Eradication des 'saints' à la télévision...

Ca alors !

Modérateur: Guardian

Eradication des 'saints' à la télévision...

Messagepar coriolan » 18 Aoû 2015 20:43

C'est un article de Yannik Chauvin, sur Boulevard Voltaire paru le 25 juillet 2015, que je vous reproduis
ci-après :

L’idée d’affecter un jour de l’année à un saint remonte aux tout premiers temps du christianisme, l’époque des saints Étienne, Nicanor ou Ananie, de sainte Basilisse ou sainte Félicule, et de tant d’autres. Cette tradition, unanimement acceptée partout en Occident, dure encore aujourd’hui. En France, à l’exception d’une interruption de treize ans – de 1793 à 1806 – où les saints ont été remplacés par des outils agricoles, des animaux ou des fruits et légumes, l’année est rythmée par la fête des saints depuis deux mille ans sans que personne, croyant ou pas, bigot ou pas, tradi ou pas, ne s’en soit jamais offusqué.

Erreur !

Depuis quelque temps, France Télévisions, la chaîne publique appartenant entièrement à l’État, c’est-à-dire à tous les Français, payée par la redevance que nous versons « religieusement » chaque année, a décidé d’en finir. Désormais, à la fin des bulletins météo, l’éphéméride du lendemain n’indique plus « saint Machin » ou « sainte Truc », mais seulement « Machin » ou « Truc ». Le mot « saint » a disparu, passé à la trappe, vaporisé, éscamoté. Nous avions déjà le « Demain, nous fêtons les… » au lieu de « Demain, c’est la saint… ». Avec la disparition du mot, un pas de plus est franchi.

Vous me direz : « Cinq lettres, ce n’est pas important ! » Eh bien, si, c’est important. Pourquoi cette élimination ? Pourquoi annihiler d’un trait de plume deux mille ans de tradition ? Qui a pris cette décision ? Delphine Ernotte-Cunci, la patronne de France Télévisions ? Quelle légitimité a-t-elle pour agir ainsi ? Est-elle mandatée par les Français ? Cet acte officiel et brutal de déchristianisation, de désanctuarisation, a-t-il pu être posé sans l’aval du gouvernement ? Qui est complice de cette éradication ? Et, surtout, pour plaire à qui ? Car il y a forcément quelqu’un qui se réjouit de cette suppression. Qui l’a demandée… et obtenue ? Peut-être même que personne n’a rien demandé, mais que, servile et veule, on a devancé les désirs de certains.

Je suggère, ami lecteur, que, comme je l’ai fait, vous demandiez à votre député de poser une question écrite au gouvernement sur le sujet.

Et maintenant ?

De Saint-Abit (Pyrénées-Atlantiques) à Saint-Zacharie (Var), quatre mille deux cent soixante communes de France portent un nom de saint, soit 12 % de toutes les communes du pays. Que va décider monsieur Cazeneuve, pour qui la religion chrétienne a « rendu la France nauséeuse » ? On fait un pas de plus vers le négationnisme en débaptisant nos hameaux et nos villes ?
J’enrage de voir de toutes petites personnes, qu’on aura complètement oubliées dans quelques années, s’arroger des pouvoirs qui ne leur appartiennent pas. Ernotte-Cunci, Cazeneuve, Pellerin, Belkacem et tous les autres, fichez la paix au peuple de France. Vous n’êtes pas propriétaires du pays, de ses traditions, de son histoire, de ses beautés comme de ses années noires. À massacrer ainsi notre mémoire collective, notre bien commun, vous êtes ridiculement insignifiants en plus d’être nuisibles. En pensant à vous, un autre mot de cinq lettres me vient aux lèvres…
Yannik Chauvin


J'ai suivi le conseil de Yannik Chauvin et écrit à mon député en ces termes, le lendemain même :

Je ne vous ai pas souvent sollicité mais cette fois je fais appel à vous pour me débarrasser d’un doute. Je me suis rendu compte que, depuis quelque temps, Antenne 2, télévision d’Etat pour laquelle je paye une redevance, faisait fi de l’appellation du mot « saint » quand, sur son tableau du jour, elle rappelait aux téléspectateurs que le lendemain on fêtait tel prénom masculin ou féminin. Pourquoi cette éradication devenue systématique ? Et surtout, surtout, à qui en devons-nous l’initiative ? A la chaîne elle-même ? Àu CSA ? Au Gouvernement ? Pourquoi d’un trait de plume avoir passé à la trappe 2000 ans de tradition. Je ne suis pas croyant mais je respecte les rites culturels et cultuels, cet héritage immatériel qui a fait de moi ce que je suis. Y toucher, c’est toucher à mon intégrité.

Je ne peux pas laisser passer cela.

Merci monsieur le député si, de prime abord vous ignorez la réponse à mes interrogations, de bien vouloir poser la question par écrit au gouvernement car, en cette époque troublée, l’affaire pourrait finir par faire grand bruit et croyez-moi pas pour rien…

A vous lire.

Recevez, monsieur le député, mes meilleures salutations.


Je tairai le nom du député - dans le respect de l'art. 226-15 du Code pénal - qui m'a répondu ce qui suit après 2 relances...

Monsieur,

J'ai retrouvé votre e.mail ...et je viens d'en prendre connaissance. Pardonnez moi de cette absence rapide de réaction ... en cette période estivale mais néanmoins active.

La question que vous me posez est tout à fait singulière...tout comme il est, à mon sens, assez singulier d'assortir votre message de considérations d'ordre électorales. Mais je dois convenir que je vois parfois de drôles de choses et que je dois m'en accommoder...puisque je suis votre mandant, comme vous avez l'amabilité de me le rappeler, si jamais il m'arrivait de l'oublier !

Vous souhaitez donc que j'interroge pas moins que le gouvernement sur la question de la "disparition" de l'appellation de "saint(e)" dans les éphémérides diffusés par une chaîne public télévisée...

Fort bien..., mais déjà depuis quelques années, le Gouvernement n'intervient plus dans le contenu des programmes des chaînes de télévision...c'était une autre époque.
Un organisme, le CSA, Conseil Supérieur de l'Audiovisuel, assure la déontologie de l'information et du contenu des programmes, en toute indépendance des pouvoirs politiques.

Mais avant même de saisir le CSA, je vous proposerais plutôt de vous adresser à ce propos directement au Médiateur des programmes de France Télévision.
Voici ses coordonnées

Maison France Télévisions
Médiateur des programmes
7, esplanade Henri de France
75907 Paris CEDEX 15

Le médiateur portera toute son attention à votre courrier.

Dans le cas contraire je prendrai le relai afin qu'une réponse vous soit apportée, et si un problème déontologique apparaît je pourrais saisir alors le CSA.

Si, comme vous m'y enjoignais (!), je saisissais le gouvernement d'une telle question, il ne manquerait pas de me rappeler la marche des institutions et il me proposerait de suivre la procédure que je vous indique.

Je pense vous avoir donné la bonne marche à suivre...même si cela ne correspond pas à votre demande initiale, qui ne me semble pas exactement appropriée.
Restant à votre disposition, je vous assure, Monsieur, de mes meilleurs sentiments.


Et voilà, j'en suis à attendre la réponse du médiateur. Affaire à suivre.

N.B. à titre d'information : La fin du message de mon député était suivie du commentaire ci-après :

Ce message, ainsi que les pièces jointes, sont établis, sous la
seule responsabilité de l'expéditeur, à l'intention exclusive
de ses destinataires ; ils peuvent contenir des informations
confidentielles. Toute publication, utilisation ou diffusion
doit être autorisée préalablement.



Il s’agit du fameux art.226-15 du Code pénal qui a donné lieu à explications de ma part, sur Exodoxe, il y a tout juste deux ans. On retrouvera celles-ci sous le lien suivant : viewtopic.php?f=100&t=1854#p25324

Ceci étant, vous me connaissez, j'ai répondu à mon député, ne serait-ce que pour le remercier :

Merci pour votre réponse et la marche à suivre proposée.

Trois remarques cependant sur la 'singularité' de ma question et de ce qu'elle vous a inspiré :

- concernant les considérations d'ordre électoral, elles sont, quant à moi, les seuls liens qui nous unissent ; je me vois mal demander à quiconque d'interpeller le gouvernement sur tel ou tel problème. Un député me semble tout à fait dans son rôle.

- « je vois parfois de drôles de choses et que je dois m'en accommoder » dites-vous. Croyez-moi, depuis 2012 le peuple de France en voit d'autres avec son président d'infortune, son premier ministre binational, son garde des sceaux indépendantiste, sa ministre de l'éducation pro-arabe et j'en passe ; chaque jour apportant son tribu de nouveautés, prière de consulter la presse.

- Vous écrivez : « Vous souhaitez donc que j'interroge pas moins que le gouvernement sur la question de la "disparition" de l'appellation de "saint(e)" dans les éphémérides diffusés par une chaîne public télévisée... » Cela vous semble incongru ? Mais monsieur de Député, quand un gouvernement s'inquiète du nombre de mosquées en France, il peut légitimement s'émouvoir de la disparition de ses saints sur l’agora. Bien que, je l'ai remarqué, il souhaite plus facilement à ses ressortissants un 'bon ramadan' qu'un 'joyeux Noël'; ceci explique sans doute cela.

Enfin, afin de respecter la note in fine de votre mail « Toute publication, utilisation ou diffusion (de votre message) doit être autorisée préalablement », je vous remercie de me permettre de 'libérer votre expression' sans restriction mais scrupuleusement.

Merci encore pour cette adresse du médiateur de France Télévision. Je vous tiendrai au courant du suivi.
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Re: Eradication des 'saints' à la télévision...

Messagepar coriolan » 19 Aoû 2015 16:49

Des nouvelles du médiateur, aujourd'hui 19 août 2015 :

Bonjour monsieur
Je vous informerai de la position de Francetélévisions dès retour de leur part.
Cordialement


Le Médiateur de Francetélévisions pour les programmes
Gora Patel
Pièce R520
7 esplanade Henri de France
75907 Paris Cedex 15

Pour info, adresse mail du méditeur :
"Médiateur FTV" <MEDIATEURFTV@france2.fr>

Là, je ne sais pas qui a répondu, peut-être le concierge en attendant la fin des vacances !
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Re: Eradication des 'saints' à la télévision...

Messagepar coriolan » 04 Sep 2015 17:59

Suite de notre échange avec le médiateur.

Son mail du 3 septembre 2015 :

Bonjour

J'ai bien reçu votre courriel dans lequel vous vous interrogiez sur la disparition du mot saint avant le prénom.Cela fait un peu plus de 6 ans maintenant,voire 7 ans que cette manière de procéder existe sur l'antenne de France 2 .Vous venez tout juste de le remarquer en effet étant donné votre message .N'y voyez aucune pression d'aucune sorte.

Bien à vous et merci de votre fidélité à France 2 qui a remplacé depuis plusieurs années Antenne2.

Le Médiateur de Francetélévisions
pour les programmes
Gora Patel
gora.patel@francetv.fr


Ma réponse de ce jour :

Monsieur le médiateur, bonjour.

Merci pour votre réponse, j'en ai puisé tout le suc...

Toutefois, bien que ma remarque soit tardive elle n'en reste pas moins pertinente : Pourquoi cette façon de procéder s'est-elle révélée nécessaire un jour ou l'autre, fût-ce il y aurait 7 ans ? Ce n'est pas anodin, une décision a été prise par quelqu'un - qui ? -, et motivée par quoi ?

Eu égard à l'emprise du religieux actuellement et ses conséquences, vous comprendrez qu'on peut s'interroger, même tardivement.

Bien cordialement.

Claude ANDRE
http://www.exodoxe.fr


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