THAÏLANDE

Carnets de voyage et sujets divers

Modérateur: Guardian

THAÏLANDE

Messagepar coriolan » 09 Oct 2011 15:44

Aventure thaïlandaise survenue du
20 février au 8 mars 1998


MAÏ MI PANHA

aux deux globe-trotters :
- Claude (lui), dit parfois Claudil ;
- Claude (elle), dite parfois Claudel
ou, ensemble, Les Claudes
*

Vendredi 20 février

Bon, bien sûr, quand il s’agit de prendre l’avion il ne faut pas se permettre d’être en retard car il est hors de question de le prendre au vol, c’est le cas de le dire ! C’est alors qu’ayant passé notre dernière nuit française chez Colette, aux Mesnuls, nous nous sommes avisés de partir en direction de Roissy, au plus tard à 10 heures du matin. C’est Bernard qui doit nous y conduire avec notre voiture, et le vendredi on ne sait jamais, il est difficile de préjuger de la circulation ; il vaut mieux être prudents. En fait, pour plus de sécurité, le départ des Mesnuls eut lieu vers 9 heures et demie, 10 heures moins le quart.

Est-ce un fait exprès, mais la circulation en banlieue, dans Paris (boulevards périphériques) et sur l’autoroute A1 qui mène à l’Aéroport Charles de Gaulle à Roissy, ne fut jamais aussi fluide ! Nous sommes arrivés à 10 heures et demie pour un décollage prévu à 14 heures 45 !! Quatre heures d’avance à occuper avec Dieu sait quoi !

Tout d’abord nous nous faisons connaître au stand de Nouvelles Frontières de Roissy 1, porte n° 28, notre agence de voyage, qui nous délivre les documents devant nous permettre de faire enregistrer nos bagages vers 12 heures 45 ainsi que d’obtenir le billet d’embarquement à bord. Nous voyagerons avec la Lufthansa dont le stand est situé porte n° 6.

Il ne nous reste plus qu’à attendre, et meubler notre temps de la meilleure façon. Mais nos bagages nous gênent considérablement : une grosse valise, à roulettes c’est un fait, mais grosse tout de même, deux sacs de voyage. D’accord, sur un cadi, mais il faut le traîner... A tout hasard nous nous rendons porte n° 6 et, comme nous y rencontrons une aimable hôtesse bien que le guichet ne soit pas ouvert avant midi et demi, nous lui demandons s’il ne serait pas possible de faire néanmoins enregistrer nos bagages puisqu’elle est là. Après s’être renseignée par téléphone, elle accepte de nous décharger de nos fardeaux et de nous attribuer nos places dans l’avion. Claudil use de son charme pour se faire donner deux bonnes places, c’est-à-dire près d’un hublot. L’avantage du premier servi fait au moins autant que son sourire, et les deux places sur les deux vols seront de premier choix.

Deux vols ? C’est vrai, j’ai oublié de le dire : pour aller à Bangkok (on écrit aussi BKK) nous devons faire une escale à Francfort, de même qu’au retour nous ferons une escale à Amsterdam. Mais nous n’en sommes pas encore là, et c'est tant mieux.

Débarrassés de nos colis encombrants, nous nous sentons plus libres de nos mouvements et nous lançons dans la découverte de l’aérogare. Nous en avons vite fait le tour ! Pour le plaisir nous passons d’un satellite à l’autre en empruntant les tapis roulants sous ces boyaux transparents qu’on nous montre dans tous les films dont une séquence se tourne à Roissy. Nous nous plaisons à imaginer que nous sommes sur les traces de telle ou telle autre vedette dans, tu sais bien, ce film..., mais si...

Le temps ne passe pas. On est allé au deuxième étage, jusqu’à l’entrée de la salle d’embarquement, au troisième, à l’arrivée où dans quinze jours... mais stop ! Laisse-nous partir. Nous décidons d’aller boire un coup au rez-de-chaussée, histoire de repasser dans les boyaux.

Claudel (à moins que ce ne soit Claudil) se souvient qu’aujourd’hui 20 février, c’est l’anniversaire de notre amie Lucie, l’aînée de 8 jours de Claudil. Bien qu’on le lui ait souhaité la veille, un désir nous prend : « Si on lui envoyait une carte ? » Bonne idée. On en trouve une qui représente Roissy et comme légende, nous inscrivons au dos : « Ma chère Lucie, en ce jour de votre anniversaire que nous vous souhaitons bon, Claude et moi avons décidé de nous envoyer en l’air ! »

Enfin le temps s’est écoulé. Appel pour la salle d’embarquement, admission à bord et, à 5 minutes près, soit 14 heures 50, c’est le décollage à bord d’un airbus 340 (à ce qu'il nous a semblé).

A bord de l’avion les informations de décollage et les consignes de sécurité sont données en langue allemande, puis anglaise. C’est pratique. Claudil a, à sa droite, une belle jeune fille, un peu rigide peut-être. Histoire d’engager la conversation, il rouspète pour rire :

- Ils pourraient parler français, tout de même.

La jeune beauté ne répond pas, elle ne fait qu’esquisser un sourire. Tant pis... Il n’en décrochera plus une jusqu’à l’arrivée.

Enfin Francfort ! Il est 16 heures 15. A nouveau les conseils aux passagers sont diffusés en allemand. Cette fois Claudil rouspète vraiment. C’est alors que la jeune beauté, avec un aimable sourire mais un fort accent germanique, lui réplique en français :

- C’est que nous sommes en Allemagne, ici !

...Donc il est 16 heures 15. Nous disposons d’une heure et demie avant l’embarquement à bord d’un autre airbus 340 (nous semble-t-il encore!) Que faire ? Si on envoyait une seconde carte à Lucie, carte qui montrerait notre avion ? Justement il y a un distributeur qui n’en manque pas. Mais alors, grosse difficulté, les commerçants de l’aéroport n’acceptent que l’argent français et rendent la monnaie en deutsche marks ! Et Claudil n’a même pas de monnaie française sur lui, il n’a que des travellers chèques en dollars et des dollars US. Et ici, ils n’en veulent pas ! Claudel décide donc de sacrifier un billet de 50 francs avec quoi nous achèterons une carte, un timbre, un paquet de gâteaux (les moins chers !) et Claudil boira un demi. Il manquera même un centime ! On lui en fera cadeau... Nous avons écrit à Lucie : « C’est encore nous, vous nous manquez beaucoup ! Au recto, c’est notre avion... » Et on rit en pensant qu’elle recevra peut-être cette carte avant la précédente...

Toutes ces tractations ont heureusement fait passer le temps. Il est de nouveau l’heure d’embarquer pour un voyage de 11 heures d’affilée. Claudel décide de prendre un somnifère avec le café qu’on lui servira à bord.

Nous sommes très bien placés, c’est vrai mais nous ne disposons que d’un petit écran télé, contre les grands écrans des boeïng 747, sur la ligne d’Abidjan. On les regrette un peu, mais pas longtemps car le film qu’on nous diffuse est en anglais et les informations en allemand ! On nous sert le dîner, c’est de la grosse bouffe allemande mais correcte ; on fera avec. Néanmoins, pour punir la Lufthansa, Claudil lui confisquera un couvert. Il en a besoin dans sa voiture, pour les pique-niques... D’un autre côté, à leur décharge, il faut signaler que le vin et le whisky sont pratiquement à discrétion. Après le repas on aura droit au café et au pousse-café. C’est Lucullus ! Dommage que la bouffe ait laissé à désirer.

Embarqués vers 18 heures, nous avons constaté qu’à Francfort (même heure que chez nous) il fait déjà nuit tandis qu’à Echoisy, Claudil le remarquait l’avant-veille, il fait encore jour à 19 heures. Il y a une sérieuse différence. Et puisque nous volons en direction inverse de la course du soleil, c’est dans la nuit noire que nous sommes et que nous resterons pendant presque tout le voyage.

Comme entre la France et la Thaïlande, il y a un décalage horaire de 6 heures en plus, c’est à dire que lorsqu’il est midi à Paris il est 18 heures à Bangkok, lorsqu’il est 15 heures à Bangkok il est 9 heures du matin à Paris, Claudil décide de mettre d’ores et déjà sa montre à l’heure locale tandis que Claudel, conservatrice, restera à l’heure française pendant tout son séjour. Il s’ensuit qu’on ne sait pas exactement quand on est passé du vendredi au samedi, c’est-à-dire à quel moment très précisément je dois, maintenant, changer de date. Disons que c’est en cours de vol.

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Re: THAÏLANDE

Messagepar coriolan » 11 Oct 2011 19:26

Samedi 21 février

Claudil n’a pas rêvé, d’autres l’on confirmé, dans la nuit, entre deux assoupissements, par le hublot, dans le noir qui cerne notre avion, il a vu comme une toile d’araignée lumineuse au sol, comme un chapelet de goutte de rosée qui brillait de tous ses feux. Où était-ce ? Au-dessus de la Turquie ? De l’Iran ? De l’Inde ? Va savoir... Avec ce cachet qu’il a pris lui aussi. Il n’en sait rien, mais le mirage a duré longtemps.

Et puis le jour se lève à l’horizon de quelque part. Le soleil monte vite dans le ciel. Le commandant de bord nous annonce en Allemand, puis en Anglais, que nous survolons Bangkok. Nous allons atterrir dans quelques minutes.

L’avion se pose avec délicatesse. Ca y est, on est en Thaïlande. Claudel est réveillée, elle sourit à son Claudil, heureuse. Il est 4 heures et demie du matin à sa montre, 10 heures et demie à celle de son mari. Ces deux-là, ils ne seront jamais fichus d’être sur la même longueur d’onde.

Nous sortons de l’appareil à l’aide d’un couloir télescopique qui nous mène directement dans un hall d’accueil. Nous sommes dirigés vers les guichets des douanes, puis à la salle de réception des bagages où chacun des passagers récupère ses biens. Munis de notre précieux chargement, heureusement sur cadi, nous cherchons des yeux le moindre rassemblement de voyageurs qui seraient massés autour d’un panneau « Nouvelles Frontières ».

- Ah ! Là, au fond...

Au fond, en effet, une jeune femme, qui sans avoir la finesse de taille (je devrais dire de 'Thaïe' ? :lol: ) locale n’en est pas moins pur sang siamois, nous attend avec un gentil sourire, une liste à la main. Près d’elle, déjà, quelques voyageurs, futurs compères, font connaissance et tacitement décident de passer 15 jours en commun dans les meilleures conditions.

La jeune Thaïlandaise qui sera notre guide s’appelle Saowanite mais, concède-t-elle avec beaucoup de charme :

- Je sais, c’est dur en français. Mais vous pourrez m’appeler Savonnette, ou Ninite; enfin, comme vous voudrez...

Le ton est donné. Elle fait le pointage de sa liste. Il y avait 19 inscrits ; il y a 17 arrivants, nous ferons donc notre « Découverte de la Thaïlande » (c’est le nom du circuit que nous avons acheté) à 17.

Nous quittons le hall de l’aérogare sur les traces de notre beau cicérone. Et comme toujours, que ce soit Abidjan ou Monbassa, c’est une chape de plus de 30 degrés qui nous tombe dessus ! Ouf ! Il va falloir s’habituer...

Un magnifique car climatisé « Nouvelles Frontières » de 50 places nous attend. C’est dans ce car que nous ferons nos déplacements. Qui dit mieux ? Pour 17 personnes, 20 avec Saowanite, le chauffeur et son aide. A l’entrée du car une jeune beauté locale nous remet un collier d’orchidées en guise de bienvenue. Ca fait très couleur locale, histoire de nous mettre dans le bain. Ce qui rappelle que nous sommes des touristes, c’est qu’un photographe nous fait prendre la pause pour un tirage de portrait qu’on nous proposera demain, à l’hôtel, pour 100 baht.

Un peu de géographie et d’histoire :

La Thaïlande est un pays de 514000 km² (un peu plus petit que la France) qui regroupe 60 millions d’habitants (en 1994), c’est-à-dire qu’il est un plus peuplé que notre pays. Avec des différences considérables : 3700 habitants au km² à Bangkok, la capitale, contre 20 dans la province de Mae Hong Son, région montagneuse du Nord. La Thaïlande est bordée à l’Ouest et au Nord-Ouest par la Birmanie, au Nord-Est et à l’Est par le Laos, au Sud -Est par le Cambodge et au Sud par la Malaisie. Le climat est tropical, la température varie de 26 à 40 degrés. Le pays produit principalement du riz, du coprah et du caoutchouc qu’il exporte.

En 1782 (avant on considère que c’est la préhistoire) le fondateur de la dynastie Chakri règne sur le pays sous le nom de Rama Ier. (De Rama, septième incarnation du dieu Visnu) A l’heure actuelle, et de puis 1946, son dernier successeur règne sous le nom de Rama IX. Son véritable nom est Bhumipol, et celui de la reine, Sirikit. Le pays est sous régime de monarchie constitutionnelle depuis 1932, après l’abdication de Rama VII. Rama IX et la reine sont très aimés du peuple, c’est d’ailleurs presque une obligation puisque tout propos contre le roi ou la famille royale vaut l’emprisonnement.

Enfin, c’est en 1949, sous un régime intermédiaire entre Rama VIII et Rama IX que, sous influence anglaise, un dirigeant décide de changer le nom de Siam contre celui de Thaïlande. Et d’adopter le drapeau tricolore : rouge, blanc, bleu, blanc et rouge à la place du drapeau rouge au centre duquel trônait un éléphant dans un rond blanc. Dommage, tout cela !


...et d’économie.

L’unité monétaire est le baht. Avant l’automne 1997, il fallait 4,5 baht pour faire 1 franc, depuis la crise économique de l’automne il en a fallu 9 ! Mais l’économie se redressant progressivement, en ces mois de février-mars 1998 il n’en faut plus que 7. Pour connaître la valeur de ce que l’on achète, il suffit de diviser par 7 le prix affiché en baht.


Nous montons tous dans le car pour rejoindre notre hôtel où nous dormirons trois nuits en début de séjour. La première chose que tout le monde remarque c’est qu’on roule à gauche. On s’interroge ; on interroge surtout Saowanite qui nous détrompe :

- Non, non, la Thaïlande n’a jamais été une colonie anglaise, pas plus que française d’ailleurs... Elle n’a été la colonie de personne. Mais, sous le règne de Rama V, il y a environ 100 cents, la première voiture qui fut achetée par le roi était anglaise, et le roi adopta tout le système de conduite anglaise.

Chemin faisant Saowanite fait remarquer avec fierté que son pays fut toujours un pays libre, bien que par nature le Thaïlandais ne soit pas guerrier.

- Il n’aime pas se battre mais il parle beaucoup, il est diplomate...

Claudel avait lu, dans un livre documentaire sur la Thaïlande, une boutade qui paraît-il se racontait à Bangkok : Si la Thaïlande n’a jamais été envahie, c’est à cause des embouteillages de Bangkok. Ninite n’a jamais entendu cette histoire, mais elle confirme - et d’ailleurs on le constate - : on va faire cinq kilomètres en pas moins d’une heure ! Enfin, on arrive à l’hôtel Mercure (ça ne fait pas très couleur locale !) et chacun à hâte de gagner sa chambre pour une bonne douche et un peu de repos. C’est qu’il est 7 heures du matin à la montre de Claudel, c’est-à-dire que nous n’avons pratiquement pas dormi pendant ces 24 dernières heures ! Néanmoins, il faudra sacrifier au traditionnel accueil de bienvenue dans une salle de réception de l’hôtel où il nous sera servi une vague grenadine... rafraîchissante toutefois, et à la remise des clefs à chacun des couples ou individuels du groupe. Nous, nous avons la chambre 5014, au cinquième étage comme son nom l’indique.

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Re: THAÏLANDE

Messagepar coriolan » 12 Oct 2011 15:51

Malheureusement, la chambre n’étant pas prête, il nous faut patienter. Deux membres du groupe, Jean-Paul et sa femme Marie-Hélène qui deviendront nos amis, nous convient à prendre un pot au bar de l’hôtel. Nous boirons une bière et mangerons des crêpes. Il ne nous dira pas combien il a payé, mais à la vue de la note d’une consommation ultérieure (4 pineapples - jus d’ananas - ) qui se montait à 435,60 baht ( 62 ff.) alors que la Thaïlande est producteur mondial d’ananas, la Carsberg ne doit pas être donnée ! Ainsi qu’on le constatera à l’examen de la note ci-jointe, sur un total de 360 baht on vous ajoute une taxe locale marquée 10% mais calculée 11% puisque décomptée également sur le service qui suit, lui aussi de 10%!

Bref, le temps de prendre une bonne douche dans une salle de bains à la hauteur du nombre d’étoiles de l’hôtel (qu’il n’affiche même plus d’ailleurs...), et nous sommes d’attaque pour poursuivre notre journée si bien commencée.

Nous avons rendez-vous dans le hall avec les rares membres du groupe qui ont accepté de faire un tour sur les klongs. D’abord, qu’est-ce que les klongs ? Les klongs sont des canaux qui parcourent la ville de Bangkok en un inextricable réseau pour le visiteur. Tout le long de ces canaux, à bord d’une longue pirogue à moteur diesel, couverte pour protéger les passagers contre le soleil, on découvre la vie intense et cachée des autochtones au milieu des pétarades de toutes sortes d’embarcations qui se doublent, se croisent à une vitesse vertigineuse. C’est assez pittoresque. Sur les rives des klongs, les maisons sont hétéroclites ; ça va du bidonville à la coquette villa, mais à l’avant de chacune d’elles il y a toujours, comme partout ailleurs ainsi qu’on le constatera, un petit temple miniature pour chasser les mauvais esprits : c’est « la maison des esprits » précisément. La plupart des demeures sont montées sur pilotis afin de parer aux débordements des klongs en crue ; en saison sèche - ce qui est le cas actuellement - l’espace restée libre sous la maison sert de garage.

Puis on rejoint une grande rivière qui traverse Bangkok, la rivière Chao Phraya. Sur ses rives on observe à tous les étages des immeubles des étendages de vêtements qui sèchent sur des fils tendus d’une fenêtre à l’autre. C’est un peu les quartiers chauds de Lisbonne. Ces monuments de lingeries côtoient des temples qui rutilent de leurs ors. Le contraste est saisissant.

Est-ce dû à la proximité de la mer ? Mais il est à signaler que nous n’avons été gênés par aucun moustique.

A notre gauche, le pilote nous fait admirer une barque recouverte de feuilles d’or sur laquelle, une fois par an, le roi sort naviguer avec sa famille, histoire de prendre le frais.

Puis le piroguier nous fait aborder à l’entrée d’un temple, le wat Arun, le temple de l’Aurore (face au célèbre wat Pho que Saowanite doit nous faire visiter demain). C’est assez fastueux, les ors rivalisent avec les céramiques. Il nous initie à certains termes, notamment le chedi (voir plus loin) et certaines coutumes, en particulier qu’il faut se déchausser pour entrer dans un temple. Nous n’échapperons pas à l’obligation et, pour avoir le droit d’aller guigner un Bouddha couvert d’or - à défaut de dévotions -, il nous faut laisser nos chaussures à l’entrée, au milieu de centaines d’autres en espérant qu’un échange fortuit, ou non, ne viendra pas nous priver de notre précieuse paire de grolles ! Je dois dire que cela ne s’est jamais produit.

Les klongs : La D.D.E. thaïlandaise n’a rien à envier à notre D.D.E. française. Jadis, à Bangkok, il y avait tant de klongs qu’on l’appelait « la Venise d’Extrême-Orient ». Mais à la fin des années 50, pendant l’escalade de la guerre du Viêtnam, les militaires au pouvoir à l’époque ayant autorisé l’implantation de bases américaines sur le territoire (1), sur les conseils des experts étrangers et non concernés, la plupart des klongs, qui autrefois servaient à dévier les eaux, ont été comblés et transformés en routes afin, soi-disant, d’améliorer la circulation automobile du pays (...à moins que ce ne soit à des fins éventuelles de stratégie !). Le résultat de cette heureuse initiative c’est que, tous les ans, la mousson inonde la ville (2). Ce fut, si l’on peut dire, un coup d’épée dans l’eau car la circulation automobile ayant prit l’ampleur que toutes les grandes villes connaissent, il fallut néanmoins se résoudre à « inventer » de nouveaux moyens de transports. C’est ainsi qu’à l’heure actuelle, un immense chantier de construction d’un métro aérien traverse BKK - et doit faire 150 km, jusqu’à Pattaya - Sans leurs amis américains, ils auraient peut-être commencé par ça!

Cette première prise de contact terminée, nous avons regagné l’hôtel où, à l’office-exchange, les Claudes ont changé 40 dollars contre 1605,20 baht. Ce qui porte le $ à 40,13 baht et, sur la base du $ à 6 ff., le franc à 6,79 baht. Là aussi l’hôtel prend une sérieuse commission quand on sait que nous avons échangé ailleurs, chez les petits changeurs des rues, 1 franc pour 7,50 baht!

Ces premières émotions conjuguées avec le manque de sommeil depuis notre réveil aux Mesnuls, la veille vers 7 heures du matin, font que Claudil commence à fatiguer. Claudel, elle, toute émoustillée comme à son habitude en pays étranger, est en pleine forme. Pendant que son fainéant de mari fera une petite sieste qu’il considère indispensable, elle partira à l’aventure dans les rues avoisinant notre hôtel, notamment pour trouver de la boisson à acheter car, il y a bien un bar dans chaque chambre, mais il faut voir à quel prix nous sont facturées les bières en particulier ! Elle ramènera de la bière et de l’eau, l’eau étant bien de l’eau mais la bière se révélant être une espèce de vin doucereux qui sera bu cependant...

A 19 heures Saowanite nous accompagne en car au « Piman » ( Paradis) où nous devons assister à un dîner-spectacle. C’est une immense salle meublée par des très grandes tables qui font toute la longueur de la pièce, mais qui sont à peine à 30 centimètres du sol. Il est prévu une tranchée tout le long de ces tables afin d’y caser ses jambes et les convives s’asseyent à même le sol recouvert de moquette. A l’avant de cette curieuse salle de restaurant, il y a une scène sur laquelle un lourd rideau est tombé. Sur la gauche, en avant-scène, des instruments de musique sont disposés.

Tout d’abord, dès que nous avons pris place, notre groupe des 17 ainsi que d’autres groupes de touristes de toutes nationalités - la salle contient environ deux cents personnes -, de gentilles serveuses en costume traditionnel nous servent notre dîner. Parvenue à hauteur du premier client à servir, chaque serveuse s’agenouille et se traîne sur une cuisse repliée jusqu’au client suivant, et ainsi de suite. Plusieurs petites assiettes sont posées devant un groupe de 4 convives, laissant à chacun le soin de piocher à son gré dans l’un ou l’autre de ces plats. C’est ainsi que nous découvrons les premières spécialités thaïlandaises : soupe au fromage de soja, beignets de crevettes, blancs de poulets aux huîtres cuites ou à la noix de coco, des nouilles au caramel, le tout accompagné de riz collant et arrosé, pour les uns de bière et pour les autres d’eau.

Toujours un peu délicat Claudil n’apprécie guère, tandis que Claudel, curieuse de tout, elle saute d’un plat à l’autre et se lèche les babines.

Soudain le rideau se lève sur un décor grossier qui représente une forêt très colorée. Quatre puis six danseuses en costume également traditionnel entrent sur scène et simulent la chasse et la mort d’un cerf (à moins que ce qui lui ressemble ait une autre signification qui nous échappe !). Les musiciens qui ont pris place derrière leurs instruments sans que l’on s’en fût aperçu, jouent de cette musique aux sons aigrelets caractéristiques des chansons indiennes. La première danse est très belle et, bien que la musique surprenne par ses sonorités, le tout forme un spectacle assez réussi. La seconde, puis la troisième danse, sont du même tonneau, c’est-à-dire très agréable à voir mais, hélas hermétique aux néophytes que nous sommes, nous autres occidentaux. Une diseuse nous raconte bien en gros de quoi il s’agit mais on comprend surtout qu’on n’a pas tout compris ! Les deux dernières danses sont accompagnées par une chanteuse qui joue en même temps d’un xylophone aux accents pour le moins exotiques. Autant les danseuses sont jeunes et belles, autant la chanteuse et vieille et laide ! Mais ce doit être l’usage vu la satisfaction dont font preuve les artistes et les serveuses...

Nous sommes de retour à l’hôtel à 22 heures 30 à la montre de Claudil (à partir de maintenant, sauf exception justifiée, je ne donnerai plus que l’heure locale). Nous regagnons notre lit avec satisfaction, surtout pour Claudel qui ne se fait pas bercer. Le réveil est prévu demain matin à 8 heures et demie, le petit déjeuner à 9 heures et le départ pour nos premières visites matinales vers 9 heures et demie. Compte tenu des lieux que nous allons visiter, Saowanite nous recommande d’être en tenue correcte, c’est-à-dire pas de short mais un pantalon pour les hommes et, pour les femmes, pas de jupes courtes, pas d’épaules nues ni de chaussures dépourvues de lanière sur le talon !

Tout ceci est bien mystérieux... Mais bonne nuit, demain est un autre jour.

(1) A l’instar de de Gaulle en France, non sans mal, les Thaïlandais ont réussi à se débarrasser de leurs encombrants amis en les conviant go home.

(2) Depuis les années 70, un autre facteur aggrave encore les inondations : c’est l’enfoncement de la ville, aujourd’hui quatorze fois plus rapide qu’à Venise. Ironie du sort, quand on se souvient de l’ancienne appellation de « Venise d’Extrême-Orient »!


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Re: THAÏLANDE

Messagepar coriolan » 13 Oct 2011 15:45

Dimanche 22 février

Tout le monde est prêt en tenue adéquate à l’heure dite. Saowanite inspecte et semble satisfaite. Notre groupe prend place dans le car.

Composition du groupe :
- A tout seigneur, tout honneur : Claudil et Claudel,
- Jean-Paul et Marie-Hénène (des Gascons très sympathiques)
- Jean-Claude et Catherine (des Champenois d’Epernay)
et leurs deux filles : Justine, dite La Belue ; Sophie, dite La Belette. (Autant la seconde est adorable, autant la première est chiante comme la pluie).
- Annick et Pascal ( deux Bretons)
- Nicole et Gérard (deux autres Bretons qui font équipe avec les deux premiers. Claudel découvrira, au cours d’une conversation que Gérard connaît un de ses parents qui, après la guerre, lui a laissé le souvenir d’une tartine de beurre inoubliable puisqu’elle en a encore le goût dans la bouche rien que de s’en souvenir !).
- Jacqueline, une institutrice du Nord, à la retraite,
- Jeannette, une femme de ménage de 68 ans qui, sans aucun complexe, ne cache pas son humble métier dans les endroits les plus huppés. Ca fait désordre, mais ça nous fait surtout bien rire... Elle est fière que ce soit sa fille qui lui a payé le voyage, Ah ! mais !
- France et Jacques, deux Valdoisiens de Montmorency. Elle est un peu précieuse, mais ne fait pas illusion longtemps ; lui, c’est un gentil concon...
- Ounissa, une jeune Berbère dont, clame-t-elle à qui veut l’entendre, les parents sont en France depuis 1926. On sent que l’intégration est bien réussie, mais elle, elle semble le répéter comme pour y croire... ou le faire croire. Elle parle beaucoup et fort. Ca ne fait rien, on a fait avec !

Après une courte promenade dans la ville au cours de laquelle, à nouveau, nous avons tout le loisir d’apprécier les embouteillages garants de la paix, et nous commençons à visiter le Palais royal. A l’extérieur, des sentinelles immobiles n’ont rien à envier aux bobbies londonniens. Leurs prunelles noires sont fixées, droit devant elles, en dépit de tous les mouvements que vous pouvez faire alentour, mais nous gageons qu’il ne faudrait pas se hasarder à un geste de provocation ! De l’autre côté des grilles, ce n’est pas le même refrain, les gardes sont très bruyants et surveillent tout ce qui pénètre dans une espèce de sas qui sépare le poste de garde des jardins. Ceux qui n’auraient pas respecté les consignes données par Saowanite seraient refoulés sans pitié.

Passé ces contrôles, le spectacle est grandiose. Notre belle accompagnatrice nous explique par le menu ce qui fait la magnificence de ce palais royal qui, nous dit-elle, témoigne de l’imagination créatrice et du génie artistique des Thaïs. L’ensemble demeure un puissant symbole du faste et du pouvoir des souverains avant l’instauration, en 1932, de la monarchie constitutionnelle.

Sur la gauche en entrant, le visiteur est séduit par la Chapelle Royale, le Wat Phra Kaeo (Wat -prononcer Ouat- veut dire temple) Phra (prononcer Prat, en Thaïlandais le h ne se prononce pas), témoigne, lui, du rôle essentiel joué par le bouddhisme dans la vie de la nation. Nous sommes fascinés par les chedi dorés ( tour-reliquaire généralement en forme de cloche surmontée d’une spire annelée, qui contient des reliques du Bouddha, d’un saint homme ou d’un personnage royal), les prang imposants (tour-reliquaire d’inspiration khmère, souvent en forme d’épi de maïs), le wihan élégant au toit à plusieurs étages, tous rehaussés d’une profusion d’éléments décoratifs : frontons et pignons sculptés, animaux mythiques, flèches élancées, mosaïques de verre de couleurs vives, décor de céramique, motifs floraux, et délicates peintures murales. Nous ne savons plus où donner des yeux... Cette vue enchanteresse restera certainement l’une des images les plus mémorables de la splendeur de la Thaïlande. Malheureusement elle sera trop souvent répétée tout au long de notre séjour, avec des variantes certes, mais des détails qui, échappant à notre culture, ne sont pas perçus comme il le faudrait pour que nous jouissions parfaitement du spectacle.

Et puis c’est l’ubosot (salle d’ordination des bonzes, qui renferme la statue principale du Bouddha). Ici l’ubosot contient la statue du fameux Bouddha d’émeraude. Le sanctuaire a été construit à la fin du 18ème siècle par Rama 1er. L’entrée du sanctuaire est gardée par des lions mythiques en bronze de chaque côté des portes aux incrustations débordantes de richesses, elle est bordée de piliers richement décorés. Tout ceci donne un avant goût de l’exubérante décoration intérieure. Malheureusement il est interdit de filmer. Claudil en sera pour ses frais.

Car il filme, le Claudil, il filme à tour de bras ; et la Claudel, elle mitraille également à tour de bras, et elle a bien fait car les films de son Claudil ne vaudront pas grand-chose. Ce sont ses bandes magnétiques qui sont très certainement dévitalisées. Mais il n’en sait rien encore, ne gâchons pas son plaisir de filmer. Il filme.

Il ne s’en rend pas compte tout de suite, mais un sentiment de soulagement l’a envahi. C’est que depuis quelques instants il n’est plus harcelé par la chipie de Justine, la Belue, qui d’ordinaire, en tout cas depuis la veille, lui colle aux baskets ! C’est alors qu’il la voit sagement en compagnie de son père. Que se passe-t-il ? Rien, elle est victime d’un coup de soleil. Elle doit s’asseoir, blanche comme un linge. On craint le pire ; il n’en sera rien. La mauvaise graine...

Donc derrière ces portes qui sont grandes ouvertes et au-delà desquelles il ne faut pas filmer, il y a le Bouddha émeraude. Une foule incessante entre dans le wat, passe devant lui, et ressort. Claudil, suivant le mouvement, fait comme tout le monde, il se déchausse et pénètre admirer le Bouddha. C’est assez décevant, ce Bouddha est minuscule ! Sur un piédestal doré, dans une débauche de frises évidemment dorées, est enchâssée la statuette du bouddha en jaspe vert, dit d’émeraude, objet de vénération nationale. Il a revêtu son habit d’hiver. C’est, nous dit Saowanite, un habit d’or, comme il se doit, qui a été fait par Rama IX (le roi actuel) pour l’hiver. Le Bouddha a également un vêtement d’été, mais nous sommes en hiver. Il faut rappeler à ce sujet que la Thaïlande est dans l’hémisphère boréal, nord, située sensiblement entre les 5ème et 20ème parallèles.

Justine semble aller mieux après un court séjour à l’ombre et qu’on lui eut copieusement arrosé le front.

La visite du Bouddha d’émeraude étant terminée, enfin pour l’essentiel, c’est la visite du wat Pho (ou Po) qui est prévue, celle du Bouddha dit « couché ». Le Bouddha couché, c’est autre chose que le rachitique petit Bouddha d’émeraude . On en a pour son argent !

Passons sur les dorures et autres merveilles pour lesquelles depuis ce matin nos yeux commencent à montrer des signes de faiblesse, pour nous absorber tout entier devant ce Bouddha. Bien sûr, il est en or. Pas massif, c’est évident, mais plaqué or à 24 carats. Il est couché car il est censé représenter le Bouddha qui a atteint le nirvana (béatitude éternelle dans la religion hindoue). Il fait 15 mètres de haut sur 45 mètres de long ! C’est dire qu’il tient tout juste dans la pièce qui l’abrite et qui a été réalisée en fonction de ses mesures. Il a 108 signes de bon augure gravés sous la plante de ses pieds. Les fidèles qui viennent l’honorer peuvent bénéficier de ses bontés et, pour ce faire, après s’être alimentés pour un prix raisonnable auprès d’une marchande du temple, en pièces de 1 dixième de baht (pièces qui n’ont plus cours), 108 exactement, ils défilent devant 108 petits récipients en fer et y jettent une pièce dans chacun d’eux. Comme c’est un défilé continuel, l’ubosot résonne en permanence du bruit de cet égrènement lancinant. Parfois une succession de bruits différents nous apprend que la vendeuse de bontés pour le compte du Bouddha récupère, dans un grand récipient, toutes les pièces qu’elle va revendre à d’autres candidats au bonheur. C’est ainsi que ça se passe. Reste à savoir qu’il ne faut pas faire de voeu pour gagner à la loterie ni au loto, mais uniquement pour guérir de quelque chose qui de toute façon doit guérir ou gagner l’amour de quelqu’un à condition d’y mettre du sien.

Comme nous n’avons pas eu assez de Bouddha dans la matinée, Saowanite nous fait visiter une galerie de Bouddha en or massif, dont elle nous dit que ce sont les dons de familles qui ont un des leurs inhumé en ces lieux après avoir été incinéré.

C’est plus fort que lui, Claudil lance sur un air connu :

- Tiens, voilà du bouddha, voilà du bouddha!

Ce qui fait rire tout le monde. Il faut dire que tout au long de ce voyage, le Claudil tient une forme olympique, et qu’il en fait profiter tout le groupe. Il ne tarit pas en calembours, en astuces vaseuses et, parfois, en mots d’esprit.

Saowanite nous présente tous ces Bouddha dorés, mais pour nous, ça commence à bien faire. Cependant Claudil filme toujours. Une manie !

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Re: THAÏLANDE

Messagepar coriolan » 15 Oct 2011 13:26

Le défilé terminé, nous regagnons notre car qui nous fait traverser le fleuve et nous conduit dans un restaurant que nous avons vu la veille, lors de notre première sortie en pirogue, à coté du wat Arun Rajvararam (dit aussi Aroon, dit aussi Temple Dawn, c’est-à-dire Temple de l’Aurore, ou encore Temple de l’Aube. On s’y perd !).

Le restaurant est vaste mais pas très propre. Il ne met pas en appétit le Claudil à qui il en faut beaucoup moins pour le dégoûter. Il se hasardera néanmoins à prendre de la soupe au fromage de soja comme la veille, mais laissera à Claudel sa part de soja... On nous sert du poulet et de la viande de porc avec du riz, bien sûr, et des légumes. Parmi eux, on découvre avec étonnement des petits pois minuscules cuits dans leur cosse ! On découvre aussi d’autres légumes qu’on n’identifie que par à peu près...

Après ce plantureux repas, Saowanite, ainsi que le prévoit le programme, nous drive vers un temple dit « le Temple de Marbre », où l’on peut admirer des soubassements magnifiques en marbre et des vitraux, ce qui est rarissime dans un temple bouddhique. Puis c’est la visite d’une exposition des différents types de Bouddha, des Bouddha couchés, des Bouddha debout, des Bouddha qui marchent, un Bouddha si maigre qu’on lui voit les côtes, un Bouddha dit de Sukhothaï qui marche et un autre assis. C’en est trop ! Claudil ne filme plus. C’est un indice, Saowanite n’a plus qu’à abréger la séance.

N’empêche que devant le Bouddha qui marche de Sukhothaï, Jean-Claude n’a pas pu s’empêcher de s’exclamer :

- Mais c’est un pédé !

On dirait bien, en effet. Mais maintenant ça n’a plus d’importance, même pédé, Claudil en a ras le chapeau chinois !

Comme pour justifier notre indigestion de Bouddha, Saowanite nous confie qu’il a quelque 5000 temples à Bangkok, et plus de 20 000 dans l’ensemble du pays. Mais elle promet qu’on ne les visitera pas tous!

En effet, pour changer un peu, elle nous conduit visiter un atelier de marchands de gemmes brutes et montées sur or ou argent. Le hall d’accueil nous est ouvert par une armée de jolies petites Thaïlandaises qui, à premier abord, fait que nous ne regrettons pas le détour. Dans le hall des sculptures sur bois sont de toute beauté !

On nous fait pénétrer dans une salle de spectacle où un petit film nous est présenté. Il nous montre la provenance des pierres dans l’ouest du pays, autour de Kanchanaburi où l’on extrait saphirs et rubis en petite quantité. La contrebande fait le reste par les frontières birmanes et laotienne.

Avant l’ère industrielle, le film nous montre le travail de l’orpailleur dans un trou de 3 mètres de diamètre, à hauteur d’homme. Il nous montre qu’aujourd’hui ce sont les bulldozers qui retournent le sol, des jets d’eau continuels transforment la terre en une boue très liquide et, le soir, des projecteurs mettent en évidence les feux des pierres. Le film ne nous montre pas par où passent les contrebandiers...

Nous visitons ensuite l’atelier où s’activent tailleurs de pierres et sertisseurs; Nous passons parmi eux mais séparés par des barrières de sécurité, tout de même ! Puis, après l’effort le réconfort, la visite se poursuit par le magasin expo-vente. C’est beau mais hors de prix, pour nous surtout. Jean-Claude qui, lui, a les moyens, offrira un bracelet à sa Catherine ; Claudil, lui, il n’offrira rien.

Enfin, il est 17 heures, c’est le retour à l’hôtel après une journée bien remplie. Saowanite nous donne quartier libre jusqu’au lendemain matin 6 heures. C’est le régime militaire !

Les Gersois (Jean-Paul et madame), Les Sparnaciens (Jean-Claude, madame et ses charmantes filles -sauf une-), et les Claudes se donnent rendez-vous pour dîner ensemble. Il faut dire que ce voyage est en demi-pension et qu’un repas sur deux étant à notre charge, chacun se débrouille comme il l’entend. Saowanite nous a recommandé un restaurant vietnamien dans le secteur de notre hôtel. Elle nous en a précisé les moyens d’accès.

Après une bonne douche, nous nous retrouvons dans le hall d’entrée à 19 heures, et partons à l’aventure dans les rues de BKK. A l’aventure, c’est le cas de le dire car on a beau faire les petites rues où on est censé trouver notre restaurant, le Ong, dans un sens et dans l’autre, pas plus de Ong que de beurre en branche!

La nuit est tombée sur Bangkok, les grandes artères sont toujours très encombrées de véhicules, mais les petites bien que très populeuses permettent de se déplacer sans difficultés. Sur tous les trottoirs on découvre des marchands de légumes, de viande, de tissus, des confectionneurs de beignets, des brûleuses de sauterelles, de cafards, bref des tas de choses qui se mangent. Claudil en a l’eau à la bouche ! Et les gens achètent, mangent à toute heure, sur place, assis dans une encoignure de porte, ou se font emballer la marchandise qu’ils emportent avec précaution. On vend de tout : des montres, des bracelets, des couteaux, des réveils, de tout. Les rues sont pleines d’odeurs de cuisine ou de gasoil, de cris de marchands ou de passants qui se hèlent, de fumées aussi... C’est très pittoresque.

Tout cela ne nous fait pas trouver le Ong. Alors, à défaut, on se rabat sur le rare restaurant que l’on trouve (il faut dire qu’on est dimanche soir), un chinois qui nous semble acceptable. Dans l’ensemble c’était bon. Bien sûr, il y avait du riz au menu, du porc et du poulet, mais on a bien rigolé et il paraît que ça vaut un bifteck. Claudil a fait néanmoins la fine gueule, comme d’habitude, mais c’est lui qui a régalé tout le monde. Il en a eu pour 535 baht, c’est-à-dire que ça ne lui est pas revenu à 10 francs par personnes. Il peut se montrer généreux !

De retour à l’hôtel, ayant une envie de glaces, on s’est arrêté au bar. On a dégusté chacun une glace au chocolat pour 25 baht par personne (un peu moins de 4 f.), sauf Claudel, par souci d’économie sans doute, qui a pris un café. Elle en a eu pour 91 baht ! Son repas chinois lui a coûté moins cher.

Enfin, retour dans nos chambres. Pendant que Claudel prend une douche, Claudil rédige son carnet de notes. Il est 10 heures 05, il est temps d’aller au lit car demain réveil à 6 heures ! Nous avons rendez-vous avec l’Histoire. Un seul ennui, il nous faut faire nos valises car demain soir nous ne coucherons pas à Bangkok, mais à Kanchanaburi, à 130 kilomètres à l’ouest. Le pays où l’on extrait des pierres précieuses.

Nous reviendrons à l’hôtel Mercure le surlendemain, cependant, en attendant il faut vider les lieux. Vidons donc, mais préalablement : Bonne nuit !

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Re: THAÏLANDE

Messagepar coriolan » 16 Oct 2011 17:48

Lundi 23 février

Après un copieux petit déjeuner à l’hôtel, nous embarquons à bord de notre car en direction de Kanchanaburi, sans armes mais avec nos bagages. La distance à parcourir est d’environ 130 km .

Gagner la sortie de Bangkok n’est pas une mince affaire. Il faut d’abord sortir des embouteillages qui, même à 7 heures du matin, bloquent les grandes artères. Seuls se faufilent avec dextérité les plus humbles des moyens de transport public.

Moyens de transport : Outre les pullmans garnis de touristes venus des quatre coins de la planète, il y a les cars ou bus qui, bondés, transportent leur chargement humain vers les divers lieux de travail de chacun, les mini-bus à usage plus hôtelier, les voitures individuelles, bien sûr, et puis les tap-taps, les tuk-tuks et les incontournables pousse-pousse dès que la couleur de peau vire au jaune.
Les tap-taps sont des micro-bus à 6, voire 10 places. Ils doivent vraisemblablement leur nom à l’inconfortabilité de leurs sièges en bois qui rappellent un peu les véhicules militaires destinés au transport de la troupe. C’est un genre camionnette miniature, très basse. Le coût d’utilisation est de 10 baht par voyageur. Le conducteur prend autant de passagers qu’il le peut et, en fonction du lieu de destination de chacun, fait le circuit qu’il juge le plus convenable. C’est le moyen de transport le moins cher.
Les tuk-tuks (prononcer touc-touc) doivent leur nom au bruit de leur sonnette principalement destinée à signaler leur présence aux éventuels clients. Le tuk-tuk est une petite moto à laquelle est attelée une remorque à deux (voire trois) places en cuir ou simili. C’est plus confortable et plus cher que le tap-tap, il faut compter environ 20 ou 80 bath selon la destination, mais on peut marchander.
Le pousse-pousse ne se fait plus à pied comme au temps de papa en Indo, il se fait maintenant à bicyclette. A l’arrière du vélo est disposée une « coquille de noix » sur roulettes où peuvent prendre place 2 personnes au maximum. C’est sympathique comme moyen de transport et, le moins qu’on puisse dire, c’est que son côté écologique ne manquerait pas de séduire une Dominique Voynet locale. Son coût est de 60 baht. Claudil ayant remarqué que ça faisait cher pour un service peut-être moins rapide, Saowanite lui a rétorqué que c’était tout aussi rapide que les autres et qu’il n’avait, lui, qu’à pédaler pour 60 baht ! Il verrait bien si c’est cher ou pas !


En plein coeur de Bangkok, notre guide nous a fait remarquer, entre deux buildings par exemple, ou au centre de quartiers chics, la présence de bidonvilles. Notre surprise fut grande en effet. Les gens, nous a-t-elle confié, préfèrent habiter sur leur lieu de travail, en tout cas à proximité, car ils n’ont pas les moyens de se payer les transports publics. Ils sont pauvres. A BKK, nous a-t-elle dit, il y a deux types d’habitants : les riches et les pauvres, c’est pourquoi la pauvreté côtoie-t-elle le luxe. Pour elle, tout cela est normal. Notre perplexité fut aiguisée cependant quand, pour répondre à une question de Claudil, elle avoua que sa famille faisait partie des pauvres ! Saowanite dont le mari, un Italien, est professeur de langue (italienne, bien sûr) à l’université de Bangkok, qui elle-même est guide et parle couramment le français et l’anglais, qui, se faisant construire une maison, parvient à payer des échéances de 22 000 baht par mois (environ 3000 f.), qui au cours de notre périple de 15 jours a changé de toilette tous les jours, Saowanite pauvre ? Bon, nous on veut bien, mais il doit y avoir une classe intermédiaire dite aisée... et dont elle ferait partie ! Quoi qu’il en soit, les bidonvilles sont la preuve qu’il y a des malheureux qui campent où ils peuvent. On en a même vu qui avaient élu domicile le long d’une voie ferrée toujours en activité et dont les gosses et leurs poules jouaient ou cherchaient pitances le long des rails...

Ceci étant, nous sommes en route vers Kanchanaburi. Chemin faisant, sur notre gauche puisque nous allons vers l’Ouest, nous nous sommes arrêtés pour regarder travailler des ouvriers saliniers. En effet, Bangkok est situé à l’embouchure de la Chao Phraya, à 20 km du fond du golf du Siam et, comme nous avons fait un crochet pour passer par un marché flottant, nous avons dû longer la côte jusqu’à Samut Sakhon où se trouvent des marais salants. La mer est à trois km et lorsque la marée est montante, l’eau est amenée à ses marais par des étiers à l’aide d’éoliennes. Selon le principe ancestral l’eau s’étant déposée, le soleil fait le reste. Munis de grandes raclettes en bois des ouvriers ramassent le sel que d’autres chargent dans des paniers d’osier qui seront transportés deux par deux à l’aide d’une tige de bois en équilibre sur l’épaule. Le sel est alors déversé le long de la route devant un autre ouvrier qui en fait des tas réguliers de plusieurs mètres de côté.

Nous reprenons notre car jusqu’à un prochain arrêt, en pleine campagne, il s’agit d’un arrêt touristique, dira Claudel qui juge tout de suite au vu des stands et de ce qu’on y vend. Toutefois, officiellement, l’objectif est de nous faire voir la fabrication du sucre de fleurs de coco.

Effectivement, dans un cadre paradisiaque où une foule nombreuse envahit les stands en compagnie de divers guides locaux, nous pouvons assister à la fabrication de sucre. Mais commençons par le commencement... Nous découvrons comment, à l’aide d’échelles archaïques, des ouvriers montent aux cocotiers. Mais, dit Saowanite :

- Il ne faut pas avoir la taille française ! La taille thaïe est nécessaire !

Cette fleur encore dans sa gangue est fendue pour recueillir la sève de coco. Cette sève additionnée de coco râpé et d’eau va être portée à ébullition jusqu’à ce que, par évaporation, il ne reste plus que le sucre à récupérer. Il s’agit d’un sucre très parfumé surtout utilisé en pâtisserie.

Après une visite des stands sur lesquels Claudil, contre l’avis de Claudel, achètera, pour une misère, un petit service à condiments - poivre, sel et moutarde -. De l’avis de Claudel ça ne vaut pas grand-chose. Ce qu’elle ne sait pas encore, c’est qu’une fois rentrée en France il ne se passera pas un repas sans que son petit service à condiments ne soit mis à l’honneur !

Puis, après que Claudel se fut rafraîchie à l’aide de lait de coco, nous poursuivons notre périple jusque vers Samut Songkram où, par pirogues à moteur, notre groupe gagnera Damnoen Saduak.

Ce qui fait toute l’originalité de Damnoen Saduak c’est que c’est dans cette ville que subsiste un des derniers marchés flottants de Thaïlande. Jadis il y en avait beaucoup, même à Bangkok, sur les klongs. Le progrès aidant, cette tradition en voie de perdition est toutefois maintenue à des fins touristiques.

C'est ainsi que soudain, au détour du canal qui nous conduit à Damnoen au milieu d’une végétation luxuriante et de véritables forêts de cocotiers desquelles surgissent des villas protégées par leur maison des esprits et des tas de noix de coco à perte de vue, c’est le choc. Nous nous trouvons un centre d’une cohue de barques qui envahissent le canal. Sur chaque rive d’immenses hangars qui sont, à droite des entrepôts, à gauche des couvertures d'étals de marchandises diverses ; et ça regorge de monde. Des transactions entre des acheteurs à terre et des vendeurs en barques ( et vice-versa ) s’effectuent dans un brouhaha indescriptible ! Mais l’accent du pays donne à ce bruit un cachet exotique qui ne nous enchante.

Nous débarquons, côté marchands, et Saowanite nous donne rendez-vous une heure plus tard pour poursuivre notre périple en direction de Kanchanabury.

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Re: THAÏLANDE

Messagepar coriolan » 17 Oct 2011 12:10

Nous occupons cette heure à flâner entre les étals de commerçants qui vendent de tout : légumes, vêtements, éventails géants plus décoratifs qu’utile pour se venter, nourriture à consommer sur place. Des petits marchands ambulants nous assaillent, mais ne nous agressent pas, comme en Afrique par exemple, pour nous vendre des timbres, des jus de fruits, des montres, mais surtout, surtout, des petits pots de baume du tigre. Il nous faut en acheter au moins un, ne serait-ce que pour pouvoir montrer aux autres qu’on est servi ! Il y a même un jeune qui s’expose avec un serpent python autour du cou ; pour 10 baht il accepte de se faire photographier avec vous. Il propose même de vous passer le serpent autour du cou !

- Non, merci, lui répond Claudil, j’ai déjà ma femme !

Mais la barrière de la langue fait que sa galante plaisanterie tombe à plat. A la réflexion, elle ne méritait pas mieux.

Les gens mangent partout et, je l’ai déjà dit, à toute heure. Saowanite nous avait précisé que les Thaïlandais n’avaient pas, comme en France, d’heures fixes pour leurs repas. Ils mangent quand ils en ont envie, quand ils ont faim, quand ils peuvent. Claudel, pour faire comme eux, achète à une marchande en barque un paquet de petits beignets fabriqués sur place, pour 5 baht ! Elle se régale.

Vers 11 heures, le groupe qui s’était éparpillé se reconstitue dans notre car qui nous attendait sur la place. Claudil avait bien repéré son numéro (3264) car il n’est pas le seul en son genre. Il y en a au moins 20 qui attendent leurs touristes.

A l’entrée du car, une vendeuse se propose de nous vendre de petites assiettes dont, au fond de chacune d’elles, on peut se voir photographié dans la barque qui nous amenait à Damnoen. Décidément, ils sont forts ces Thaïlandais, ils tirent partie de tout. Claudel dissuade son mari de dépenser 100 baht pour quelque chose qui ne supportera pas le lavage au lave-vaisselle. Il cède, n’ayant pas la présence d’esprit de faire valoir que, tout compte fait, on peut très bien ne pas la salir. Ca existe des assiettes qu’on suspend au mur !

Et nous sommes en route pour notre prochain hôtel ; plus rien ne nous arrêtera.

C’est deux heures plus tard que nous arrivons à l’hôtel Baan Suan Fon, à Kanchanabury. C’est moins grand que l’hôtel Mercure, mais ce n’est pas pour déplaire. En plus, c’est de plain-pied, pas d’ascenseur. Nous avons la chambre 119.

Au Mercure nous avions deux lits jumeaux, ce n’est pas mal, ça permet de bien dormir, mais ici nous disposons d’un seul grand lit qui fait au moins 180. C’est mieux encore !

Nous nous installons donc et, comme il est l’heure, nous nous rendons tous au restaurant où, ce repas étant à notre charge, nous mangerons très bien pour 350 baht à deux, bière - Carsberg - et eau comprises.

Après déjeuner, nous n’avons pas le temps de faire la sieste, Saowanite infatigable bien qu’elle soit enceinte de 5 mois, nous fait reprendre le car pour nous emmener, à une cinquantaine de kilomètres, à la gare de Bang Co où à l’aide du chemin de fer nous irons jusqu’à Prasat Muang Sing. Le car qui continuera seul sa route nous y rejoindra.

Le train de la mort : En 1942, 61000 prisonniers de guerre britanniques, australiens, américains, néo-zélandais, danois et néerlandais, ainsi qu’un nombre estimé à 250 000 de travailleurs forcés thaïlandais, birmans et malais, furent affectés à la construction d’une voie de chemin de fer de 415 km de long, destinée à relier Kanchanaburi à Thanbyuzayat en Birmanie. Le haut commandement japonais avait intimé l’ordre que la ligne soit terminée en 12 mois. La dureté du travail, la brutalité de la discipline, l’insuffisance de nourriture, l’épuisement et l’absence de soins médicaux firent de nombreuses victimes parmi les prisonniers, d’où le nom de « train de la mort ». La tâche fut néanmoins achevée en un temps record, en octobre 1943 !

Le voyage par chemin de fer fut pittoresque, c’était le petit train des westerns à l’époque héroïque avec ses ravins, ses précipices, sa vitesse parfois à 5 à l’heure dans les courbes. Comme dans certains films, quoi. Personne, parmi nous, n’eut une pensée émue pour tous ceux qui avaient laissé leur vie sur ce parcours... Quelle ingratitude pour de si beaux souvenirs !

A Prasat Muang Sing où nous attend notre car, nous partons visiter de magnifiques ruines khmères qui bordent le long de la tumultueuse rivière Kwaï.

La rivière Kwaï : La rivière Kwaï se jette dans le Mae Klong qui, lui-même, se jette dans le Golfe du Siam. Kwaï, qui s’écrit aussi Kwae, se prononce Coué - avec un accent aigu très marqué et prolongé - .Quand on dit, à la Française, Couail, les Thaïlandais rient en se tapant ls cuisses car le mot ainsi prononcé signifie : sexe masculin. Ainsi, pour eux, la rivière « Couail », c’est de la pisse !

Les ruines étendues de ce temple évoquent puissamment l’Empire khmère. Des remparts ceignent l’enceinte à quatre portes, avec au centre le sanctuaire principal. Une antichambre ouvre dans le sanctuaire, qui renferme une statue de Bodhisattva (personnage sur la voie du complet éveil, qui retarde son entrée dans le nirvana et demeure par charité parmi les hommes). A proximité se dresse un bâtiment imposant en latérite.

Au sud, on a découvert des sépultures néolithiques en bord de la rivière. Ces ossements ont été datés de plus de 2000 ans.

Et puis nous regagnons notre hôtel vers 18 heures, où nous avons tout juste le temps de prendre une douche avant le dîner à la nuit tombée, c’est-à-dire vers 19 heures 30.

Ce repas a lieu en plein air avec d’autres groupes de touristes. L’ambiance générale est très sympathique ; comment pourrait-il en être autrement dans un cadre aussi paradisiaque et avec la vie que nous menons ? Accompagnés au piano, des duettistes chantent des chansons thaïlandaises, puis la chanteuse, seule, terminera la soirée en interprétant des airs de chez elle et des airs de chez nous. Il en faut pour tout le monde. Ca ne nous rend pas nostalgique du tout ! Chez nous, on s’en fiche ! D’abord il y fait froid...

Nous nous risquons à boire du vin qui figure au menu ( à nos frais, bien entendu). C’est notre premier vin thaïlandais, ce sera aussi le dernier !

Enfin la fatigue commence à se faire sentir. Il est 22 heures, les Claudes, avec Jean-Paul et Marie-Hélène, ne se feront pas prier pour rejoindre leurs chambres respectives.

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Re: THAÏLANDE

Messagepar coriolan » 18 Oct 2011 12:49

Mardi 24 février

Après une nuit réparatrice et un petit déjeuner copieux, comme d’habitude, Saowanite nous conduit à un embarcadère voisin, où, en radeau, nous rejoindrons le fameux pont de la rivière Kwae situé à 4 km au Nord-Ouest de Kanchanaburi (que nous n’avons pas vu d’ailleurs, puisque nous sommes en périphérie).

« Le Pont de la rivière Kwaï » Remplaçant un ancien ouvrage en bois situé en amont, le solide pont de fer qui enjambe la rivière Kwae était un maillon essentiel du chemin de fer de la mort. Vers la fin de la guerre, il fut détruit par les bombardements alliés ; les Japonais le reconstruisirent ensuite à titre de dommages de guerre. Seules les poutrelles courbes, en acier, sont d’origine.

Quand, navigant au fil de l’eau sur notre radeau, Saowanite nous annonça : « Voici le pont de la rivière Kwae », chacun d’entre nous scruta l’horizon en écarquillant ses yeux, puis, perplexe, s’étonna auprès de son voisin. C’est que nous avions tous en souvenir un immense ouvrage en bois, dressé de toute sa hauteur entre deux collines peuplées d’essences tropicales et de végétation luxuriante, et là, devant nous, que voyions-nous ? Un pont comme tous les ponts, en acier, avec, pour tout garde-fou, des poutrelles courbes mises bout à bout sur une centaine de mètres. Et, de chaque côté de la rivière, des habitations. Nous sommes en ville ; c’est décevant, à tel point que Claudil s’exclame : " Mais ce n’est pas notre pont !"

L’explication est la suivante : Quand, séduit par l’histoire du pont, le réalisateur du film qui hante toutes les mémoires voulut exécuter son projet, il ne trouva pas le décor approprié pour une aussi belle histoire. C’est ainsi qu’il se décida pour Ceylan, où, là, il trouva les panoramas que nous connaissons. Le fameux pont fut donc construit en bois surtout pour pouvoir être démonté par la suite... Voilà comme on écrit l’Histoire!

Après être passés sous le pont, nous décidons de passer dessus. Une façon comme une autre de tutoyer le passé et de flirter avec l’Histoire quand bien même frelatée. Nous accostons et nous précipitons sur les voies. Entre les garde-fous faits de poutrelles, deux jeux de rails : les rails en service actuellement, et, à écartement plus petit, celles en service jadis. Un souvenir, quoi !

Nous remarquons que ces garde-fous ne protègent pas grand-chose sinon le train contre une chute dans la rivière, mais en tout cas pas les promeneurs. Vous me direz que personne n’a à passer sur une voie ferrée toujours en service, bien sûr ; cependant c’est un va et vient permanent d’individus qui donnent au pont une autre dimension que celle pour laquelle il fut construit. Il est d’ailleurs prévu, ici et là, des refuges afin de permettre de se mettre à l’abri en cas de passage intempestif d’un convoi.

Nous laissons le fameux pont comme à regret et, les Claudes, profitant d’un quartier libre d'une 'heurette', vont flâner dans un petit complexe commercial. Claudel y achètera une jolie robe très thaïe et, plus loin, pendant que son Claudil se délectera d’une Carlsberg, elle se fera initier à la langue thaïe par une marchande qui, en échange, tient absolument à lui faire dire 'merci', et qui rit de bon coeur quand elle l'entend dire 'bonjour' dans la langue locale, l'accent bourguignon mâtiné charentais sans doute...

Quelques mots usuels : (tout d’abord il faut savoir que certaines expressions changent suivant que la personne qui parle est un homme ou une femme).
- Bonjour : Sawatdi kap (pour un homme) ; Sawatdi kha (pour une femme)
- Oui : Kap (homme) ; Kha (femme)
- Non : Maï (sans nuance sexuelle)
- Merci : Kop khun kap (homme) ; Kop khun kha (femme)
- Combien : Taoraï
- Pardon : Ko thot
- Je ne comprends pas : Maï khao chaï
- Il n'y a pas de problème : Maï mi panha.

Quant à la prononciation, je renonce à tenter de la reproduire par écrit!

En regagnant notre bus qui nous attend aux heure et endroit prévus, nous longeons un petit musée du rail qui rappelle la prouesse technique des pionniers de l’époque. Nous ne le visitons pas, le temps nous presse mais, à l’extérieur de ce musée, dans la rue, sont exposés des rails, deux locomotives à vapeur de jadis ainsi qu’un curieux camion qui se déplaçait sur les rails.

Le car est à l’heure, nous aussi. Nous partons visiter le musée militaire JEATH, une reconstruction émouvante d’un camp de prisonniers de guerre en huttes de bambou, sur le domaine du temple Wat Chaï Chumphon. Cette reconstitution donne un aperçu des terribles conditions de vie et atrocités subies par les prisonniers. Sont exposés outils, bombes, photographies, et témoignages divers donnés par les survivants. Comme il est interdit de filmer ou de photographier à l’intérieur, nous en sommes pour nos frais et ne pourrons compter que sur notre mémoire. Qu’on se rassure, elle est vive !

La visite terminée, après un pot en ville avec Jean-Paul et Jean-Claude, pendant que les femmes font du lèche-vitrine, notre car nous ramène à l’hôtel pour le déjeuner de 13 heures. C’est bon comme d’habitude, en conséquence Claudil se rassasie selon son appétit habituel... No comment.

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Re: THAÏLANDE

Messagepar coriolan » 19 Oct 2011 12:45

Puis, à 15 heures, c’est le retour vers Bangkok. Nous faisons cependant un arrêt à Nakhon Pathom pour y admirer un chedi, le plus haut monument bouddhiste du monde (127 mètres). On aperçoit de loin la silhouette majestueuse de son dôme brillant recouvert de tuiles vernissées ocre.

Le chedi : Je rappelle que le chedi est une tour-reliquaire généralement en forme de cloche surmontée d’une spire annelée, qui contient des reliques du Bouddha, d’un saint homme ou d’un personnage royal. La forme du chedi qui part d’une circonférence importante au sol pour finir en pointe est très significative. En effet, la plus grande surface au sol représente les désirs que l’homme entretient en lui pour son malheur. Dans la religion bouddhiste, les désirs sont à l’origine de la douleur humaine, il faut donc les annihiler, et aller jusqu’au mépris et l’ignorance du moi. Les circonférences de plus en plus réduites au fur et à mesure que l’on s’élève représentent les victoires de l’homme sur ses désirs. Quand, enfin, il parvient à la pointe, il atteint le nirvana, l’illumination, la finalité du bouddhisme, l’état de Bouddha.

Il nous faut gravir 48 marches pour nous trouver au pied du Bouddha. C’est un escalier monumental flanqué de naja à sept têtes qui nous y conduit.

Tout le long d’une enceinte extérieure autour du chedi, des statues de Bouddha sont disposées, et sept d’entre elles représentent les sept jours de la semaine. Elles reçoivent chaque jour les hommages particuliers des natifs du jour afin de s’attirer les bonnes grâces du ciel. Saowanite s’est agenouillée devant son jour de naissance, elle a pris dans ses mains une espèce de gobelet rempli de bûchettes style mikado, qu’elle secoue vigoureusement jusqu’à ce qu’une ou plusieurs de ces bûchettes sortent du tas. S’il n’en tombe qu’une le voeu formulé doit se réaliser, sinon bernique... Claudel hurle à son Claudil de la filmer. Hélas ! Trop tard, Saowanite en a fini avec son avenir : c’est exaucé.

Nous franchissons cette enceinte pour nous trouver dans une galerie intérieure qui ceint le chedi. Aux quatre points cardinaux se dressent des statues de Bouddha dans des positions différentes :

- Wihan Nord : Un colossal Bouddha debout doré dans le style de Sukhothaï ( le pédé ?), est hautement vénéré. Le socle renferme les cendres du roi Rama VI.
- Wihan Est : Le Bouddha dans l’attitude de l’illumination veille sur un autel richement décoré.
- Wihan Sud : Des disciples entourent la statue de Bouddha.
- Wihan Ouest : Un colossal Bouddha repose dans une attitude de détente, genou plié.

Seuls les Claudes feront le tour du Chedi et pourront admirer ces quatre Bouddha exceptionnels. Ils n’en avaient pas vu assez, sans doute... Puis ils rejoignent le reste du groupe qui s’égaille chez les petits marchands environnants pour y acheter pellicules (Claudel), photos-souvenirs, boissons diverses. Les marchands du temple, toujours... Il n’y a rien de nouveau sous le soleil, comme disait le Qohélet.

Nous reprenons notre car, direction BKK sans arrêt cette fois, et nous retrouvons à l’hôtel Mercure où, après le traditionnel verre de bienvenue, nos chambres nous sont attribuées. Les Claudes ont cette fois la 6017. Avant de nous séparer, nous prenons rendez-vous avec Jean-Paul et sa femme, Jean-Claude, sa femme et les filles pour 17 heures 30.

Une bonne douche et nous voilà sur pied de guerre. Tant de choses en si peu de temps, c’est incroyable ! Claudil n’en revient pas de ne pas être fatigué ! Claudel non plus, d’ailleurs.

Nous sortons donc à 8. Notre premier objectif est d’aller chercher de l’argent car il faut payer à Saowanite le montant des circuits que nous avons décidé de faire hors contrat. Un seul n’ayant pas obtenu l’unanimité ne sera pas fait : la ferme des crocodiles, au grand dam de Jean-Paul qui était vivement intéressé par cette visite. Mais il doit se soumettre à la dure loi de la majorité, c’est ça la démocratie ! Bref, il nous faut de l’argent car ces circuits facultatifs se chiffrent à 2700 baht par personne. En outre, Saowanite tient à garder par devers elle le montant de la taxe d’aéroport de 250 baht qui sera exigé au retour, ceci afin de pallier certain inconvénient qu’elle a connu avec un autre groupe dont un membre s’était complètement démuni !

Dès qu’ils sont en fonds, Jean-Claude, sa femme et les filles décident d’aller « faire » les magasins. Nous déclinons cette proposition, d’autant que Jean-Paul s’étant vu refuser sa carte, il doit chercher un distributeur adéquat. Nous le suivrons donc. Il trouve et, par hasard, le long du grand boulevard que nous avons déjà arpenté il y a deux jours, nous trouvons aussi un bar qui nous sert une Carsberg fraîche comme nous n’en avons pas bue depuis longtemps. C’est bon comme chez nous, dit !

Puis nous flânons le long du boulevard où s’installent des petits marchands qui vendent ce qu’ils vendaient déjà la veille, et qu’ils vendront encore demain : vêtements, montres, réveils, etc.

Et puis on cherche, et on trouve cette fois, « le Ong » vanté par Saowanite. Manque de chance, il est fermé. L’inscription thaïe ne nous renseigne pas si c’est « à vendre » ou « fermé pour vacances »! Quant à se faire comprendre par l’habitant, il n’y faut pas compter.

On se rabat donc sur un restaurant repéré l’avant veille, un chinois nouvellement installé, puis avec beaucoup de difficultés et d’incompréhension mutuelle, nous jetons notre dévolu sur des plats, heureusement photographiés, sans être fichu d’en savoir le prix qui est indiqué en thaï. Non seulement les lettres, mais les chiffres ne sont pas les mêmes que chez nous.

On se régalera avec des gambas, des crabes et du riz (comme Claudil n’en a jamais mangé!) avec une Heineken pour 1650 baht à 4, c’est-à-dire 59 f. Par personne.

Nous rentrons à l’hôtel, repus et heureux de cette bonne soirée. Il est 21 heures. Avant d’aller au lit, c’est la corvée des cartes-postales et du compte-rendu journalier qui doit être suffisamment précis pour en permettre une relecture aisée. Ca prend un certain temps !

A 22 heures, nous nous couchons et dormons vite car demain matin le réveil est fixé à 6 heures! Cette sacrée Saowanite, elle finira par avoir notre peau !

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Re: THAÏLANDE

Messagepar coriolan » 21 Oct 2011 17:52

Mercredi 25 février

A sept heures du matin, après un petit déjeuner toujours copieux, surtout au Mercure, notre petit groupe au complet prend place dans le car en direction du Nord : Phitsanulok, avec arrêt à Bang Pa-In puis Ayutthaya, soit au total environ 400 km .

Premier arrêt donc, Bang Pa-In. Nous descendons visiter le palais royal d’été.

Palais de Bang Pa-In : Ce palais situé sur une île de la Chao Phraya fut construit au 17ème siècle, comme résidence d’été, par le roi Pra-sat Thong. Il connut aussi la faveur de ses successeurs. Après la destruction d’Ayutthaya au 18ème siècle, le site fut abandonné jusqu’au 19ème, où il retrouva sa gloire sous le règne de Rama IV qui y fit bâtir un nouveau palais. Retraite charmante dans un cadre de bassins et de parcs, Bang Pa-In est utilisé aujourd’hui de façon occasionnelle pour des cérémonies d’Etat.

L’entrée du palais est sérieusement contrôlée; il n’est pas question d’arborer une tenue indécente, vous êtes rejetés ! Sophie, dit La Belette, a failli en faire les frais. Le matin même, s’étant réveillée en retard sur l’horaire prévu, afin de ne pas répercuter son retard sur tout le groupe, enfila-t-elle prestement ses vêtements de la veille et, les valises étant déjà fermées par Catherine, elle fut même obligée de bourrer sa chemise de nuit dans son sac à dos... Sans les cerbères proposés à l’entrée du palais, ce mini-drame serait passé inaperçu. Hélas ! Ils ne virent que son short qu’ils jugèrent trop court ! Et Sophie fut refoulée avec courtoisie, mais néanmoins. C’est alors que, se souvenant qu’elle avait sur elle sa chemise de nuit, ne faisant ni une ni deux, toute honte bue, elle l’enfila prestement devant tout le monde en moins de temps qu’il ne faut pour le dire. Voyant qu’un vêtement la couvrait correctement jusqu’aux genoux, les gardes, cette fois, la laissèrent entrer. C’est ainsi et dans cette tenue que la Belette visita ce palais où l’on est si pudique...

La première impression est que l’on se trouve dans un décor de Walt Disney pour le tournage d’un de ces films fabuleux dont il a le secret. Le champ de vision est saturé par des reflets d’ors, de nacres et de céramiques rutilants au milieu de jardins d’un vert tendre pontués par des plans d’eau ici et là. On croit d’autant plus assister à un film, qu’un haut-parleur diffuse une musique thaïlandaise voluptueuse. Il n’y a pas à dire, c’est féerique. L’ensemble du domaine situé sur une île de la Chao Phraya, est à quelques kilomètres d’Ayuthaya.

A premier abord le regard est attiré, vers le milieu du premier bassin, par un gracieux pavillon, joyau de l’architecture thaïe, avec ses toits étagés et sa flèche élancée. Il abrite une statue grandeur nature de Rama V.

Anecdote : A force d’entendre parler de « Rama » à chaque coin de temple, Claudil fait remarquer que nous aussi, en France, nous avons eu un Rama qui a laissé une oeuvre durable. Ce n’est ni Rama Ier, ni Rama IX, c’est Rama-dier et sa célèbre vignette automobile. On rit, sauf Saowanite qui ne comprend pas. Ce serait trop long...

Au hasard de nos déambulations, nous avons la surprise de découvrir des éléphants verts, immobiles sur la pelouse. Ce ne sont que des arbustes artistiquement taillés. Il y a aussi des lions, des tigres. C’est beau. Tout le monde mitraille, et Claudil filme.

Nous empruntons un couloir en pleine nature qui offre la particularité d’être à double sens. Un côté couvert, l’autre non. L’un est le couloir des hommes qui logent au palais que nous allons voir, et l’autre le couloir des femmes qui logent à part, à l’extérieur (à moins que ce ne soit le contraire !). Il ne fallait pas que les uns croisent les autres ; seulement voilà, la séparation des deux couloirs étant assurée par une cloison en bois composée de lamelles, un peu comme nos volets, si les hommes et les femmes ne pouvaient pas se voir, ils pouvaient communiquer en se passant des mots doux grâce à ces multiples boites aux lettres d’un nouveau style. Ainsi, en Thaïlande comme partout ailleurs, et de tous les temps, l’Amour a des inventions qui déjouent toujours les manoeuvres des plus sagaces !

Nous abordons enfin le palais qui, aujourd’hui, sert aux réceptions d’Etat. Il est décoré de pilastres et d’un porche à fronton de style Renaissance italienne. La salle des audiences, qui contient un trône sous son dais, est ornée d’un portrait de Rama V. Il est strictement interdit de filmer et, pour dissuader les présomptueux, la salle des gardes à l’entrée affiche ostensiblement une cassette de caméra dont la bande magnétique a été arrachée et froissée. Claudil, plus téméraire que les autres, filmera néanmoins, sans en avoir l’air, la salle du trône. Bien inutilement d’ailleurs puisque, en sortant, nous trouverons à acheter des cartes postales qui représentent l’objet de son délit !

Pour entrée, il faut se déchausser et ne pas se présenter débraillé. La Belette tirera de son mieux sur sa chemise de nuit, et passera.

Parmi les monuments dispersés sur le domaine se trouve un grand obélisque de marbre à médaillons, à la mémoire de la première épouse du roi Rama V et de ses filles, qui se sont noyées en 1881 quand leur bateau chavira sur la rivière. L’assistance ne put leur venir en aide, car toucher un membre de la famille royale était un crime puni par la loi. Cette loi fut abrogée à la suite de ce tragique événement. Les lois faites par les grands ne sauraient les desservir très longtemps...

Nous poursuivons notre visite en découvrant l’Observatoire Royal, belle tour de style portugais mise en valeur par des bandes de couleur ocre, où un ancien roi passionné d’astronomie procédait à des observations de la voûte céleste. Le belvédère ne compte pas moins de 80 marches qui desservent deux promenades extérieures, à mi-hauteur et au sommet, d’où l’on jouit d’une vue d’ensemble admirable.

La visite terminée, Saowanite nous conduit à un embarcadère sur la Chao Phraya, afin de nous permettre de rejoindre Ayuthaya par la voie des eaux. A l’embarcadère nous assistons à un autre moyen de transport astucieux : un câble ayant été tendu d’une rive à l’autre de la rivière, une nacelle fait la navette pour 4 à 6 passagers, à la demande. Nous n’utiliserons pas ce transport, mais deux pirogues à moteur comme nous en avons déjà vu à BKK., (à raison de 9 personnes par pirogue) et, dans cet équipage, nous foncerons vers Ayuthaya que nous atteindrons 45 minutes plus tard.

Parvenus à bon port, nous retrouvons notre car qui, lui, avait pris la route et nous attendait. Il commence par nous amener, comme il se doit, visiter un temple où nous découvrons un immense Bouddha de 19 mètres de haut ! Tout le long des murs intérieurs, les parois sont creusées de petites niches et chacune d’elles renferme un minuscule Bouddha en bronze. Il y en a des centaines et des centaines. Claudel qui a beaucoup lu avant de venir en Thaïlande nous apprend que le Bouddha de style Ayuthaya se distingue des autres en ce qu’il est plus grimaçant. Saowanite acquiesce. A la sortie du temple, des moines nous remettent de petits bandeaux de ruban couleur safran, morceau de la toge de moines bouddhistes, et nous font savoir qu’il faut les porter autour du poignet du bras gauche pendant trois jours pour qu’ils agissent bénéfiquement sur nous, et comblent nos voeux. Claudil, distrait comme toujours, se l’attachera au bras droit ! Il s’en apercevra 2 jours plus tard, le changera de place, et se fera un devoir de le garder trois jours de plus que les autres.

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Re: THAÏLANDE

Messagepar coriolan » 22 Oct 2011 13:18

Puis nous sommes conviés à découvrir les ruines d’Ayuthaya. Notre belle accompagnatrice nous fait un cours d’histoire.

Cours d’histoire sur Ayuthaya : Poussés par leurs ambitions territoriales et hégémoniques, les Birmans menèrent pendant des siècles la guerre contre Ayuthaya. Mais c’est en 1767 que la menace se fit plus précise et que, après un siège de 15 mois, la ville tomba sous le poids de ses ennemis. Elle fut pillée et, faisant fondre l’or des statues, les Birmans ne laissèrent derrière eux que des ruines. Ils rentrèrent en Birmanie avec leur butin, emmenant des milliers de captifs, parmi lesquels nombre d’artisans.

Ainsi que nous constatons, tout n’est que misère et, de nos jours encore, noir comme après un incendie. Plus une trace d’or, de nacre ou de céramique ; des statues sont mutilées, décapitées. Tout rappelle l’horreur de la guerre. Claudil, iconoclaste invétéré, voudrait bien se faire photographier derrière une statue de taille humaine décapitée. Il a l’intention de remplacer le chef manquant par le sien. Saowanite, outragée, le dissuadera de commettre une telle profanation.

Il est midi et, dans ces ruines sans ombres, il fait une chaleur épouvantable. Claudel toujours prévenante aura pitié de son pauvre mari et se fendra d’un chapeau thaïlandais comme en portaient les vendeuses du marché flottant, et comme en portent les paysans lorsqu’ils travaillent en plein soleil dans les champs. Il est si trognon là-dessous qu’il ne le quittera pratiquement plus.

Après les ruines, comme Saowanite nous convie à visiter un temple construit tout à côté. Claudil qui commence à en avoir ras son chapeau tout neuf décline l’invitation et rejoint le car. Il est suivi par Jean-Paul et Marie-Hélène qui, eux aussi, en ont ras leur chapeau chinois !

La visite, sans grand intérêt aux dires de chacun, étant terminée, tout le monde réintègre notre pullman qui nous conduit hors de la ville, pour s’arrêter quelques kilomètres plus loin près d’un grand hangar au toit de tôles arrosées en permanence par des jets d’eau. C’est là que nous déjeunerons. Repas traditionnel, lui aussi sans grande originalité ; nous commençons par être rodés.

Et nous reprenons la route vers Phitsanulok, Ayuthaya n’ayant été qu’une étape pour nous faire voir ses ruines. Il faut compter 5 heures de route !

Chemin faisant, la chaleur aidant, chacun s’assoupit à sa place sauf Claudil, Catherine et Jean-Paul qui vont s’allonger à l’arrière du car. C’est mieux ! A intervalles réguliers, ou à la demande, l’aide-chauffeur passe dans l’allée pour nous vendre des boissons fraîches à un prix très raisonnable : 5 baht la bouteille d’eau, 10 baht la bouteille de Coca-cola et 20 baht la bière.

A la mi-chemin : arrêt pipi dans une station service. Chacun s’ébroue de son mieux et Claudil achète à la boutique de la station 2 bouteilles de saké et 2 bouteilles de wisky de riz pour 300 baht. (moins de 45 f.) Pour 40 baht Claudel se procure des serviettes fraîches sous plastique. Elles sont faites en tissu éponge de 70 centimètres sur 35, imbibée d’un produit odorant et rafraîchissant, et conservées au réfrigérateur. C’est un bonheur de s’en laisser pendre une au cou.

Nous arrivons à Phitsanulok vers 17 heures 30, et descendons à l’hôtel To-pland où, après le verre de bienvenue, nos chambres nous sont attribuées. Nous héritons de la 32 au... 16ème étage ! C’est-à-dire la chambre 1632.

Après ce voyage harassant de chaleur, une bonne douche nous fait le plus grand bien. Nous changeons de vêtement puis, avec Jean-Paul et Marie-Hélène, nous allons faire un petit tour dans les environs. Les environs se borneront à la grande surface qui jouxte l’hôtel. Claudil y achètera des chaussures, qu’il ne portera pas parce qu’elles le blesseront, pour 199 baht, et nous irons tous les quatre nous rafaîchir pour nous remettre de nos fatigues du jour. Carsberg et jus d’orange. Pour qui les Carsberg ? Pour qui les jus d’orange ? Questions à 7 baht !

Nous regagnons le Topland pour un repas au buffet de l’hôtel. Repas à notre charge. Nous mangerons et boirons très bien pour 1675 baht, à 4, soit environ 60 francs par personne ; nous aurons des pommes de terre (les premières en Thaïlande) du poisson cuit à l’européenne, et nous nous ferons servir une bouteille de Côte du Rhône. Compte tenu du prix global, nous estimons que cette bouteille ne nous revient pas cher, et l’on s’en étonne quand on pense qu’en France, on aurait payé la même pas moins de 200 f. D’autant que le vin est excellent et que, de plus, le service du sommelier est majestueux. Quand il nous a apporté la chère bouteille, le serveur s’est littéralement courbé à l’équerre et, un instant, nous avons craint qu’il ne se cognât la tête sur la table ! Puis, quand nous lui avons demandé l’addition, il nous a porté la note dans un immense et magnifique sous-main, avec la courbette qu’une telle mission de confiance exigeait (attention à la table !). Selon l’usage, nous avons mis notre argent à l’intérieur puis, alors que nous nous levions pour partir, nouvelle courbette royale avec le sous-main qui réapparaît. Le serveur s’éclipse, nous soulevons le sous-main et découvrons, avec un immense éclat de rire, au milieu de ce sous-main pour le moins ministériel, une minuscule pièce de 5 baht qui semble étonnée d’être si seule dans cette immensité. C’est notre monnaie. Dans notre hilarité nous pensons bien lui laisser ce pourboire, et c’est alors que nous réalisons que 5 baht ne font même pas un franc, et qu’à moins d’être le dernier des pingres il faut que nous nous fendions d’un peu plus. Surtout vu les courbettes... Allez, quarante baht feront l’affaire !

On en rit encore en se déshabillant, en se mettant au lit, mais pas trop tard tout de même car demain matin, réveil à 8 heures et départ vers 9 heures pour Lampang.

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Re: THAÏLANDE

Messagepar coriolan » 23 Oct 2011 13:49

Jeudi 26 février

Comme prévu, tout le monde est à l’heure pour démarrer en direction de Lampang. Un premier arrêt a lieu à Sukhothaï où Saowanite nous convie à visiter les ruines de la Sukhothaï historique. Ses vestiges comprennent des ruines en latérite ou en briques de sanctuaires religieux et de monuments du type des chedi. Les toits couverts de tuiles soutenus par des ossatures de bois, ainsi que les résidences royales ou les maisons d’habitation traditionnellement construites en bois ont maintenant disparu.

Ce ne sont pas les Birmans qui, ici, sont responsables de ce que l’on voit, c’est le temps. Et depuis, il a suspendu son vol !

Et puis, après nous avoir montré des Bouddha debout, qui marchent, assis, couchés, Saowanite nous invite maintenant à aller voir le Bouddha qui parle. Elle nous emmène dans un lieu, également en ruine, qui ressemble un peu à un cirque, des murailles basses incurvées dessinant une place au centre. Elle nous raconte ce qu’est le Bouddha qui parle. En fait, c’est une légende :

La légende du Bouddha qui parle : Alors qu’il était menacé par les Birmans, le roi d’alors réunit ses soldats en cet endroit, face à un Bouddha niché dans un mur. Puis, s’étant dissimulé, hors de leurs yeux, dans une anfractuosité, il s’adressa à eux d’une voix grave. Cette voix répercutée par l’écho donnait l’impression de venir de Bouddha. Et les soldats de s’exclamer : Bouddha nous a parlé ! Bouddha nous a dit que nous allions gagner ! etc. On ne sait plus ce que donna la bataille, mais la légende est restée. Ici, Bouddha a parlé. C’est donc le Bouddha qui parle.

Enfin nous quittons ce lieu de légende pour Lampang. En cours de route, nous nous arrêtons devant une ferme où les paysans cultivent le riz, entre autres. Claudel toujours très intéréssée par ce qui est culture, cueille des épis de riz qu’elle conserve précieusement en les enserrant entre les pages d’une revue. Nous admirons cette petite ferme dont les occupants sont bien sympathiques. La Belue veut absolument me filmer devant un poulailler qu’elle s’obstine à vouloir être ma chambre. C’est La Belue ! Quand elle ne me cherche pas en m’asticotant, elle s’accroche à moi en me tenant par la manche comme si elle ne voulait pas me perdre, ou se perdre. Au début, c’était presque tendre ; maintenant, c’est chiant ! J’ai beau le lui dire, elle n’en démord pas. Jean-Claude sourit et ne dit rien, et Catherine, elle, elle feint de ne rien entendre... C’est simple.

Poursuite de la route vers Lampang. En cours de route on rigole toujours bien, et Claudil profite des moindres détails qui lui passent sous les yeux ou dans l’esprit pour faire des bons mots. Ca fait rire et ça crée une ambiance de vraies vacances. J’ai noté une bonne blague que m’a proposée La Belue, celle de représenter deux sentiments de curiosité et d’indifférence avec deux rectangles, deux triangles, deux points, et huit traits. A mon lecteur de chercher.

Comme la route n’en finit pas, petit arrêt pipi dans une station service. Les toilettes qui ne possèdent pas de chasse d’eau, sont singulièrement nettoyées. A côté de chaque cuvette, il y a, par terre, une maçonnerie cubique dont les arêtes font environ 50 cm, et qui contient de l’eau. Sur le muret une casserole permet de prendre autant d’eau qu’il convient pour faire partir ses excréments. Le système est peut-être archaïque, il n’empêche qu’il soit recommandable en matière d’économie de l’eau.

Sur les conseils de Catherine, Claudel profite de la pause pour acheter un pamplemousse gros comme une petite citrouille. La veille, ils se sont mis à quatre : Catherine, son Jean-Claude de mari et les Belue-Belette pour en venir à bout. Claudel donc en achète un qu’on lui vend épluché, dans un sac en plastique. Elle le goûte et, bien que le fruit ne ressemble en rien à ceux de chez nous, le trouve délicieux. Claudil, toujours délicat, déclinera l’offre d’y goûter à son tour, c’est ainsi que le pamplemousse durera 2 jours et passera la nuit dans le frigo de notre future chambre.

Enfin nous arrivons à Lampang. Il en environ 17 heures. Traditionnel accueil avec un pot de bienvenue à l’hôtel Wiengthong où l’on nous attribue la chambre 520. Installation sommaire des bagages qu’on ouvre pour sortir le nécessaire, et qu’on refermera le demain matin... - ça, c’est la seule contrainte qui gâche un peu notre voyage -.

Une bonne douche, et nous rejoignons nos amis : les Jean-Claude (sans leurs filles, ouf! - du moins en ce qui concerne l’une d’elles) et les Jean-Paul, dans le hall de l’hôtel.

Dehors il fait toujours aussi chaud bien que nous soyons à quelque 900 km au nord de Bangkok, et à peine à 400 de Mae Sai, The Golden Triangle, à l’extrême nord du pays.

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Re: THAÏLANDE

Messagepar coriolan » 24 Oct 2011 12:07

Des calèches enrubannées stationnant devant l’hôtel nous donnent envie de les prendre pour nous rendre au centre ville. Pour 150 baht par couple, retour non compris, nous nous faisons déposer à l’entrée d’un marché que nous visitons. C’est exotique, bien sûr, et c’est propre - rien à voir avec les marchés africains ! -, enfin il n’y a rien à dire. Nous flânons donc entre les étals coquettement rangés pendant plus d’une demi-heure et, la soif nous prenant, nous décidons d’aller boire un coup.

Au sortir du marché, nous n’avons pas à aller loin, un café nous tend son enseigne : le Saloon. Nous y pénétrons en regrettant immédiatement d’y être entrés. C'est un 'rien crade' comme dit Jean-Claude, cependant notre soif nous attisant de plus belle, nous fermons les yeux sur le décor et la propreté douteuse de la table. Après un certain temps, à l’issue duquel nous sommes prêts à nous lever pour aller voir ailleurs si les bières y sont, quand une serveuse s’avise de venir voir ce que nous voulons. Nous l’en remercions et demandons 3 bières et 3 jus de fruit. Elle ne comprend pas et c’est le patron qui doit venir. Comme il comprend bien le mot « bière », mais pas l’autre, nous optons pour 4 big beer. OK ? Big ! Four ! Il fait oui, oui, de la tête et, immédiatement, nous fait servir 6 bières d’un litre !

On les boira ! Mais au fur et à mesure de la consommation, les esprits s’échauffent. Catherine surtout ! On évoque la France, les « affaires », et Catherine devient rouge de colère à l’évocation du « trou » laissé par le Crédit Lyonnais à la charge des contribuables ! Jean-Paul ne se prive pas de mettre de l’huile sur le feu. Il faut dire que, lui, il est employé au Crédit Agricole, et Marie-Hélène aussi... alors !

Avant l’émeute que l’on sent imminente, Claudel évoque l’hypothèse de chercher un petit restaurant chinois pour le repas du soir. Ce repas est à notre charge ; celui du midi, que nous avons pris en cours de route, sous un hangar, comme la veille était à la charge de Nouvelles Frontières. Ce repas n’ayant été émaillé d’aucune particularité n’a donné lieu à aucune prise de note. Tandis que du repas du soir, il en est allé tout différemment.

Donc nous sortons avec l’idée d’un chinois, et, l’émotion de la bière aidant sans doute, voilà qu’une fois dehors nous nous décidons à prendre un tap-tap pour rentrer à l’hôtel où nous dînerons tout aussi bien. Prix du voyage en tap-tap : 60 baht pour 6.

Dîner tout aussi bien que chez un chinois ? C’est à voir ! Ce fut tout vu...

D’abord, ce fut la croix et la bannière pour se faire comprendre, le menu étant rédigé en langue thaïe et en anglais. Ayant détecté du fish-serpent, les femmes optent pour cette nouveauté, tandis que Claudil et Jean-Paul jettent leur dévolu sur des shrimps qui rappellent à Claudil le bon vieux temps, quand, jeune cadre, il déjeunait rue du Bac !

Après un certain temps qui nous fit craindre qu’on nous ait oubliés, voilà les serveurs qui amènent sur la table un réchaud qu’ils se mettent en devoir d’allumer. Puis d’autres serveurs nous servent un grand plat creux où sont disposés trois poissons à tête de serpent. Claudil, moqueur, souhaite bon appétit à ses amis ! Puis les shrimps arrivent, noyés au beau milieu de macaronis froids ! C’est au tour des femmes de nous souhaiter bon appétit... Son repas s’arrêtera là, tandis que jean-Claude, plus opiniâtre, mettra un point d’honneur à faire face à l’adversité.

Les femmes se sont servies et, unanimement reconnaissent que la chair du poisson est excellente. En revanche, la soupe (ou le jus, si l’on veut) qui l’accompagne est beaucoup trop épicée. Le riz serait bon...

Comme le feu brûle toujours sous le plat, les parts qui restent sont de plus en plus chaudes. On appelle une serveuse pour lui demander d’éteindre. Elle ne comprend pas et, à son tour, elle appelle un garçon, puis un deuxième qui comprendra enfin qu’il faut retirer le plat du feu. Mais comme c’est brûlant, ils s’y mettent à plusieurs avec d’infinies précautions. On craint par deux fois que le plat n’atterrisse sur les genoux de Claudel. Enfin, non sans mal, ils arriveront à sauver le plat, à maîtriser l’incendie et à éviter l'hôpital à l'un des convives. On a envie d’applaudir.

Claudil profite de cette profusion de serveurs autour de lui pour demander un fruit de saison, car rien ne l’attire sur la carte. On lui répond oui, oui, comme d’habitude, car un Thaïlandais ne dit jamais non - nous avait précisé Saowanite dès le début. Il dit oui, même quand il n’a rien compris. « C’est un peuple diplomate » se plaît-elle à répéter.

On oubliera donc son fruit, mais on n’oubliera pas la note qui, pour les Claude seulement, s’élèvera à 437 baht ! Là, pour le coup, c’est cher ! Mais, bien qu’il en rie, Claudil refuse de payer le riz que Claudel a pris en supplément, soit 15 baht ! C’est Jean-Paul qui paiera. Comme cela, ça lui va...

On va se coucher vers 22 heures.

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Re: THAÏLANDE

Messagepar coriolan » 25 Oct 2011 16:26

Vendredi 27 février

Valises refermées et descendues (elles le sont toujours par le personnel de l’hôtel, qui s’en charge jusqu’à ce qu’elles soient rangées dans le coffre du car), nous quittons sans regret l’hôtel Wiengthong pour prendre la direction de Chiang Rai, à environ 300 km au Nord de Lampang.

A quelques kilomètres de notre point de départ, nous nous arrêtons pour visiter une production d’ananas. Nos Bretons ne manquent pas de remarquer que les ananas poussent un peu comme les artichauts, la seule différence, fait remarquer Claudil, c’est qu’ils n’ont pas le même goût ! Dans un immense champ, des ouvriers s’activent avec lenteur, s’arrêtant ici ou là pour cueillir le fruit qui leur semble suffisamment mûr. Ils le jettent alors dans un panier rond qu’ils viendront ensuite ramasser, dès qu’il y en aura deux de plein, à l’aide d’une longue tige en bambou comme nous avons vu, il y a quelques jours, les saliniers transporter le sel.

Sous un petit abri en bois, un ouvrier pèle des ananas qu’il découpe en quartier à l’attention des voyageurs qui s’arrêtent. Il nous en offre ; c’est excellent ! On laissera dans une sébile qui trône au milieu de sa table à découper, quelques baht pour le remercier de son bon accueil et de la qualité de ses produits.

Puis nous traversons les contreforts himalayens qui découpent sur le ciel de véritables pics, et sur le sol, parfois, d’imposantes falaises! C’est assez surprenant. Le nord, nous avait dit Saowanite, est très montagneux. C’est ici que vivent de fameuses tribus montagnardes à l’effectif d’environ 400 000 membres qui, à Chiang Mai par exemple, nous ferons une exhibition de leurs talents de danseurs. Mais n’anticipons pas !

En cours de route, au haut d’une côte, au lieu dit Chao Pho Pratoo Pha, nous nous arrêtons devant un véritable champ de maisons des esprits. Il y en a à perte de vue ! Des centaines et des centaines, de toutes les couleurs, de toutes les formes. Elles ne sont pas là en exposition, et moins encore à vendre. Elles sont là, à l’entrée de la montagne pour protéger tous les monagnards contre les mauvais esprits ; ce sont les maisons des esprits de la montagne. Tous les véhicules qui passent sur la route klaxonnent pour saluer ces esprits, par déférence.

Le reste du voyage se passe sans histoire. Tout au plus constate-t-on qu’ici, il semble qu’on conduise un peu n’importe comment. Les camions doublent aussi bien à gauche qu’à droite, ce qui nous perturbe un peu car parfois on ne sait plus dans quel pays l’on est ! Quand il y a des bandes d’arrêt d’urgence, il n’est pas rare de voir les voitures les emprunter pour doubler. La première fois, on a crié au scandale et puis on s’est habitué ! Enfin, c’est une habitude dont il faudra bientôt se passer, hélas !

Nous arrivons à Chiang Raï vers 13 heures, et déjeunons en groupe dans un immense restaurant à prédominance verte, au centre d’un jardin parfaitement peigné ( le mot est signalé en italique, car il surprend Marie-Hélène !). Le repas traditionnel est très honorable et Claudil lui réserve un accueil inhabituel. Serait-ce l’ambiance ? Le climat qui soudain est moins étouffant ? Qui sait...

Après le déjeuner, notre car nous emmène à l’hôtel Wangcome où, après la réception d’usage, nous avons, en ce qui nous concerne, la chambre 255. Claudil décide de faire la sieste pendant que Claudel part à l’aventure ; elle doit repasser le réveiller dans une heure. Si elle a pris des photos pendant son escapade, ce sera à elle de poursuivre ici notre compte-rendu de voyage... en photos, bien entendu !

Dès son retour, nous partons visiter la ville. En fait, comme si nous n’en avions pas assez, nous allons surtout voir les temples que nous apercevons de loin. Il n’y a pas grand-chose d’autre à voir.

Le premier temple que nous voyons est le Wat Phra Kaeo dans lequel des bonzes sont en train de psalmodier. Sachant qu’un moine n’a pas le droit de regarder une femme, il est conseillé à la gent féminine de ne pas s’approcher des moines afin qu’ils ne succombent pas à la tentation. Consciente de sa responsabilité morale, Claudel refuse d’entrer dans le temple. Claudil s’y risquera (on est loin de Sukhothaï, pas vrai ?) et, après s’être déchaussé, il franchira les quelques marches bordées de part et d’autre d’une rampe en forme de naja, qui donnent accès au centre du temple. Une dizaine de moines debout sont en train de prier. Claudil reste donc à bonne distance afin de ne pas déranger. Il ne remarquera rien de spécial à l’exception d’un magnifique Bouddha en jade qui trône sur l’autel.

Il rejoint sa Claudel qui, derrière les grilles, à l’extérieur, se tient à l’écart d’un gros chien qui le dévisage en grognant... Elle n’en mène pas large !

Et puis, un peu plus loin, un autre temple qui nous fait penser à un joyau dans un bouquet, nous attire. Qui l’eut crû ? On pénétrera sur la pointe des pieds car, à quelques mètres de nous, des moines discutent entre eux. L’un d’eux apercevant Claudil contemplatif devant le petit chef d’oeuvre d’art birman, viendra lui proposer un Bouddha sculpté en relief sur un carré de terre séchée - ou d’une autre matière -, comme un camée. Ca ressemble un peu à un morceau de chocolat blanc dans la collection « z’animaux ». Saowanite lui dira que ce type de Bouddha se porte en pendentif autour du cou.

Comme nous regagnons notre hôtel, nous apercevons, en hauteur, entre les maisons quelque chose qui ressemble à une grosse tête d’Africain à cheveux crépus. Par curiosité nous faisons un détour pour voir de quoi il est question. Il s’agit d’un Bouddha à l’extérieur d’un temple dont la tête, non couverte de son symbole de type chedi en signe d’illumination, est nue. Et on voit ses cheveux noirs crépus. C’est curieux. C’est le Bouddha chevelu qui roule de gros yeux !

Une rampe mène à la hauteur de son ventre, dans lequel le nombril ouvert permet de glisser des offrandes. Le temps que nous l’admirions, nous voyons un jeune couple qui visiblement revenant de faire son marché, monte vers le Gautama et, après quelques instants de silence, dépose avec respect sur une tablette disposée à cet effet, une guirlande de fleurs. Et il va comme il était venu. Ca doit faire partie de son quotidien. On va faire ses courses, on a une pensée pour Bouddha, alors on lui achète un petit quel-que chose : une fleur, un bâton d’encens... Puis, sans esbroufe, dans la matérialité de son train-train on élève son esprit quelques instants. Claudel et moi, on rêve en pensant aux simagrées de nos bons cathos...

En regagnant notre hôtel, nous voyons les petits marchands qui, à la nuit tombante, s’installent sur les trottoirs en prévision du marché de nuit. Nous y sommes conviés car Saowanite nous a dit que ça valait le déplacement, mais Claudil, qui décidément n’est pas au mieux de sa forme, pense qu’il n’ira pas.

Chemin faisant, il a une pensée pour le vieux Couillandeau, le président de son club des anciens de Cellettes, qui n’était pas très bien lorsque nous sommes partis. Il décide de lui envoyer une carte postale. Il faut croire que leurs esprits se sont rencontrés car, il ne l’apprendra qu’à son retour, à cette heure même le vieux Couillandeau vient de mourir!

De retour à l’hôtel Claudil qui se sent fatigué décide de se coucher. Sa Claudel en épouse aimante renoncera à son repas et à sa visite du marché de nuit, elle accompagnera son mari au lit. Auparavant elle ira acheter des petits gâteaux thaïlandais qu’ils dégusteront tranquillement au lit. Les gâteaux sont de farine de blé et de riz croquant au caramel. C’est excellent !

Ce festin terminé, il est 20 heures, bonne nuit les petits.

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Re: THAÏLANDE

Messagepar coriolan » 26 Oct 2011 16:41

Samedi 28 février

Réveil à 6 heures et demie. Après une bonne nuit de sommeil, les Claudes sont en pleine forme. Il le faut car la journée promet d’être longue en dépit du programme qui annonce laconiquement : Retour sur Chiang Maï.

Nous prenons notre petit déjeuner, à 7 heures, au bord de la piscine ; Claudel en profite pour photographier un magnifique paon décoratif, travail artisanal somptueux. Tout en mangeant, nos amis Jean-Paul et Jean-Claude nous font marronner en se vantant d’avoir, la veille au soir mangé des gambas et de s’être baladés jusqu’à 23 heures. Les Claudes, ils s’en fichent, ils ont bien dormi !

Puis, une demi- heure plus tard, notre car nous emmène en direction de la frontière birmane, à Mae Sai, la pointe extrême de la Thaïlande.

Chemin faisant nous apercevons un enterrement. Le char mortuaire est splendide, mais il est hors de question de s’arrêter pour filmer ou photographier, ce serait indécent. Saowanite explique : « Dès que la personne est morte, on l’embaume. Pendant 8 jours elle est exposée dans une chapelle ardente. Passé ce délai, on emmène la dépouille sur une place funéraire où au cours d’une très longue cérémonie, le char contenant le corps sera brûlé. La crémation dure environ 8 heures. »

Puis nous arrivons à Mae Sai où nous faisons un arrêt pipi. Nous en profitons pour visiter un petit marché où Claudel achète un balai ; elle les trouve très originaux et facile d’utilisation. Poussé par notre péché mignon, nous achèterons aussi des cigares du pays qui sont vendus ficelés par paquet de 10. Nous en serons bien punis, ils sont franchement mauvais ! Claudil achètera aussi pour sa Claudel deux bracelets et un collier en jade. Dépenses somptuaires d’une poignée de baht.

La pause terminée, nous repartons vers Sop Ruak, quelques kilomètres au sud-ouest, au lieu dit « Le Triangle d’Or », ou, si l’on veut, puisque c’est ainsi que c’est marqué un peu partout : The Golden Triangle. En descendant du car, nous avons la surprise de notre vie : quatre enfants, deux garçons et deux filles, habillés du costume des montagnards qu’on verra sur les photos que Claudel ne manque pas de prendre, nous attendent et dès que nous mettons le pied sur la première marche pour descendre, ils entonnent d’une même voix nasillarde : « Une photo, dix baht s’il vous plaît ! Une photo, dix baht s’il vous plaît ! et, à tout hasard, One photo, ten baht if you please ! » Que faire ? Sinon, les rires passés, les prendre en photo et leur donner les dix baht qu’ils espèrent. Un peu plus loin, un tout petit bonhomme avec une petite fille pas plus grande que lui, dans le même costume, se plantent devant nous et, comme leurs aînés, entonnent sur le même air qu’il est impossible de reproduire ici : Une photo, cinq baht s’il vous plaît ! Hé ! Oui, ils ont le sens des valeurs. Ils ne sont que deux !

Ainsi, nous sommes au Triangle d’Or ! Claudil a beau écarquiller les yeux, pas de triangle et pas d’or. Cette région de l’Asie du Sud-Est, située aux confins de la Birmanie, de la Thaïlande et du Laos, doit son nom au fait que c’est une grande productrice d’opium et que, dans un temps qui n’est pas si lointain, cette production valait de l’or. C’est ce que disent les Européens ; ici on dit que c’est parce que le lieu est un véritable paradis pour les vacanciers actifs ou contemplatifs : nature grandiose, tribus des montagnes extraordinaires, temples anciens majestueux, rivières incitant à l’aventure, pistes pour éléphants, etc. ; ailleurs on dit que le triangle d’or est la surface que couvre le Mékong entre les deux états. Bref, chacun dit ce qu’il aimerait que ce soit ! Pour mieux jouir du panorama, Saowanite nous conseille de monter l'escalier menant au temple qui domine le mont où nous sommes, et qui accuse une altitude de 580 mètres. Cet escalier difficile à monter est en réfection.

Nous partons donc à l’escalade du temple en question qui, au confluent de Sop Ruak, domine le Mékong que l’on distingue entre les arbres. Le temple au nom de Phra That Chom Kiti est véritablement aux portes du ciel. Que dire de ce temple qui n’ait pas encore été dit ? C’est un joyau comme tous les autres, avec ses dorures époustouflantes et ses Bouddha de toute beauté. Enfin, à défaut d’être là pour faire nos dévotions, au moins bénéficions-nous d’un paysage exceptionnel.

Et puis nous redescendons l’escalier flanqué de part et d’autre de deux espèces de sirènes, dont la queue formant rampe dégouline jusqu’en bas.

Saowanite qui nous attend sur la première marche, nous donne rendez-vous dans une demi-heure à l’embarcadère qu’elle nous désigne de la main, et d’où, dans quelques instants, nous allons faire une promenade en pirogue sur le Mékong. En attendant nous nous égayons dans les magasins de souvenirs à des prix inabordables ! On sent que les marchands ont l’habitude du touriste et, pendant que Claudil va prendre une Carsberg dans petit troquet voisin, Claudel visite un musée adjacent qui retrace l’histoire de l’opium dans ce pays. Il s’appelle d’ailleurs « le musée de l’opium ».

Et nous voilà partis à bord d’une grosse barge à moteur sur le Mékong. Le Mékong ! Ce nom réveille des souvenirs scolaires dans la mémoire de Claudil qui en pleurerait de joie. Le Mékong ! C’était l’aventure, et surtout l’inaccessible. Il faut déjà avoir beaucoup vieilli pour pouvoir atteindre l’inaccessible. Ca le rend triste tout à coup... Pas pour longtemps !

Nous voilà partis, c’est une façon de parler car les Bretons, soit ils sont en manque de finances - car c’est une balade facultative qui est payante ; elle faisait partie du forfait de 2700 baht par personne que nous avons réglé à Saowanite le 24 février -, soit ils n’ont pas le pied marin, ce qui serait un comble ! Bref, les Bretons, dis-je, ne font pas partie de notre groupe. Ils nous attendront à Chiang Saen avec le car, tandis que nous, nous ferons le même chemin qu’eux, mais par le fleuve. C’est ainsi que nous embarquons à 13 plus Saowanite, heureusement !

La barge nous fait aller de la rive birmane à la rive laotienne, ou thaïlandaise sur ce grand fleuve qui s’étale calmement comme un gros lézard. Notre guide nous rappelle que le Mékong qui prend sa source au Tibet et se jette dans la mer de Chine méridionale, au Viêt-nam, fait 4180 km . Elle nous fait remarquer que côté birman ou laotien, ce n’est que misère et pauvreté ce qui n’est pas le cas côté thaïlandais. Le long de la rive birmane nous voyons des orpailleurs qui fouillent les graviers et les alluvions en bordure du fleuve, des pêcheurs à la ligne, et des chercheurs de galets plats qui sont ramassés pour être revendus comme pierres décoratives disposées au pied des arbres. Claudil en a ramassé un dans le beau jardin du restaurant de Chiang Raï.

Soudain des gamins en bande qui s’ébattaient dans l’eau, sur les bords du fleuve, se précipitent à notre rencontre dès qu’ils nous aperçoivent, en nageant avec toute la vigueur de leur jeunesse. Ils prennent littéralement notre bateau à l’abordage en chantant - en français, s'il vous plaît ! - : " Il était un petit navire, il était un petit navire " Nous éclatons tous de rire et pour nous montrer qu'ils ont un véritable répertoire, ils enchaînent par " Au clair de la lune, mon ami Pierrot, au clair de la lune, etc. " C'est poustouflant ! Les enfants jaugeant notre plaisir en profitent, c'était le but, pour nous quémander quelque pièce, dans leur jargon. Nous leur donnons ce que nous pouvons, et Claudil, démuni, leur donnera une boite à moitié vide de tic-tac. Certains ont un short, voire un slip, pour tout vêtement, d’autres sans complexes sont nus comme des vers... Puis, considérant leur butin satisfaisant, c’est la débandade. Après une succession de plongeons du bastingage comme promontoire, ils rejoignent leur rive d’élection.

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Re: THAÏLANDE

Messagepar coriolan » 27 Oct 2011 13:17

Ayant fait les quelques kilomètres qui séparent Sop Ruak de Chiang Saen, nous retrouvons notre car et nos Bretons. Et c’est tous réunis que nous nous dirigeons vers un restaurant à proximité de l’embarcadère. L’accueil est, comme d’habitude, très courtois, mais ici on met les petits plats dans les grands. Dès que nous entrons, une serveuse nous tend une serviette rafraîchissante à l’aide d’une pincette ; nous remarquons que les couverts sont sous une pochette en plastique et que, cette fois, contrairement à l’ordinaire nous disposons de serviettes de table. L’ordinaire, c’est des petits carrés de papier rose roulés dans un pot, qui ne sont rien de moins que du papier hygiénique. La première fois que Claudil a vu cela sur la table, il s’est écrié : « Est-ce pour pendant ou pour après ? ». Ce 28 février, pas de dilemme possible, ce n’est pas pour pendant, tout est parfait.

Nous déjeunons très bien, et très rapidement. Le repas est thaï, naturellement, et maintenant il ne nous étonne plus. Dès que nous en avons fin avec lui, nous visitons un petit village de pêcheurs contigu au restaurant. Puis c’est la poursuite de la route, en car jusqu’à Chiang Maï où nous resterons deux jours et trois nuits.

C’est de la route de montagne, et Claudel est à deux doigts de vomir mais, et c’est tant mieux, nous ne tardons pas à regagner la plaine. Le paysage est joli et nous admirons des rizières en terrasses dans le style des jardins suspendus. Malheureusement, il n’y aura pas d’arrêt photos ! L’arrêt pipi est réservé au lieu dit Pong Nam Ron, où nous découvrons une source d’eau chaude (en fait il y en a 3) qui attire beaucoup de touristes. L’eau sort du sol à 90°, et il est hors de question d’y mettre la main ; Claudel en fera l’essai sous les quolibets de Jean-Claude. Les jeunes qui ne perdent aucune occasion de se faire quelques pièces, profitent de cette manne terrestre (si l’on peut dire !) d’une bien curieuse façon. La source jaillit au fond d’une excavation naturelle aménagée, à environ 1 mètre, 1,5 de la surface. A son bord des enfants laissent tremper au bout d’une ficelle fixée à une canne, un panier en osier contenant des oeufs et ils attendent que les oeufs soient cuits durs pour les vendre aux touristes qui ne peuvent guère leur refuser. C’est astucieux.

En ce qui concerne les enfants : Dans nos pays occidentaux, on nous rebat les oreilles avec le travail des enfants tiers-mondistes, et le bon peuple de France et d’ailleurs est scandalisé. Or, nous avons visité de nombreuses productions artisanales et industrielles sans jamais voir d’enfants travailler. En revanche, pour l’exécution de petits boulots tels que lavage de voitures, tenue de stands marchands, ou toute autre activité de ce style, oui nous avons vu des gosses turbiner. Mais quoi, croit-on qu’en France nos enfants qu’on envoie à l’école dès 8 heures du matin, qui mangent à la cantine, qui rentrent le soir vers 17 heures avec des devoirs et des leçons à apprendre, croit-on vraiment que nos enfants ne font pas là un travail de force que bien des adultes refuseraient ? Croit-on que de les charger comme des mulets, de livres et de cahiers d’un poids pouvant atteindre 8 à 10 kg, allant jusqu’à dévier leurs colonnes vertébrales, croit-on que ce n’est pas un travail ? Croit-on que de vouloir en faire des bacheliers contre vents et marées ne constitue pas une violation des droits de l’enfant, sachant qu’en définitive on va en faire des chômeurs instruits ? Nos petits Thaïlandais ne sont pas bien savants des choses de l’esprit, mais ils savent mieux compter que nos grands benêts en mathématiques supérieures dès qu’il est question d’acheter et de vendre des frusques et de la nourriture, bref d’accomplir des actes vitaux. Moi, je crois que les Thaïlandais devraient saisir l’O.N.U. du problème que présentent les nations industrielles face à l’enfance. Bien argumenté, il y a peut-être un procès spectaculaire à gagner ; en tout cas des langues à faire taire !

Le temps que nous passons à ressasser tout cela, à voir des rizières ici et là, à surprendre le passage étonnant d’un enterrement (nous en avons vu trois), bref à admirer le paysage, notre car poursuit sa route.

Nous arrivons à Chiang Maï vers 18 heures. Chiang Maï, dite la Rose du Nord, bénéficie d’une situation privilégiée dans une région fertile au bord de la rivière Ping. La vieille ville pittoresque est encerclée de douves qui lui donnent un air moyenâgeux. La cité était d’ailleurs la capitale d’un empire thaï puissant dès le 13ème siècle; elle restera un Etat séparé et indépendant jusqu’à la mort de son dernier prince en 1939, date à laquelle la province passera sous l’administration centrale de Bangkok.

Notre point de chute est le Suriwongse Hôtel, où nous recevons l’accueil désormais classique du verre de bienvenue. Notre groupe est logé au 5ème étage, et les Claudes ont la chambre 516.

Après une douche réparatrice, nous passons à table pour un repas buffet qui s’avère être très moyen et passablement cher (ce soir, il est à notre charge). Quand je dis « cher » c’est que nous en sommes à la moitié du séjour et que je commence à voir le fond de nos disponibilités, mais en fait nous avons mangé à deux pour 443,85 baht, soit moins de 64 francs. Cependant, le fait de payer avec un billet de 500 baht ; de dire 500 baht qui sonnent un peu comme 500 balles, ça fait tout de suite cher ! Bref, disons que le repas était tout de même très moyen.

Saowanite nous conduit alors à une séance de massage thaïlandais. Attention, le massage thaïlandais a une singulière connotation en Europe, mais il ne faut pas confondre. Notre guide nous précise qu’il y a le fameux « body-body » que jusqu’à présent personne ne nous a proposé, et puis le massage non moins fameux, dit « massage traditionnel ». C’est au massage traditionnel que nous nous rendons, au grand désespoir de ces messieurs !

Nous rentrerons dans deux pièces distinctes, une pour les hommes et l’autre pour les dames. On nous fera déshabiller, sauf le slip - tout de même ! -, et pendant une heure et demie, de jolies (plus ou moins) thaïlandaises nous masseront les jambes, le dos, le cou, les bras ; nous tireront sur les articulations, nous feront retourner pour refaire la même chose de l’autre côté. Pour Claudil, c’est un peu long ! Claudel, elle, en sortira ravie. Il faut dire qu’elle est curieuse de tout et que cette expérience ajoute à l’assouvissement de son besoin de savoir. Comme elle dit souvent par boutade : « je ne suis pas curieuse, mais j’aime bien savoir! »

Enfin, il faut croire que ça nous a fait du bien puisque, remis de nos fatigues, nous partons ensuite, mais en groupe restreint cette fois, c’est-à-dire avec Jean-Paul et Marie-Hélène, voir un marché de nuit. Bof ! C’est un marché comme tous les marchés, mais il fait nuit, quoi ! C’est mouvementé, pittoresque mais bruyant. Nous ne ferons pas d’achats et serons de retour à l’hôtel à 23 heures, pour nous coucher après douche et rédaction des notes du jour vers minuit.

Pour une journée où il ne devait pas se passer grand-chose, et dont le programme tenait sur une ligne et demie, ce n’est pas si mal ! Que sera demain, qui fait quatre lignes ?

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Re: THAÏLANDE

Messagepar coriolan » 29 Oct 2011 18:09

Dimanche 1er mars

Ca commence bien, tout d’abord nous nous réveillons par erreur à 6 heures, au lieu de 6 heures et demie ! Comme d’habitude, petit déjeuner à 7 heures, et embarquement à bord du car à 7 heures et demie, en direction du temple le plus prestigieux de Chiang Maï : le Doi Suthep. Ce temple et son monastère sont situés en haut d’une montagne de 1200 mètres. Pour y accéder, il faut grimper un escalier monumental de 300 marches ou prendre le funiculaire. Les Claudes prendront le funiculaire pour monter (en dépit de la peur de Claudel pour ce type de moyen de transport !), et l’escalier pour redescendre.

Nous sommes un peu blasés des temples, mais là, il faut en convenir, ça vaut le déplacement. Le wat est encore plus riche, plus somptueux que tous ceux que nous avons déjà vus. Si, c’est possible ! Bien entendu Claudil filme et Claudel mitraille.

A propos de photos, la veille au soir, un photographe attaché au Suriwongse nous a fait savoir qu’il pratiquait le développement rapide des pellicules que nous pouvions avoir pour un prix intéressant. Pour être rapide, ce fut rapide puisque, à peine réveillés, ce matin, par téléphone intérieur, nous avons appris que nos photos nous attendaient au hall d’accueil ; et pour être intéressant, ce fut intéressant quand on pense que les 6 pellicules de 36 poses chacune ont été développées et les photos mises sous feuillets en plastique reliés en 6 carnets, pour le prix global de 1470 baht, soit environ 210 f. De retour en France le développement de la dernière pellicule nous a coûté 74 f., et les photos nous ont été remises 48 heures plus tard !

Après la visite du Doi Suthep, Saowanite nous promène tout le long d’un véritable chemin de croix qui raconte par le menu la vie du Bouddha. Là, franchement Claudil et Jean-Paul en ont ras le chapeau ! Trop, c’est trop ! Mais, bon... ils suivent. En fait, mais ils ne le savent pas, ce sera leur dernier temple.

Et puis nous changeons de cap, et partons visiter des centres artisanaux à une dizaine de kilomètres de Chiang Maï. C’est tout d’abord un atelier de taille et sertissage de pierres précieuses comme nous en avons déjà visité un à Bangkok, au début de notre séjour. Le travail des artisans ayant été commenté puis admiré comme il se doit, nous sommes drivés, exactement comme la dernière fois, vers un hall d’exposition-vente qui brille des mille feux que jettent diamants, jades, émeraudes, et toutes sortes de pierres précieuses. C’est magnifique, mais hors de prix ! N’importe, Jean-Claude achètera un collier 3 ors, de 7000 baht, à sa Catherine. Il a les moyens... Plus modeste, Jean-Paul offrira à Marie-Hélène un collier en argent, lui. Quant à Claudil, à sa Claudel, rien !

Puis c’est un atelier laque avec son incontournable magasin de vente en final. Cet atelier ne nous apprend pas grand-chose, c’est à peu près ce que fait Anne, la soeur de Claudel. Cependant les prix étant plus abordables, Claudil aurait bien acheté un petit souvenir, mais Claudel rechigne : « Ce n’est pas la peine, et puis nous n’avons plus d’argent ! » C’est vrai, le matin même nous n’avons pas eu assez de baht pour régler le photographe. Claudil a dû emprunter 1000 baht à Catherine jusqu’à ce qu’il puisse changer ses derniers 200 dollars contre 8000 baht. Donc, c’est un bon argument.

Enfin, avant le déjeuner, c’est la visite d’un atelier de fabrique de soie. Saowanite nous raconte tout sur la soie, depuis le papillon, la larve, le cocon, le fil de soie. Et elle illustre son propos en nous montrant les diverses étapes. Et c’est le magasin de vente, comme toujours.

Apprenant que nous pouvons payer par carte Visa, Claudel se décide à acheter 3,50 mètres de tissu de soie qu’elle a promis à sa soeur, Marie-France. Mais, et c’est bien elle, la voilà qui hésite entre deux modèles ! Claudil tranchera en l’incitant à acheter les deux : elle fera choisir sa soeur et conservera l’autre. Finalement on a eu un coupon de soie fait main et un autre de soie confectionnée à la machine.

On va ensuite déjeuner, toujours dans un grand restaurant de style hangar, où plus de 300 personnes de type européen sont déjà en train de s’empiffrer. C’est vrai qu’ici on mange à toute heure.

Il y avait une surprise annoncée par Ninite; c’était des nouilles ! Bien que cuisinées façon thaïlandaise, elles étaient excellentes.

Puis Claudil qui en a marre de visiter les centres artisanaux où il ne peut même pas acheter quoi que ce soit, décide de bouder la suite de la tournée des petits commerces. C’est ainsi que sans entrer dans le nirvana, Claudil bouda (bof !). Il rentre seul à l’hôtel en empruntant un tap-tap ; il en aura pour 40 baht et voyagera à côté du chauffeur.

Pendant qu’il fera la sieste jusqu’à 16 heures 30, Claudel et le reste du groupe poursuivront leur promenade artisanale. Et le soir, après que Claudil aura rédigé ses notes du jour, elle complétera par le récit de ce qu’elle a vu et fait, compte-rendu rapporté ici, in extenso.

Faits notables de l’après-midi : Détail des visites :

Atelier de l’argent. Le métal est fondu, mis en pièce du poids de l’oeuvre prévue, puis martelé, ciselé, poli jusqu’au résultat final. Le style des objets est très chargé, très riche, très tape à l’oeil et très cher.

Atelier du bois. Le teck et le bois de rose sont travaillés avec beaucoup de délicatesse. Les sculptures sont fines, les incrustations de nacre ravissantes. Dommage que ce soit souvent trop chargé !

Atelier du cuir. C’est dimanche, aucun ouvrier ne travaille, donc on passe directement au magasin de vente, après un bref laïus sur les peaux utilisées : buffle, éléphant, porc, chèvre, lézard, crocodile, raie, boa, etc. Les prix sont exorbitants, je sors rapidement !

Atelier ombrelles. Ici on fabrique tout : le papier, les armatures en bambou, on peint son oeuvre et l’on vend un produit fini. Des artistes vous proposent de vous décorer en peignant à même votre vêtement, un papillon ou une fleur ; et l’un d’eux enjolivera mon appareil photo et mon bermuda !

Et puis, Claudel (c’est elle qui parle) à son tour, en a marre des magasins. Il faut dire qu’à chaque magasin, de ravissantes hôtesses vous accueillent et vous offrent une fleur (naturelle ou artificielle), une boisson type thé froid ou du sirop. Puis une vendeuse vous prend littéralement en chasse. Elle ne vous quitte plus, ouvrant les vitrines, sortant les objets dès que vous lui manifestez le moindre intérêt. On se sent traqué, et ce harcèlement finit par peser. Et ça excède tout le monde ; par exemple, à l’atelier argent, une vendeuse comprenant que Claudel ne voulait rien acheter, sans se départir de son calme thaïlandais lui montra la porte ! Qu’elle s’empressa de prendre sans se le faire dire deux fois. Mais tout de même...

Et c’est le retour à l’hôtel où Claudil dort. Après un peu de rangement le temps que le mâle se réveille, d’une toilette nécessaire, et nous sortirons faire une petite balade en amoureux dans les rues environnantes. Claudil négociera à 50 baht une promenade en tuk-tuk de 20 minutes. Puis nous passons à l’ « exchange » pour transformer en baht les dollars qui nous restent, c’est ce que Claudil appelle : acheter de l’argent.

A sept heures et demie départ pour le repas qui ne devait avoir lieu que le lendemain, mais qui fut avancé d’une journée pour les besoins de la cause : Anniversaire du Claudil qui ne s’en doute pas ! En effet, en catimini Claudel, Saowanite et une bonne partie du groupe, se sont mis d’accord pour lui réserver une surprise ; mais chut ! Il ne faut rien dire...


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Re: THAÏLANDE

Messagepar coriolan » 31 Oct 2011 13:43

Claudil (c’est lui qui prend le relais de la narration), Claudil, lui, il a fait la gueule tout l’après-midi. Chacun lui a souhaité un bon anniversaire - Claudel même plusieurs fois dans la journée -, mais il s’attendait à je ne sais quoi... Un cadeau ? Un Bouddha peut-être ? Depuis le temps qu’il a envie d’en acheter un et que Claudel lui rétorque : Mais, on a achètera un à Bangkok, j’en ai vu de très jolis ! Bref, il n’est visiblement pas en forme. Cependant il le sera suffisamment pour exprimer fermement ce qui le tracasse ; alors qu’ils sont en train de faire du lèche-stand avec Claudel, il s’arrêtera devant un étal qui propose divers gadgets électroniques et là, sans se soucier de l’avis de sa chère femme, il achètera tout seul, comme un homme, une petite lampe laser capable de projeter un rayon lumineux à plus de dix mètres et dira, pour tout commentaire :

- C’est mon cadeau d’anniversaire !

On n’est pas plus aimable. Claudel rit dans sa barbe et ne répond pas.

A sept heures et demie, le groupe a suivi Saowanite, en car, jusqu’au lieu prévu pour un repas typique animé par des danseuses. Sur le programme cette festivité était prévue pour le lendemain mais, allez savoir pourquoi, Saowanite a bousculé l’ordre du jour. Claudil, pour plaisanter tout en marquant sa réprobation, confiera à Claudel :

- C’est un repas d’anniversaire !

Mais comme il y a environ quelque trois cents personnes, c’est à dire une dizaine de groupes de touristes, Jean-Paul qui a entendu, lui lance :

- Eh! Bé! Tu vas sentir passer l’addition !

C’est qu’il y a foule ! Et tous ces gens sont assis par terre, à même le sol, dans une cour dont il ne fait aucun doute qu’elle soit prévue à cet effet. Au fond, un orchestre thaïlandais distille son indéfinissable musique nationale aux sons aigres. Un joyeux brouhaha envahit l’atmosphère et chacun mange copieusement ce que de jolies servantes disposent devant soi. L’ambiance est à la fête. Saowanite nous dit que tout à l’heure des danseuses vont effectuer des danses traditionnelles et que, après le repas, nous irons assister sous chapiteau à une démonstration de danses des tribus montagnardes.

En effet, pendant que nous mangeons en musique, des danseuses font leur apparition et se dirigent vers l’orchestre, dans l’espace libre qui sépare les musiciens du public. Elles se mettent à danser... Ce n’est pas comparable à ce que nous avons vu lors du spectacle du premier soir à BKK, c’est de la danse classique pure, et chacun peut admirer, non seulement la beauté des jeunes exécutantes, mais aussi leur grâce, la finesse de leurs pieds qui dessinent des figures sur le sol, et de leurs mains agrémentées de longs ongles de 8 à 10 centimètres. Bien entendu nous ne comprenons pas le sens de toute la gestuelle, mais il nous suffit de savoir qu’elle a un sens ésotérique, c’est très bien ainsi. Des explications gâcheraient le plaisir des yeux.

On nous sert une soupe excellente, qui est suivie des plats habituels : riz au caramel, boeuf en sauce, poulet découpé en petits cubes (comme le boeuf d’ailleurs), et des légumes variés. Un repas thaï, quoi. Mais c’est la fête!

Les danseuses viennent d’arrêter leurs évolutions sur la piste, quand soudain quelques notes de musique égrenées par les instruments typiques du pays forment quelque chose qui ressemble à ‘happy birth day...’. Claudil, moqueur, lance :

- C’est de circonstance !

Puis tout se précipite. La musique se fait plus précise, un gâteau illuminé d’un certain nombre de bougies surgit à sa gauche, Gérard au bout de la tablée se précipite sur sa caméra, Jean-Paul sur celle de Claudil, Saowanite tout sourire lui tend deux petits paquets pendant que Claudel et Marie-Hélène lui offrent également un présent chacune. Instant unique eu égard aux sentiments qui, une minute encore auparavant, l’agitaient, Claudil réprime avec beaucoup de peine une émotion que tout le monde comprend mais qui fait rire chacun néanmoins. Les gens sont méchants !

Finalement il a reçu de Saowanite une carte de bons voeux libellée en Thaïlandais et en Français pour lui souhaiter tout le bonheur du monde, ainsi qu’une cassette de musique traditionnelle qu’il réclamait à cor et à cri ; de Marie-Hélène un pèse-opium, et de Claudel... un Bouddha en jade !

Le bonheur à l’état pur ! Merci à tous, je vous aime ! Claudil debout clame sa joie. Il ira même jusqu’à hurler : Merci peuple !

Après cet instant d’émotion rare, une jeune danseuse thaïe est venue l’inviter à danser. Il fut beaucoup filmé, mais hélas! pas photographié. Et d’autre part, l’instant magique de distribution des cadeaux et de l’arrivée du gâteau ne passera pas à la postérité. Malgré sa bonne volonté, Jean-Paul, qui se servait d’une caméra pour la première fois, n’a pas fait la bonne ma-noeuvre que, dans sa fièvre, Claudil lui avait sans doute mal expliquée, et rien n’a été enregistré. Il ne nous reste plus qu’à rééditer l’événement. Claudel est d’accord.

Le repas terminé nous avons suivi Savonnette dans un auditorium en bois de teck à quelques mètres de là, où, sur des gradins, nous avons assisté à un spectacle donné par les tribus montagnardes. Danses folkloriques, musique pittoresque, participaient à la réussite d’un programme de toute beauté. Les mots manquent pour développer les diverses scènes qui nous furent présentées, mais Claudel, heureusement, à pris beaucoup de photos.

Enfin, vers 22 heures, la soirée s’est terminée et nous sommes rentrés au Suriwongse. Quelle journée fertile en événements ! Il s’en souviendra de ses 66 ans, le Claudil !

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Re: THAÏLANDE

Messagepar coriolan » 01 Nov 2011 11:43

Lundi 2 mars

Réveil à 6 heures et demie, et départ une heure plus tard pour aller visiter... une école d’éléphants. Qui a dit ‘un temple’? C’est environ à 40 km de notre hôtel.

Avant de nous faire assister au travail des pachydermes, il nous est proposé une promenade à dos d’éléphants. C’était d’ailleurs compris dans le supplément que nous avons réglé à Ninite. Mais entre s’engager à le faire, et le faire vraiment, il y a un monde. Nous avons pris place, deux par deux, dans la nacelle prévue à cet effet, et Claudil n’en mène pas large en dépit de sa feinte exubérance ; Claudel, elle, est égale à elle-même, mais Claudil la soupçonne de n’être pas très à l’aise.

Au pas lent des éléphants, nous avançons à flanc de coteau et montons pour mieux redescendre le long de ce qui, vu de toute la hauteur de l’animal, nous semble être un véritable précipice. A plusieurs reprises nous craignons qu’il ne nous verse dans le fossé ; il n’en sera rien. Au fond du ravin la bête s’arrêtera un instant pour se désaltérer dans le courant d’une onde pure, comme disait le bien nommé La Fontaine. On souffle. Notre cornac (que Claudel s’obstine à appeler ‘cornard’ sans le connaître pour autant) tente de nous filmer mais, lui aussi, n’est pas doué ! Bref, la promenade durera une heurette - comme on disait jadis, et nous ne serons pas mécontents d’arriver.

Ensuite les gracieux animaux nous donneront un petit spectacle fait de travail et de jeux : transport de bois avec calibrage d’un tas mal rangé, danses et autres clowneries. Nous assisterons à leur toilette, et rirons de bon coeur à les voir venir quémander des bananes. Justement, comme par hasard, il y a un marchand juste à côté qui en vend ! C’est une chance pour les touristes! Et puis ils se rouleront par terre, s’assiéront, danseront, applaudiront et joueront même de l’harmonica. Le cirque, quoi !

Pour terminer la matinée, nous irons visiter une ferme aux orchidées avec, en prime, une resserre de papillons et de chats naturellement siamois. Les orchidées, plantées par milliers, sont magnifiques. Quant aux papillons, Claudil en a vu deux perdus dans une immense volière, et quelques cocons suspendus à un fil. Et les chats siamois, c’était des chats comme tous les chats thaïlandais... ou français.

A 13 heures, nous nous rendons à une autre ferme aux orchidées qui fait également restaurant. Les orchidées, bon, on en avait encore plein les yeux ; et le repas traditionnel était devenu pour nous habituel, même la soupe au goût de jasmin qui nous avait tant déplu lors de notre arrivée.

Et puis retour à l’hôtel où Ninite nous annonce que nous avons quartier libre. Les vacances commenceraient-elles déjà ?

Sur l’après-midi, rien à dire. Nous avons fait du shopping chacun de son côté, c’est-à-dire par couple. Sans rien faire d’autre, l’après-midi nous a paru longue. Bouddha et le faste de ses temples nous manqueraient-ils ?

A 19 heures les familles Jean-Paul, Jean-Claude et les Claudes se sont donné rendez-vous pour dîner ensemble et faire un repas gambas. C’était excellent. Ensuite nous avons perdu une demi-heure pour trouver -en vain - des ananas. A croire que ce n’est pas le pays !

Puis, vers 20 heures 30, les groupes se sont disloqués. Celui de Jean-Claude est allé faire du shopping sur le marché de nuit, celui de Jean-Paul s’est rendu à une séance de boxe thaïlandaise qui, nous a-t-il raconté le lendemain, se déroulait dans un quartier chaud de la ville et où il a assisté à un spectacle de choix. Quant aux Claudes, tout bêtement, ils sont allés se coucher sans avoir oublié de mettre à jour leur carnet de notes.

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Re: THAÏLANDE

Messagepar coriolan » 02 Nov 2011 12:39

Mardi 3 mars

Réveillé à 6 heures, Claudil s’est rendormi jusqu’à 8 heures et demie, et Claudel jusqu’à 8 heures. Aujourd’hui nous avons quartier libre toute la matinée pour visiter Chiang Maï à notre guise, car cette après-midi nous prenons l’avion pour retourner sur Bangkok. En attendant, les Claudes se retrouveront dans la salle de restaurant, vers 9 heures, pour le petit déjeuner.

Claudel qui n’est pas plus que cela satisfaite des commerces que nous voyons - où elle ne trouve que des gadgets pour touristes - a décidé de dénicher un vrai marché traditionnel. La veille déjà, elle avait bien essayé de se faire comprendre en franco-thaïlanlais, mais en vain. Et le soir, lors de notre repas ‘gambas’, Marie-Hélène lui avait laissé entendre qu’elle pensait en avoir trouvé un mais que, arrivée trop tard sur les lieux, celui-ci venait juste de fermer. Nous reprenons donc la route que nous avions parcourue hier après-midi et nous poursuivons plus avant puisque, alors que nous étions sur la bonne voie sans le savoir, nous avions rebroussé chemin trop tôt !

Et enfin, nous trouvons l’objet de son bonheur. C’est un immense marché couvert sur trois niveaux. Au centre du rez-de-chaussée il y a les étals de viandes et de légumes. C’est tout aussi bruyant et coloré que les marchés africains, mais c’est beaucoup plus appétant ! On ne voit aucune mouche sur les aliments, les bouchères ont des gants pour servir, visiblement tous les signes d’hygiène semblent réunis et ça sent le propre. Sur les côtés de ce considérable complexe alimentaire, des galeries proposent aux visiteurs des produits artisanaux à des prix très abordables : ustensiles de cuisine, de ménage, faïenceries diverses, gadgets, etc., tout ce qui a trait à la vie de tous les jours. Nous discutons l’acquisition de certains objets, mais ne trouvons pas ce qui nous convient. En fait, nous voudrions acheter un petit quelque chose à Colette qui nous a toujours bien reçus, mais pas n’importe quoi.

On s’arrête bien sur quelques porcelaines, mais le travail est un peu grossier. Nous repasserons... En attendant, Claudel, qui depuis ses derniers voyages en Côte d’Ivoire, a la manie de collectionner les louches, s’en achète une thaïlandaise, ainsi qu’une spatule à crêpes !

Puis nous nous risquons au premier étage. Là, nous découvrons le rayon des produits d’entretien et de beauté (c’est la même chose !), ainsi que des vêtements d’enfants. Nous avons une pensée pour le petit Pierre, mais ne trouvons rien de bien intéressant.

A l’étage supérieur, c’est le royaume des vêtements pour adultes et de la lingerie diverse. D’abord nous nous arrêtons devant des vestes d’intérieur qui sont assez jolies, et prenons une option sur l’une d’elles. Mais... voyons tout de même ailleurs. C’est alors que nous trouvons le rayon des nappes et des services de tables. C’est le coup de foudre ! Nous achèterons donc à Colette une grande nappe ronde, travail fait main à un prix très abordable (400 baht !). A ces prix-là nous en achèterions bien deux, voire trois, mais une seule pensée nous en dissuade : comment ramener tout cela ?

Nous comprenons pourquoi les prix sont si abordables : dans ce gigantesque marché où se bouscule une foule nombreuse, à part nous il n’y a pas un seul européen ! Pourquoi ? Ce n’est sans doute pas assez snob, et ceci explique cela.

En quittant les lieux, chargés de nos emplettes, du haut du troisième niveau nous jetons un coup d’oeil circulaire sur l’ensemble des petits commerces. C’est alors que nous remarquons quelque chose d’insolite : ici pas de tiroirs-caisses, juste un bol, une boîte en fer ou une corbeille qui trône au centre de l’étal, à portée de toutes les mains. On croit rêver ! Brave peuple ! Plaise au ciel que les étrangers ne découvrent pas trop vite ce paradis de l’innocence et de la confiance partagée !

Nous nous retrouvons dans la rue, et tombons en arrêt sur un petit marchand ambulant qui, à l’aide d’une ficelle, fait se mouvoir sur le trottoir une chenille d’une trentaine de centimètres. On le regarde en souriant, il nous montre comment ça fonctionne. C’est un jeu d’enfant et, pensant à Pierre (encore !), pour 10 baht, nous en achetons un. Ce gosse nous ruinera !

Les Claudes feront ensuite une promenade d’une petite heure dans les rues de Chiang Maï ; ils visiteront un centre commercial moderne et trouveront un magasin qui vendait, entre autres choses, du pain dit ‘pain français’. Ils en accepteront l’augure, et ne manqueront pas d’être désappointés quand, dehors, ils y porteront la dent ! Kif kif du pain de chez Leclerc ! Ils le garderont cependant car on ne jette pas du pain, et de plus ça peut servir. Puis Claudil montrant des signes endémiques d’'assoiffement', le couple ira se partager une Carsberg à la terrasse d’un restaurant. Là, pendant que le patron s’active à nettoyer une vasque en pierre, un garçon à laver le sol avec une lenteur tout africaine, une serveuse à préparer les tables pour l’heure du repas qui approche, la patronne est en train de faire ses dévotions à Bouddha. En un endroit spécial du restaurant, un autel aménagé est l’objet de toute son attention. Elle y dispose des bâtonnets d’encens allumés, ainsi d’ailleurs qu’aux quatre coins de l’établissement. A chaque étape, elle marque un temps d’arrêt, joint les mains en baissant la tête - signe distinctif qui veut dire : bonjour -, sawatdi kha, et marmonne quelques mots qu’on ne distingue pas. Cette foi naïve est touchante, et nous adressons un sourire à cette brave femme. Ayant fini ses ‘pieusetés’, ladite brave femme se sert un breuvage dans une coupe à saké. Claudel mime sa curiosité : Qu’est-ce ? A défaut de pouvoir s’expliquer, la dévote lui en offre alors une tasse. Il s’avère que c’est du thé.

Mais l’heure est proche de notre rendez-vous avec Saowanite, dans le hall de l’hôtel, à 12 heures 30. Nous nous hâtons de sortir les valises de nos chambres, afin que le personnel de service les descende à l’accueil, et nous retrouvons notre petit groupe au grand complet, sans armes mais avec bagages. C’est le départ. Nous embarquons dans un autre car que celui qui nous a transportés jusqu’à ce jour ; le nôtre est parti depuis la veille pour rejoindre Bangkok, où il doit nous attendre à l’aéroport.

Le vol est prévu pour 13 heures 55, en réalité nous partirons à 14 heures 30. Nous avons donc tout notre temps pour les formalités d’embarquement. Puis nous faisons un vol sympathique car, une fois encore, nous avons la chance d’avoir une place à côté du hublot ! Et un vol de jour est toujours agréable à suivre quand on a vue sur le paysage. Mais nous montons tout de même à 10 000 mètres et la vue laisse à désirer. En fait de décor, nous survolons de gros nuages qui nous annoncent que dans quelques jours la saison de la mousson va commencer. Et nous ne serons plus là... Mais nous ne sommes pas tristes pour autant, Claudel se blottit contre son Claudil et ils savourent le présent.

Se souvenant qu’il a du pain dans le bagage à main de Claudel, Claudil se sent venir de l’appétit. Avant de l’entamer et de donner l’impression qu’il fait bande à part, il demande à la Belue qui est devant lui si, par hasard, elle n’en voudrait pas un bout. Sur sa réponse affirmative, il lui passe le morceau entier afin qu’elle se serve. Oh ! elle s’est bien servie : elle ne lui a rien rendu ! Et le Claudil s’est contenté de la philosophie du renard et des raisins.

Une heure de vol environ et nous arrivons. Comme c’est une ligne intérieure, il n’y a pas de formalités douanières à l’arrivée et, quelques instants plus tard, le temps de récupérer nos bagages, nous nous trouvons en dehors de l’aéroport où notre bus nous attend comme prévu. Il est 15 heures 40.

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Re: THAÏLANDE

Messagepar coriolan » 03 Nov 2011 14:28

Sans perdre de temps, nous embarquons après avoir chargé nos bagages, et prenons la destination de Baan Phe. Nous avons plus de 3 heures de car devant nous. C’est long trois heures de route ! Que faisons-nous ? Comme d’habitude Claudil dit des bêtises qui font rire tout le monde, et comme d’habitude aussi, Saowanite nous commente ce que nous voyons. Elle tente désespérément de nous apprendre quelques mots du pays. L’expression qui intéresse Claudil, c’est ‘Il n’y a pas de problème', phrase qu'il donne en titre, dans la langue du pays, à chacun de ses carnets de voyage. C’est ainsi qu’il a déjà : Y a liquéfi (carnet Ivoirien), Acouna matata (carnet kenyan) Y a foïle (expression vulgaire ivoirienne, pour le deuxième voyage en C. d'Iv.), et qu’il aura cette fois-ci Maï mi panha (pour le carnet thaïlandais). Lors des trois premièrs voyages il a remarqué que, dès que quelqu’un employait l'expression, c’est qu’il y avait des problèmes précisément et qu’on n’allait pas tarder à s’en rendre compte ! En Thaïlande, ce ne fut pas le cas, d’ailleurs il n’a pas entendu une seule fois cette expression. Ceci explique cela...

Au hasard de ses lectures, une fois rentré en France, dans un livre traitant du bouddhisme, Claudil a découvert quelque chose d’intéressant. Il existe un livre qui expose la doctrine primitive du Bouddha, et qui s’appelle Milindapanha, titre qui veut dire, précise l’auteur de ce livre, « Les questions de Milinda ». Ceci ne manque pas d’intérêt car il apparaît que panha voudrait dire 'question' et non 'problème'. Ce qui ramène Maï mi panha, non pas à Il n’y a pas de problème, mais à Il n’y a pas de question, ou, si l’on veut, La question n’est pas là ! Voilà une nuance intéressante qui peut traduire une autre forme de mentalité.

Nous longeons les travaux titanesques de la construction du métro aérien qui doit relier Bangkok à Pattaya (150 km environ). Des ouvriers s’activent sous un soleil éclatant, dans une fournaise de 40 degrés à l’ombre. Chose curieuse, ils sont emmitouflés comme en plein hiver, avec un passe-montagne qui ne laisse passer que leur regard. Des femmes travaillant également sur ces chantiers, il est impossible de savoir à qui on a affaire. Ninite nous a dit que les femmes surtout se couvraient la figure pour éviter que le soleil ne les fane, mais comme il n’y a pas que des femmes, il faut croire que les hommes aussi sont coquets ! A moins que, comme le fait remarquer Claudel, ce ne soit pour éviter que les poussières de ciment ne se collent à leur peau vraisemblablement ruisselante de sueur. Pourquoi pas ?

Nous avons droit à un arrêt pipi, dans une station service. Chacun se rafraîchit et se soulage de son mieux. En sortant de la boutique, Claudil confie à Jean-Paul qu’il vient de voir, à vendre, un crayon à mine tout petit :

- C’est normal, convient-il, qu’il soit court ; c’est un thaï-crayon !

On rit. Mais, comme lorsqu’il raconte une bêtise il est le premier à en rire (à tel point qu’il lui arrive de rire avant tout le monde, et surtout avant la fin de l'histoire qui devient dès lors inaudible !), on ne sait pas si les autres rient parce que c’est vraiment drôle, ou à cause de son rire qui est particulièrement communicatif. Mais le principal étant qu’on rie, rions !

Et puis, vers 17 heures, Saowanite nous raconte sa vie ! C’est une coïncidence, mais nous l’avons remarqué, en fin de journée, sur les coups de 17 heures, 17 heures 30, la Ninite a des envies de se raconter. Est-ce un effet du car ? Est-ce dû à sa position de femme enceinte (car elle est enceinte de cinq mois) ? Une chose est sûre, on a eu droit, chaque jour, à des confidences quand nous étions dans le car à cette heure-là. Sa maison, dont les versements pour son acquisition risquent d’être perdus suite à la crise financière ; son mari, qui est italien et professeur à l’université de Bangkok ; sa fille Sarah, qui est diable comme tout ! Et on a droit aux photos, etc. Quand aujoud'hui, il semble qu’elle ait laissé passer l’heure, quelqu’un (je ne sais plus qui) lui lance :

- Hé! Saowanite, aujourd’hui on n’a pas droit à la suite de Dallas ?

Et elle se narre, et nous, on se marre. Et tout ceci fait que le temps passe, que le car roule dans la bonne humeur, et que la route se trouve avalée. Nous arrivons en effet, tout à coup, devant un hôtel dont le nom nous rappelle quelque chose : Novotel ; il est 18 heures 45. La nuit tombe.

Dès que nous sortons du car, nous sommes assourdis par un concert de chants (ou de cris) d’oiseaux qui jaillissent d’un bouquet d’arbustes à l’entrée de l’hôtel. C’est curieux car il semble que ce brouhaha est venu tout d’un coup, comme s’il n’attendait que notre arrivée pour se mettre en branle. Catherine, pragmatique, lance :

- Ca alors, ils ont mis en route un magnétophone ! C’est original comme salutation.

Une observation plus précise les jours suivants nous apprendra qu’il n’en est rien. Les oiseaux comme poussés par un instinct grégaire se mettent à chanter en choeur à la même heure précise, tous les jours, au lever et au coucher du soleil. Mais l’idée des salutations n’était pas mauvaise tout de même. Merci Catherine d’y avoir pensé, ça nous a réjoui le coeur.

Cérémonie traditionnelle d’accueil avec un verre bien venu de bienvenue (si je puis me permettre...). On nous attribue nos chambres, nous sommes au 1er étage, chambre 321. Le dîner est prévu à 20 heures, nous avons tout juste le temps de défaire nos bagages et de prendre une douche avant de passer à table. Comme il fait nuit, nous remettons au lendemain le plaisir de découvrir l’hôtel. Mais, à premier abord, il rappelle à Claudel des photos qu’elle aurait vues chez Jacky, le frère de Claudil. Ce qui n’aurait rien d’étonnant puisqu’il y a quelques années, Jacky est venu passer une semaine ou deux en Thaïlande. L’avenir nous dira que non, Jacky n’est jamais venu à Baan Phe.

Puis nous passons à table, dans une salle de restaurant climatisée. Le luxe ! Le repas est très sympathique tant dans sa composition que par la gaîté des convives. Justine, dite La Belue, mise à part. Elle n’a pas voulu céder sa place à Claudil qui se trouve complètement décentré par rapport à ses amis. Décidément cette petite est chiante, et mal élevée, comme ce n’est pas possible ! Heureusement l’ambiance générale était bonne, et le repas animé par deux chanteurs philippins. Jean-Paul et Marie-Hélène ont beaucoup aimé.

Seule ombre au tableau idyllique que semble offrir l’hôtel, les prix ne sont plus du tout les mêmes : l’eau de table, en petite bouteille est de 80 baht, et la bière 120 baht. Respectivement 12 et 17 francs!

On fera avec, n’y pensons plus. Bonne nuit.

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Re: THAÏLANDE

Messagepar coriolan » 04 Nov 2011 11:51

Mercredi 4 mars

Aujourd’hui, le programme nous dit que c’est séjour balnéaire. C’est-à-dire quartier libre ; que chacun fait ce qui lui chante. Déjà Jean-Paul et Claudil ont décidé que nous irions faire un tour dans la ville de Baan Phe. Mais au préalable un petit plongeon dans la mer s’impose, ne serait-ce que pour pouvoir se vanter d’avoir nagé dans le golfe du Siam, la mer de Chine. La mer de Chine ! Hein, ça fait rêver !

Nous remettons notre clef de chambre au guichet du hall d’accueil où il fait vraiment froid. Ils poussent un peu avec la climatisation ! Nous estimons qu’il fait au plus 17 à 18 degrés, alors que derrière la porte la chaleur est déjà accablante et frôle les 38 degrés. Ca fait 20 degrés d’écart ! De quoi attraper la crève, d’autant qu’il nous faut entrer et sortir de nombreuses fois dans la journée.

Le hall franchi à vive allure, nous nous retrouvons dans la fournaise. Un couloir suspendu en plein air nous conduit vers les piscines, les salles de restaurant, de mise en forme, de billards et que sais-je encore. Il y fait trop froid, nous n’y rentrerons pas. Nous surplombons, entouré d’une végétation luxuriante, un petit cours d’eau artificiel où pullulent des poissons de belle taille. Sur notre droite, c’est la première piscine avec bain bouillonnant et bar aquatique. Sur le côté, son surplus d’eau se répand en une cascade de 4 m de long sur 2 m de haut. Ensuite c’est le parc bien tondu et entretenu, où des estivants snobinards étalent leur ennui distingué. Puis la deuxième piscine, la plus grande des trois, avec, à sa gauche, dans le prolongement des salles de restaurant, un petit bain pour les enfants. En conclusion de toute cette enfilade de plans d’eau, une terrasse limitée par un muret, derrière lequel la fameuse mer de Chine. Vous en aviez rêvé, Claudil se l’est faite !

Avant le petit déjeuner, nous piquons une tête dans la grande piscine, ce qui pour Claudil est une façon de parler puisqu’il ne sait pas nager ! Elle est bonne, c’est à n’y pas croire pour un 4 mars. Alors nous nous hasardons à mettre un pied dans la mer que vous savez et là, surprise, l’eau est encore plus chaude que dans la piscine. Pourtant, la mer, même chinoise, ça devrait être moins chaud ! Eh bien, non.

Avec le bon appétit que l’on devine après de tels efforts matinaux, nous prenons un copieux petit déjeuner, comme d’habitude. Et c’est notre départ pour Baan Phe. Au sortir de l’hôtel, un garde se propose de nous arrêter le tap-tap qui fait une navette régulière. En attendant, le groupe traverse la route avec toutes les précautions d’usage que nécessite pour des Français une conduite à gauche, et prend un pot. Une bière, déjà ! Après le petit déjeuner ! Ca augure bien...

Le tap-tap est là, nous grimpons dedans, et en voiture Simone...

La ville de Baan Phe n’est pas ce qu’on peut dire « propre », de plus elle est très étalée ce qui n’est pas du goût de tout le monde ! Nous étant fait arrêter près du port, nous visitons le quai qui fourmille de pêcheurs et mariniers. Un Français de Boulogne Billancourt, qui visiblement est un paumé, nous colle aux basques en nous racontant sa vie. On s’en fiche, on le largue sans ménagement.

On fait une centaine de mètres dans la ville qui longe la mer, mais on se rend compte qu’il n’y a rien à voir. On remarque toutefois qu’il y a une grande quantité d’échoppes, que tout le monde travaille et que, contrairement à Paris, on n’y voit pas de mendiants dans les rues. Jean-Paul et Claudel ayant repéré un village de pêcheurs avant d’entrer dans Baan Phe, nous nous décidons à y aller. Comme c’est assez loin, nous cherchons du regard, et trouvons, un tap-tap. C’est bien le diable si dans un village de pêcheurs nous ne dénichons pas un petit restaurant typique. Nous le dénicherons en effet.

Le long du littoral, sous des paillotes alignées, nous distinguons en effet des rangées de tables basses accompagnées de chaises longues pour sièges. Voilà qui fera notre affaire. Nous nous installons et attendons ‘un certain temps’ qu’on vienne nous servir. Nous aurons beaucoup de mal à nous faire comprendre mais, avec l’obstination qui nous caractérise, nous obtiendrons satisfaction, c’est-à-dire une bière pour chacun à défaut de traduire en jargon universel ‘jus d’ananas et jus d’orange’.

Pieds nus dans le sable, Claudil fait la sieste en gardant les affaires de ses coéquipiers, pendant que ceux-ci vont rejoindre, à deux cents mètres environ, des pêcheurs en train de tirer un filet. Jean-Paul participera au halage, Claudel aussi, mais pour la photo exclusivement ! C’est Marie-Hélène qui la prendra. La pêche était satisfaisante ; il y avait tout de même 3 grosses raies plus une petite. Les poissons sont triés par les pêcheurs puis partagés par les femmes, en commençant par les plus gros pour finir par les plus petits.

Puis nos trois ‘aventuriers’ rejoignent Claudil qui les surveillait de loin. Vu les difficultés rencontrées pour commander une bière, on craint celles qu’on va avoir pour commander quatre repas. Nos craintes ne seront pas déçues ! Nous désespérions de nous faire comprendre, quand soudain, sur la plage, vint à passer un groupe de scouts, de guides et de jeannettes. Claudil les hèlent en espérant que l’un ou l’une d’eux aura quelques notions de Français ou d’Anglais. Hurrah ! Ils sont plusieurs à baragouiner aussi bien que nous, ce qui ne va pas sans quelques problèmes ! Mais enfin, nous y arrivons et le garçon prend la commande directement auprès de nos interprètes.


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Re: THAÏLANDE

Messagepar coriolan » 05 Nov 2011 18:17

Nous avions commandé 4 poissons avec du riz pour accompagnement. Dans le ‘baragouinement’ entre les scouts et notre restaurateur, nous avons cru comprendre qu’il était question de 5 poissons, mais nous nous sommes bien gardés d’intervenir, c’était déjà assez compliqué comme ça ! Nos interprètes bénévoles partis, et la commande étant prise, nous n’avons craint qu’une seule chose, c’est qu’il ne nous serve 5 poissons à chacun ! Et ce fut la surprise du chef ! C’est 2 poissons qu’on nous sert pour quatre, avec du riz bien sûr et...des calamars ! Allons, nous faisons contre mauvaise fortune bon coeur, d’autant que nous parviendrons à recommander la même chose. Ce qui fera nos quatre poissons tout de même. On se régale, c’est excellent ! Et, avec 2 bières, 2 eaux, y compris nos 4 bières initiales, nous en aurons pour 720 baht !, soit 26 f. par personne. C’est moins cher qu’à Novotel.

Avant de partir, les femmes ayant envie de faire pipi demandent où sont les toilettes, en disant simplement sur un ton interrogatif : toilettes ? Le garçon comprend et leur dit de le suivre. Il les conduira jusqu’à la cuisine où on leur donnera une grande bassine... d’eau chaude ! Comme ça ne fait pas leur affaire, elles devront se servir du langage universel qui consiste à se mettre la main sur le sexe, se courber légèrement en se tortillant comme quelqu’un qui a du mal à se contenir. Cette fois le garçon a compris et leur montre l’endroit adéquat, des toilettes très propres avec le réservoir à eau et la casserole habituelle en guise de chasse d’eau.

Puis nous regagnons notre base, en tap-tap naturellement. Claudil va s'allonger pendant que Claudel décide d’aller se promener le long de la plage. Elle rentrera avec une migraine comme elle seule en a le secret, et se couchera dans le noir pendant que Claudil, qui décidément joue avec elle au chassé-croisé, ira à son tour à la piscine puis à la plage. Il constatera que la différence de température n’a fait que se prononcer avec le soleil du jour, toujours en faveur de la mer. C’est des coups à finir en court-bouillon !

Alors que Claudil se repose sur un transat (il passe sa vie couché, celui-là !), Claudel le rejoint. Ca va mieux. Ils vont faire une petite balade. Ce matin, tandis que Claudil se baignait dans sa mer préférée, vous savez, la mer de Chine, et que Claudel se promenait sur la plage (des fois qu’elle trouve des coquillages qu’il est interdit de ramasser : patrimoine national ! Mais des fois aussi qu’elle en trouve et qu’elle les ramène tout de même en France), bref, au cours de sa promenade elle a vu un petit restaurant jouxtant le Novotel qui lui a semblé propret et pas cher du tout. Elle en a parlé le matin même à Jeannette, laquelle vient de lui dire qu’elle y est allée à midi avec Ounissane, France et Jacques et qu’ils se sont régalés pour 50 baht chacun, boissons comprises. Nos Claudes décident donc d’aller y prendre l’apéro pour tester eux-mêmes l'endroit.

Claudil prendra une grande Singha, bière locale qu’il n’aime pas beaucoup, mais enfin, faute de grive... Claudel, coca-cola qu’elle additionnera de whisky de riz afin de combattre efficacement la migraine qu’elle sent revenir. Seulement le wisky se vend en flash, il faut donc acheter le flash et faire son mélange soi-même. Qu’à cela ne tienne on repart avec ce qui reste dans la topette. Tout cela pour dire qu’au total, on en a eu pour 180 baht, 26 f.

Comme il n'y a pas à dire, les lieux sont propres on reviendra y manger demain soir. Pour ce soir nous nous sommes fait inscrire, avec Jean-Paul et Marie-Hélène, à la soirée ‘buffet français’ qui a lieu en terrasse, à côté de la grande piscine, pour un supplément de 150 baht boissons non comprises. Notre inscription a eu lieu de justesse, il a fallu faire quelques sourires au directeur de l’établissement. Les autres du groupe, non inscrits, mangeront au restaurant sans bourse délier, eux, puisque c’est le repas journalier à la charge de Nouvelles Frontières.

Nous mangerons comme des rois : pâté en croûte, rosbif, bananes flambées entre autres délicatesses dont nous avions perdu le goût. Claudil se fendra d’une bouteille de vin rouge du pays et, au total, service et taxe comprise, nous en aurons pour 1145 baht, soit 164 f., soit 41 f. par personne. D’accord, c’est une folie, mais ça nous a fait le plus grand bien ! D’autant que le vin n’était pas dégueu-dégueu, et que nous avons mangé en musique avec les chanteurs philippins de la veille. Pour tout commentaire, dans ses notes Claudil a écrit : « Il faisait bon, il faisait chaud, il y avait du vent et le bruit de la mer. Soirée heureuse. »

Et puis nous regagnons nos chambres vers 22 heures, et nos lits après avoir consigné les événements de la journée. Nos lits, je n’ai jamais parlé de nos lits. Grave lacune ! Cette fois nous avons des lits jumeaux ; nous en avons déjà eu d’ailleurs, je ne sais plus où. Mais ce qui est curieux - nous l’avons constaté bien que ce ne soit qu’une coïncidence sans importance -, c’est qu’au fur et à mesure de nos déplacements, d’hôtel en hôtel, nos lits ont augmenté de surface. Au début ce fut un grand lit de 140 ordinaire, puis un lit de 160, des lits jumeaux de 130 chacun, un lit de 180, etc. Il y en eut même un, qu’à défaut d’instrument de mesure nous n’avons pu qu’estimer, et qui faisait au moins 2,5 mètres au carré. Les Claudes ont failli se perdre dedans.

Ce soir, ce n’est pas le cas. C’est aussi bien ; bonne nuit.

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Re: THAÏLANDE

Messagepar coriolan » 06 Nov 2011 13:43

Jeudi 5 mars

Lever à 8 heures pour un départ à 9 heures à l’île de Kho Samet (ou Kho Samed, tout dépend de votre source d’information !). Nous nous rendons à l’embarcadère de Baan Phe que nous avons vu la veille, et où nous attendons notre bateau. Quand il arrive, pour l’atteindre il nous faut en traverser deux autres qui servent de passerelle ! On se débrouille tant bien que mal à descendre sur les ponts beaucoup plus bas, et à escalader les ponts suivants pour enfin prendre place dans un rafiot de fortune.

L’île que nous devons visiter est un gros morceau de terre qui mange une partie de l’horizon marin vue depuis notre hôtel Novotel. On la voit à droite en regardant la mer, tandis que droit devant nous, deux petites îles ressemblent à une souris qui guetterait un morceau de fromage. Amusant. C’est la plus grosse des trois que nous devons visiter.

La traversée d’une demie heure environ sera difficile pour Claudel et Catherine. Bien que la mer soit, non d’huile, mais juste avec le peu de roulis et de tangage nécessaires pour pouvoir dire qu’on a navigué sur la mer préférée de Claudil, elles ont le mal de Chine ! Et tout cela pour arriver dans une île où il n’y a pas grand-chose à voir.

Dès que nous avons posé le pied à terre, deux tap-taps découverts nous embarquent à bord pour nous conduire sur la plage aménagée, un peu plus loin. C’est assez regrettable que nous n’ayons pas fait ce chemin à pied, car au moins, là, il y avait des commerces locaux, un petit village à traverser (touristique bien sûr, mais enfin...). Tandis qu’on nous emporte à vive allure vers ce qui est censé être un paradis comme on en voit sur les affiches publicitaires, tu vois ?

Dix minutes de route, montre en mains. Claudil fait remarquer qu’il a de l’artérite, mais tout de même, il aurait pu marcher ! Nous arrivons donc sur une plage de carte postale. Vue du bord, c’est une nappe immobile et sans rides. Quant au bord proprement dit, ce sont des magasins touristiques, des bars et des restaurants sur du sable très fin, mais pas aussi blanc qu’à Monbassa (voir Carnet Kénian).

Pour 20 baht nous pouvons louer, pour la journée, des chaises-longues alignées en front de mer sous des parasols. Jean-Paul et moi en louons 4, et nous nous installons confortablement sur le moelleux des serviettes épaisses que Novotel nous a prêtées. Mais attention, ces serviettes sont comptées et le négligent qui en perdrait une en serait de sa poche ! Nos autres amis du groupe semblent bouder ce confort, et s’étalent à même le sable. Jean-Claude notamment au pied de la baraque du loueur de chaises-longues, à l’ombre. La fin des vacances aurait-elle des allures de fin de mois difficiles?

Nous allons nous baigner par épisodes et revenons nous mettre à l’abri des parasols. Mais ces va-et-vient finissent par lasser. Alors que faire ? Rien, Saowanite nous a prévenus qu’il n’y avait rien à visiter, sinon des sous-bois en empruntant des chemins forestiers peu praticables. Seulement elle nous a dit cela quand nous étions déjà en mer ! Donc trop tard, et nous sommes condamnés à jouer aux vacanciers 'azuréens' en regrettant de ne pas être restés au Novotel.

Claudel va bien inspecter le bord de mer au cas où... Elle se risquera même à tenter le sous-bois mais en reviendra vite ! Claudil et Jean-Paul irons tromper leur ennui devant une Carsberg bien fraîche, et Marie-Hélène s’endormira dans sa chaise-longue. Soudain, un petit incident crée une diversion. Le loueur de chaises fume comme un pompier et balance ses mégots devant lui, au petit bonheur la chance. L’un deux atterrit sur la serviette de La Belue qui ne peut que constater les dégâts à son retour de baignade. Un trou d’une trentaine de centimètres au moins a fait une découpe remarquable ! Jean-Paul y remédiera au retour à l’hôtel, en faisant un tas de leurs quatre serviettes qu’il jettera négligemment dans le chariot de récupération, en annonçant le plus tranquillement du monde : quatre !

Pour qu’un tel événement occupe notre journée, fallait-il qu’on s’amuse!

Toutefois, certains vacanciers - car nous ne sommes pas seuls -, des jeunes surtout, se distraient comme des petits fous en faisant du rodéo maritime. Qu’on en juge :

Jeu de plage en mer de Chine : Un boudin gonflable de 4 à 5 mètres, dit banane, est attelé à un hors-bord. Une dizaine de personnes montent dessus, à califourchon. Et c’est parti. Le hors-bord tire son chargement à vive allure, faisant subir à ses passagers un véritable rodéo jusqu’à ce que la banane se retourne en éjectant tout le monde à la baille. On remonte dessus et on recommence. Le jeu consiste donc à rester le plus longtemps sur la monture. Un conseil, il vaut mieux savoir nager !

Vers 13 heures, Saowanite nous fait savoir que notre repas est prêt. Nous n’avons pas à aller loin, le repas sera servi à trois mètres, sous une immense paillote où sont alignées des tables à perte de vue. Y prenant place, les quatre amis constatent qu’il fait meilleur ici, en tout cas moins étouffant, que sous les parasols. Ils décident donc d’y rester après le repas et de faire la sieste, comme leurs co-vacanciers, à même le sable sous la paillote. Ils céderont leur place à des Japonais bruyants qui n’en demandaient pas tant.

Quant au repas, rien à dire, sinon des éloges ! Un régal ! Du crabe, du poisson, des moules, des crevettes, des gambas à profusion avec... des frites ! Si ! Le tout arrosé de bière et d’eau comme il se doit. Comme disaient Meilhac et Halévy : « On s’en est fourré, fourré, fourré jusque là ! » Après ce plantureux festin, Jean-Paul et Marie-Hélène, qui ont le privilège de pouvoir s’endormir n’importe où, même pendant des laps de temps très courts, s’étalent sur deux chaises et s’abandonnent dans les bras de Morphée. Claudil somnole et Claudel scrute le rivage, dès fois que...

Pendant ce temps-là, Saowanite à l’écart grignote quelque plat thaïlandais tout en lisant le journal de la veille. A la demande de Claudil elle le lui remettra, car il tient à en conserver un exemplaire, ne serait-ce que pour avoir un souvenir de l’écriture thaïlandaise. A ce sujet la Ninite lui précise que leur alphabet est beaucoup plus important que le nôtre ; compte tenu des sons qu’ils ont à exprimer, il ne leur faut pas moins de 44 consonnes, 32 voyelles et 5 accents.

Un petit spectacle sur la plage nous tire un instant de notre torpeur. Pour 1000 baht ( 145 f.) de magnifiques jeunes filles acceptent de se faire photographier en compagnie de touristes qu’elles prennent par le cou d’une façon très câline. Nos bruyants Japonais sont vivement intéressés et, à tour de rôle, chacun aura droit à sa pose suggestive, avec mime de baiser, attitude lassive, bref toutes les grimaces érotiques de la séduction ! Voilà des photos qui vont faire le tour de nombreuses usines ou bureaux nippons. Seulement, ce que les envieux qui vont baver devant les photos ne sauront pas, ce que nos vacanciers du jour ne savent pas non plus, et que Saowanite nous confie en riant, c’est que les ravissantes jeunes filles sont des travestis ! Ce n’est pas tout, Claudel se souvient tout à coup, et le confie à son mari ainsi qu’au groupe tout entier, ce matin même, alors qu’elle s’activait à la chasse aux coquillages sur le rivage, un groupe de Chinois a absolument insisté pour qu’elle se fasse photographier avec chacun d’eux. Flattée comme une femme peut l’être, elle a accepté sans malice. Et là, elle réalise - et s’en trouve très honorée, bien qu’elle ait des doutes sur la finalité de l’opération - qu’elle a été mise sur un pied d’égalité avec une jeune beauté thaïe ! Son Claudil, lui, n’apprécie pas des masses qu’elle puisse faire le tour de Pékin et donne des envies lubriques à qui que ce soit... Il connait l'influence du Nippon sur la Chine ! :lol:

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Re: THAÏLANDE

Messagepar coriolan » 08 Nov 2011 14:13

Enfin, à 15 heures nous quittons ce paradis factice, et reprenons le tap-tap puis le rafiot. La traversée sera encore plus difficile pour Claudel et Catherine. Enfin, terre ! Ouf ! Il s’en est fallu d’un peu que les gambas ne repassent par-dessus bord.

C’est le car maintenant jusqu’au Novotel. Chemin faisant, Savonnette nous informe qu’il est d’usage, en fin de séjour, que les vacanciers marquent leur contentement à l’égard du chauffeur et de l’aide-chauffeur en lui remettant une petite enveloppe. Elle ajoute en souriant presque tristement :

- Ca fait des devises. Notre pays qui traverse une grave crise économique, en a bien besoin.

Bien qu’elle ne fasse aucune allusion à elle-même, chacun comprend qu’elle ne saurait échapper à cet usage ! Ca fera d’autant plus de devises... On en prend bonne note. Par ailleurs, Claudil apprécie son esprit nationaliste et sa responsabilité de citoyenne ; il regrette de devoir toujours prendre des leçons de ce genre dans les pays étrangers ! Pauvre France !

Nous arrivons à notre hôtel à 16 heures. Claudil s’offre une petite sieste pendant que Claudel va se faire bronzer sur la plage avant que le soleil ne se couche. A 17 heures 30 il rejoint son idole pour Chinois et, tous deux bras dessus, bras dessous, (bien que toute attitude évocatrice de ce style soit déconseillée en public !) ils partent en direction du petit restaurant voisin, le Bang Baï, ainsi qu’ils le découvriront en arrivant.

Ils sont en train de prendre l’apéritif en compagnie de Jeannette et Ounissane qu’ils ont rencontrées là, quand Claudel apercevant le soleil qui, pour une fois, ne se couche pas dans la brume, crie à Claudil :

- Vite, va me chercher l’appareil photo que j’ai laissé dans la chambre ! Vite !

Claudil pourtant habitué depuis sa folle jeunesse à la fugacité des couchers de soleils tropicaux et équatoriaux, ne réalise même pas, et part de toute la vitesse que lui permettent ses pauvres jambes. En vain. Sur le chemin du retour il trouvera sa Claudel désappointée qui lui déclarera tout net qu’il n’y a plus rien à voir !

La nuit tombe lentement. Nos deux tourtereaux vont goûter l’heure sur un transat, quand soudain des abois de chiens qui se battent troublent leur béatitude. C’est alors qu’ils voient un spectacle horrible. Deux chiens sont en train de s’entre-dévorer. Ce n’est pas un euphémisme ! Ils iront ainsi jusqu’à ce que l’un des deux meure, en dépit de l’intervention d’un groupe de vacanciers. La pauvre bête expirera avec la marée montante et un regard plein de tristesse pour ses sauveteurs un peu tardifs.

Il est 19 heures. Jean-Paul, à qui nous avons fait savoir que lors de notre apéritif au Bang Baï nous avons vu qu’au menu de ce soir il y avait des ‘fishes’, vient nous rejoindre avec sa dulcinée. Nous parlons de l’affaire de cette pauvre bête, et c’est alors que Jean-Paul, pas d’accord du tout avec Claudil, se lance dans une discussion philosophique qui durera toute la soirée. Pour lui, d’abord les hommes ont eu tort d’intervenir pour tenter de modifier ce qu’il appelle un ‘équilibre naturel’. Ils ont eu tort également par le fait qu’ils auraient pu se faire mordre ! Et puis, un chien ce n’est qu’un chien ! On sent le chasseur qui transparaît sous l’homme.

La discussion dérive vers la corrida, et Claudil qui ne partage pas les idées de Jean Cau, et pour avoir assisté une fois à une corrida, à Nîmes, ne se lasse pas de dire à qui veut l’entendre que, dans ce genre de manifestation, il est plus pour le taureau que pour l’homme ; Claudil défend son opinion bec et ongle ! Mais Jean-Paul aussi ! Et ce dernier est si convainquant que le soir, au lit, Claudil poursuivra ce dialogue tout seul, et finira par trouver, à son corps défendant des arguments contre ses propres principes. C'est vrai qu'il est convainquant ce Jean-Paul !

En attendant, ils passent à table. Hélas le fish s’avérera être du cuttle fish, et le cuttle fish de la seiche ! Claudil n’aime pas du tout, mais il fera contre mauvaise fortune bon coeur et tentera d’être à la hauteur de ses erreurs.

Entre temps nous sommes rejoints par Jean-Claude, sa femme et ses filles, ainsi que par Jacques et France. Comme nous sommes une table de 4 et que, depuis quelques jours, nous semblons prendre nos distances avec Jean-Claude que Claudel trouve un peu vulgaire, tous les 6 regrouperont 2 tables pour dîner ensemble.

Eux-aussi ont quelques difficultés pour s’expliquer avec la jeune serveuse. A toutes fins utiles nous les informons que le cuttle fish est de la seiche. Nous ne savons ce qu’ils commandent, mais après une très longue attente due à la complexité de ce qu’ils ont demandé, la serveuse leur apporte quelque chose qui n’est pas du tout ce qu’ils voulaient ! Et puis les plats sont froids ! Et puis c’est beaucoup trop cher ! On frôle l’incident diplomatique dans l'impossibilité que nous sommes de nous expliquer en thaïlandais aussi bien qu’en anglais d'ailleurs !

Mais Catherine, en femme de tête, tranche le problème. Devant le montant de l'addition qui lui semble exorbitant, elle décide de payer, non pas ce qui est demandé, mais ce qu’elle estime raisonnable de régler. Jean-Claude la suit dans cette vision des choses, et France ainsi que Jacques lui emboîtent le pas. Et ils s’en vont en laissant sur la table ce qu’ils pensent devoir !

Bien sûr que ce n’est pas très correct, mais la petite serveuse a eu grand tort de croire qu’elle avait compris ce qui, de toute évidence, lui avait échappé ! Comme tous les Thaïlandais, elle a dit : ‘Oui’ alors qu’elle aurait dû insister pour se faire mieux expliquer ; à la limite appeler son patron. Car dès lors, c’est à lui qu’elle a affaire ! Et il n’est pas content le patron, et nous croyons comprendre que c’est elle qui devra mettre 200 baht au bout du décompte de Catherine ! C’est dur pour elle, et elle pleure.

Bienheureuses larmes, convient Jean-Paul qui se souvient de ses propres erreurs de jeunesse, et du prix qu’il a dû les payer. Mais, comme il est plus vieux que la jeune écervelée qui pleure, il sait aussi que la faute est toujours bénéfique pour qui sait s’en souvenir. La faute a des vertus que la perfection n'a pas. Là dessus, Claudil qui, lui non plus, ne manque pas de références, est tout à fait d’accord. Et les voilà partis, derechef, dans un discours philosophique qui n’a d’égal que ceux qu’on entend dans les bars à l'heure de la fermeture. En attendant, erreur heureuse ou pas, il faut vivre l’instant et payer les pots cassés !

Et puis il est 21 heures, nous regagnons nos pénates après un dernier regard attendri de Claudil au chien mort, que des clients compatissants ont remonté sur le sable afin que la marée ne l’emporte pas. Demain il aura disparu... Mais qu’importe !

Avant de remonter dans nos chambres, nous tombons en arrêt devant un panneau affiché bien en vue à l’entrée de l’hôtel, bien qu’il nous ait échappé jusqu’alors. C’est la photo d’une jeune femme, que la direction met en évidence avec cette légende écrite en gros caractères :
« The best employée on the month is Mrs Sukanya Hankha »
On croyait ces pratiques d’un autre âge, eh bien, non !

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Re: THAÏLANDE

Messagepar coriolan » 09 Nov 2011 13:39

Vendredi 6 mars

Matinée libre et cependant, force de l’habitude, les Claudes se lèvent à 8 heures. Claudil a mal dormi. Il a gambergé une bonne partie de la nuit à se répondre à la question : un chien vivant vaut-il plus qu’un lion mort ? Il s’est répondu que non, et dès lors, à la suite d’une théorie compliquée que seul peut justifier un état de somnolence, il a compris la grandeur de la corrida et la beauté du destin tragique du taureau. Cela valait bien quelques heures de sommeil !

Dès le réveil, après le petit déjeuner habituel : pain, beurre, confiture à volonté, c’est un long bain réparateur dans la piscine, au pied de la statue d’une espèce de Bouddha qui a les deux bras coupés, et que Jean-Paul a baptisé : le Bouddha de Milo ! Iconoclaste ! De la musique diffusée par un haut-parleur discret donne à la scène l’impression de vivre dans un film.

Puis Claudil est rejoint dans l’eau par La Belue - il y avait longtemps ! -, puis par sa soeur Sophie, la Belette. Soudain entendant pianoter « La lettre à Elise », La Belue s’indigne :

- Oh ! ça fait 3 fois qu’on l’entend depuis ce matin !
- Tu sais pourquoi ?
- Non
- Parce qu’elle ne répond jamais !


Et comme d’habitude, Claudil est le premier à rire de sa boutade qu’il découvre en même temps que les deux filles ! C’est ça le génie ! Mais restons modeste...

Et puis il fait un petit tour dans une mer toujours de Chine et aussi chaude, retourne près de la piscine, sur un transat, où il met en devoir de poursuivre la lecture de son Phénomène humain qu’il a emmené avec lui, mais qu’il n’a guère eu le loisir de feuilleter en 2 semaines. Mais depuis... c’est vrai qu’on s’ennuie ferme quand on n’a pas de temples à visiter !

Soudain Jeannette le rejoint et s’assied à côté de lui. Jeannette, c’est une gentille petite bonne femme de 70 ans, grande comme trois pommes à genoux et mince comme un haricot sans fil. Elle n’a qu’un seul défaut, elle a le verbe un peu haut. Et la voilà qui raconte sa vie ! Claudil ferme son livre par courtoisie et l’écoute. Tous ceux qui passent peuvent bénéficier de ses confidences, et apprendre qu’elle est femme de ménage, qu’elle a de bons patrons. D’ailleurs elle vient même de leur envoyer une carte, c’est vous dire ! Sur les transats voisins Claudil surprend des sourires furtifs, des coups d’oeil hautains sur cette vieille qui a le toupet de venir les souiller par sa présence ! A-t-on idée de venir se vanter d’une horreur pareille ! C’est des coups à changer d’hôtel ou de porter plainte !

Grâce à Bouddha, l’heure du déjeuner est proche et Claudil prétexte d’aller prévenir Claudel qui papote avec Annick, Nicole et Catherine, pour fuir son encombrante amie, dont c’est à la fille aînée - celle qui a réussi et qui est institutrice - qu’elle doit d’être ici, vu que c’est elle qui a payé les trois quarts du voyage, et elle le dernier quart sur ses économies. Car elle fait des économies, ce n’est pas pour dire, mais...bla, bla, bla...

*

La veille au soir, nous étant retrouvés Jeannette, Jean-Paul et Jean-Claude, dans le hall de l’hôtel, avachis dans des fauteuils, Jeannette en tant qu’aînée avait abordé le problème, ô combien délicat, de la marche à suivre pour la remise des enveloppes. Claudil, pragmatique, n’y est pas allé, lui, par quatre chemins. Il a décidé pour tous, en tant que vice-aîné :

- Jeannette vous ferez les enveloppes, et Jean-Paul qui est banquier à ses moments creux, il fera la collecte des fonds. C’est tout simple. Puisque Saowanite nous a recommandé de respecter une hiérarchie des pourboires, j’envisage, à titre personnel, de donner 200 baht à l’aide-chauffeur, 300 au chauffeur et 500 à Saowanite. Ce qui fait 2000 baht pour un couple. A part cela chacun fait ce qu’il veut, Jean-Paul passera les enveloppes, et chacun mettra ce qu’il voudra ou ce qu’il pourra. En-suite notre banquier remettra en notre nom à tous les enveloppes à leurs destinataires. C’est tout simple.

Tout le monde est d’accord, à l’exception de Jean-Paul qui trouve Claudil un peu expéditif, mais accepte néanmoins à condition que la collecte se fasse ce midi même et que les enveloppes soient remises, dans le car, le jour même afin qu’il n’ait pas à garder d’argent par devers lui. C’est OK. La collecte aura donc lieu pendant le repas et sera remise à leurs bénéficiaires cette après-midi.

Nous faisons un déjeuner extra où, fait rarissime pour être signalé, Claudil a repris du riz à deux reprises ! Pendant ce temps les enveloppes circulent, se remplissent et sont remises à Jean-Paul. Puis c’est, à 13 heures 20, le départ en car vers Bangkok où nous arriverons à 17 heures. Durant le voyage Jean-Paul s’acquittera au mieux de sa mission de trésorier-payeur. Ca lui est allé comme un gant ! Nous avons eu droit à toutes les marques de gratitude de la part de Saowanite, du chauffeur et de son aide, avant même qu’ils ne connaissent de combien nous avions pu nous fendre.

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Re: THAÏLANDE

Messagepar coriolan » 10 Nov 2011 14:30

Saowanite nous annoncera que demain nous risquons de ne pas la voir car elle a un nouveau groupe de quarante-cinq touristes qui débarque, et qu’elle doit commencer à driver le jour même ! Et ce pendant 10 jours pour faire le même circuit que nous en 15 !! Nous la plaignons de tout coeur, car la pauvre accuse une grosse fatigue qu’elle a du mal à cacher. C’est la vie.

Ainsi, pour la troisième fois nous débarquons à l’hôtel Mercure à BKK, hôtel que nous commençons à le connaître par cœur ! Mais on ne déroge pas à la tradition, c’est le verre de bienvenue et la cérémonie de remise des clefs. Nous disons adieu à Saowanite qui nous communique son adresse.

Cette fois nous avons la chambre 6072 c’est-à-dire, comme son numéro l’indique, au 6ème étage.

Nous nous installons, nous douchons. Il est 17 heures 45, et nous ne savons pas encore ce que nous allons faire. A défaut de s’être concertés avec les autres, nous sortons en Claudes amoureux pour faire le tour d’un quartier qui ne nous est plus du tout étranger, mais pas dans tous ses recoins cependant. Nous nous arrêtons chez un Chinois sympathique pour boire un coup et découvrons qu’il est restaurateur. Nous constatons également qu’il sert du canard laqué que nous pouvons admirer d’ailleurs sur son étal intérieur. Nous consultons le menu ; il le fait à 85 baht (12 francs).

- C’est bien, dit-on, nous reviendrons à 4.

Comme il ne comprend ni le Français, ni l’Anglais, nous nous exprimons par gestes. Et nous sortons pour faire notre petit tour des échoppes, étals, et magasins divers. Claudel s’arrête partout, intéressée par tout : ‘On se croirait à China town' dit-elle. Le fait est. Chemin faisant nous constatons que ‘The Ong’ est toujours fermé. Un autochtone interrogé par mimiques, nous fait savoir par le même moyen que le restaurant est clos définitivement.

Claudil surveille sa montre car, dit-il, il voudrait bien être à l’hôtel vers 19 heures pour tenter de rencontrer les Jean-Paul afin d’aller dîner avec eux chez le Chinois. L’heure approchant, nous remontons donc dare-dare et, alors que nous arrivons à l’hôtel, nous rencontrons nos amis qui, eux aussi, nous cherchaient. Nous leur parlons du Chinois, et nous nous y rendons sans tarder.

Nous sommes reçus comme des gens de la famille. Nous commandons alors 4 canards laqués marqués « duck » sur le menu mais que, par acquit de conscience, nous lui montrons dans la cuisine, ce qui élimine toute surprise désagréable. Les deux seules difficultés furent de se faire comprendre pour commander du riz (un comble), et de manger avec des baguettes !

Chaque part de canard nous est servie avec des feuilles de roses et des cacahuètes. C’est un délice ! Hélas ! Pour Claudil, il y a un hic ! Les cacahuètes font mauvais ménage avec les appareils dentaires. Il doit donc rééditer la mimique de Baan Phe pour se faire indiquer les toilettes. Là, une surprise l’attend. Les lieux sont propres, il lave donc son appareil sous l’eau sans le moindre dégoût, et c’est alors qu’il découvre que le lavabo n’ayant pas de siphon, l’eau est en train de lui inonder les pieds sans ménagement ! C’est donc les dents et les pieds propres qu’il rejoindra sa place à table.

Pour le dessert Claudel demandera un plat marqué Ice; Marie-Hélène un plat marqué Jelly, et les hommes, à tout hasard, un plat dénommé bean red ice. Claudel aura des litchis ! Marie-Hélène de la gelée anglaise, comme celle que nous avons tant aimée au Kenya et dont Claudil n’arrêtait de dire que ç’en était... sûrement, et les hommes, des haricots nains rouges sucrés qui baignaient dans du lait de coco frais ! Ce n’est que lorsqu’il vit venir les haricots, que Claudil se souvint, pour avoir vécu la guerre de 40, que beans veut dire haricots ! ! Mais c’était des haricots gros comme des grains de riz, et le supplice des gencives meurtries recommença. Cette fois cependant, en souvenir du lavabo qui fuyait, il fit un gros effort et, dans l’euphorie générale, honora le plat comme un garçon bien élevé doit le faire. Jean-Paul itou.

Avec 2 eaux, 2 Heineken, et 4 cafés, nous en avons eu au total pour 611 baht, soit moins de 25 francs par personne ! C’était raisonnable.

Nous sortons et faisons le tour du pâté de maisons avant de rentrer à notre hôtel pour une bonne nuit. Auparavant nous nous donnons rendez-vous dans le hall de l’hôtel, demain matin entre 9 heures et demie et 10 heures. Nous avons quartier libre toute la journée, nous irons donc visiter le Musée National pour passer le temps.

(à suivre)
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Re: THAÏLANDE

Messagepar coriolan » 11 Nov 2011 17:10

Samedi 7 mars (dernier jour, the longest day !)

Nous nous retrouvons tous les quatre, comme prévu, dans le hall vers 9 heures et demie, après le petit déjeuner.

Nous convenons d’aller au Musée en taxi puisque nous ne savons pas exactement où c’est, et demandons au garçon de l’hôtel de nous appeler un taxi meter. C’est une charmante hôtesse qui se propose d’accomplir cette délicate mission. Moins de cinq minutes plus tard, elle hèle un taxi qui s’arrête, et nous la voyons discuter un instant avec avant que ce dernier ne se dirige vers nous.

- Ce sera 150 baht, nous dit la jeune femme en revenant.

Nous la remercions infiniment pour ce service qui nous aurait pris beaucoup de temps, et le taxi nous conduit au musée.

Nous quittons les petits quartiers populaires et bruyants qui entourent l’hôtel Mercure pour nous engager dans le secteur chic de la capitale. A ce propos, il faut dire que, mis à part ses bidonvilles, Bangkok est une ville très propre en dépit de ce qu’on entend dire ici et là. Soudain, alors que nous descendons une vaste et longue avenue bordée de cocotiers, Claudil s’exclame : ‘C’est sans doute la promenade des Français !’ Ca ne perturbe pas notre chauffeur qui, par ailleurs, ne comprend pas un mot de notre langue. Il conduit consciencieusement sa voiture dont l’intérieur a été transformé en un véritable petit autel. Des photos du Roi et de la Reine, une statuette de Bouddha fixée sur le tableau de bord et, sur le pare-brise, deux guirlandes de fleurs de jasmin entourant la photographie jaunie d’un vieux couple ; ses parents, sans doute. C’est touchant.

Nous arrivons au National Museum en un temps record.

Le musée a été fondé en 1874 par Rama V, à partir d’une collection privée appartenant à son père, Rama IV. Il est constitué, en gros, d’une aile Sud et d’une aile Nord, avec, entre les deux, un vaste bâtiment central prolongé d’une salle du trône, et, décentrés, trois autres édifices. Voilà pour l’essentiel.

Il est environ 10 heures et, comme il faut impérativement être de retour à l’hôtel à midi pour libérer les chambres, nous avons deux heures et seulement deux heures à perdre. A l’entrée, Jean-Paul qui portait avec lui, un sac en bandoulière a été prié de le laisser dans la salle des gardes. Claudil qui, lui, portait un sac contenant sa caméra n’a pas été contraint de la laisser en gage ! Discrimination raciale à l’égard des gens du Gers ? Va savoir !

En dehors des statues de Bouddha sous toutes ses formes, de tous les styles et de toutes les époques, la visite de ce musée n’a pas été ennuyeuse. Au hasard de notre promenade dans les galeries, nous y avons vu, en vrac, des collections d’insignes royaux, des statues en ivoire et en bronze, des porcelaines dites ‘aux cinq couleurs’, des masques et des marionnettes de théâtre d’ombre, des paravents et vaisselles diverses incrustés de nacre ou laqués, une salle d’armes qui exhibait fièrement une des premières mitrailleuses françaises ainsi qu’un éléphant entièrement caparaçonné pour la guerre, des sculptures sur bois, des instruments de musique thaïe, des chariots funéraires royaux, des cerfs-volants de toutes les tailles-thaïes, de toutes les formes et de toutes les couleurs, des costumes divers et des pièces de tissu coloré.

Un seul inconvénient, toutes les indications pouvant nous être utiles sont rédigées en Thaïlandais et, quelques fois, en Anglais.

Enfin nous avons terminé notre visite par les galeries de l’histoire Thaïe, et de la préhistoire.

A de rares exceptions près, il est interdit de photographier ou de filmer à l’intérieur des salles. Claudil qui ne s’en est rendu compte qu’au dernier quart du parcours, a frémi en se souvenant de Bang Pa-In et de la cassette déchirée en représailles !

Après avoir récupéré son sac, Jean-Paul et les trois autres sont partis à la recherche d’un taxi pour rentrer à l’hôtel puisque là, il faut bien nous débrouiller par nos propres moyens. Mais, maï mi panha, un taxi meter s’arrête aussitôt, comprend le lieu de notre destination - d’autant que Marie-Hélène avait conservé une carte de visite de l’hôtel rédigée en Thaïlandais ! - Nous embarquons donc et faisons le chemin à l’envers.

Le conducteur, pas plus que le précédent, ne comprend le français ; on ne s’en inquiète pas, il sera temps d’aviser quand nous serons arrivés.

Nous y sommes, et le chauffeur nous fait comprendre que nous lui devons 70 baht. Nous pensons que c’est par personne et commençons à trouver que c’est un peu cher. Ca ferait tout de même 40 francs ! Eh bien, non ! C’est 70 baht, 10 francs pour nous quatre !! Il est heureux pour elle, que nous n’ayons pas retrouvé notre hôtesse du matin, nous lui aurions sans doute parlé du pays ! C'est de 140 bath que nous nous sommes fait empiler ! Jamais 20 fr. ne m'ont paru plus exorbitants. :twisted:

(à suivre)
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Re: THAÏLANDE

Messagepar coriolan » 12 Nov 2011 20:32

Il est environ midi. Saowanite a obtenu de la direction que, compte tenu de notre départ de l’hôtel à 20 heures pour un décollage à 23 heures 40, nous puissions garder l’utilisation d’au moins une chambre pour y entreposer nos affaires et éventuellement, dans l’après midi, prendre des douches. C’est d’accord, mais il faut débarrasser nos chambres et entasser nos bagages dans celles initialement attribuées à Jean-Paul et à ses filles, les numéros 6058 et 6060, et rendre nos clefs.

Nous nous exécutons et, le transfert étant fait, passons à table pour le dernier repas de la demi-pension à la charge de Nouvelles Frontières. Rien à dire sur ce repas qui est dans le droit fil des précédents.

A 15 heures 27, très exactement, Claudil téléphone à Colette pour savoir si, comme convenu, Bernard nous attendra bien à Roissy avec notre voiture, s’il est rentré de Côte d’Ivoire où nous savions qu’il devait se rendre, ou si nous devrons nous débrouiller par nos propres moyens. Colette nous rassure : Bernard n’est pas rentré, mais elle a demandé à un taxi de nous at-tendre à l’aéroport le 8 au matin, vers 8 heures 50, c’est à-dire - comme en France il est 9 heures et demie du matin (du 7 mars) - dans 23 heures.

C’est fini, nous n’avons plus rien à faire, qu’attendre. Attendre d’abord 18 heures (dans 2 heures et demie), pour libérer les chambres de transit ; attendre 20 heures pour prendre le car en direction de l’aéroport ; attendre 23 heures 40 pour décoller ; attendre 8 heures 50 du matin pour arriver à Roissy après une escale à Amsterdam. Attendre ! Attendre !

Jean-Paul, Marie-Hélène et moi, nous nous collons dans un fauteuil du salon d’accueil pour... attendre. Tandis que Claudel, toujours fouineuse, elle décide d’aller faire le tour des petits marchands jusqu’à... jusqu’à ce qu’elle en ait marre !

En cours d’après-midi, Claudil se souvenant que Claudel lui a demandé de filmer les rues environnantes qui ne manquent pas de pittoresque, monte à la chambre 6060 où il a laissé sa caméra. La porte est fermée à clef. Il y a quelqu’un à l’intérieur, on entend la télé qui marche. Il tape à la porte très fort, personne ne lui répond. Il insiste à s’en blesser les phalanges, rien ! Il redescend au hall d’accueil où le préposé aux clefs lui affirme qu’il n’a pas la clef de la 6060. Sur ces entrefaites, Jacques qui passait dans le hall informe Claudil qu’il a vu La Belue et sa soeur en train de baguenauder dans le quartier, et qu’elles lui ont dit qu’elles seraient de retour dans une petite heure ; qu’elles conservaient la clef avec elles par sécurité !

Le sang de Claudil ne fait qu’un tour! Qu’est-ce que c’est que ça ! Cette petite commence à le faire ch... comme ce n’est pas possible ! De quoi je me mêle ! Ah ! Elle peut rentrer, il l’attend de pied ferme.

Elles seront de retour vers 17 heures. Claudil est fou de rage. Du plus loin qu’il les voit il les interpelle. Passons sur les bonnes raisons invoquées par la pauvre Belue qui n’en mène pas large en dépit de son air faussement détaché, passons sur la colère de Claudil. L’échange verbal est vif !

De la secousse, il ne se souvient même plus pourquoi il avait besoin de la clef, prétexte qu’il lui faut prendre une douche, et la prendra. Cependant la douche elle-même ne calmera pas son excitation et, quand une fois un peu plus frais, il redescendra dans le hall, Claudel rentrée de sa promenade lui conseillera de changer sa chemise qui est trempée de sueur ! Hélas ! Les vêtements sont dans les valises, et les valises sont tellement bien agencées que la plus petite des recherches remettrait en cause une organisation scientifiquement traitée. Qu’à cela ne tienne, Claudel a vu des petits marchands sur un boulevard, à 10 minutes de l’hôtel, qui vendent de la lingerie masculine, il suffit de s’y rendre. On a bien le temps.

Nous voilà donc partis faire nos petites courses. Il est 17 heures 30 environ, nous avons le temps, c’est vrai, mais tout juste ! Si nous voulons être de retour à 18 heures pour descendre les bagages afin de libérer les deux chambres de transit, il nous faut presser le pas.

Parvenu dans la grande artère commerçante, Claudel cherche et trouve la marchande qu’elle avait repérée cette après-midi. Il y a en effet de très jolies chemises au prix affiché (donc, en principe, non négociable) de 159 baht. Pour la forme cependant Claudil dira qu’il est disposé à en acheter deux, mais pour un prix global de 300 baht. C’est vraiment pour la forme car l’économie réalisée, 18 baht, représente environ 2,50 francs !! Le pingre ! Il obtiendra satisfaction et tout le monde sera content, surtout lui car il emportera dans ses bagages 2 magnifiques chemises pour moins de 22 francs la pièce.

Puis sur le chemin du retour à l’hôtel, ils achètent encore du déodorant et du whisky de riz.

Il est 18 heures 20 ! C’est au pas de course que nous gagnons l’hôtel. Lorsque nous arrivons, nous voyons dans le hall, regroupées en tas, les valises des gens de notre groupe, les nôtres n’y sont pas. Personne ne les a descendues ! Les vaches ! Claudil se précipite, et joue les commissionnaires. On sent que c’est le dernier jour, nous n’avons plus droit au service des garçons d’étage. Et il recommence à ruisseler.

A 19 heures, Jean-Paul, Marie-Hélène et nous, allons chez notre Chinois de la veille pour notre ultime repas en Thaïlande. Et re-belote : canard laqué ! Nous mangeons copieusement, et regagnons notre groupe à 20 heures pour le départ vers l’aéroport.

Et c’est les servitudes que nous connaissons bien : formalités d’enregistrement, passage au dépistage magnétique des bagages à main et des voyageurs qui doivent franchir le portique adéquat, contrôles des douanes et attente dans la zone franche où nous aurons plus de deux heures à perdre !

Nous utiliserons ce temps à boire, et à dépenser nos derniers baht - qui ne sont pas négociables en France - en babioles, dans la splendide galerie duty free. On invite les passagers du vol à destination d’Amsterdam à se rendre à la porte (le numéro m’échappe) pour embarquement immédiat. Nous nous y rendons, et c’est effectivement l’embarquement à bord, cette fois, d’un 747 comme nous les aimons !

Le décollage a bien lieu à l’heure prévue de 23 heures 40. Mais, une fois à bord, comme l’avion est de la compagnie KLM, l’heure devient 17 heures 40, l’heure de la Hollande, l’heure de la France.

Ca n’a l’air de rien comme information, cette histoire d’heure. Et cependant, après un envol sans reproche, et le temps de prendre l’altitude qu’il convient, il est de nouveau 19 heures, l’heure du dîner ! Ce jour-là, the longest day de 30 heures, nous aurons mangé deux fois, et à 19 heures ! La première fois du canard laqué, et la seconde du poisson!

Le voyage est sans histoire. A signaler que cette fois, et pour un trajet plus long dans ce sens que dans l’autre, nous n’avons pas eu de place près d’un hublot. Enfin... Nous essayons en vain de dormir, mais je crois que nous somnolons... Car soudain, sans qu’il y ait paru, nous sommes au-dessus d’Amsterdam. Il est 6 heures du matin ce 8 mars 1998, le jour s’apprête à se lever.

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Re: THAÏLANDE

Messagepar coriolan » 14 Nov 2011 14:02

Dimanche 8 mars

...Le jour s’apprête à se lever. Il est 6 heures du matin. Le temps de transit à Amsterdam est de 1 heure et demie environ. Nous aurons tout juste le temps de rejoindre la salle d’embarquement à destination de Roissy Charles de Gaulle, tant les couloirs de correspondance sont longs !

Mais, ça y est, nous y sommes. Grâce au couloir périscopique qui permet aux passagers de sortir de l’avion pour atteindre directement l’intérieur de l’aérogare, nous n’avons pas encore mis le nez dehors. On sait seulement qu’il fait tout juste quelques degrés au-dessus de zéro. Nous sommes loin des 40 degrés à l’ombre !

Tout a une fin, c’est pourquoi, ne nous en déplaise, nous finissons par arriver à Roissy à l’heure prévue. Quelle exactitude.

Nous retrouvons tous les membres de notre groupe devant le tapis roulant qui dessert les valises du vol. Ca y est, Jacques et France ont leurs bagages. Au revoir ! On dit ‘au revoir', mais on sait bien que c’est ‘adieu’. Et c’est ‘au revoir 'à Ounissane, à Jeannette, aux Bretons, à l’instit., à Jean-Claude et Catherine, mais ce n’est pas ‘au revoir'aux filles. Pourquoi ? La Belue a tourné la tête, et Sophie a suivi. Bon. Mais non sans une pointe d’émotion, c’est aussi ‘au revoir' avec beaucoup d’espoir à Jean-Paul et Marie-Hélène.

Jean-Paul doit aller le jour même au salon de l’Agriculture. Il va négocier avec Nouvelles Frontières pour laisser en dépôt ses valises au stand de l’agence, puisque le soir même il doit revenir prendre l’avion en direction de Pau. La dernière vision que nous avons du couple, c’est Jean-Paul accoudé au guichet d’une hôtesse, en train de discuter de son problème sous l’oeil attentif de son épouse.

Claudil, en passant, leur lance une dernière boutade, mais en s’adressant à l’hôtesse :

- Attention à vous, ce sont des Gascons !

Et l’hôtesse de répondre du tac au tac, avant même qu’ils n’aient eu le temps de tourner la tête :

- Mais je les aime bien, moi, les Gascons.

Nous aussi, va ! Mais ceux qui savent se faire regretter à ce point-là, pas trop !

*
Le groupe s’est disloqué. Dehors, dans le froid, un taxi nous attend avec un panneau qui porte notre nom. Saowanite n’est pas à bord, et, chemin faisant le chauffeur nous parle de tout et de rien, mais pas de Bouddha !

Qui aurait cru qu’il commencerait si tôt à nous manquer, celui-là !

Echoisy, le 7 avril 1998
C.A.
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