prier en brulant des bâtons d'encens. mais je dois reconnaitre que l'essentiel des visiteurs ont plutôt des allures de touristes. Les bâtiments comme partout ailleurs sont peints de couleurs vives ou domine le rouge et les dorures, comme dans les palais impériaux. Un temple que nous avons visité à Beijing abritait la plus grande statue en bois monobloc au monde, un Bouddha taillé dans le tronc d'un banian et d'une taille de 27 mètres de haut. Elle se trouve dans le Guiness book des record.
Il m'est impossible de dire quelle proportion des visiteurs étaient là pour prier, mais j'ai été assez surpris de voir des occidentaux parmi eux...... Tout s'exporte en Chine.

Le temple Lamaïste de Xining se rapproche beaucoup architecturalement des autres bâtiments Chinois. Mais on y trouve quelques composantes spécifiquement Tibétaine. Si vous avez eu la curiosité de lire la BD "Tintin au Tibet" de Hergé, sachez que l'auteur s'était soigneusement documenté et que tout dans les tenues, les coiffes, les statues, les moines, les chortens, les moulins à prière, tout est vrai et conforme à la réalité. Sauf que maintenant, les moines ont tous un téléphone portable ! Ca fait assez incongru je dois dire. Là encore, beaucoup de touristes, mais aussi beaucoup de pèlerins venant faire leurs dévotions ou une prière, et demander, santé, bonheur, argent et longue vie aux bouddhas, moyennant quelques Yuans. Je n'ai jamais vu autant d'offrandes déposées de partout au pied des statues, dans des troncs, ou carrément collées au statues, à croire qu'un avion avait largué sur le temple toute la réserve de devises de la banque de Chine ! Spécificité également de ce temple Tibétain, les alentours étaient remplis de foulards et de pièces d'étoffes tendues sur des fils, avec des prières en caractères tibétains inscrites dessus et claquant au vent. Si je peux faire une comparaison osée, visuellement, çà faisait penser à des cordes à linge avec le linge séchant dessus, Mais la comparaison s’arrête là.
Un détail qui a son importance: on nous a montré des photos du chef spirituel du bouddhisme en Chine. Le dalaï-lama me direz vous ? Eh bien pas du tout, et c'est à savoir. La Chine accorde la liberté de culte, mais a son mot à dire dans la nomination des chefs religieux ! Et le dalaï-lama n'est qu'un rebelle au yeux de la Chine. Donc, la Chine a "son" Dalaï-lama officiel, un parfait inconnu à mes yeux, mille excuses auprès de mes amis Chinois.

Au bilan difficile de me faire une opinion sur l'étendue de la pratique de la religion en Chine. Nos hôtes étaient très discrets sur le sujet. Très simplement je pense que ce n'est pas foncièrement différent de ce que nous connaissons en Europe. Les religions font partie de l'histoire, de leur environnement. Et plus d'une fois, de la même façon qu'il y a un saint Christophe dans nos voiture, j'ai vu souvent des petite figurines dorées de Bouddha ou un petit moulin à prière posées sur le tableau de bord des voitures.
Et au fond, quand on voit comment ils conduisent, ce n'est pas une précaution inutile !
Ni bombes, ni roquettes. Foutez VOUS la paix !
Avatar de l’utilisateur
DD
 
Messages: 1527
Inscription: 30 Sep 2007 22:44
Localisation: Bourg Saint Andeol, Ardèche, entre Montelimar et Orange

Re: Voyage en Chine

Messagepar DD » 18 Mar 2013 23:18

La nécropole des empereurs Ming
C'est une visite que nous avons faite lors de notre séjour à Beijing. Cette nécropole se trouve à un cinquantaine de kilomètres au nord de la capitale et abrite les sépultures d'une bonne dizaine d'empereurs de la dynastie.
Là comme ailleurs, on retrouve une bonne partie des canons de l'architecture traditionnelle chinoise, tant par les bâtiments que par l'organisation générale du site. On retrouve les mêmes dorures, les mêmes bois, les mêmes espaces dégagés plantés d'arbres épars, le tout enserré derrière de hauts murs. Malgré tout, le site respire une certaine solennité, comme si les fantômes des empereurs rodaient encore sur le site. Il faut dire que la nécropole est bien en dehors des limites de la ville, loin de son bruissement, dans une zone trés verte plantée de vergers, et adossée aux premières montagnes au Nord de la capitale.
Je vous ai décrit plus haut le mode de construction des édifices, perchés sur des tertres pleins, sauf quand ils sont percés de passage comme dans la cité interdite. Je vous avait expliqué que l'on accédait au bâtiments par des escaliers sur le coté de ces tertres et ces terrasses. A la nécropole, nous avons eu un contre exemple, car à la base d'une tour de garde monumentale se trouvait l'ouverture d'un couloir montant en pente douce à l'intèrieur même de tertre amenant ainsi au bâtiment lui-même et aux étages supérieurs. Il en existe peut ètre d'autres de ce type, mais c'est le seul que j'ai vu. Depuis l'étage on avait ainsi une vue magnifique sur la plaine et la nécropole.
Un élément symbolique assez curieux pour nous autres Européens se trouvait au milieu d'une place en contrebas et rappelait la fonction funèbre de l'ensemble. Il s'agit d'un portail isolé, planté tout seul, sans le moindre mur de soutènement. Juan nous a expliqué qu'il s'agissait d'une sorte de "porte vers l'au-delà" par ou passait le cortège funèbre lors du décés d'un empereur. Mais, seuls le défunt et ses porteurs passaient dans le sens monde des vivants - monde des morts. Pour des vivants, la passer dans ce sens est un très mauvais présage, et je me rappelle comment Juan nous a rattrapé mon fils et moi quand par jeu ou par défi, nous avons voulu passer dans le sens interdit ! Et je crois bien qu'elle était réellement inquiète. Par contre pour repartir, on doit passer cette porte dans le sens "vers la vie" en poussant de joyeux hurlements, une manière symbolique encore de dire on est vivants, et on quitte le royaume des morts. Un groupe de touriste l'a fait devant nous derrière lequel nous avons suivi. Et je me rappelle leur hilarité quand passant sous le portail, David et moi avons entonné "aux aaarmes !" comme si nous étions aux plus beaux moments du stade vélodrome de Marseille !
Une balade somme toute bien reposante qui a montré un aspect assez curieux également pour nous. Les tombeaux sont enfouis sous des tertres, étalés sur quelques kilomètres carrés. Ils sont parfaitement visibles, tout le monde sait trés bien ou ils sont. Mais ils n'ont jamais été fouillé. Et çà c'est trés surprenant. En Europe, les archéologues auraient fouillé depuis longtemps les sépultures et exposés leurs trouvailles, voire leurs hotes dans des musées. Pas les Chinois. S'il y a bien un musée retraçant l'épopée des Ming au sein de la nécropole, ils témoignent d'un grand respect pour les défunts et ne touchent pas aux tombeaux des empereurs. Au contraire, le site est soigneusement entretenu et mis en valeur. On est bien loin des clichés qui laisseraient supposer que la révolution communiste a balayé l'héritage artistique de l'empire du milieu. C'est exactement l'inverse. Les Chinois sont trés fiers et curieux de ce que l'histoire leur a laissé et en prennent grand soin. Et çà, c'est vraiment trés précieux, car ce qu'ont laissé les empereurs de Chine derrière eux dépasse de loin les frontières de l'ancien empire. Celà fait partie du patrimoine de l'humanité.
Ni bombes, ni roquettes. Foutez VOUS la paix !
Avatar de l’utilisateur
DD
 
Messages: 1527
Inscription: 30 Sep 2007 22:44
Localisation: Bourg Saint Andeol, Ardèche, entre Montelimar et Orange

Re: Voyage en Chine

Messagepar DD » 21 Mar 2013 00:11

Zheng He et la marine médiévale chinoise
Lors de notre visite à la nécropole, dans le musée il y avait toute une portion réservée à la marine Chinoise aux 14e et début du 15e siècle et à son chef l'amiral Zheng He. Je dois vous dire que plus j'en apprend, et plus je voue une admiration sans borne à ce gars là. Et je n'ai pas peur de dire que la Chine a cette pèriode a loupé une occasion historique de changer le cours de l'histoire qui aurait sans doute été radicalement différent de ce que nous connaissons aujourd'hui. Qui domine les mers domine le monde. Celà a été à deux doigts de se réaliser à cette époque sous l'impulsion de cette homme hors du commun.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Zheng_He
Qu'on en juge : fils d'un notable ennemi vaincu, castré, il devient malgré celà un des hommes les plus influents de la cour de Chine, devient grand amiral de la marine Chinoise. Sous son commandement, il a amené cette marine à son summum et effectué pas moins de sept voyages à longue distances aux commandes des plus grandes flottes qu'on ait jamais vu.
Il faut savoir que la tradition maritime Chinoise remonte à très longtemps. On navigue en Chine depuis aussi longtemps qu'au moyen Orient ou en Europe. Sauf qu'au 14e siècle, elle pris une avance de plusieurs siècles sur l'occident. Il y avait des académies navales, des chantiers, des troupes affectées équivalentes à nos modernes "marines". Les bateaux eux-mêmes étaient extraordinaires, même au vu de notre époque. Il y avait des eclaireurs, des transports de troupe ou de denrées, des vaisseaux de lignes. Ils comportaient des raffinements que l'occident n'a connu que bien plus tard tels des cloisons étanches. Les plus grand d'entre eux, les navires de commandement, les "bateaux trésors" sont donnés pour avoir jusqu'à neuf mats et revendiquent selon certains chiffres une longueur supérieure à 140 mètres ce qui en fait les plus grands bateaux à voile jamais construits. Au 14e siècle ! Il n'est pas inutile de rappeler qu'en Europe, un siècle plus tard, les "grands bateaux" de la découverte utilisés par les Vasco de Gama et autres Christophe Colomb étaient en comparaison des "sabots" d'un peu plus de vingt mètres de long ! Pendant longtemps, on a considéré ces faits comme impossible, et étant des exagérations de navigateurs ou des documents Chinois et autres de l'époque, jusqu'à ce que l'on découvre les restes des gigantesques cales sèches prés de Nankin ou sont nés les bateaux trésors de la grande flotte. C'est un fait qui ne fait plus de doute. Quant on met cote à cote la Santa Maria et le vaisseau amiral de Zheng He, le contraste est saisissant. La Santa Maria n'est qu'une coque de noix qui donne l'impression de ne pas ètre du tout à la même échelle. Et quand la deuxième expédition de Colomb affichait 17 navires en partance vers les Amériques, un siècle plus tot Zheng He commandait selon les sources, une flotte de plus de 300 navires de toute taille portant plus 20000 marins et soldats. Il aura fallu attendre la 2e guerre mondiale pour faire mieux....
Qu'a fait Zheng He de cette flotte ? Voyez le lien, on dira du colonialisme armé depuis la Chine jusqu'aux rivages de l'Afrique. On sait avec certitude qu'au cours de ses voyages il a conduit sa flotte au large de l’Indochine, de l'inde et jusqu'en Arabie. On est certain également qu'il a été jusqu'au Mozambique ou encore aujourd'hui, une petite population présente de nombreux marqueurs génétiques que l'on ne retrouve qu'en Chine. Sans doute certains soldats Chinois ont-ils été séduits à l'époque par quelques beautés africaines. Et au delà ? C'est plus flou. On pense qu'ils ont été jusqu'au cap de Bonne Espérance sans certitude, mais plus loin, pas vraiment de traces. La flotte a également sillonné l’Indonésie et son chapelet d'iles, Bornéo, Sumatra, peut etre jusqu'en nouvelle guinée. Par contre, je ne trouve aucune trace d'expédition vers l'Est, le Japon ou le Pacifique vers le kamtchatka ou plus loin. Celà m'étonne, car il y a bien moins de chemin à faire dans cette direction que vers l'Afrique. Mais, parce qu'il y a toujours un mais, certaines trouvailles en amérique centrale laissent à penser que des navigateurs chinois ont atteint l'actuel Mexique. J'ai vu la photo d'une tète sculptée trouvée dans un de ces coins et je n'ai guère de doute, c'est un mandarin, tant par les traits que par sa coiffe.
Alors me direz-vous comment se fait-il que la Chine n'ait pas dominé le monde ? Eh bien une décadence extrèmement rapide a frappé cette marine. A l'avènement d'un nouvel empereur, les expéditions ont été interdites, les académies fermées ainsi que les chantiers navals, les bateaux sont tombés en ruine et la Chine a perdu tout son savoir faire et ses moyens dans le domaine maritime. Est-ce que çà coutait plus cher que çà ne rapportait ? Est-ce que les troupes étaient nécessaires dans l'intèrieur du pays contre de nouveaux envahisseurs? Je ne sais pas. A l'époque, la Chine a été frappée par plusieurs catastrophes naturelles notamment climatiques d'une dramatique intensité. Je me demande aussi si l'éruption de Kuvae, le "santorin du Pacifique" n'a pas joué un role determinant dans l'imaginaire Chinois. Mais le motif devait ètre grave puisque l'empereur de l'époque a interdit la construction de nouveaux vaisseaux SOUS PEINE DE MORT. Et à ce jour, la raison fondamentale de l'arret brutal de la marine Chinoise reste pour moi un mystère.
http://en.wikipedia.org/wiki/Kuwae
Ni bombes, ni roquettes. Foutez VOUS la paix !
Avatar de l’utilisateur
DD
 
Messages: 1527
Inscription: 30 Sep 2007 22:44
Localisation: Bourg Saint Andeol, Ardèche, entre Montelimar et Orange

Re: Voyage en Chine

Messagepar DD » 23 Mar 2013 00:02

Il était une fois les Empereurs de Chine
Impossible de vous résumer l'histoire des empereurs qui se sont succédés sur le trône de Chine. D'autres l'ont fait à ma place, je ne peux que vous livrer mes impressions. Ce qui est clair pour moi, c'est que peu d'Etats dans l'histoire du monde ont mérité le titre d'Empire. Rome en est un bon exemple, l'Angleterre du 19e siècle aussi, l'ancienne Russie également. On peut y rajouter Charlemagne, les Incas et les Aztèques et bien sur les Mongols tels que Genghis Khan et ses descendants. Tous ont en commun d'avoir régné sur une mosaique de peuples souvent forts disparates dans leurs coutumes ou leur géographie. Mais à part la Chine, je ne connais pas d'empire ayant perduré pendant quatre mille ans.
J'avais pas mal d'idées reçues sur les empereurs de Chine avant ce voyage. J'avais cette image en tète d'un pouvoir absolu et d'un souverain ayant de droit de vie et de mort sur tout et sur tous, et envers lequel il fallait garder la tète froide si on voulait la garder sur les épaules. Comme toujours, la réalité est beaucoup plus complexe et j'ai découvert une longue suite de conflits, de guerres, de campagnes, de batailles, d'invasions, réussies ou ratées, en plus des intrigues de palais, des complots, des meurtres. Un peu comme en Europe au fond.... Mais là encore, ce serait caricatural et à d'autres pèriodes ont alterné avec les troubles durant lesquels on respirait la sérénité et la douceur de vivre. Mais j'en retiens surtout que pour devenir empereur, il fallait souvent s'y employer et le mériter, faute de quoi, le pouvoir de l'empereur s'écroulait. C'est tellement vrai qu'une femme d'un rare caractère et une seule a eu elle aussi le titre d'Empereur. Et ne confondez pas avec le titre d'Impératrice, l'épouse de l'empereur. Elle fait partie de ces rares femmes ayant atteint les plus hauts sommets du pouvoir et qui ont marque l'histoire au même titre que les reines Elisabeth et Victoria en Angleterre, Hatchepsout en Egypte ou la grande Catherine en Russie.
Avec le recul, l'histoire des empereurs de Chine est assez triste puisqu'ils ont fini à la fin du 19e et au début du 20e siècle par n'ètre plus que des symboles, des marionnettes dans les luttes de pouvoir et des fantoches sans pouvoir. L'un d'entre eux à la fin du 19e siècle était littéralement prisonnier dans un petit pavillon du palais d'été à Beijing. Le dernier empereur, Pu Yi dont on retrace l'histoire dans le film du même nom n'était plus rien du tout. Sa vie a été téléguidée par ceux qui exerçaient le véritable pouvoir. Ainsi, il fut contraint d'épouser une princesse Japonaise alors même que le Japon avait envahi la Chine, devenant ainsi une sorte de vassal de l'Empereur Hiro-Hito. Il a été considéré comme un traitre par les Chinois, et lorsqu'il a été déposé par la victoire communiste aprés la 2e guerre mondiale, personne ne savait quoi faire de lui, il ne savait rien faire et par bien des aspects, était complètement innocent. Il a fini sa vie comme jardinier.
Ce qui est frappant à ce jour, c'est de voir que les Chinois conservent beaucoup de retenue et de respect envers l'héritage de l'empire. Outre le nombre étonnant de touristes Chinois dans tous les sites historiques, j'ai pu m'en rendre compte compte de façon frappante au cours de ce séjour et ce fut une des plus grosses émotions de ma vie. Et je n'exagère pas. Ca s'est passé à Beijing lors de la visite de la Cité Interdite. Aprés avoir parcouru le circuit classique, notre guide nous a conduit un peu à l'écart dans des recoins moins fréquenté et nous a proposé de visiter une bibliothèque ou sont conservés d'anciens documents et livres historiques, de véritables trésors. Et au cours de cette visite, on nous a présenté brièvement au conservateur du musée, un homme simple et souriant devant lequel notre guide s'est incliné. C'est la seule fois ou j'ai vu quelqu'un en Chine avoir cette attitude devant une autre personne. J'en ai fait autant, on sait jamais. Et on nous a appris que cet homme était le neveu du dernier empereur ! Toujours curieux d'en savoir plus, on nous a alors expliqué que Pu Yi n'avait jamais eu d'enfant. Par contre, il avait un frère qui a eu un fils, celui là même devant lequel nous avons été présenté. Et là ce fut le grand choc. Car, les règles de succession étant à peu prés les mêmes que dans les autres dynasties au monde, si l'empire Chinois avait perduré, c'est probablement cet homme là qui serait aujourd'hui l'Empereur de Chine.
Et çà croyez moi, chaque fois que j'évoque ce moment, çà me fait une drole d'impression. J'ai rencontré un prince impérial ? Waow............
Ni bombes, ni roquettes. Foutez VOUS la paix !
Avatar de l’utilisateur
DD
 
Messages: 1527
Inscription: 30 Sep 2007 22:44
Localisation: Bourg Saint Andeol, Ardèche, entre Montelimar et Orange

Re: Voyage en Chine

Messagepar DD » 07 Mai 2013 22:40

Xi'an, la merveilleuse..........

Xi'an ? Connais pas, jamais entendu parler. D'abord c'est quoi Xi'an ? Beijing, Lanzhou, Chongquin, Nanjing, Shanghaï, Guandong et quelques autres je connais ; mais Xi'an ? Bof, probablement un patelin quelconque perdu au bout de la campagne au fond de la Chine.............
Idées reçues, quand vous nous tenez.......
Tout çà c'est à cause de Martine. Elle a dit : puisqu'on va en Chine, on pourrait aller voir l'armée de terre cuite ? Ah ben ouais, excellente suggestion, c'est unique au monde, profitons en si ce n'est pas trop loin de Beijing. Ben oui quoi, c'est forcément pas loin de la capitale quand même ? Donc la visite est sur les rails, intégrée au programme, et je ne crois pas si bien dire puisqu'on y va en train. Remontez un peu les posts ci-dessus vers les moyens de transport, je n'y reviens pas, c'est une autre histoire.
Première erreur, ce n'est pas prés de Beijing, mais trééééés à l'intèrieur des terres ce qui me conforte dans l'idée du patelin pommé. J'ai décrit les conditions du voyage, je passe. L'arrivée dans la "petite" gare me le confirme, noyée en plus dans une foule comme il est difficile d'imaginer ainsi que dans le nuage de pollution désormais traditionnel, ou l'on retrouve sans trop de peine notre chauffeur, merci la téléphonie mobile, et direction l'hotel.

Et c'est le choc........... Non, Xi'an n'a rien d'une petite ville de province. Nous n'en avons vu qu'une partie, c'est une trés grande ville, ou la circulation automobile quoique dense n'atteint pas les sommets de Lanzhou ou de Beijing. On y circule à l'aise. Les rues et les avenues sont larges et dégagées. Nous traversons d'anciennes fortifications, nous découvrons des batiments anciens de style impérial disséminés au milieu d'ensemble résidentiels à taille humaine, sans le gigantisme que nous découvrirons quelques jours plus tard à Beijing. Deuxième choc : Xi'an est une ancienne capitale impériale contemporaine de l'empire de Charlemagne, dont l'age d'or se situe entre le 7e et le 11e siècle de notre calendrier. Nous découvrons le quartier hôtelier ou nous allons loger dans un hotel cinq étoiles à des tarifs défiant toute concurrence ! Nous découvrons de grande fontaines trainant au milieu des avenues, au milieu desquelles trônent par place des ensembles de sculptures monumentales (je sais pas si je vous ai dit que les Chinois font dans la démesure ?)
Troisième choc en nous rendant vers l'armée de terre cuite, en découvrant d'immenses espaces verdoyants tout autour de la ville, çà nous change de Lanzhou, plantés de vergers de grenadiers (l'arbre, pas le soldat !) et ou les vendeurs de fruits se bousculent au bord des routes pour proposer de façon un peu pressante des fois mais sympathique leurs récoltes.
Nouveau chocs (à partir de maintenant, je les compte plus !) en arrivant au "musée" si j'ose dire. En fait un immense parc ou là encore les Chinois n'ont pas fait l'économie de la place. Les fosses ou se trouve l'armée de terre cuite sont immenses, peut etre l'équivalent de deux ou trois terrains de foteballe. Elles sont en totalité en intérieur abritées sous des halls ou on rentrerai facilement plusieurs dirigeables. Et nous allons passer un Grand, Grand moment (la majuscule est voulue) à nous promener au bord des fosses, rencontre saisissante avec l'Histoire. L'armée est là, les soldats soigneusement alignés, tous différents, tant par leurs visages que par leurs vêtements. Il y a des fantassins, des archers, des officiers, des généraux, des cochers. On y reconnaitrait Chang, Lin, Liu, Fa, et les autres si tant est que l'on connaisse leur nom tellement les traits sont reproduits avec fidélité .... Il y a des chevaux, parfois des animaux beaucoup plus inattendus tels que des grues. Ils sont là, tellement réalistes que l'on s'attend soudain à les voir s'animer. A d'autre endroits par contre, le temps a fait des dégâts et des statues gisent en morceaux attendant d’être patiemment reconstituées par les archéologues qui fouillent le site depuis des années. Certaines fosses sont encore recouvertes de la "toiture" qui les a protégé au fil des siècles et on ne peut qu'imaginer ce que l'on va découvrir dessous.
Nouveau choc dans la soirée en visitant le palais de l'impératrice. En fait une enceinte ou se pressent une multitude de pavillons regroupés autour de pièces d'eau ou s’ébattent d'énormes poissons rouges, et planté d'arbres et d'arbustes donnant un coté bucolique à souhait. Ce "palais" tranche avec ce que nous avons connu ailleurs, car à taille plus humaine, plus intimiste, sans cette démesure que nous avons vue par la suite à la cité interdite et autres. Les édifices sont plus petits, sans ces tertres qui sont la règle ailleurs, les placettes réduites également. L'ensemble respire l'harmonie, et il est bluffant d'apprendre que ce palais a été construit par un empereur à l'intention d'une de ses favorites. Mince de cadeau !
Encore un choc lorsque nous visitons un grand parc d'attraction dans la banlieue de la ville, avec un passe VIP s'il vous plait ! Il faut imaginer quelque chose faisant trois ou quatre fois la surface d'Eurodisney, sans manège, mais semé d'une multitude d'édifices monumentaux et de statues idem, dédié à l'évocation de ce que fut Xi'an dans le temps. Le parc est articulé autour d'un lac et pour s'y déplacer d'édifice en édifice, le petit train touristique est indispensable.....
Chocs, chocs, chocs (entrez....) encore quand nous visitons ce qui reste du site de l'ancienne capitale impériale. Là encore, espace immense, en plein chantier, ou les ingénieurs travaillent à reconstituer les principaux édifices de ce qui fut la "cité interdite" de l'époque, et ou on replante à tour de bras des arbres pour rendre au site l'aspect qu'il avait au temps de sa splendeur. La tache à accomplir là encore est gigantesque, mais cela n’arrête pas les Chinois. Au coeur du site, ils ont reconstitué une maquette de ce que fut justement cette cité interdite à l'échelle 1/15e, qui s'étend sur une surface équivalente à un terrain de foot. Je dis çà pour que tout le monde puisse visualiser facilement. Donc la cité interdite faisait dans les 1500 à 2000 mètres de coté. Et la ville elle même ? Houlà ! Beaucoup plus !
Et pendant ce temps là, en Europe, Charlemagne.......
Le soir la ville s'anime s'il en était encore plus besoin. Je l'ai quelque peu évoqué plus haut. Les édifices historiques s'illuminent, les lanternes s'allument, les angles des toits et des murs sont soulignés par des "tube" lumineux qui les font ressortir comme des éléments de décors ce qu'ils ne sont pas. On plonge dans la féérie. On se balade au fil des avenues au milieu des boutiques des vendeurs de n'importe quoi, et des statues à taille humaine dont parfois on se demande s'il s'agit bien de statues et non de personnages figés, il y a une ambiance de station balnéaire. On est sur une grande place ou les enfants jouent sans appréhension, et ou certains viennent avec des cerf-volants de toutes natures, simples, multiples, alignés en "trains", les plus raffinés emportant avec eux des diodes lumineuses clignotantes ou pas qui leurs donnent un coté "ovni" quand on les découvre en plein ciel.

Et on n'a pas envie de partir. et c'est un dernier choc lorsque l'on retrouve l'ordinaire de la gare qui va nous permettre de retourner à Lanzhou.

Vous savez quoi ? Je suis tombé sous le charme de Xi'an.
Xi'an, la merveilleuse.....

http://www.chinevoyage.net/pourquoi-vis ... -en-chine/
https://www.google.fr/search?q=xi%27an& ... 00&bih=770
Ni bombes, ni roquettes. Foutez VOUS la paix !
Avatar de l’utilisateur
DD
 
Messages: 1527
Inscription: 30 Sep 2007 22:44
Localisation: Bourg Saint Andeol, Ardèche, entre Montelimar et Orange

Re: Voyage en Chine

Messagepar DD » 24 Mai 2013 23:22

Le pays de la soie, de la perle et du jade.
Ce sont des mots qui ont fait réver au fil des siècles. Et çà n'a rien d'une légende. Nous avons eu l'occasion de voir de nos yeux ces trois domaines d'activité ou les Chinois sont passés maitres.

Les perles de Chine sont des perles d'eau douce. Ce sont des huitres d'une espèce un peu particulière qui vit dans les lacs et les rivières de Chine et qui produit des perles de toutes les couleurs suivant les minéraux contenus dans l'eau, allant ainsi du blanc pur jusqu'au noir le plus sombre en passant par toutes les nuances possibles. Celles du lac au pied du palais d'été sont de couleur rose, et ma maman va s'en souvenir longtemps. Mais la principale particularité de ces huitres est leur production délirante. Là ou les huitres japonaises ou tahitiennes produisent une perle par coquille; les huitres chinoises en contiennent de vingt à trente par coquille ! Toujours dans la démesure.... Du coup les Chinois ne se gènent pas et ont utilisé et utilisent les perles sans retenue, non seulement en bijoux de toutes formes, mais également sur des coiffes, des vètements, en incrustation d'objets les les plus divers ou d'animaux reconstitués entièrement recouverts de centaines ou de milliers de perles ! Je n'ose même pas imaginer quelle pouvait ètre la valeur des marchandises exposées dans ce qui faut bien appeler une grande surface de taille équivalente à un de nos supermarchés, uniquement dédiée à la perle, mais vous pouvez facilement compter en dizaine de millions d'euros (en yuans, rajouter grossièrement un zéro !)
http://www.youtube.com/watch?v=n3ap8t0mt2I
http://www.youtube.com/watch?v=LOU9j2CGbEs
http://www.youtube.com/watch?v=NDUViLUkkFo

Le magasin dédié à la soie était de taille équivalente. Sa galerie d'exposition recelait des trésors historiques, tenues portées par les empereurs, brodées d'or, d'argent et ornées de perles (tiens donc ?). La valeur historique dépassait de loin la valeur strictement marchande et il est inutile de sortir le carnet de chéque, vous ne pourriez pas mettre assez de zéros pour les acquérir. Aprés quoi, nous avons visité une partie de ateliers ou l'on dévide les cocons pour en récupérer LE fil qui entrera dans la fabrication des objets en soie. Et là encore, les Chinois se sont lachés ! Pyjamas, chemises, cravates, tuniques, pantoufles.... mais également coussins, oreillers, draps, couvre-pieds, ou tentures, bref, tout ce qui peut etre fait dans une matière textile, tout était en soie ! Et là encore seule la capacité réduite de nos valises nous a empéché de faire un hold-up dans le magasin. Enfin je dis hold-up, façon de parler, parce que l'immense majorité des objets proposés à la vente l'étaient à des tarifs défiant toute concurrence, même si certains affichaient beaucoup de zeros,
http://www.youtube.com/watch?v=mVirNasakLc
http://www.youtube.com/watch?v=rYtO5wW0zUg

Quant au palais du jade, là ce fut carrément du délire. Le jade est une roche sédimentaire assez dure, plus ou moins vitrifiée par un séjour en profondeur et hautes températures. Sa couleur naturelle est le vert sombre, mais on en trouve de toutes les couleurs, du blanc pur au noir intense, en passant par toutes les nuances de jaune, d'ocre, de rouge, et plus rarement de bleus. Cette pierre est devenue le symbole du pouvoir impérial et à une certaine époque, elle était réservée au bon plaisir des empereurs. Dans cette pierre, avec seulement des fraises et de l'eau, les artistes Chinois ont laissé libre cours à leur inspiration. De toutes les tailles et de toutes les formes, les Chinois ont tout fait avec le jade. Animaux en taille réelle, objets, blocs finement ciselés reproduisant des paysages Chinois avec un luxe de détail, bijoux, dentelles délicates ou jouait la lumière des éclairages, nous sommes restés ébahis du spectacle. La pièce maitresse du magasin était un bateau dragon dont j'évalue les dimensions à cinq mètres de long sur trois mètres de haut, ornés de multiples figures de proue en forme de tètes de dragon, de chateaux crénelés, de chaines délicatement taillées (en jade, mais de vraies chaines aux maillons indépendants !), avec une mature équipée de voiles translucides de trés faibles épaisseurs. Et tout çà en jade taillé dans la masse. Seule concession parfois, des incrustations dorées comme sur ce bateau orné de caractères chinois en lettres d'or sur les voiles. Là encore, cette grande surface comportait une "salle du trésor" ou sont exposées les pièces maitresses du magasin, dument enfermés dans des vitrines blindées au taux d'humidité soigneusement controlé pour que le matèriau garde tout son éclat. Hallucinant.
Et tout celà avec seulement des jeux de fraises et de l'eau....
http://www.youtube.com/watch?v=B2g4mQhfu10
http://www.youtube.com/watch?v=FUPZ__HpNRE
http://www.youtube.com/watch?v=ZAKk-yBUQOc
http://www.youtube.com/watch?v=FQ1E1LfFi3Y

On ne peut pas imaginer, il faut le voir. Toutefois cette visite m'a rappelé un lieu dans les Alpes que j'ai visité il y a pas mal d'années. C'est une vallée qui remonte depuis Guillestre, la vallée du Guil jusqu'au pied du Monte Viso. J'avais été intrigué par ces pierres vertes présentes en grand nombre dans le lit du torrent. Depuis, j'ai appris que ce site avait été celui d'une carrière d'extraction de jade au temps préhistorique. Sans le savoir, j'ai ramené lors de ma première visite de ce lieu un galet de jade. Et depuis mon retour de Chine, quand je regarde cette pierre, elle évoque beaucoup plus que ce séjour dans les Alpes
Ni bombes, ni roquettes. Foutez VOUS la paix !
Avatar de l’utilisateur
DD
 
Messages: 1527
Inscription: 30 Sep 2007 22:44
Localisation: Bourg Saint Andeol, Ardèche, entre Montelimar et Orange

Re: Voyage en Chine

Messagepar DD » 10 Juin 2013 23:01

Et les Chinois ?
Pour un Européen, il est difficile de déchifrer une expresssion sur le visage d'un chinois. Il est bien connu qu'ils se ressemblent tous ! En réalité non, mais notre cerveau n'est pas formaté pour çà, trop habitué à nos physiques Européens. L'inverse est vrai parait-il. Je me demandais si parfois nous ne serions pas dévisagé comme des bètes curieuses. La réponse est négative. Si on exclut Beijing et Xi'an ou les touristes étrangers font partie du décor, la base est restée un indifférence polie que ce soit à Lanzhou, Xining ou Linxia. Parfois un regard curieux, mais discret et bref, ou un sourire de convenance échangé lors d'une transaction ou d'un contact. Le sourire s'inscrit alors sur les visages sans qu'on puisse savoir s'il est sincère ou de convenance, Cette interrogation s'efface dès qu'un enfant est dans le contact. Je ne compte plus le nombre de fois ou ce ptit bout de chou a fait craquer des inconnus, faisant s'afficher sur les visages ce fameux sourire dont la sincérité ne fait plus de doute.
Tout change lorsqu'on pénètre dans leur intimité. J'ai été frappé par l'esprit familial qui anime les Chinois. Ils gardent le contact même avec des parents éloignés ce qui leur permet de se vanter avec raison d'avoir de grandes familles. Le sourire est alors franc et omniprésent et on peut alors apprécier la chaleur de l'accueil et la générosité de nos hotes. Nous nous sommes quelques peu étonnés de cette générosité, interrogation qui a été balayée de cette simple remarque "mais maintenant, vous faites partie de la famille".
Cet esprit famille est voisin de l'esprit de corps, la fierté d'appartenir à un groupe, à un communauté, immédiatement perceptible lorsqu'on arrive en Chine. En tout premier lieu, les drapeaux chinois qui tronent non seulement sur les grands edifices publics ou prives, mais aussi le long des rues et des avenues. Une cause est peut ètre ce qui est une anomalie chez nous au niveau scolaire, le brassage des élèves au fil des classes. Chez nous, les listes d'élèves sont brassées années aprés années. Combien de fois avons-nous entendu "j'espère qu'on sera ensemble l'an prochain!". En Chine, un groupe d'élève est quaisment assuré de rester homogène jusqu'à la fin de sa scolarité. Ils se retouvent année aprés année. Cette unité est renforcé par le port de "l'uniforme". le terme est un peu prétentieux et peut préter à confusion. A Lanzhou, il s'agissait de survètements tous semblables au sein d'un collège ou d'une école, chaque école ayant ses propres couleurs. Celà joint au peu d'ouverture qu'il y a sur l'étranger font que l'esprit nationaliste est trés fort. Quand nous avons été en Chine, cette dernière et le Japon se disputaient et se disputent toujours un groupe de petites iles au large de Taïwan. Le résultat est qu'à certaines devantures, il y avait des affiches réclamant la propriété de ces iles par la Chine. A l'inverse, des propriétaires de voitures de marques japonaises avaient masqué ou enlevé les sigles Nissan, toyota et autre Honda de leur voiture quant ils n'affichaient pas eux aussi par affichette la revendication territoriale Chinoise accompagén de l'inévitable drapeau national ! Je n'ai évidement pas la prétention de me faire une opinion sur le sujet, je ne connais pas l'histoire de ces iles et je me borne simplement à prendre acte des déclarations de nos hotes. Mais pour eux, leur bon droit ne fait aucun doute dans leur esprit. A Xi'an, nous nous sommes retrouvés sur une place ou était gravé sur le sol une immense carte de l'Orient ou se trouvaient ces fameuses iles, et je m'amuse encore de revoir ma belle fille se planter dessus et déclarer péremptoirement "Là, c'est shangaï, ici c'est Nanjing....... et çà, c'est à nous !"
Fervent nationalistes, sans chauvinisme, ils sont également travailleurs et serviables comme on l'imagine. A croire comme le disait mon fils que plus ils travaillent, plus ils sont contents. Et çà commence jeune. J'ai été frappé de la jeunesse des serveuse ou des employées de grands magasins, ou encore dans les boutiques de perles, de jade ou de soie dont je parle plus haut. L'age moyen ne devait guère dépasser seize ans, avec cette gentillesse, cette amabilité et ce sourire qui ont accompagné tout notre séjour. Et la serviabilité est de règle. A Xi'an, notre chauffeur est resté à notre disposition et s'est plié à nos désirs toujours avec bonne humeur, même lorsque vers la fin de la deuxième journée il était manifestement épuisé. Et toujours avec le sourire.
Et les loisirs ? Ben oui, nous avons pu constater que les Chinois aiment prendre aussi le temps de vivre. Outre la gymnastique traditionelle au petit matin, en groupe ou en solitaire, il était étonnant de découvrir en milieu de journée les rues envahies de badauds en train de prendre le soleil, jouer aux cartes ou des jeux de société auxquels nous n'avons rien compris, mais qui valaient bien en animation une solde partie de belote ou de tarots !
Le soir est également un moment de détente aprés une journée bien remplie. A Lanzhou, on accompagne les enfants juste pour les regarder s'amuser entre eux. A Xi'an, nous avons découvert la maitrise du cerf-volant et la maestria avec laquelle ils les font voler malgré le peu de vent. Et je suis encore étonné de la fréquentation et des foules qui se presssent dans les parcs, les musées, les jardins et les édifices historiques.

Ceci pourrait ètre une forme de conclusion à ce voyage réalisé fin 2012. C'est vrai, nous sommes tombés sous le charme de ce pays et de ses habitants. Si je devais tout résumer en quelques phrases, c'est un échange que nous avons eu avec la famille Chinoise le jour de notre départ. On s'échangeait des promesses de se revoir, on allait les regretter. "Mais alors, ils faut rester en Chine !" nous disent-ils. Et moi de leur répondre : "La France nous manque aussi. Avant notre départ, je me doutais que nous serions content de revoir la France, mais je ne pensais pas que je regretterai de quitter la Chine"
Ni bombes, ni roquettes. Foutez VOUS la paix !
Avatar de l’utilisateur
DD
 
Messages: 1527
Inscription: 30 Sep 2007 22:44
Localisation: Bourg Saint Andeol, Ardèche, entre Montelimar et Orange

Re: Voyage en Chine

Messagepar coriolan » 11 Juin 2013 17:00

En attendant, c'est nous qui regrettons la fin de ton voyage !

Curieux, non ?

Ne me dis pas qu'il ne te reste pas un petit PS (1) dans ta grosse valise §

(1) lire post-scriptum et non parti socialiste ou pingouin sapajou.
L'espoir de l'Océan naît au cœur de la Source.
Avatar de l’utilisateur
coriolan
Administrateur
 
Messages: 5787
Inscription: 24 Sep 2007 20:25


Retourner vers Petit coin d'aventures à partager

Qui est en ligne

Utilisateurs parcourant ce forum: Aucun utilisateur enregistré et 1 invité

cron