Les livres qui vous ont déplu

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Les livres qui vous ont déplu

Messagepar coriolan » 26 Oct 2008 19:47

Hé ! Oui, même dans ceux qui ne nous plaisent pas, mais alors pas du tout, il peut y avoir des trésors.

Les démélés que j'ai eus avec Wikipédia au sujet de la psychosphère m'ont permis de découvrir un livre portant le titre précisément de "psychosphère" d'un certain Gilles Morris et édité aux éditions du Fleuve Noir.

Je me le suis procuré ; gardez-vous en bien ! C'est un roman dit d'Anticipation... une anticipation qu'on ne souhaite pas à ses annemis. Toutefois dans cet imbroglio de conneries de 189 pages, à la 185ème - voyez ma constance ! -, un petit joyau. Je vous le livre tel quel.

" Je me remémore l'histoire de ce cosmonaute échoué seul sur une planète, depuis des années, avec pour seul compagnon un animal monopède à cinq doigts perpétuellement juché sur son épaule droite. C'est animal n'est autre que sa propre main gauche,mais pour lui, c'est une présence réelle qui entretient sa schizophrénie et lui permet de survivre. Jusqu'au jour où finalement secouru, il croit comprendre que son sauveteur menace l'existence de la bête, grille l'autre cosmonaute d'une décharge de pistolaser et rejoint son monde illusoire en parlant au petit animal à cinq doigts dont il sent sur son épaule la pression rassurante. "

Hein ? Ce n'est pas beau ça ? Ca me fait penser à Bécaud quand il chantait : "La solitude, ça n'existe pas..."

Bref, j'ai eu le bouquin d'occasion, 189 pages de conneries pour 7 €, c'est cher ! Mais pour 7 belles lignes comme celles-ci, c'est donné ; non, je ne regrette rien ! Mais c'est tout ! le reste, au cabinet... et pas de lecture ! :lol:
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Morte de rire

Messagepar araucaria » 26 Oct 2008 21:15

en lisant l'extrait que tu as bien voulu recopier!!!
J'imagine ta tête lorsque tu as lu ce chef d'oeuvre. Bon, je ne ferai pas la même sottise, l'anticipation ça n'est pas mon truc.
Par contre un bouquin auteur que je déconseille formellement c'est Christine Angot...J'ai lu "Pourquoi le Brésil" jusqu'à la dernière page pour rentrer dans mes fonds! Je vous en copierai quelques extraits, vous verrez par vous mêmes!
Pas aimé non plus "Modérato Cantabile" de Duras. Bien cependant pour les insomniaques. Le seul problème c'est qu'on peut s'endormir sur sa chaise en le lisant, et alors si on tombe, on peut se faire mal.
Coriolan, je regagne ma cuisine le sourire aux lèvres....Merci pour cette discussion, c'est génial!!!!
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- "Une pièce sans livres est comme un corps sans âme" Cicéron
- "Il n'y a pas de hasard, il n'y a que des rendez-vous" P. Eluard
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Pourquoi le Brésil

Messagepar araucaria » 30 Oct 2008 20:46

un extrait où elle évoque l'inceste...



Elle revient à Paris après quelques jours passés à la Grande Motte...


"Le taxi est arrivé. Il gueulait contre la façon de conduire des gens, des fous. Il m'a déposée à la gare de Montpellier. Après avoir vécu huit ans dans cette ville je n'avais personne à voir, c'était donc très bien que je rentre, j'avais vraiment bien fait de partir. C'était le 20 août, les trains étaient bondés, le TGV avait été dédoublé, il y avait des gens debout, et une certaine hystérie pour trouver les dernières places, surtout des familles, qui se laissaient aller comme dans leur intimité, à cause de la nervosité, et le plaisir d'oser enfin se montrer aux autres comme à ses proches, de montrer enfin à tout un wagon son caractère bien particulier, bien singulier, unique. Pour rentrer j'ai pris le métro, j'ai regardé avant au bout du quai si Pierre n'y était pas, sachant qu'il n'y avait aucune chance, en arrivant à la maison il y avait déjà son scooter. Je suis entrée, j'ai posé mes sacs, il est arrivé dans l'entrée. Il m'a dit: je t'ai téléphoné plusieurs fois, je voulais venir te chercher, mais le téléphone ne passait pas. On s'est approchés l'un de l'autre, on s'est embrassés en s'effleurant juste les lèvres. Il m'a dit: je me plonge dans un bain et je ressors, et puis après on a fait l'amour, le sexe, je ne peux pas en parler, je ne saurai pas. Il n'y a qu'avec mon père que j'ai su en parler. Là, pas de problème, c'est quand vous voulez, je peux. On s'est retrouvés, c'était lui, il n'y avait aucun doute. Mais la nuit qui a suivi, je n'ai dormi qu'une heure, j'étais épuisée le lendemain, ça recommençait, je ne comprenais pas. J'étais épuisée, j'avais été amenée jusque-là comme par une laisse, j'étais arrivée à lui à bout de souffle, et je n'arrivais pas à me reposer, d'autant que ça continuait, il fallait que je continue d'alimenter la machine, la machine à écrire, ça ne s'arrêtait pas. Sinon j'allais avoir de nouveau peur de ne pas pouvoir continuer de vivre. Etc., etc., etc. Après on avait dîné, on était allés dîner dans le restaurant où on avait eu notre premier flash. Ensuite j'étais à peine à Paris depuis deux jours que j'avais de nouveau mal au dos, de nouveau j'avais des insomnies..........."

Si vous trouvez que le texte est intéressant et bien écrit, eh bien chapeau!
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Toujours le même bouquin

Messagepar araucaria » 30 Oct 2008 20:50

un autre passage...



"On était de retour à Paris cette fois. La crise avait démarré en passant à la caisse à Monoprix. Le frigidaire était vide, on était allés faire des courses tous les deux, rue de Lévis. Tout allait bien. On avait été surclassés aussi au retour dans l'avion. A Monoprix on avait rencontré un ami de Pierre, qui parlait de Pascal et de Sandrine, qui passaient leurs vacances dans le Lubéron depuis une dizaine de jours. Il y avait trois mois qu'ils se connaissaient et depuis il n'y avait pas eu un, heurt, un, problème, une, erreur, pas une ombre au tableau. On était à la caisse, Pierre sortait sa carte bleue, et la caissière annonce le prix : 1 030 francs. La livraison est gratuite à partir de 1 200 francs. J'ai dit à la caissière que j'allais acheter quelque chose à 200 francs. Pierre à ce moment-là prend un air exaspéré, et dit : c'est combien la livraison en-dessous de 1 200 francs? 45 francs a dit la fille. Et là il fait : bon alors on va payer 45 francs et puis c'est tout, me faisant alors passer pour une rapace qui est à 45 francs près. Presque à la cantonade. Nos crises allaient bientôt devenir publiques. Cinquante mètres plus loin ç a recommençait à la boulangerie, je demande une baguette, et il se moque de moi devant tout le monde : non mais attendez non, une baguette non, prends une baguette pour toi si tu veux, mais il faut qu'on ait à manger, donnez-nous un pain s'il vous plaît, qu'est-ce que vous avez comme pain? Oui voilà un pain de campagne, tranché s'il vous plaît, en plus de la baguette oui, très bien. Là encore j'étais une rapace à dix francs près. Je ne pouvais plus supporter. Je ne lui ai plus adressé la parole sauf ensuite dans une engueulade, mais on a de nouveau réussi à se calmer. Il a fumé, on a dansé, on a fait l'amour, ça été une de nos plus belles fois, j'étais complètement abandonnée, complètement ouverte, je lui ai dit que je l'aimais, j'étais cent pour cent avec lui....."

Vous en voulez plus?????
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Messagepar coriolan » 30 Oct 2008 21:34

Quelle chiasse !

M'enfin, j'ai appris quelque chose, merci la mère Angot. Pour moi, dédoubler veut dire partager en deux, c'est aussi l'avis de Larousse dans sa première définition.

Quand j'ai lu que "vu l'affluence des voyageurs", la SNCF avait dédoublé le TGV, bien qu'ayant déjà entendu l'expression, je me suis dit : la con ! Il fallait le doubler au contraire ! Mais tu me connais, pris d'un doute je consulte mon dico et je vois, avec stupeur que 'dédoubler un train, c'est faire partir un train supplémentaire pour la même direction'.

Ainsi dans le Larousse, deux exemples se suivent : dédoubler une classe, c'est partager les élèves en deux groupes ; dédoubler un train, c'est mettre un train supplémentaire en service. Ahurissant ! Soyons logiques ! Ce sont les voyageurs qu'on dédoublent pas les trains !

Qu'en dit l'Académie ? Si quelqu'un à un dictionnaire de l'honorable Institution... ça m'éviterait de leur écrire !

Donc merci Odile, mauvaise littérature mais tellement riche ! :lol:
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Messagepar cecile » 30 Oct 2008 21:56

Moi je ne suis pas choquée par ce terme...
on dit bien :
"Se dédoubler : devenir double". Une image qui se dédouble par exemple.
Donc dédoubler un train c'est en mettre deux :D
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Messagepar coriolan » 30 Oct 2008 22:08

cecile a écrit:"Se dédoubler : devenir double". Une image qui se dédouble par exemple.
Donc dédoubler un train c'est en mettre deux :D

Et dédoubler une classe ? Car c'est là le quiproquo, Larousse donne deux dédfinition opposées pour le même mot ! :wink:
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Messagepar dombom » 31 Oct 2008 00:15

coriolan a écrit:
Et dédoubler une classe ? Car c'est là le quiproquo, Larousse donne deux dédfinition opposées pour le même mot ! :wink:


Mais c'est vrai ça ! je ne m'en étais jamais avisée, mais c'est étonnant ces deux sens opposés pour le même mot !
Merci madame Angot grâce à qui je me coucherai ce soir moins ignorante que ce matin.
Et, pour une fois :wink:, je suis d'accord avec Araucaria.
Il y a des écrivains qui racontent des choses inintéressantes de bien jolie manière, d'autres qui disent des choses intéressantes dans un style affreux ; elle, elle double la mise en écrivant mal des choses dépourvues d'intérêt...
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Concernant Angot

Messagepar araucaria » 31 Oct 2008 23:26

une critique que j'avais lue dans Corse Matin :

Autofiction ou auto-satisfaction? voici un bulletin que j'ai

lu : La chronique de Patrick Besson dans Corse Matin du 10 septembre 2006 : OUBLIER LE RENDEZ-VOUS (Rendez-vous de Christine Angot - Flammarion, 380p. 20euros)

"L'ennui Angot. La prétention Angot. La lourdeur Angot. On pourrait ajouter le nom d'Angot à tout ce qui empoisonne l'existence. Autres exemples : l'indiscrétion Angot, la malveillance Angot, la vulgarité Angot. Dans les premières pages de "Rendez-vous" - titre emprunté à Justine Lévy et à son très beau livre sur une mère aujourd'hui défunte-, Christine rencontre un banquier. Il est vieux, petit et chauve et ne lui plaît pas, elle couchera quand même avec lui en nous donnant tous les détails : "Il bandait depuis deux heures déjà, et ça ne venait pas, il n'arrivait pas à me faire jouir...j'avais l'habitude de jouir dessus, en me frottant sur l'autre, il n'aimait pas lui cette inversion des rapports, ça le faisait débander". L'ennui c'est que ce banquier très reconnaissable a une famille et des amis qui auront ainsi tous les détails sur la vie privée de leur mari, père, frère, copain.
Christine rencontre ensuite un comédien qui est beaucoup plus sympa que le banquier car les comédiens c'est plus sympa que les banquiers. Moins riche. Plus sensible. Elle l'aime mais lui ne l'aime pas. L'action, même sexuelle, se traîne dans ce texte plat comme la poitrine de la narratrice. On ne sait trop ce qui domine chez Angot, de tous les défauts qu'on a cités au début de cet article. Il est peut-être temps pour elle de faire une ménopause.
Aperçue l'autre soir à Vol de Nuit - quelle ironie que la seule émission littéraire de la télévision soit désormais sur TF1 - Angot ressemblait trait pour traître à ce qu'elle est dans sons livre. Après Eva Longoria, Eva Logorrhée. Sa mièvrerie satisfaite s'étalait sur l'écran. Elle transpirait la vanité blessante et le chagrin fin. La lire est une perte de temps, la regarder est une perte de nerfs. Elle pose sur les êtres un regard vide de bon sens. Il ne peut y avoir qu'elle au monde : elle fascine comme les déments et les bébés, pour qui rien n'existe à part leur folie ou leur appétit".

Je n'ai rien à dire sur "Rendez-vous" que je n'ai pas lu et que je ne me risquerai pas à acheter. J'ai donné une fois, ça suffit.
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PS, concernant Angot

Messagepar araucaria » 31 Oct 2008 23:28

dans son dernier chef-d'oeuvre sorti il y a quelques semaines, si j'ai bonne mémoire, elle raconte ses amours avec Doc Gynéco.
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Re: Les livres qui vous ont déplu

Messagepar Aldebaran » 02 Nov 2009 11:16

Curieusement aucun livre acheté me déplaît.
J'ai pourtant été parfois obligée d'acheter un livre sans en lire la jaquette ; était-ce le nom de l'auteur, l'impression quant au titre, à tout le moins l'éditeur y est largement pour quelque-chose ; aucun écrit ne m'a déçue. Par contre, comme tous, j'ai mes intouchables. :drunken:
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