Ils ont oublié les paroles.

Nos grands maîtres.

Modérateur: Guardian

Ils ont oublié les paroles.

Messagepar coriolan » 05 Juin 2017 17:23

A la moindre occasion, les accents de la Marseillaise s'élèvent dans les airs : à la fin d'un discours (et en ces temps d'élections, c'est fréquent), au début d'un match ; tantôt comme un cri de colère, comme un cri d'espérance ou comme un cri de joie - mais un cri, quoi ! "Allons enfants de la Patri-i-e..."

Mais croyez-vous qu'ils réalisent ce qu'ils disent, ceux qui sont sur l'estrade ? Non ! Hélas !

Quand ils chantent : "Contre nous de la tyrannie l'étendard sanglant est levé", demandez leur ce que cela signifie, vous serez surpris ! Seuls les vieux poètes vous diront que, pour la facilité de la rime, la phrase a été quelque peu torturée, comme il était d'usage jadis, à la façon de La Fontaine quand il nous enseigne : "Maître corbeau sur un arbre perché...", ce n'est pas l'arbre qui est perché, mais le corbeau sur l'arbre. Eh bien oui ! L'Académie française s'est même prononcée sur ce point : " Nous avons ici une phrase avec une antéposition du complément du nom. En effet le complément du nom, de la tyrannie, est placé avant le groupe nominal qu’il détermine, l’étendard sanglant. C’est le jeu des rimes qui appelle cette antéposition. Cette interprétation est justifiée par le fait que, sur le manuscrit de Rouget de Lisle, il n’y a pas de ponctuation après tyrannie. "

Il faut donc traduire ainsi : L'étendard sanglant de la tyrannie étant levé contre nous (...) aux armes citoyens, formez vos bataillons, marchons, qu'un sang impur abreuve nos sillons. (par 'sang impur', entendons 'sang du peuple' en opposition au 'sang bleu' de la noblesse, l'ennemie de l'époque. Que notre sang abreuve nos sillons et fasse germer le blé qui nous fera vivre demain.)

Ce chant de révolte ne se conçoit pas autrement... sauf à devenir une rengaine.

Une question se pose : de quelle couleur était l'étendard de 1792 ? Bien qu'ensanglanté, il était blanc, naturellement, couleur du lys royal. Cela étant dit, poursuivons notre déchiffrage pour définir ce qu'il faut entendre par "ennemi" :

"Entendez-vous dans nos campagnes,/ mugir ces féroces soldats ?/ Ils viennent jusque dans vos bras,/ égorger vos fils, vos compagnes !/ Quoi ces cohortes étrangères,/ feraient la loi dans nos foyers ! Quoi ! ces phalanges mercenaires/ terrasseraient nos fils guerriers !/ Grand Dieu ! par des mains enchaînées/ nos fronts sous le joug se ploieraient,/ de vils despotes deviendraient/ les maîtres de nos destinées./ Amour sacré de la Patrie,/ conduis, soutiens nos bras vengeurs,/ Liberté, Liberté chérie/ combats avec tes défenseurs !/ Que tes ennemis expirants/ voient ton triomphe et notre gloire !/ Aux armes citoyens...

La question se pose à nouveau en l'actualisant : De quelle couleur est l'étendard sanglant de 2017 ?

Il est vert.
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Re: Ils ont oublié les paroles.

Messagepar spartac » 06 Juin 2017 15:05

Et tout ce long laïus pour en arriver à quoi ?
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Re: Ils ont oublié les paroles.

Messagepar coriolan » 06 Juin 2017 15:20

A quoi ?

Mais qu'après avoir réalisé la concordance entre hier et aujourd'hui, le peuple réagisse non plus avec des minutes de silence, des petites fleurs et des bougies au coin des rues, mais en chantant, en criant, en hurlant notre hymne national : 'Aux armes citoyens, formez vos bataillons !'

Il est plus que temps et n'en déplaise aux bien-pensants : une idéologie mortifère nous a déclaré la guerre !
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