Le BIG FLOP !

Propositions de débats

Le BIG FLOP !

Messagepar coriolan » 10 Mar 2009 14:07

Le BIG FLOP
(ou ‘drame en 4 actes avec prologue et happy end’)

Prologue –

C’est une histoire absolument incroyable que je vais vous conter, incroyable parce que vous en connaissez déjà tous les éléments, mais que vous ignorez cependant à défaut d’avoir su relier entre elles ses diverses composantes . Vous êtes dans un labyrinthe et il vous manque le fil d’Ariane ; vous êtes devant mille morceaux épars et vous ne savez pas que c’est un puzzle qui est sous vos yeux.

Alors je vais vous expliciter tout cela par le menu et dans l’ordre où les pièces de ce puzzle géant se sont présentées à mon esprit.

La présentation sera en 4 actes suivi d'un "happy-logue"

(à suivre)
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Acte 1 - Pousse que poussera

Messagepar coriolan » 10 Mar 2009 14:17

Cette fois, je me presse ! Je n’ai plus de temps à perdre ; hier j’ai fêté mon soixante-dix-septième anniversaire et déjà Tintin ne m’est plus permis ! Tintin ! C’est là que vous mesurez la fuite fulgurante du temps. N’en perdons pas davantage, semons nos graines et pousse que poussera.

Avant que ma vie ne rende son dernier souffle, il est grand temps que je m’exprime. Car enfin, ce n’est pas le tout de le rendre, ce dernier souffle, encore faut-il savoir de quoi il est fait !

Si je vous demande à brûle pourpoint : ‘qu’est-ce que la vie ?’ Que vas-tu me répondre, toi, le camionneur qui l’épuise sur toutes les routes ? Toi, le chef de laboratoire ? Toi, le professeur ? Toi, le prix Nobel de chimie qui pourtant dit qu’il sait… que sais-tu ? Je t’écoute… Ah oui ! il te faut sortir toute ta panoplie littéraire et pour bien te comprendre il faut que je me mette au diapason en apprenant tout ce que toi, tu as appris… Tu parles d’un gain de temps ! ou alors que je te croie sur parole ! Je n’en ai pas envie ! je n’en ai plus envie ! On m’a tellement trompé tout au long de ce cheminement du camionneur ici présent que je n’ai plus envie de te croire les yeux fermés, et comme je n’ai pas le temps de me mettre en phase avec le produit de tes chères études, alors ? que dois-je faire ? Ce dernier souffle, je vais devoir le rendre sans savoir exactement de quelle nature il est ?

Eh bien, je vais vous le dire tout net : depuis ce matin, je m’en fous ! Je m’en fous parce que tout à l’heure, en me réveillant, j’ai tout compris. Vous êtes tous des hâbleurs, des ‘qui-savent-petit’. Vos connaissances d’aujourd’hui sont les erreurs, les hérésies de demain et vous le savez bien dans le fond de vous-mêmes… et c’est ce qui vous embête car vous ne pouvez pas l’avouer sans cracher dans la soupe ! Alors écoute-moi bien professeur, en te mettant à la hauteur du camionneur encore ici présent ; je vais tout te dire.

La « vie » est l’instant d’un mouvement, on l’appelle aussi « temps ». C’est l’échange constant entre un objet et le milieu au sein duquel il s’exprime, c’est une suite d’actions et de réactions conscientes ou non… et c’est tout..

La vie existe naturellement depuis l’origine des temps. Tu me diras : il a fallu le coup de pouce du début ? Je te répondrai que cette question-là, elle est vieille comme le monde et que c’est pour ça qu’on a créé un Dieu… ou des dieux, au choix. Oui, vieille comme le monde, comme la vie, en fait. Tiens, on va simplifier et dire : « Au commencement était la vie » Ca te va ? C’est aussi bien que de dire « Au commencement était Dieu » pourquoi l’une de ces deux affirmations serait-elle plus ou moins crédible que l’autre ? On en reparlera tout à l’heure.

Restons sur « Au commencement était la vie » et acceptons ce premier coup de pouce comme la première cause de notre univers, première cause mère de tant d’effets. Eh bien, cette théorie ininterrompue de conséquences, c’est ça la vie. Vivre, ce n’est pas que nourrir ses globules en oxygène ; ce n’est pas que métaboliser des corps étrangers ; ce n’est pas que se reproduire, c’est aussi et surtout : rouler, si je suis une pierre qui reçoit un coup de pied ; puer, si je suis une vesse de loup qu’on vient d’écraser. La vie c’est, et ce n’est que cela, une relation perpétuelle entre causes et effets. Tout est vie : une éruption du Pinatubo, un pet de votre serviteur, un roulement de tambour, un cri. Toute cause est l’effet d’une nouvelle cause ; tout est vie.

Mais, me diras-tu, ces choses n’ont rien à voir avec la « vie », la vie que nous vivons, notre vie d’humain notamment. Nous, les hommes, nous avons une conscience, que les animaux ont confusément, sans doute, tandis que les choses, non.

Ce à quoi je te réponds :

- Mieux vaut ne pas parler de cette conscience, car elle est notre handicap, précisément ; elle n’est que très partielle, parfois déformée ou voilée, et se borne à notre petite personne. Or, comment penses-tu ‘voir’ l’univers avec un tel boulet anthropocentrique aux pieds ? Les sociétés animales plus anciennes que celle de l’homme se sont débarrassées depuis belle lurette de ce fardeau mutilant qu’elles ont naturellement connu. Elles n’en veulent plus !

As-tu compris ce que vient de comprendre mon camionneur toujours ici présent ? je sais, c’est dur pour toi ! Tant de pages noircies en vain et tant d’honneurs minimisés… Hé oui ! tu as envie de continuer à chercher dans l’infiniment petit la jonction entre la vie et la matière. C’est ton dada, ça ! et tu ne trouves pas… tu ne trouveras jamais ! J’en prends le pari. Tiens, au lieu de chercher l’origine de la vie à partir de la matière, je te propose de chercher plutôt l’origine de la matière à partir de la vie ! Tu auras déjà fait un pas en avant. Je sais, je sais, ça bouscule tes convictions de toujours, je te demande juste de me suivre… Pour le reste, fais confiance aux philosophes bavards qui ne vont pas manquer de se donner de l’importance, ici-même, en nous enrichissant de leurs avis contradictoires avant d’avoir seulement essayé de me comprendre.

Laissons la place aux verbeux ; passons.

Mais alors, me diras-tu et avant d’aller plus loin, à quoi bon ce laïus si l’homme doit être exclu puisqu’on élimine sa conscience ? Ma réponse est simple : pour comprendre ce qui se passe autour de soi, il vaut mieux comprendre les environs que le milieu – si tant est que l’homme soit le milieu !

Préalablement je résume : tout est vie, vie animale, vie végétale, vie minérale car tout est causes et effets de tout, avec en avantage pour les formes de vie supérieures et inférieures à celle de l’homme, une absence totale de conscience.

Jusqu’à ce que la Terre soit ce qu’elle est devenue au cours des âges, elle a connu mille et une mutations physiques et, sauf exceptions ici et là avec quelques éruptions volcaniques épisodiques, elle est à peu près stabilisée. Toutefois la venue de l’homme dans la chaîne animale - avec l’apparition de sa fameuse conscience - a été un élément causal nouveau et générateur d’effets insoupçonnés mais qui commencent à se faire sentir.

Lors d’un colloque national du GRECE, le 28 novembre 1993, Gerd Bergfleth en annonçait déjà la couleur quant au devenir de notre planète :

« Aujourd’hui, avec ce que l’on sait, le bilan de l’horreur se laisse résumer de la façon suivante :

1) Ecroulement des conditions naturelles de la vie, en raison de l’explosion démographique qui atteindra, vers 2050, le chiffre de 10 milliards, si toutefois la nature n’y met pas un terme au moyen du Sida.
2) Ecroulement de l’écosystème de la Terre, dû à l’explosion dévastatrice qui devient avec chaque milliard plus gigantesque.
3) Ecroulement du productivisme capitaliste en raison du tarissement des ressources et du retard pris dans l’utilisation industrielle de la fusion nucléaire.
4) Ecroulement du titanisme technique, forme catastrophique de la folie productiviste contemporaine.
5) Ecroulement du libéralisme permissif qui ne survivra nullement aux restrictions à venir. »

Ceci fut dit en 1993, j’en suis témoin ! Il y a donc près de 11 ans, le tsunami de Sumatra qui a fait plus de 222000 morts et disparus en 2004 était annoncé. Le cyclone Katrina qui a fait quelque 2500 morts et disparus en 2005, était annoncé. Le krach mondial de la finance de 2008 et qui est en train de faire des millions de chômeurs et sans doute des milliers de morts par désespoir, était annoncé. Oui, elle se venge la Terre et elle se vengera, car elle en a marre ! Elle en a assez de cette excroissance accidentelle, dite culturelle, qui depuis 2 siècles poursuit le saccage de la Vie qu’elle a favorisée jusqu’alors.

Et c’est ainsi qu’un coup de vent à une vitesse bien inférieure à celle d’un TGV, contre le pays le plus technicisé du monde, a pu se permettre de faire plus de 1 800 morts et 700 disparus ! (2) Que croyez-vous que ça a généré ? « Pas de soucis, les gars, ça va relancer l’industrie ! Le problème sera réglé à coup de dollars ! » …et aucune conclusion de bon sens n’aura été tirée.

Quand l’Homme de Cro-Magnon devint l’Homme de Grand-Savoir, perdant du même coup ses intuitions et ses instincts au profit de la Raison, au profit du progrès, au profit du profit, « sa raison, dit Gerd Bergfleth lors du colloque rappelé plus haut, est née comme anti-nature, c’est pourquoi elle a créé la technique qui est l’instrument qui change la nature en anti-nature. » Mais « la terre possède des droits sur nous et non pas nous sur elle. » Nous avons oublié que l’Univers est un grand organisme vivant ; nos anciens le savaient ! Notre orgueil s’est opposé à cet ordre des choses dans le respect d’un ordre insensé : ‘emplissez la terre et soumettez-la’ ! Et l’orateur de poursuivre : « à la nature soumise répond une nature insurrectionnelle qui frappe d’autant plus catastrophiquement que la soumission progresse. » Et de conclure : « Pour ma part, j’interprète l’effondrement qui vient (…) comme vengeance fulminante de la Terre qui, ne supportant plus sa dévastation, en finira avec l’homme titanique. A bout de patience, la Terre se prépare à la lutte finale que l’homme a entamée par sa déclaration de guerre contre la totalité de la vie. » (1)

A l'issue de la conférence, j'avais posé la question à l'orateur :
- Alors qu'y faire ?
Dans la grande salle de conférence du Novotel de Bagnolet, la réponse de Gerd Bergfleth avait cinglé comme un coup de fouet :
- Rien !

Rien ? Alors laissons venir. Je dirais même plus : hâtons-nous d’en finir pour rebâtir sur d’autres bases, forts de notre expérience. Toutefois comprenons bien comment tout ceci a-t-il été possible et, partie prenante de la 'vie' désormais bien pensée, réagissons en toute connaissance de cause !

(à suivre)

(1) « Les enjeux de l’écologie » Actes du XXVIIème colloque national du GRECE
(2) Allusion au cyclone Katrina qui ravagea la Louisiane en 2005
Dernière édition par coriolan le 10 Mar 2009 14:31, édité 1 fois.
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Acte 2 - Comment tout ceci a-t-il été possible ?

Messagepar coriolan » 10 Mar 2009 14:30

Bonne question !

Au hasard des mutations du vivant, l’homme est apparu. L’Homme ! L’homme avec son cerveau agencé quelque peu différemment de celui du chimpanzé et dans un cadre plus gros que celui de tous ses prédécesseurs. La pensée animale est devenue pensée humaine avec une réflexion de plus en plus affinée, une prise de conscience du « JE », la reconnaissance d’une valeur, d’une intelligence. La naissance d’une conscience humaine.

Quand l’homme au fond de sa caverne voyait le soleil, le jour, puis le soleil se couchant au jour finissant ; quand il voyait la lune, la nuit, puis la lune se couchant au jour se levant, que pouvait-il bien penser de tout cela ? De cette régularité stupéfiante qui échappait à sa raison ? Et puis ces rencontres exceptionnelles et régulières elles aussi : les éclipses ! Rien que cela n’était-il pas un vaste sujet de débat au fond des profondeurs caverneuses ? Forum avant l’heure qui ne pouvait que se conclure par : « Non, nous ne sommes pas seuls dans l’univers ; au dessus de nous il ne peut qu’y avoir un grand manitou qui organise tout cela ! » Et, aussi loin que mes regards peuvent se poser, ce que je sais me porte toujours vers ce Dieu tribal qui, dans la bouche d’un dénommé Moïse, s’appelait Jéhovah ou Yahvé selon les sources.

Eh oui, ce fut un grand homme ce Moïse qui trouva une réponse à toutes les interrogations humaines en inventant Dieu. Plus de mystères, plus d’inquiétudes ontologiques : l’homme était une création spéciale d’un Dieu qui lui construisit son berceau, la Terre, et son environnement, l’univers et surtout en lui donnant une raison d’être : plaire à son créateur. Plus de questionnements imbéciles : qui suis-je, d’où viens-je, où vais-je ? Je suis une œuvre divine allant de Dieu à Dieu. Un seul ordre : ‘Soyez féconds, multipliez, emplissez la terre et soumettez-la ;’ Bien que cet ordre ne fut pas répété comme tant d’autres, il fut suivi scrupuleusement et si on en croit l’histoire, le couple unique devint le géniteur de plus de 6 milliards d’individus qui emplissent la Terre et la soumettent à l’envi.

Par la suite d’autres ordres furent donnés qui eurent moins de succès :
- Tu honoreras ton père et ta mère,
- Tu ne tueras pas,
- Tu ne commettras pas l’adultère
- Tu ne voleras pas,
- Tu ne porteras pas de témoignages mensongers contre ton prochain,
- Tu ne convoiteras pas la maison de ton prochain, (…)pas la femme de ton prochain, (…) rien de ce qui est à ton prochain.

On respecte les ordres qu’on peut ! Mais ceci étant, les bases d’une morale sociale étaient tout de même posées, avec Dieu en corollaire pour donner bonne ou mauvaise conscience à ses ‘créatures’. Car, on l’a remarqué sans doute, le Dieu biblique n’est pas un Dieu d’amour, mais un Dieu qui veut être craint (ainsi qu’il est rappelé dans les Psaumes : la crainte est le début de la sagesse !). Le Dieu d’amour viendra plus tard en tant que fils du Père, chargé de racheter la faute de l’humanité. C’est une histoire très compliquée qu’on ne peut assimiler qu’avec énormément de bonne volonté. (Voir ma tribune ‘Critique de la foi’).

Et puis la Terre a continué de tourner et les premiers verbeux s’en sont mêlés, l’histoire était trop belle ! Comme j’ai déjà tout dit sur le site rappelé ci-dessus, il est inutile que j’en remette une couche ! Qui m’aime me suive…

(à suivre)
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Acte 3 - Le malentendu !

Messagepar coriolan » 10 Mar 2009 14:41

Ainsi donc, au cours des âges qui ont suivi, et bien que l’idée d’un Dieu créateur se soit estompée avec le temps, l’homme en est resté sur cette idée inscrite dans ses gênes (et qui demeurera tant qu’il se dira une ‘créature’ car, qui dit ‘créature’ dit nécessairement ‘créateur). Et cela n’a fait que s’amplifier, jusqu’au dernier pape qui, pour sympathique qu’il fut, trouva le moyen d’écrire à la première ligne, du premier paragraphe, du premier chapitre de son livre « Catéchisme de l’Eglise catholique » : ‘Le désir de Dieu est inscrit dans le cœur de l’homme’. Et naturellement ce pape lui-même en était convaincu car c’est une réalité ! Quelque chose qui est rabâché depuis 3250 ans (Moïse, vers 1250 av. JC) finit par être acquis et entrer dans le patrimoine génétique…

Là, je laisse à nouveau la place aux verbeux qui ne manqueront pas de réagir dès qu’il est question de l’inné et de l’acquis… Nous, nous passerons notre chemin non sans rappeler toutefois le fameux argument ontologique de Descartes qui ne fait qu’apporter de l’eau au moulin des certitudes acquises : « Penser Dieu, c’est penser qu’il est, non pas parce que notre pensée a le pouvoir de le faire exister, mais parce que c’est la nécessité de la chose même qui détermine notre pensée. ». Descartes, pas plus que l’archevêque, Anselme de Canterbury, n’avait la moindre idée de ce que pouvait être la génétique et que Dieu, nécessité de la chose même déterminant notre pensée, était tout simplement inscrit en nous depuis des millénaires, juste après Moïse, bien entendu !

Et l’homme-créature a vécu avec cette certitude génétique – en tout cas jusqu’à la moitié du XXème siècle, qu’il était issu d’une souche commune ayant pour nom : Adam et Eve. Par voie de conséquence, tous les hommes sont ses frères et toute notre société occidentale a été construite sur cette assurance.

On sait ce qu’il en a été de cette fraternité au cours du temps et jusqu’à la Révolution française où la déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen, du 26 août 1789, fait l’impasse sur le mot ‘fraternité’ pour déclarer, en son article 1er : « Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l’utilité commune. » donnant ainsi la primauté à la liberté et à l’égalité en droits.

Il fallut attendre le 10 décembre 1948 (plus d’un siècle et demi plus tard !) pour que l’assemblée générale des Nations unies répare cet oubli en déclarant, en son article 1er « Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Il sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité. » Et le terme ‘fraternité’ a été sournoisement introduit dans le préambule par l’expression ‘membres de la famille humaine’ : « Considérant que la reconnaissance de la dignité inhérente à tous les membres de la famille humaine et de leurs droits égaux et inaliénables constitue le fondement de la liberté, de la justice et de la paix dans le monde, etc. »
La lecture de ce texte ne manque pas de nous rappeler la légende patriarcale biblique ’inscrite effectivement au cœur de l’homme’ comme l’écrivit Jean-Paul II, en exhibant sur l’autel de la république la structure d’une nouvelle religion, celle des Droits de l’Homme, l’idolâtrie du XXIème siècle. L’idole, c’est l’homme.

Ce thème ayant été développé dans ma tribune ‘les Droits de l’Homme’ il n’y a aucun intérêt à rapporter ici ce qu’on pourra lire par ailleurs.

On voit ce qu’il en est de cette belle initiative qui, 60 ans plus tard, reste toujours ‘un idéal commun à atteindre’ alors que les deux pays promoteurs de cet ‘idéal’, les Etats-Unis d’Amérique et la France - par leur déclaration respective : 1776 pour les EU et 1789 pour la France - sont aujourd’hui poursuivis pour atteinte aux Droits de l’Homme par le Tribunal International de La Haye. Alors, vous pensez, l’étonnement des autres pays signataires du beau sentiment ! et imaginez ce que peuvent en penser les Chinois, à qui notre petit coq gaulois entend remonter les bretelles en permanence sur ce sujet !!

Je ne m’arrêterai qu’un instant sur la Déclaration d’Indépendance américaine de 1776 qui stipule : « Nous considérons comme des vérités évidentes par elles-mêmes que les hommes naissent égaux; que le Créateur les a dotés de droits inaliénables parmi lesquels la liberté et le droit au bonheur... ». Ce texte a toujours force de loi aux Etats unis, on croit rêver ! Il n’est plus ici question d’égalité en droits, ni d’égalité en dignité et en droits, mais d’égalité tout court. Et, sur le modèle de notre prédécesseur de 13 ans en la matière, chez nous, en France, progressivement, dignité et droits, sans être occultés se sont mis à vivre une vie séparée de l’égalité, laissant à cette dernière le privilège d’abolir les races humaine pour une parfaite uniformisation de l’espèce humaine ; ce qui est une imbécillité sans nom ! L’homme est redevenu une créature de Dieu, puisque c’est inscrit dans ses gênes, mais avec de moins en moins de Dieu dans son cœur. Et c’est là où ça coince !

Alors, que fait-on ? On recommence à croire en un Dieu nécessaire pour une bonne harmonie spirituelle – bien que constatant le paradoxe d’une société moderne qui s’obstine à vivre sur des bases archaïques avec les retombées que l’on connaît ; ou on consent enfin à balayer et à jeter aux orties les vieilles croyances et leurs conséquences inadéquates et nuisibles ?

Personnellement, je prétends que l’homme n’est pas une créature mais un produit de la grande coulée séminale qu’est l’univers, un animal social et qu’avant lui, c’est la société qui prévaut, et, bien avant, en amont : la Vie. Et je trouve incongru, voire de très mauvais goût, que cette espèce dont je fais partie s’arroge le privilège de s’accorder des droits qui, par leur portée, ont des retombées sur toutes les autres formes de vie de la planète en décidant de leur sort. Et que connaît-elle vraiment de la vie animale pour se permettre d’intervenir en régulant des quotas, en protégeant des espèces en voie de disparition, alors qu’elle ne se connaît même pas elle-même et qu’elle est dans l’incapacité de réguler sa propre prolifération ? De quoi se mêle-t-elle ? De quel droit modifie-t-elle le cours naturel des choses, en établissant des barrages, en désensablant des îles, en cimentant et brûlant la surface de la terre… ?

Oui, elle a déclaré la guerre, une guerre technologique, à la planète et oui, la nature est en droit de se défendre en réagissant. Cause, effet ; action, réaction ; agression humaine , secousse tellurique ! Et quel que soit le nombre de morts, tout cela est encore de la vie.

Ainsi donc, nous sommes les malheureuses victimes d’un affreux malentendu d’origine ‘divine’ : « emplissez la terre et soumettez-la » qui, en dépit de la caducité de l’ordre, a fait de l’homme le fleuron d’une pseudo création, centre de l’univers.

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Acte 4 - Le remède

Messagepar coriolan » 10 Mar 2009 14:49

Il faut en finir avec les Droits de l’Homme que je tiens pour responsables de notre situation actuelle (voir à la fin de ce 4ème acte), en ramenant les choses à leurs justes mesures, en éditant un autre Code de Vie dont les grandes lignes se résument à ce que :

- L’espèce humaine est une espèce animale au même titre que les autres et sans aucune prérogative particulière ; elle partage avec ces dernières un territoire limité, la Terre, et sa conscience restreinte ne lui donne aucun droit de décision quant au devenir des autres espèces animales.

- L’espèce humaine se subdivise en sociétés qui ne se caractérisent pas exclusivement par la couleur de leur peau, mais par une culture ancestrale génératrice de coutumes spécifiques qui leur sont propres et constituent leur richesse.

- Ainsi chaque société humaine disposera-t-elle d’un Code de vie interne (alternance de devoirs et de droits) qui régira les rapports entre ses membres ; ceux-ci ne pourront en aucun cas relever de plusieurs Code de vie.

Ce Code précisera sans ambages que :

quel que soit le lieu de naissance d’un enfant, à sa majorité celui-ci devra :
– opter pour telle ou telle appartenance communautaire,
– être accepté par la communauté choisie,
– se soumettre à ses lois.

Il ne sera applicable qu’aux ressortissants relevant de la société qui l’aura établi et accepté à l’origine – ainsi que ses amendements successifs, par voie référendaire.

Nul ne sera censé ignorer ce sur quoi il aura lui-même été appelé à donner son avis. Le Code, rédigé en termes clairs et simples, sans aucune ambiguïté linguistique, sera le livre de base servant à l’apprentissage de la langue écrite et parlée, pour les enfants ou les postulants étrangers.

Son contenu mettra en évidence la place de l’homme dans l’univers et les moyens à mettre en œuvre pour une vie harmonieuse en société. Il tiendra compte des erreurs passées et ses lois s’articuleront sur des principes simples, tels que :

- la liberté et le respect ne sont pas innés, ils s’acquièrent ;
- la justice est rendue pour les victimes ;
- la société est comptable de ses actes envers une autorité internationale – elle peut être sanctionnée ;
- il n’y a pas de droits accordés sans devoirs accomplis ;
- on admettra arbitrairement que la vie de l’homme est comprise entre son premier et son dernier souffle ;
- les êtres sont égaux en tant qu’humains et inégaux en tant qu’hommes.
- les hommes n’étant pas égaux entre eux, on favorisera l’égalité des chances par l’inégalité des moyens à mettre en œuvre ;
- un droit se rattache toujours à un devoir et n’est jamais définitivement acquis ;
- les hommes ne sont pas destinés à dominer la nature, mais à coexister avec elle ;
- la ‘chance’ est l’alibi des incapables ;
- la peine est le juste prix de ce que l’on acquiert ;
- le bien et le mal sont des phénomènes de mode ;
- etc. cette liste n’est pas exhaustive. Elle est une base.

La responsabilité des Droits de l’Homme :

Par les espoirs qu’ils ont suscités avec leurs mots phare : liberté et égalité, les Droits de l’Homme portent la lourde responsabilité :

- du pillage et du saccage de la Terre (sols et sous-sols) pour de l’argent et au nom de la liberté et du progrès ;

- du déséquilibre mondial de l’économie pour, au nom de l’égalité, avoir promis aux pauvres autant qu’aux riches par le biais du crédit.

- de la détérioration du monde du travail en rémunérant davantage l’apport financier que l’effort physique et intellectuel et, après avoir institué le droit au travail d’avoir consenti le droit de grève à des minorités irresponsables et déconnectées des réalités économiques.

Et tout cela au nom de la liberté et de l'égalité !

Ce n’est pas tout car il s’est ensuivi que ‘l’argent-moyen’ est devenu ‘argent-finalité’ et que les amuseurs de foire se sont enrichis outrageusement aux dépens des travailleurs de force ; c’est intolérable, il faut en finir avec ces « Droits de l’Homme », et mettre en chantier les « Devoirs et Droits de la Société », sachant que les Devoirs et Droits de l’une seront les Droits et Devoirs des autres.

Quant à l’immense question « Ma vie, quel intérêt ? », je renvoie à ma tribune ‘La Psychosphère’ .

(à suivre)
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Happy-logue

Messagepar coriolan » 10 Mar 2009 14:58

Puisque j’ai promis d’en reparler…

Parlons-en : ‘au commencement était… Dieu ?’ ou ‘au commencement était… la Vie ?’

Il y a un certain temps, sur un forum, au hasard d’une rencontre avec un interlocuteur très attaché au dogme catholique, la question sur ‘Dieu’ faillit franchir les bornes de la courtoisie quand j’eus alors l’à-propos de lui soumettre une idée que j’avais mise au point peu de temps auparavant.

En effet, j’avais imaginé en générateur de l’univers, non pas un Dieu mais un espace indéterminé qui aurait été en quelque sorte un réservoir d’énergies existant de toute éternité, donc incréé ; je l’avais nommé locus. Je vous passerai toutes les critiques que j’ai entendues, à savoir que, sans vergogne, je me permettais de remplacer Dieu par autre chose mais qui n’aurait jamais été qu’un pré-univers ramenant toujours aux questions : « Qui l’aurait créé, ce pré-univers ? », « D’où venaient les énergies ? », « Par quel hasard, l’une d’entre elles se serait-elle combinée avec une autre pour produire le big-bang créateur ? », etc.

Le schéma que j’avais imaginé sur deux feuilles de cahier d’écolier se présentait comme suit :
- à gauche : Dieu = Incréé et éternel.
- à droite : Le locus = également incréé et éternel.
Et, sous Dieu, j’avais esquissé l’univers issu de sa volonté ; sous le locus, j’avais esquissé l’univers issu d’une explosion ou d'une évolution inhérente à la nature du locus.

Le raisonnement que j’avais trouvé génial (mais je fus le seul – peut-être aurais-je plus de chance aujourd’hui !) consistait à dire : « ma supposition est plus plausible que celle d’un Dieu créateur puisque, Dieu étant plus complexe que le locus (du fait de son Intelligence), l’éternité – donc l’incréation – de l’élémentaire est plus crédible que celle du complexe. Quitte à accepter l’idée d’un ‘quelque chose’ préalable, acceptons a fortiori celle du locus ! ». A la question : « Qui a créé le locus ? », je rétorquais « Qui a créé Dieu ? ». Personne ? Ce qui est vrai pour lui est encore plus probable pour le locus !

Hé oui ! Toute question sur Dieu n’avait d’égal que celle qu’on pouvait aussi se poser sur le locus et vice-versa. Mais si les débats s’enlisèrent faute d’arguments, faute de réponses à trop de questions – qui plus est, vieilles comme le monde, mon schéma simpliste eut-il l’avantage de mettre en évidence que, pré-existant à l’univers, l’élémentaire était plus plausible que le complexe, donc un non-Dieu plus vraisemblable qu’un Dieu ! CQFD.

Quant à la fameuse question de Leibnitz : « Pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien ? », ma réponse fut simple :

- il faut avoir l’esprit particulièrement tordu pour se poser la question de savoir « pourquoi suis-je là ? » parce que, si je n’étais pas là, la question ne se poserait pas. Il y a quelque chose parce qu’il ne peut pas y avoir rien ! : 'Rien' ne pourrait même pas constater l'absence de 'quelque chose' puisqu'il serait 'rien' ; 'quelque chose' ne pourrait pas constater 'Rien' puisque, précisément, il y aurait quelque chose, lui. En conclusion, 'quelque chose' ne peut que constater sa propre présence, et tout ‘pourquoi ?’ manque de sens. CQFD.

Echoisy, le 2 mars 2009

DEBAT SOUHAITE SUR VOX POPULI
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La justice en question.

Messagepar coriolan » 15 Juin 2009 01:46

Une théorie si belle soit-elle ne vaut rien tant qu’elle n’a pas été confrontée à la réalité des faits, surtout si elle prétend les régir ; tant qu’elle n'a pas subi l'épreuve du temps. Aussi, si vous le voulez bien, afin de nous rendre compte si la néo-société que je vous propose a la moindre des chances de tenir ses promesses, nous allons prendre quelques-uns des constats les plus marquants que j’ai relevés ci-dessus et les passer d’abord au crible de vos jugements.

L’un des plus importants, est celui qui a trait à la justice et que j’ai résumé laconiquement comme suit : « La justice est rendue pour les victimes. » En écrivant ces mots, j’ai eu l’impression d’écrire une évidence et d’enfoncer des portes ouvertes. Ce n’est pas aussi évident qu’il y paraît et il suffit de suivre l’actualité judiciaire pour se rendre compte que la justice est d'abord et surtout rendue pour punir des coupables et que, de ce fait, tout naturellement la victime passe au second plan. Chacun se fera sa conviction en fouillant ses propres souvenirs quand certaines affaires ont eu les honneurs des médias, pour que je n'aie pas à insister un tant soit peu sur ce point.

La question essentielle que je me pose est la suivante : qui peut se permettre de juger qui que ce soit ? Plaçons-nous devant une Cour d’assise : on y voit le Président du tribunal, ses assesseurs, les jurés, l’Avocat général, l’Avocat de l’accusé et l’accusé. En retrait, parce que non directement concernée, on y voit la victime ou ses ayants droit et le public.

Le Président n’est pas là pour juger ; il dirige les débats en fonction du dossier d’accusation qui a été préparé par le Juge d’instruction après les investigations de la police ou de la gendarmerie. Les assesseurs assistent le président. Les jurés sont des hommes comme vous et moi, tirés au sort, et ce sont eux qui, après avoir suivi les débats – voire y avoir participé par des questions posées à l’accusé, se forgeront une intime conviction et répondront aux questions : l’accusé est-il coupable des faits qui lui sont reprochés ? A-t-il prémédité son acte ?

L’avocat général, en s’adressant aux jurés, mettra en évidence tous les éléments à la charge de l’accusé tandis que, pour finir, l’avocat de l’accusé, lui, plaidera selon les cas, l’acquittement, le non lieu ou l’irresponsabilité de son client afin d’atténuer, aux yeux des jurés, tout le noir qu’aura étalé l’avocat général.

Et puis les jeux seront faits, les jurés se retireront pour délibérer en fonction de toutes les données dont il aura été débattu publiquement.

Les jurés, je vous l’ai dit, c’est vous, c’est moi. Ce ne sont pas des gens qui fréquentent habituellement les tribunaux – certains n’y ont jamais mis les pieds ! Ils ont vu l’accusé qui, généralement, lui non plus – sauf en ce qui concerne les récidivistes, n’a suivi des jugements que dans des salles de cinéma ou confortablement installés devant son téléviseur. Accusé et jurés pourraient être interchangeables avec la même naïveté, la même angoisse de paraître en ces lieux solennels. Mais dans la salle de délibérations, les jurés sont encadrés par le Président et ses assesseurs et ce sont eux qui, fort de leur expérience, vont mener les débats, faire voter, revoter. Le peuple sera souverain, il n’y a aucun doute là-dessus, mais l’expression de sa souveraineté sera canalisée par des hommes dont c’est le métier. Des hommes qui, au vu du dossier de l’instruction se sont déjà fait la conviction que l’accusé, prétendument innocent tant qu’il n’a pas été jugé, est coupable et qui vont tout mettre en œuvre pour que leur point de vue prévale, transformant ainsi le pseudo innocent en coupable certifié.

Les débats se sont terminés par le réquisitoire de l’Avocat général, lequel a été suivi par la plaidoirie de l’avocat de la défense. Ces hommes ont fait voler très théâtralement les manchettes de leurs robes noire et rouge, ont pris des postures, ont fait des mimes et des effets de voix ; du grand spectacle ! Le premier, arrogant et impitoyable, même à défaut de preuves, aura l’art de rendre plausibles toutes ses insinuations, ses intuitions, et de donner du corps à ses soupçons. De façon à ce que, même si au cours des débats aucune vérité ne s’est fait jour, les jurés aient au moins matière à condamner au nom d’une vérité dite 'judiciaire' ! La belle chose que cette vérité-là ! Et pourtant c’est celle qui sera officielle et que la justice répugnera à reconsidérer même quand elle aura un parfum d’erreur ! C’est la 'vérité' de l’affaire Seznec. Le second vous apitoiera avec le récit de l’enfance malheureuse d’une pauvre victime du sort, plaidera l’innocence, la fatalité, l’irresponsabilité. Bref, où l’un vous peindra un démon, l’autre vous peindra un saint !

Vous me direz que l’avocat se trouve à égalité avec l’Avocat général, avec un léger avantage même puisque c’est lui qui parle en dernier. Oui, mais… si, pour condamner, l’insinuation peut suffire, pour innocenter il faut des arguments qui tiennent la route ! Il est plus facile de noircir que de blanchir. Et puis, mis à part certains experts vedettes en la matière, le talent de l’avocat se mesure à la hauteur de ses honoraires ! L’avocat a généralement moins de métier que le procureur pour la bonne raison que s’il y a de jeunes avocats, il n’y a pas de jeunes procureurs. Et enfin, tout le monde n’a pas les moyens de s’offrir les services d’un ténor du barreau. Il s'ensuit que la preuve de l’innocence est plus aisée pour un riche que pour un pauvre.

Alors comment va être rendue la justice par ces jurés placés entre la sensibilité qu’aura tenté de mettre en évidence un avocat et la morgue outrancière d’un avocat général ? Comment ne vont-ils pas tomber dans les pièges tendus à leur naïveté par un Président assisté et rompu aux finesses de la procédure ? Qui va leur insuffler la psychologie nécessaire pour faire le tri entre le vrai et le faux confrontés à leur propre nature, leurs soucis du jour et surtout, leur vécu ? Qui, sinon les assesseurs en salle de délibérations !

Et c’est ainsi qu’au nom du Peuple français, un jugement populaire va clore l’affaire en question. Oui, c’est le peuple qui a condamné, dédouanant ainsi les véritables auteurs du jugement. Le peuple est le seul juge ! Hélas ! Quand le peuple a condamné à 10 ans de prison, comment se fait-il qu’un juge, tout seul, ait la capacité de réduire cette peine ? Cela part d’un bon sentiment, bien sûr, mais la souveraineté du peuple évoquée plus haut, qui s’en soucie ? On la bafoue allègrement et tout le monde trouve cela normal ! Comment l’idée n’est-elle pas encore venue à un avocat de porter plainte contre la magistrature pour outrage au Peuple français quand un individu récidive alors qu’il devrait encore être sous les barreaux ? Pour le coup le récidiviste devrait voir sa peine partagée avec le magistrat qui l’a libéré, puisque ce dernier s’est rendu co-auteur d'un crime réédité, sans préjudice des dommages dus aux parties civiles du deuxième crime. Faute de cela qu’on ne nous parle plus de souveraineté du peuple.

Faut-il se contenter de ce que nous avons en matière de justice, et que pourrait nous proposer de mieux un autre concept ? Que pourrait-il naître de la néo-société issue du big flop ?

D’abord pour changer les règles, il faut changer fondamentalement l’optique que nous avons de notre humanité. L’Homme est un type du règne animal avec cette nuance que son système nerveux peut être commandé par son esprit d’analyse et de réflexion avec lui-même. Toutefois cet esprit d’analyse est lui-même tributaire de sa propre matière ainsi que d’un passé ancestral qu’il a reçu en héritage indépendamment de sa volonté. Il est condamné à se subir et, partant de là, à être plus coupable qu’il ne saurait être responsable. L’Homme est faible et je ne vois aucune exception qui me ferait le haïr pour un acte quelconque, aussi regrettable qu’il soit.

Vos jurés qui vont condamner un coupable, représenteraient-ils un panel d’individus au-dessus de tous soupçons ? Est-on certain qu’ils ne seront pas eux-mêmes, un jour ou l’autre, à la place de l’accusé qu’ils vont condamner ? Est-on certain qu’ils n’auraient pas dû déjà y avoir été ? Je fouille dans le tréfonds de ma mémoire et je rougis… Et vous-mêmes ? Peut-être pas encore mais peut-on jurer sur l’avenir ? Et ces hommes de loi enrobés de rouge et enrubannés d’hermine, à la Légion d’honneur pendante, au regard hautain et méprisant devant la faute d’autrui, offrent-ils des garanties plus valables que vous et moi ? Tenez, amateurs d’affaires croustillantes, allez sur Google et cliquez sur les mots associés : juge / masturbation, vous y découvrirez un certain juge au tribunal d’Angoulême, Philippe Zamour, qui fut surpris en flagrant délit de masturbation en pleine audience publique ! Vous serez aussi passablement surpris en prenant connaissance de sa condamnation par la hiérarchie judiciaire ! Poursuivez votre enquête et cliquez sur : procureur / carte bleue, vous y découvrirez un procureur de la République au Palais de justice de Bayonne, Pierre Hontang, qui fut reconnu coupable de vol de carte bancaire afin de se payer des putes à bon compte ! A la défense du ministère il faut signaler qu’il a été suspendu de ses fonctions ! (1) Mais ces deux cas sont symptomatiques du sentiment de toute puissance qui habite ces gens-là.

Mon frère m’a un jour estomaqué en m’avouant :’Quand je lave ma Saab, je bande !’ Eh bien, je pense que Philippe Zamour bandait lui aussi quand il assistait du haut de son estrade au triste spectacle de pauvres gens dont le sort allait dépendre de son bon vouloir ! Et il bandait tellement fort qu’il fallait qu’il s’en soulage sur le champ ! Je ne lui jette pas plus la pierre que je ne l’ai jetée à mon frère, mais je frémis en pensant que ce cas n’est peut-être pas unique ! Car pourquoi le serait-il ? Et pour les plus résistants d’entre eux, ceux qui savent se retenir, que se passe-t-il, le soir, dans leur lit de célibataire, voire conjugal ? De combien de masturbations ai-je été le complice involontaire tout au long de ma longue vie ? Peut-être trouverez-vous la réponse en consultant l'extrait de mon casier judiciaire n° 1…

Concernant le procureur, circonstances aggravantes, « il était chargé de représenter la France lors de la 5e conférence des procureurs généraux d’Europe qui s’est déroulée à Celle, en Allemagne, en mai 2004. C’est au cours de cette conférence qu’il est intervenu pour évoquer les principes fondamentaux d’éthique pour le ministère public. Il avait été auparavant chargé de préparer le code de déontologie des magistrats européens et avait développé l’idée selon laquelle le comportement d’un magistrat dans sa vie privée pouvait avoir une incidence sur sa capacité à rester magistrat. » et un commentateur de conclure : "Après avoir brillamment réussi les épreuves théoriques, il aura échoué aux épreuves pratiques…" et de dire un grand "merci aux journalistes allemands d’avoir vendu la mèche aux journalistes français, car sinon, le ministère de la justice aurait réussi à étouffer l’affaire".

Comment peut-on imaginer ce procureur implacable foudroyant du regard un jeune voleur de CD dans un grand magasin !
On me dira que le cas doit être rarissime, je veux bien le croire mais il est symbolique d’un état d’esprit au-dessus des lois qui est inacceptable de la part d’un accusateur public au nom de la loi et de la morale. Et cet état d’esprit n’est certainement pas rare, lui ! Alors, que proposer…

D’abord je propose que tous ces gens soient déshabillés de leurs plumes de paon, car pourquoi pas en revenir à la perruque ; qu’ils se présentent comme tout un chacun et qu’à ce titre, se sachant coupable en puissance, leur rôle ne soit pas de condamner un frère malheureux mais de mettre toute leur énergie à l’indemnisation de ceux qui en furent les victimes. Dans son film « Le cercle rouge », Jean-Pierre Melville met dans la bouche du commissaire divisionnaire, ce jugement général sur les hommes, qui peut paraître excessif : « Tous coupables, ils sont tous coupables ! » J’en suis persuadé et fort de cette assurance, je conclus qu’un homme ne peut pas en juger un autre ! En aucun cas ! En revanche, il peut évaluer les préjudices causés par un de ses concitoyens et mettre en œuvre la machine administrative qui pourvoira au dédommagement nécessaire, en bonne justice. Là est le rôle de la justice.

Et c’est sur ce point, mes chers amis, que j’attends vos avis éclairés pour argumenter pour ou contre les propositions qui suivent et qui, à premier abord, ne sont pas exhaustives.

Un vol a été commis et un coupable a avoué : après instruction du dossier, le tribunal entend le voleur et le volé en face-à-face, chiffre le vol, estime le préjudice subit et calcule les frais de justice à la charge de l’ ‘errant’ (c’est le terme que je préconise pour désigner tout auteur d’infraction à nos lois quelles qu’elles soient, et sans autre distinction de gravité. Mais attention, si errare humanum est, perseverare diabolicum ! et là, nous entrons dans un autre schéma).

L’errant restera libre après avoir signé une reconnaissance de dette et un tableau d’amortissement accepté de chacune des deux parties ; et c’est désormais une affaire qui, pour sa conclusion, relèvera de la perception. Tant que la dette globale ne sera pas apurée, l’errant sera porteur d’une puce électronique discrète et suivi par satellite. Il ne devra pas quitter la France. La puce ne devra pas pouvoir être retirée.

Ce qui est valable pour le vol le sera également pour toute autre déprédation, abus de confiance, préjudice à autrui sous quelque forme que ce soit, y compris le viol.

Un crime a été commis : il y aura évaluation du préjudice causé à la famille du défunt. Si la mort n’a pas de prix, la survivance d'enfants et d'épouse, en a un. La société pourra également faire valoir un préjudice selon la fonction de la victime en son sein. Le mort en tant que tel sera financièrement évalué par une amende forfaitaire au profit de l’état pour alimenter une caisse de secours au bénéfice de victimes ne pouvant être normalement dédommagées. Ce chiffrage augmenté des frais de procédure donnera lieu, comme pour le vol, à un tableau d’amortissement de la dette. L’errant sera laissé en liberté sous contrôle électronique.

En cas de récidive, schéma de la persévérance dans l’erreur :

- Pour le vol, nouvelle évaluation de la dette globale et prison avec travail obligatoire sans possibilité de diminution de peine.
- Pour le viol, peine de prison incompressible avec castration physique.
- Pour le crime, la peine de mort.

Tant qu'une affaire n'est pas judiciairement close il est interdit à la presse d'en rendre compte.

Ceci n’est qu’un ensemble d’idées lancées, non pas au hasard mais sans grande réflexion approfondie. C’est de la discussion que jaillira la lumière… sauf, bien entendu, si le système judiciaire tel qu’il est actuellement vous convient et que vous boudez le sujet. J’y penserai alors seul avec le temps que ça prendra !

Pour vos commentaires, RENDEZ-VOUS SUR VOX POPULI - Rubrique nouvelle : "Néo-société"
(1) Décidément, la bonne ville de Bayonne ne finit pas de faire parler d'elle ! En dernière nouvelle (le 7 octobre 2011) : Christian Goy, l'ancien substitut du procureur de Bayonne qui comparaissait pour viols sur mineures de 15 ans, a été condamné vendredi à 15 ans de réclusion criminelle par la cour d'assises de Bordeaux.
La chance est l'alibi des incapables.
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Le travail en question.

Messagepar coriolan » 30 Juil 2009 18:52

Il n’est pas dans la nature de l’homme de travailler, et qui plus est de travailler "pour gagner sa vie" ; quelle horrible expression !

Il n’est pas dans la nature de l’homme de rester à ne rien faire, tous les retraités vous le diront : ils n’ont jamais été aussi occupés depuis qu’ils ne travaillent plus.

Il est dans la nature de l’homme de satisfaire ses ambitions : survivre, vivre mieux, se faire plaisir, partager ce qu’il aime avec qui il aime, laisser des témoignages, rêver. Il est dans la nature de l’homme d’œuvrer et tous les moyens à mettre en action pour ce faire sont bons. L’homme pensant est nécessairement un homme œuvrant.

Le mot ‘travail’ est une abomination ! Il nous vient du latin ‘trepalium’, instrument de torture, et ceux qui ont voulu en faire un vecteur d’élévation de l’individu en dépit de son origine ont tout simplement oublié qu’il nous en reste un vestige linguistique dans l’expression pour la femme qui accouche – dans la douleur ! – : « femme en travail », pour la salle de maternité à cet effet : la salle « de travail ». Le travail, (de tres, trois et palus, pieu - qui fait au pluriel ‘travails’) est l’instrument pour assujettir les grands animaux domestiques, pendant qu’on les ferre ou qu’on les panse. Si, adapté a l’homme, le travail est la santé, il est loin d’être la joie !

Débarrassons-nous de ce mot pour lui préférer ‘œuvrer’ (du latin ‘opera’, opus) où, joignant l’utile à l’agréable, l’homme s’exprime sans contrainte en développant son esprit de créativité. Il est ainsi un être libre, distinct des grands animaux domestiques, et se présente seul, debout devant la vie qui va devenir la sienne selon sa propre gestion.

Qu’elle va être cette gestion ? Encore une fois – et je m’excuse de le rabâcher, cette gestion sera selon :

ce que l’homme est

1)- au plan génétique : ce qu’il a reçu ;

et ce qu’il devient

2)- au plan environnemental : le milieu dans lequel il baigne ;
3)- au plan éducationnel : ce qu’il a su, pu, ou voulu apprendre.

Et c’est en cela qu’il diverge de ses semblables avec toutes les nuances inimaginables, des graduations variables sur une échelle de 0 à l’infini.

Il est évident que, dans cette société où tout est axé sur le profit, celui que les aléas de la vie aura le mieux disposé à recevoir, enregistrer et rendre dans les circonstances appropriées l’acquis des anciens, sera le plus apte à devenir un leader. Les autres selon leur place sur l’échelle des nuances du triptyque 'génétique-environnement-éducation- trouveront leur place adéquate avec les conséquences aussi variées que l’on devine. D’où l’intérêt fondamental de l’éducation qui, en influant sur l’environnement choisi, modifiera en l’accentuant ou en le minimisant le patrimoine génétique actuellement inaccessible et à prendre comme un présent du hasard.

Faut-il pour autant prétendre que celui qui semble le mieux loti est favorisé par la chance ? Non ! Sans préjuger de l’avenir et imaginer un revers de situation qui sera plus mal ressenti par le ‘nanti’ d’hier que par le malchanceux de naissance, le capital génétique reçu ne produira jamais rien tout seul, sans l’apport personnel de son propriétaire. C’est ainsi qu’on pourra voir, tout au long de notre vie, le long cortège des inadaptés sociaux à tous les échelons que nous pourrons parcourir.

Qui osera dire : « Untel a de la chance ! » ? Qui osera se permettre d’envier le sort de son voisin sans envier le mal qu’il s’est donné pour l’avoir ? Personne, et cependant il n’est pas rare de se l’entendre dire, comme si on avait gagné au loto ! La ‘chance’ est l’alibi des incapables.

Quant à celui, le plus démuni qu’on puisse l’imaginer, qui se trouverait au bas de notre échelle et devrait souffrir mille morts pour agrémenter ses conditions de vie, la seule philosophie qu’il devra nourrir – à condition qu’elle ait fait partie de l’éducation de base souhaitée, c’est que son sort est toujours plus enviable que le sort de celui que l'on précède sur l’échelle de la vie. Et c’est ainsi que l’on se rend compte que le bonheur est, et n’est que, le produit d’une comparaison. (cf. post du 23-7-09 - "La liberté..." forum 'philosophie')

Trouvant toujours plus malheureux que soi, nous avons sur cette planète 6,5 milliards d’individus heureux œuvrant pour le plaisir ou par nécessité. Mais ce sont surtout ceux qui œuvrent par nécessité vitale, ceux qu’on appelle des « travailleurs », qui m’intéressent ici.

Il faut se rendre à l’évidence que, quel que soit son bagage génétique, l’enfant qui naît se retrouve dans un berceau qui n’est pas le même pour tout le monde. Il y a des berceaux en osier et des berceaux en or. Il y en a même qui naissent à côté du berceau. Dans notre société capitaliste, il y a des premiers souffles de riches et des premiers souffles de pauvres. Il faut avouer que ça change considérablement la donne selon que vous faites partie du premier groupe ou du deuxième car dès le départ le facteur ‘éducation’ ne sera pas équitable en dépit de la rengaine républicaine habituelle sur l’égalité !

Il y a ceux qui ont de l’argent et ceux qui n’en ont pas et nous vivons dans une société où il en faut.

Les nantis sont condamnés à investir leurs biens sous peine de les voir fondre au soleil, c’est effectivement un risque majeur pour eux mais, bien que angoissant, c’est le seul souci qu’ils ont vraiment ; les autres n’ont pas de biens mais désirent en avoir. Un transfert est dès lors indispensable par le biais de la mise en action des capacités des uns et des autres : celui qui fera fructifier son bien en risquant de le perdre, celui qui pourra le faire fructifier en agissant dessus par sa force physique ou son esprit. Notre société se tient et perdure grâce à l’équilibre de ces deux capacités. Qu’un des deux fasse défaut et tout s’écroule, c’est aussi simple que cela. Nantis et démunis sont donc condamnés à cohabiter et à s’entraider.

Dès lors qu'on en a pris conscience, l’équation est simple à poser : le fruit du capital doit être partagé par moitié entre le possédant et l’œuvrant. C’est dans l’intérêt des deux parties sans exception. Toute société qui s’y refuserait courrait à sa perte à plus ou moins long terme. Or il n’est pas besoin d’être grand clerc pour se rendre compte que notre société actuelle est en déclin. Pourquoi ? Parce que nous sommes en inadéquation constante entre les ‘œuvrants’ et les possédants. Le partage du fruit n’est pas équitable.

Par son action sur le capital mis à sa disposition, l’œuvrant non seulement le garantit mais le fait fructifier. C'est ainsi que l'un et l'autre a droit à une reconnaissance réciproque. La reconnaissance de l'un étant un salaire ; celle de l'autre, des intérêts C’est donnant donnant, ce doit être gagnant gagnant et, éventuellement perdant perdant !

Bien entendu des règles strictes doivent encadrer ce ‘pacte social’ qui juge la diminution de capital aussi coupable que la faute professionnelle et condamne celle-ci comme celui-là avec le même esprit d’équité.

Sur le plan gestion, en cours d’année le personnel perçoit des acomptes et non un salaire ; en fin d’année avant calcul de l’impôt, des réserves, des provisions et des amortissements, l’entreprise dégage le bénéfice résultant de son activité strictement commerciale et le partage en trois parts égales :

- l’une au profit des actionnaires, qui sera répartie au prorata de leurs mises de fonds,
- l’autre au profit du personnel, ce qui déterminera sa rémunération annuelle,
- et la dernière au profit de l’entreprise, ce qui lui permettra de constituer amortissements, provisions et réserves diverses.

Concernant l’impôt. Toutes les entreprises étant alignées sur ce principe, au niveau national l’ensemble des profits réalisés comparé au total des capitaux engagés permettra de déterminer pour une année x le rapport d’un € placé. C’est sur cette base que l’Etat imposera ses ressortissants sur chaque € qui aura été gagné en qualité d’actionnaire, de salarié, et, au-delà, de fonctionnaire, de pensionné ou retraité, voire de gagnants à des jeux d’argent (loto, courses, casino, etc.). C’est l’activité de la nation qui déterminera le train de vie de l’Etat et, sous peine d’être déclaré en faillite, son budget ne devra pas excéder le profit global de ses entreprises.

Il résulte de ces dispositions que l'impôt sur les sociétés ainsi que la TVA et autres taxes sont abolis. Si quelqu'un connaît un actuaire (il y en a d'excellents à la Caisse des Dépôts), il serait intéressant de lui demander de bien vouloir entreprendre une étude sur le sujet. Gracieusement s'entend !

Ma vision est peut-être un peu simpliste, c’est pourquoi il me semble indispensable de la soumettre au feu nourri des questions et des critiques.
Merci de vous exprimer sur VOX POPULI, sous la rubrique « Néo-société ».

Ne perdez pas de vue que c’est dans l’impasse que l’utopie peut être salvatrice. L’impasse, nous y sommes, place à l’utopie.
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L'argent en question

Messagepar coriolan » 11 Juin 2011 16:55

Pour une société qui se veut démocratique, n'y a-t-il pas plus indigne expression que celle qui impose à chacun la nécessité de devoir 'gagner' sa vie !

- Je gagne bien (ou mal) ma vie.
- Il faut bien gagner sa vie !

Ainsi donc – l’embryon ne le sait pas encore mais, alors même qu'il n'avait rien demandé à personne, d'ores et déjà le voilà condamné à DEVOIR gagner ce qui va être sa vie ! Conçu par un hasard qui le dépasse, inconscient de tout ce qui se trame autour de lui mais l'attend, avec son petit bagage héréditaire en bandoulière, promu fœtus puis nourrisson, le ‘gagneur’ va se mettre au travail forcé. Forcément !

J’ai déjà exposé plus haut mon point de vue sur le travail en tant que tel, je n’y reviendrai pas et m’attarderai ici sur ses aspects collatéraux. S’il faut bien admettre que la ‘chance’ est l’alibi des incapables, elle existe réellement quand l’individu naissant, incapable précisément à ce moment de sa vie de quoi que ce soit, se voit, sans le savoir, porteur de son héritage génétique qui va lui permettre de devenir ce qu’il sera. Là est sa chance… ou sa malchance !

Avant même de savoir dans quel berceau d’or ou de paille le fœtus découvre le monde, son héritage est une fabuleuse injustice pour qui croit que tous les hommes sont égaux. Mais il n’y a rien à y faire, c’est une ‘injustice’ naturelle : l'un est blond, l'autre noir de peau, celui-ci sera poète, celui-là mathématicien ; l'un sera plus intelligent que l'autre, pourtant son voisin de lit

Indépendamment de son poids en kilos, celui-ci pèse beaucoup plus que celui-là puisque celui-ci, prédestiné à monter plus haut que celui-là au faîte de l’échelle sociale, se verra – honnêtement ou non d’ailleurs, distingué de la masse et, pour peu qu’il fasse de la politique, gagnera une légitime respectabilité que définit parfaitement l’art. 1, alinéa 2, de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen : « Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l’utilité commune. » Telle est l’égalité des hommes entre eux.

Si en plus de cet avenir garanti s’ajoute une autre ‘chance’, celle d’être tombé dans un berceau doré, voilà un homme qui n’aura pas à gagner sa vie, d’autres l’auront fait pour lui et bien avant lui !

C’est criant d’injustice ! Trop criant ! Et c’est la goutte DSK qui a fait chez moi déborder tout le fiel qui me submerge ici et dont il faut bien que je m’en décharge quelque part !

On avait déjà vu dans ‘La Justice en question’ de ce même forum à quels excès conduisait parfois le ‘pouvoir’ et on sait que l’argent donne le pouvoir ; on a vu également dans ‘le Travail en question’ les scandaleuses différences de rémunérations entre celui qui place son argent pour le faire travailler et celui qui le fait effectivement fructifier avec ses bras ou son cerveau. Alors se pose une question : JUSQU'A QUAND ?

Jusqu’à quand va-t-on laisser se poursuivre de telles manœuvres ? Jusqu’à quand le con de démocrate de base va-t-il se laisser tondre la laine sur le dos ? Ca ne vous gêne pas, vous, que pour défendre son innocent mari, madame Sinclair puisse compter sur la fortune amassée par son grand-père ? Pendant ce temps-là que faisait-il le grand-père de l’autre innocente guinéenne dont je ne sais même pas le nom ? Comment se fait-il qu’il n’ait pas engrangé de fric, lui ? C’est louche ! C’était sans doute un libertin ou un gibier de potence, va savoir ! Bref, elle n’a pas d’argent ? Pourquoi donc dès lors lui donner une chance dont, tout compte fait, elle n’a pas besoin ; elle ne sert à rien ! Coupable !

STOP !

S’il y a des éléments sur lesquels l’homme n’a aucun pouvoir parce que ce sont des éléments de type génétique héréditaire, il y en a d’autres sur lesquels il peut, il DOIT agir pour corriger la Nature, disons ‘pour la socialiser’. Ou alors, décrétons une fois pour toutes que la loi du plus fort est toujours la meilleure, je n’y suis pas hostile mais je vous préviens je m’arme en conséquence et qui vivra verra.

Avant d’en arriver à cette extrémité, devant l’absurdité du système n’ayons pas peur, une fois encore, de recourir à l’utopie qui me semble être la seule équivalence raisonnable puisque nos têtes pensantes et mieux agencées que la mienne n’en peuvent mais.

La néo-société à laquelle j’aspire de tous mes vœux, refuse l’inepte principe au nom duquel tous les hommes seraient égaux, ils sont forcément inégaux mais elle entend en moduler leurs conséquences les plus inhumaines. Et c’est là que nous entrons de plain-pied dans l’utopie.

Un homme ne saurait posséder plus qu’il ne vaut, faute quoi le possesseur qu’il croit être devient le possédé de ce qu’il détient. De fait il échappe au système humain pour entrer dans un système des choses et la société humaine n’a dès lors plus aucune raison de lui accorder les droits qu’elle garantit à ses ressortissants ordinaires. Est-ce clair ?

La question de base est donc de savoir ce que vaut un homme et quelle proportion de possessions peut-on raisonnablement lui concéder par rapport à sa valeur propre ?

Tout nouveau-né est possesseur d’un droit de vie et d’un seul. C’est la base. A ce stade tous les hommes sont égaux et je dirai que la valeur de chacun est égale à ‘1’. Chemin faisant, sous les effets du milieu et du patrimoine héréditaire, cette valeur va prendre de l’importance et, arbitrairement, je supposerai que la valeur maximale raisonnable est égale à ‘7’. Dans cette hypothèse, du plus humble au plus nanti d’entre tous les hommes, le rapport de valeur ne saurait excéder 7. Le smicard de base d’une entreprise sait dès lors que, naturellement, si son salaire mensuel est de 1000 €, celui de son PDG ne peut pas, tous avantages confondus, être supérieur à 7000 €.

L’ancienneté dans la profession, les connaissances acquises, la qualité et l’importance des travaux accomplis sont les seules critères permettant des changements de catégorie, de 1 à 7. L’usage instaurera des graduations internes dans chacune des catégories mais à ce stade de l’exposé il serait superflu d’en fixer les règles.

On travaille pour gagner sa vie ? C’est dit ! En aucun cas pas celle des autres y compris ses descendants qui auront à tracer leur propre sillon. Voilà qui règle les problèmes de succession : tous les biens acquis au cours d’une vie ne sont pas plus transmissibles que la vie elle-même lorsqu’elle n’est plus. Cela me semble tellement évident que je m’étonne de devoir le préciser. L’unique héritage naturel de son lignage est strictement génétique. Le reste, l’excédent, l’encombrant matériel revient à l’Etat, exception faite des biens de production, de la plus humble échoppe au plus grand consortium si son avenir professionnel est assuré. Tout revient à l’Etat et quand je dis ‘tout’, c’est tout, y compris ce qui pourrait revêtir aux yeux de certains une valeur indéfectiblement sentimentale.

On me rétorquera qu’une telle politique va voir la fuite des capitaux à l’étranger, j’en accepte l’augure puisque ces capitaux n’auront plus rien à voir avec les néo-capitaux de la néo-société dont je parle ici. On me rétorquera aussi que toutes nos œuvres d’art prendront le même chemin que les capitaux ? Pourquoi pas. L’œuvre, française d’origine, ne perdra pas sa naturalité pour autant et sa dispersion dans le monde entier ne saurait porter préjudice à notre pays ; au contraire !

Quoi d’autre ? Rien. Sinon que – pour en revenir au sujet déclencheur de cette diatribe, la néo-société qui est la mienne, celle que j’appelle ardemment, est assurée de ne jamais voir des Paul ROSENBERG condamnés à souffrir de honte éternellement à titre posthume ni des DSK à vivre au SCHWARTZ.


Vos suggestions (qui, je l’espère, seront plus nombreuses que celles que j’attendais sur la Justice et le Travail !) sont vivement souhaitées surLa Néo-Société’, forum VOX POPULI.
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L'argent en question (suite)

Messagepar coriolan » 23 Juin 2011 13:23

Certains de nos amis craignent le ridicule alors que, c’est bien connu et j’en sais quelque chose, il y a belle lurette que celui-ci ne tue plus ! Ca ne fait rien, soucieux de s’éviter des quolibets ou, au mieux, des sourires moqueurs, ils s’obstinent à se taire publiquement pour ne réagir que par mails ou téléphone… Bon ! Respectons leur anonymat mais qu’il me soit permis de leur rappeler que, navigant moi-même en plein délire utopique, ils ne risquent pas grand-chose en en rajoutant une couche ou, dans le meilleur des cas, en critiquant ce que le bon sens critiquera naturellement.

La première remarque contradictoire que j’ai entendue combat véhémentement le système que je préconise alors que, dénonçant ‘le monde de l’argent’ il semblerait que je propose un autre système qui verrait la société divisée par castes en fonction de la valeur monétaire de ses ressortissants. Un comble ! Eh bien, oui ! Je ferai toutefois remarquer à mes sympathiques et discrets opposants que l’argent de ‘mon système’ n’a rien à voir avec l’argent qui régit le monde actuellement. ‘Mon’ argent est représentatif de la valeur humaine qu’il exprime et sur laquelle chacun – y compris les intéressés eux-mêmes – ne peuvent être qu’unanimement d’accord. Il n’y a pas plus de fierté de faire partie de la classe 7 que de la classe 1, c’est un état de fait et un fait de la Nature. On pourra discuter sur ce point et comparer avec une société animale qui nous a précédés et nous succèdera, la société des fourmis : chaque chose à sa place et place fièrement occupée puisqu’il faut ici faire intervenir un sentiment humain.

Avantage du système de ‘castes’ au plan politique : la division de la société en 7 catégories (je rappelle que ‘7’ est un chiffre arbitraire pour la facilité de l’exposé), imaginons une société de 1000 membres ainsi répartis :

Classe 1 : 200
Classe 2 : 150
Classe 3 : 100
Classe 4 : 300
Classe 5 : 190
Classe 6 : 50
Classe 7 : 10

Chacune de ces classes se verra représentée au Parlement proportionnellement à sa densité, soit : de la classe 1 à la classe 7 : 20%, 15%, 10%, 30%, 19%, 5% et 1% . Ainsi la représentation nationale ne sera-t-elle plus basée sur des idéologies de circonstance mais sur la matière même du peuple ; la représentation sera enfin vraiment représentative du dêmos et nous en aurons fini avec ces notions archaïques et ridicules de Gauche et de Droite !

...Et c’est dans ce panel que la Président de la République élu au suffrage universel choisira son gouvernement.


à suivre...
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