Les pathologies verbales.

Ca alors !

Modérateur: Guardian

Re: Les pathologies verbales.

Messagepar coriolan » 10 Mar 2011 21:20

dombom a écrit:...il tombe forcément sous la coupe de ceux qui détiennent la clé de son "mieux- être".


Mais c'est le 'patient' en question qui choisit tout d'abord le pseudo détenteur de la clé !

Art 36 (Code de déontologie) – (Art R. 4127-26 du Code de la santé publique)

Le consentement de la personne examinée ou soignée doit être recherché dans tous les cas.
Lorsqu’un malade, en état d’exprimer sa volonté, refuse les investigations ou le traitement proposés, le médecin doit respecter ce refus après avoir informé le malade de ses conséquences.
Si le malade est hors d’état d’exprimer sa volonté, le médecin ne peut intervenir sans que ses proches aient été prévenus ou informés, sauf urgence ou impossibilité.
Les obligations du médecin à l’égard du patient lorsque celui-ci est mineur ou majeur protégé sont définies à l’article 42.
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Re: Les pathologies verbales.

Messagepar dombom » 10 Mar 2011 21:51

ça, c'est la théorie.
Essaie un peu de refuser de manger à l'hôpital ou de refuser un médicament !!!
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Re: Les pathologies verbales.

Messagepar coriolan » 11 Mar 2011 14:10

dombom a écrit:ça, c'est la théorie.

Le Code de la route aussi, c'est de la théorie !

Concernant le Code de la Santé Publique, il est certain que si, par 'désobéissances' successives, on en arrivait à une situation explosive, le Conseil de l'Ordre des Médecins défendrait son confrère MAIS si un teigneux de mon espèce en faisait une question de principe et décidait de porter l'affaire devant un tribunal, je suis assuré de gagner mon procès dans un silence assourdissant !

NB : Reste à savoir au préalable les conditions d'admission à l'hopital. Si j'y suis c'est sans doute que j'ai déjà fait allégeance et dans ce cas c'est différent... Je reste dans l'hypothèse médecin-client et là, je dois, je veux avoir le dernier mot !
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Re: Les pathologies verbales.

Messagepar coriolan » 11 Mar 2011 14:25

HÔTE / HÔTE - HÔTESSE.

Le mot 'HÔTE' a deux sens que, laconiquement, Larousse se contente de donner sans aucun commentaire :

- Personne qui est reçue chez quelqu'un, invitée.

- Personne qui reçoit quelqu'un chez elle, qui lui donne l'hospitalité. Dans ce cas on lui consent le féminin HÔTESSE.

Il faut reconnaître que ces deux possibilités peuvent être sujettes à confusions et que celles-ci pourraient être regrettables !

Quelqu'un sait-il le sens premier du mot ? Pourquoi ce virage à 180° ? Et depuis quand ?
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Re: Les pathologies verbales.

Messagepar dombom » 13 Mar 2011 13:48

hôte est issu du lat. hospitem, accusatif de hospes, qui avait déjà la double valeur de “celui qui donne ou celui qui reçoit l’hospitalité”.

(Avant, je ne sais pas : je n'étais pas née !) :wink:
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Re: Les pathologies verbales.

Messagepar coriolan » 13 Mar 2011 16:15

dombom a écrit:...avait déjà la double valeur de “celui qui donne ou celui qui reçoit l’hospitalité”.

... avoue que c'est curieux !
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Re: Les pathologies verbales.

Messagepar coriolan » 26 Fév 2014 16:09

DASRI

Au hasard de l'une de mes trop fréquentes visites à ma pharmacienne préférée, j'ai eu la surprise de découvrir chez elle, hier, un petit mode d'emploi à trois volets portant en titre :

" POUR LA GESTION DE VOS DASRI PERFORANTS
QUE FAIRE DE VOS DECHETS DE SOINS PERFORANTS ?
"

Question à cent balles :
Qu'est-ce qu'un "soin perforant" ?
Réponse :
C'est une piqûre.

Question à mille balles :
Qu'est-ce qu'un DASRI ?
En cette période de chômage, ça m'intéresse ; il y a peut-être un créneau pour les 'gestionnaires de Dasri'.
Réponse de ma pharmacienne :
DASRI est un sigle qui veut dire "Déchets des Activités de Soins à Risques Infectieux".
Le déchet, c'est la seringue ! Mais, sans doute, "seringue" est-il un mot trop savant pour figurer sur un mode d'emploi à l'usage du populo !

Hé les copains, vous ne pensez pas qu'il y en a qui ont du temps à perdre ?
Ca me rappelle "les géniteurs d'apprenants" pour "les parents d'élèves" ; le "référentiel bondissant" pour la ballon de foot ! et d'autres qu'on pourrait inventer...

Quel pays de cons !
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ATTRITION

Messagepar coriolan » 03 Jan 2018 18:07

ATTRITION

Lors d'une discussion avec mon fils qui est militaire, un mot est revenu plusieurs fois dans sa bouche : attrition. La première fois, devant mon étonnement - non pas par ignorance du mot mais par son emploi dans la phrase - il crut nécessaire de m'expliquer que 'l'attrition' était l'usure des choses, notamment et par exemple, l'armée souffre d'attrition, c'est-à-dire qu'elle est victime de manque, délibéré ou non, de matériel et/ou de personnel. J'en étais resté à la définition : Regret d'avoir offensé Dieu par crainte de la punition divine, soit contraire en quelque sorte à la 'contrition' : regret sincère d'avoir offensé Dieu. ; l'attrition était dite 'contrition imparfaite'. Il me fallut consulter non seulement mon dictionnaire mais MES dictionnaires s'étalant de 1908 à 2018.

J'y ai découvert les définitions intéressantes successives ci-après, soit dans l'ordre :

- Action de deux corps qui s'usent par frottement.
- Synonyme de 'contrition imparfaite'
- En médecine, contusion par écrasement.
- Forme de stratégie par laquelle on recherche l'épuisement des ressources humaines et matérielles de l'adversaire.

Ci-dessous l'évolution dans le temps de ces diverses définitions !

ATTRITION

1908 : n.f. (du lat. attritio ; du préf. ad, et terere, supin tritum, broyer).Action de deux corps qui s’usent par un frottement mutuel : on polit les métaux par attrition. Théol. Syn. de CONTRITION IMPARFAITE.

1948 : n.f. (lat. attritio, action de broyer) Action de deux corps qui s’usent par un frottement mutuel (vx) : on polit les métaux par attrition. Méd. Broiement, écrasement résultant d’un frottement. Théol. Syn de CONTRITION IMPARFAITE.

1972 : n.f  ( du lat terere, broyer). Contusion par écrasement. Théol. Regret d’avoir offensé Dieu, causé par la crainte du châtiment. (Syn. de CONTRITION IMPARFAITE).

1979 : n.f. (lat. attritio, frottement). Théol. Regret d’avoir offensé Dieu, causé par un motif humain, tel que la honte ou la crainte du châtiment. (Syn. CONTRITION IMPARFAITE). Usure des matériaux par frottement réciproque.

1988 : 1) n.f. (bas lat. attritio, action de broyer). 1) Broiement traumatique d’un tissu entraînant une mortification et une nécrose – 2) Séparation de particules ou usure de matériaux par frottement et par chocs.
2. n.f. (bas lat. attritio, action de réprimer ses vices). Regret du péché, procédant d’un motif humain tel que la crainte du châtiment éternel.

1992 : n.f. (lat. attritio, frottement). Théol. Regret d’avoir offensé dieu, causé par la crainte du châtiment éternel. Syn. : contrition imparfaite.

2005 : n. f. ( lat. attritio, frottement). 1 Théol. Chrét. Regret d’avoir offensé Dieu, causé par la crainte du châtiment éternel. Syn. : contrition imparfaite. 2 Mil. Forme de stratégie par laquelle on recherche l’épuisement des ressources humaines et matérielles de l’adversaire.

2014 : (du lat. attritio, action de broyer). Mil. Forme de stratégie par laquelle on cherche l’épuisement des ressources humaines et matérielles de l’adversaire.

2018 :Définition identique à celle de 2014.

On remarquera que ce n'est qu'au début du XXIème siècle que les militaires se sont accaparés du mot qui, si j'en crois mon fils, a déjà et encore évolué puisque la stratégie d'épuisement ne serait plus en direction de l'ennemi mais... de soi-même ! Hara-kiri en quelque sorte.

A moins d'admettre que le Haut-commandement militaire a des visées qui échappent au commun des mortels, il faut reconnaître que cette dernière définition est grandement dommageable et vaut, plus que toute autre, d'être classée dans la rubrique des "pathologies verbales" !
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