LA DERNIERE PRIERE DU MECREANT.

Propositions de débats

LA DERNIERE PRIERE DU MECREANT.

Messagepar coriolan » 18 Aoû 2015 16:39

Il commençait ainsi le sonnet de mon cousin, Edmond :

« Si je devais un jour devant vous comparaître,
Professeur Jéhovah, comme on me le promet
Pour l'admission finale ou l'ultime rejet
Au dernier examen de mon Seigneur et Maître,

Que pourriez-vous de moi bien chercher à connaître
Que vous ne sachiez point ?...
»

Il commençait ainsi, et c’est la seule chose au monde que je viens de quitter dont je me souvienne en cet instant fragile avec un rien de sourire au fond de mes yeux morts. Morts ? Il semblerait que oui !.. Il semblerait donc que l’heure de la comparution ait sonné…

Mes amis, je les ai quittés il y a une éternité déjà ; quelques minutes… Nous avons plaisanté jusqu’à mon dernier soupir et ce sourire que je traîne dans mon sillage immobile, c’est à eux que je le dois. Je leur devais déjà une belle vie, je leur dois maintenant une belle mort ; merci et que la destinée leur offre la même jouissance ultime.

Sous l’œil réprobateur de Vajra, Arthur a trouvé le moyen d’avoir le dernier mot avec son : « Salue le Père Eternel de ma part ! » Je n’ai pas eu le temps de lui répondre : « Pas de souci… mais encore faudra-t-il que je le trouve ! » et c’est là, au sein de ces derniers mots non prononcés, que prit naissance le subtile sourire ‘monalisien’ cependant que ma vie en finissait de s’égoutter entre mes doigts déjà raides.

Ne me demandez pas comment il se fait que je puisse dire que je suis mort alors que les propos que je tiens semblent démontrer le contraire ! Je n’en sais fichtre rien. Bruits, images, senteurs, besoins, tout s’est estompé en un temps inestimable… Une seule évidence pour moi : je suis en attente de quelque chose. Mais quoi ?

Du temps encore s’est écoulé. Combien ? J’ai dû dormir… Une autre évidence a chassé la précédente, je ne suis plus en attente de quoi que ce soit et je ne suis plus seul. Qui est là ?

… Ne me dites pas que… ? ! Je sens qu’il faudrait rectifier la position mais il ne me reste que le fameux petit sourire qui ne veut absolument rien savoir et qui s’accroche à moi en dépit de ma volonté. Va-t-en ! Non ! s’obstine-t-il en s’arrogeant un droit de représentativité que je désavoue de tout mon restant d’être.

Et commence un face à face ahurissant entre un sourire et… Dieu sait quoi !

…………………………………………………………................……………….................................

Où vas-tu, là ? Quels sont ces souvenirs qui remontent à la surface ? Pourquoi tous ces détails ? Mais on s’en fiche ; on s’en fiche !

Tout le monde s’en moque que tu aies vécu jusqu’à ton treizième anniversaire dans la foi catholique la plus inaltérable ; tout le monde s’en moque que tout a vacillé autour de toi à partir du jour où, jeune recréateur en culotte courte de l’univers, tu te sois mis à détruire le Dieu de ton enfance au nom d’une science naissante et de lectures digérées tant bien que mal ! Tout le monde s’en moque ! Une chose est certaine, c’est que du jour au lendemain tu es passé du règne d’un Dieu tout-puissant - capable de créer le Ciel et la Terre en 6 jours ! - à celui d’un concept divin lamentable et risible de tant de naïvetés !

C’est ainsi qu’au nom de la dignité humaine tu as fait accéder au rang d’ÊTRE ce qui naguère encore n’était que CREATURE ! Belle promotion… Il faut dire que, quelle que soit la porte que tu aies poussée, ce fut toujours en vain, ne rencontrant que de piètres missionnaires de dieux déficients. Et je ne parle pas de prosélytes de base, mais bien des plus hautes instances en la matière ; qu’on en juge.

D’abord, excusez du peu, l’Ecole biblique de Jérusalem qui, dans son ‘Introduction au Pentateuque’ – Editions du Cerf – nous dit, à propos des onze premiers chapitres de la Genèse, qui traitent des origines du monde et de l'humanité : "Ils décrivent, de façon populaire, l'origine du genre humain ; ils énoncent en un style simple et imagé, qui convenait bien à la mentalité d'un peuple peu cultivé, les vérités fondamentales présupposées à l'économie du salut (…) Mais ces vérités, qui touchent au dogme et qu'assure l'autorité de l'Ecriture, sont en même temps des faits, et si les vérités sont certaines, elles impliquent des faits qui sont réels, bien que nous ne puissions pas en préciser les contours sous le vêtement mythique qui leur a été donné, conformément à la mentalité du temps et du milieu." (page 27).

Joli galimatias propre à noyer du poisson mort, non ? Il fallait qu'un texte comme celui-ci fût rapporté ! Voilà ce que, du temps de mes quêtes spirituelles tous azimuts, l’autorité ecclésiastique pensait d’un texte sacré censé représenter la Parole de Dieu, en précisant bien qu'à l’examen des faits, "il serait absurde de demander la rigueur que mettrait un historien moderne… " Ainsi donc le représentant de Dieu sur Terre demandait-il au prétendant à la foi d’asseoir celle-ci sur du sable en se gardant bien d’y exercer son esprit critique de crainte de tout effondrement !

Autre exemple pour faire bon poids avec l’Ecole biblique de Jérusalem, le Vatican ! Suite à une question qui valait bien d’être posée, le néophyte se permit d’interroger le Vatican afin de savoir ce qui pouvait bien justifier ce cri de joie Felix culpa ! (heureuse faute !) alors qu’on faisait référence au péché d’Adam et d’Eve. Vous vous souvenez : Adam transgresse un interdit divin, ce qui lui vaut d’être déchu avec toute sa descendance, c’est-à-dire entre autres créatures innocentes, vous et moi.

Pour apaiser la colère de son père, Jésus se sacrifie et consent à mourir sur la croix. C’est alors que l’Eglise catholique se félicite du péché d’Adam sans lequel nous n’aurions pas connu le fils ! Ben voyons ! Un peu comme si les juifs se félicitaient de la Shoah qui leur valut la délivrance spectaculaire des camps de concentration ! Felix culpa ! Oui, heureuse douleur ! Comme si les Français s'extasiaient devant le déroulé de l'Histoire récente : "Vive Hitler qui nous a valu de Gaulle !" Heureuse faute ! Vive le mal, vive le péché « quae talem de tantum meruit habere Redemptorem » (qui nous a mérité un tel Rédempteur) confirma Mgr L. Sandri, assesseur à la Secretairie d’Etat du Vatican, en précisant toutefois qu’il comprenait l’étonnement de l’étudiant biblique devant cette « formule particulièrement belle et audacieuse de la liturgie pascale ». Et de conforter sa pensée en rappelant saint Paul : « Là où le péché s’est multiplié, la grâce a surabondé. » (Lettre aux Romains, 5, 20)

Pour que la grâce surabonde, alors oui, vive le péché ! Ainsi donc, incroyable Dieu, si ma ‘mécréance’ me vaut d’être dans le péché, qu’importe et tant mieux puisque vous m’en avez sauvé glorieusement par anticipation.

Bien entendu ces deux exemples chocs ci-dessus se sont étalés dans le temps et, à l’heure des comptes, le temps n’ayant plus qu’une importance relative, si je me retrouve dans mon voyage intérieur ‘souriant’ aux alentours de ma vingtième année je m’y revois aussi à l’identique vers ma quatre-vingtième. A l’identique, disais-je, soit effectuant encore et toujours le même sempiternel brassage de tout et de son contraire de ce que j’ai déjà développé ici, quelque part, au hasard des jours. Oui, c’est bien moi que je vois. La Nature ayant horreur du vide, dit-on, je m’observe en train de réinventer Dieu comme si sous l’effet de son absence en moi, des pressions extérieures assaillaient tout mon être.

Cependant, et même à mon heure dernière qui vient de sonner, je ne peux plus croire au Dieu révélé ; rien ne m’y pousse, rien ne m’y incite, rien ne m’y invite, tout au contraire m’en dissuade. Ne subsiste qu’une seule interrogation : pourquoi ce vide ? Ce besoin ? L’absence de Dieu serait-elle plus prégnante que sa présence ? Trop vaste question pour un instant trop bref…

Alors, « que pourriez-vous de moi bien chercher à connaître / Que vous ne sachiez point ?...» et ceci d’autant plus que le premier voyageur venu sur Exodoxe et feuilletant la rubrique ‘Tribunes Libres’ pourrait voir se dérouler ma vie en quête constante de la recréation d’un Dieu ‘acceptable’, façon Pierre Gripari :

Si j'avais a choisir un dieu,
Je le prendrais vert, jaune et bleu,
Et rouge aussi, couleur du feu (...)
A tant faire que de forger
Un dieu plus ou moins mensonger,
J'en veux un que je puisse aimer.



Tout est dit : j’en veux un que je puisse aimer ! Et c’est ainsi qu’en désespoir de cause j’ai dû créer JAO – comble des paradoxes : un dieu laïc ! - en apothéose de l’humain ; l’un justifiant l’autre et réciproquement.

Sacrilège ? Eh bien, si un prix doit être payé, que ceux qui m'ont conduit à ces errances en règlent l’addition ; c’est là ma dernière prière. Moi, j'ai fait ce que j'ai pu avec opiniâtreté.
……………………………………………………………………………….

J’ai sommeil ; mon sourire m’illumine et je me fonds en lui… il va rester la seule trace fossile d’une vie humaine satisfaite d’en avoir fini ainsi.

... Que pourriez-vous de moi bien chercher à connaître
Que vous ne sachiez point ?...

J'ai passé toute ma vie à vous chercher, trop peut-être car... en vain ! Un comble !

Echoisy, le 22 octobre 2012



PS. Ah ! mais… que se passe-t-il … ? Ce tunnel lumineux que je vois, qu'est-ce que c'est ? L'ultime réminiscence d'une légende trop imprégnée et resurgissant ? le dernier sursaut synaptique d'un changement d'état ? Mes deux questions m'emportent... je n'en n'aurai donc jamais eu fini ?
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Une lueur d'espoir pour le croyant.

Messagepar coriolan » 03 Juin 2018 20:10

Je reviens sur ma dernière prière car, plus que jamais, je la crois proche. C'est ainsi qu'il me paraît urgent et nécessaire de préciser - après toutes ces errances sur Dieu - un dernier point essentiel : la conclusion de l'essai 'PECCATA MUNDI' concerne le Dieu dit "révélé" exclusivement ; grâce à Maria Valtorta je sais que, depuis le temps que je le cherche, ce 'Dieu' insaisissable est la psychosphère.

Selon une ancienne habitude chez moi, je lui ai donné le nom de Jao. Son chemin d'accès est à la portée de tous, l'important est de savoir qu'il existe;

Ce serait bien de vous en souvenir...
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Re: LA DERNIERE PRIERE DU MECREANT.

Messagepar coriolan » 22 Avr 2019 17:14

Le Dieu révélé est le Dieu des peuples civilisés, c'est-à-dire façonné par l'Homme.

Mon 'dieu' est celui des incultes ; il est l'ensemble des forces naturelles qui me régissent et que je subis.

Quand je le ressens - force de l'un ou faiblesse de l'autre ? - je me surprends à lui parler ; c'est ainsi que je lui ai donné le nom de "Jao".

Il ne s'enseigne pas.

Bonne route si vous l'appréhendez un jour !

Adieu...
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Re: LA DERNIERE PRIERE DU MECREANT.

Messagepar viatic » 27 Avr 2019 18:37

Mais... pourquoi "JAO" ? D'où vient ce nom ?
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Re: LA DERNIERE PRIERE DU MECREANT.

Messagepar coriolan » 27 Avr 2019 19:16

Il y a quelques années, dans ma période 'Témoin de Jéhovah', j'ai eu connaissance d'une petite brochure publiée par ces derniers et intitulée 'LE NOM DIVIN qui demeure à jamais'. Je vous en livre ci-dessous un extrait de la page 7 :

"Dans son Dictionnaire de la Bible (1722-1728), Augustin Calmet énumérait ainsi quelques-unes des différentes orthographes du nom divin : "Les anciens l'ont exprimé différemment. Sanchoniathon écrit Jevo, Diodore de Sicilee, Macrobe, saint Clément d'Alexandrie, saint Jérôme et Origène prononcent Jao ; saint Epiphane, Théodoret et les Samaritains, Jabé ou Javé. On trouve aussi dans les anciens Jahob, Javo, Jaoud, Jaod. Louis Cappel est pour Javo ; Drusius, pour Javé ; Mercerus (Mercier), pour Jehevah ; Hottinger, pour Jehvah."" - Edition de 1863, tome II, page 913.

Les uns étant pour celui-ci et les autres pour celui-là, moi, j'ai opté pour le plus court, mon seul critère qui en vaut bien un autre : Jao ! Sachons seulement qu'il est l'expression verbale du tétragramme divin :
יהוה
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VERBUM

Messagepar coriolan » 30 Avr 2019 17:45

Ce mot, verbe, sera pris ici dans son sens traditionnel grammatical, c'est-à-dire son sens actif exprimant ce qui est et/ou ce qui agit. Il sera plus que la 'parole', il en sera aussi le suivi, l'ÊTRE et l'ACTION.

Quand les Anciens nous disent : "le Verbe s'est fait chair", ils nous informent que le Verbe, deuxième personne de leur Trinité, le Fils, est la parole de Dieu et que cette parole s'est incarnée. Pour eux, le Verbe existe de toute éternité : "Au commencement était le Verbe et le Verbe était avec Dieu et le Verbe était Dieu." (Jean, 1 : 1)

Avant ce "commencement" de notre univers, il y avait donc le Verbe mais un Verbe insaisissable visuellement aussi bien qu'intellectuellement par l'esprit humain. L'esprit humain ne peut remonter, lui, qu'à la première seconde de ce qu'il appelle le 'big bang' qui a vu surgir le premier atome puis, par association, la première molécule, la matière, la vie et enfin, jusqu'à ce jour, la pensée. Pourquoi toute cette évolution ? la question n'a pas plus de sens que celle qu'on formulerait sur l'antériorité du big-bang, ou celle que se poserait une abeille sur sa production de miel et du bénéfice que peut en tirer une autre espèce que la sienne. C'est une offense à l'intelligence humaine que de se perdre en conjectures sur le passé ou le futur de ce qui dépasse nos possibilités d'accès. En revanche, plutôt que ne soit exprimé laconiquement : "le big-bang a généré l'univers", rien ne s’oppose à ce qu'il soit dit – et suivant en cela l'intuition des Anciens – : « Le Verbe s'est fait matière puis pensées »… Tiens donc, la psychosphère (1), le miel des abeilles ?

Voilà qui nous a ramené à Aristote : "Voulez-vous découvrir avec certitude la vérité ? Eh bien, séparez avec soin ce qu'il y a de premier, et tenez-vous à cela" Tenons-nous y.

Dans le droit fil de cette vision et sans extrapoler, notre Univers ne serait ni plus ni moins qu'un changement d'état du Verbe, justifiant ainsi une 'volonté' de permanence et d'avenir. Et c'est ainsi que j'ai pu écrire : " Mon 'dieu' est celui des incultes ; il est l'ensemble des forces naturelles qui me régissent et que je subis. Quand je le ressens - force de l'un ou faiblesse de l'autre ? - je me surprends à lui parler..."

(1) Concernant la psychosphère : viewtopic.php?f=42&t=763#p9341

PS- Ce message est ma 6000ème participation, je lui souhaite un bel avenir...
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VERBUM (2)

Messagepar coriolan » 03 Mai 2019 15:51

Notre univers matériel est et n'est que la conséquence de l'atomisation du Verbe dont chacune de ses particules - jusqu'à l'être pensant - sait, pour le moins confusément, qu'il fait partie de l'ensemble. Au fil des âges - et je parle ici en ce qui concerne le monde des humains - ceux qui ont pressenti en premier ce 'phénomène' l'ont mythifié en le parant d'une légende apte à sa compréhension par le plus grand nombre car il était indispensable pour eux de diffuser "l'idée de Dieu". C'est ainsi que l’Ecole biblique de Jérusalem, dans son ‘Introduction au Pentateuque’ – Editions du Cerf – nous dit que les faits sont énoncés " en un style simple et imagé qui convenait bien à la mentalité d'un peuple peu cultivé ".

Un tel propos choque dans un livre dit 'saint', et surtout de nos jours, mais il se comprend quand on le place dans son contexte tel qu'il a été présenté ci-dessus.

Il s'ensuit que toutes les religions à travers le monde, quelles qu'elles soient et quelques divergentes qu'elles puissent paraître entre elles, ont la même origine et sont issues de la même vérité. Leurs différences sont dues aux temps et aux lieux de leur initiation ainsi qu'à la nature des populations qui l'ont reçue. (1)

Mais qui est "Verbum", le Verbe ? Que sait-on de lui ? A-t-il un autre nom ? Eh bien, oui ! Verbum est l'ante-big-bang, c'est aussi Ylem, la fameuse particule originale dont Wikipédia nous dit : "Ylem est le nom donné par Aristote à la substance fondamentale d’où procédait toute matière. Le terme a été repris au xxe siècle par George Gamow (physicien d’origine russe émigré aux États-Unis en 1936) pour désigner l’œuf primordial, la gouttelette de matière condensée d’une densité et d’une température extrêmement élevées qui, d’après Georges Lemaître (chanoine et cosmologiste belge), aurait donné naissance à l’univers. Ces considérations préludent à l’actuelle théorie décrivant la genèse de l’univers, le Big Bang."

Hélas ! la révélation de ce nom ne figure dans aucun livre dit saint, et le peu que l'on en sait est sujet à de nombreuses interprétations ! Toutefois un indice troublant figure dans le livre de l'Exode, référence sérieuse pour les monothéistes (judéo-chrétien, témoin de Jéhovah, islamiste), au chapitre 3, verset 14 où l'on apprend que Moïse, ayant demandé à Dieu comment il fallait l'appeler, aurait eu pour réponse :

- selon la Bible de Jérusalem : Je suis celui qui est,
- selon la Bible de Segond : Je suis celui qui suit,
- selon Osty et Trinquet : Je suis qui je suis,
- selon Les saintes Écritures : Je me révélerai être ce que je me révélerai,
- selon la Bible de Chouraqui : Je serai qui je serai.

Une telle variété est l'indice d'une traduction imparfaite et non encore résolue à ce jour. Toutefois, l'explication de la difficulté à trancher entre les variantes 'ce que je suis, celui qui est, etc.' ne se trouverait-elle pas dans ce qu'aurait pu paraître inconcevable une réponse aussi limpide que : Je suis ce qui est (sous-entendu : TOUT ce qui est) ? Mais les divers interprètes à travers les âges se sont ingéniés à rester au plus proche de l'idée préconçue qu'ils avaient d'un Dieu. Et pourtant, la Bible de Jérusalem avec son : Je suis celui qui est est bien proche de : Je suis ce qui est !

Pour conclure, l'hypothèse de l'atomisation du Verbe originel et donc de la nature de tout ce qui nous entoure - y compris de l'homme lui-même - incite à croire qu'il ne saurait y avoir d'athée au sens absolu du terme ; il n'y a que des croyants ou des agnostiques. Enfin, pour renchérir sur le pape Jean-Paul II qui déclara dans son "Nouveau Catéchisme de l'Eglise Catholique" : 'Le désir de Dieu est inscrit au cœur de l'homme', je dirai : 'Dieu est dans notre ADN' et je n'en voudrai pour preuve, si petite soit-elle : qu'en raison de son origine - son essence et sa constitution - tout homme, croyant déclaré ou non, aspire au sacré et cette inclination se manifeste par son appétence pour les arts, notamment musicaux en raison de leur immatérialité harmonieuse... C'est sa façon à lui, qu'il le veuille ou non, de se rapprocher du Verbe, du Verbum, d'Ylem !

Cela peut-il suffire ?

(1) Concernant les mythes primitifs : viewtopic.php?f=49&t=1368#p19018
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Re: VERBUM (3)

Messagepar coriolan » 05 Mai 2019 17:16

Au temps où les Anciens étaient à l'écoute de l'univers plutôt qu'à son chevet comme pour le disséquer, la 'vérité' a été rendue accessible à certains d'entre eux. Pourquoi 'certains' de préférence à d'autres ? Parce que tout le monde n'est pas apte à comprendre ce qu'il voit. Bien entendu, pour ceux qui avaient des yeux ouverts et un esprit dispos, le message qui fut perçu ne devait pas rester lettre morte, il fallait le transmettre à ses congénères après l'avoir rendu compréhensible au plus grand nombre. Ce qui fut fait dans les conditions que l'on sait. Cependant, pour qu'il soit crédible, la révélation devait provenir d'une intelligence réputée supérieure et c'est ainsi que les Anciens supposèrent un Dieu qui offrait, en outre, l'avantage d'expliquer bien des mystères naturels pour le commun des mortels de l'époque : les marées, la succession des jours et des nuits, la chaleur du soleil, etc.

Qui plus est, ce Dieu à qui il fallait complaire, devenait-il le modèle de la perfection à atteindre pour une vie exemplaire ! Et c'est ainsi qu'avec son complément indispensable, le 'Diable', les deux antagonistes se propagèrent-ils dans l'esprit populaire, avec leur avalanche de promesses de récompenses et de punitions post-mortem, ainsi que tous les rituels adéquats de soumission, de subordination et d'adoration.

Et le tour était joué.

A-t-on traces des prosélytes précurseurs de ce qui fut érigé en 'culte' ? Oui, certainement. Ce sont ceux que l'on nomme 'prophètes' dans toutes les religions du monde. Ils étaient persuadés de la réalité de leurs propos et certains allèrent même jusqu'au sacrifice suprême pour en défendre l'authenticité.

Comment aurait-il pu en être autrement ? La fameuse question de Leibnitz, bien que non formulée, flottait déjà dans l'air des temps préhistoriques : 'Pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien ?' Et des choses étaient ! Et pour quelles fussent, l'intervention d'un Dieu était indispensable à l'intellect humain ! Mais cependant pas dans n'importe quelles circonstances ! Comment aurait-on pu faire comprendre à un homme des temps anciens que le Verbum, système évolutif de l'univers, est en progression vers un avenir insoupçonnable pour nous et qu'il provient d'une source tout aussi inaccessible à l'intelligence humaine ? Comment lui faire comprendre que notre présent n'est qu'un stade du Verbum, le stade de la 'matière', qu'hier (il y a quelques milliards d'années) il en était à un stade inimaginable et que demain (encore d'autres milliards d'années) il en sera à un stade qu'on ne saurait raisonnablement conjecturer ! Il valait mieux simplifier au maximum son existence, d'autant que même présenté sous la forme d'un Dieu créateur, certains hommes s'obstinèrent et s'obstinent encore à en douter ! Et cependant, une intelligence supérieure, quoi de plus simple à concevoir ? Tandis que le Verbum, Ylem, le Big-bang, révélé à l'homme d'il y a 3000 ans ? Folie ! Il était préférable que ce dernier crût en un Dieu statique ayant subsisté de toute éternité dans un espace vide de tout jusqu'à ce qu'il se décidât à créer quelque chose, notre univers ! Par exemple...

Il était en effet préférable. A chacun sa logique... selon son temps !
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Messagepar coriolan » 10 Mai 2019 16:43

Le 3 novembre 2016 je concluais ainsi la brochure 'Peccata mundi' : "Dieu est le péché originel de l'humanité, toutes religions confondues. En inventant 'Dieu' l'homme a frappé sa descendance au cerveau ; il a annihilé 90% des connexions neuronales de son espèce qu'il a chosifiée. Une seule solution : sa raison doit désormais le tuer et le chasser de sa mémoire !"

Je n'ai rien à changer sauf que le Dieu dont il est question ci-dessus est le Dieu généré par l'homme au service exclusif de sa cause. Il ne s'agit pas du Dieu ressenti qui ne s'enseigne pas. Et à ce stade de notre perception métaphysique de l'univers je crois qu'il est nécessaire de survoler à nouveau ce qui a façonné notre conviction, à savoir les rubriques publiées sur Exodoxe depuis son origine, c'est-à-dire septembre 2007, jusqu'à ce jour :

- Critique de la foi,
- Post mortem,
- la psychosphère,
- Le temps, l'Homme et Dieu.
- Peccata mundi,
- L'après dossier Dieu.

Bonne lecture, laissez-vous emporter...
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Messagepar coriolan » 15 Mai 2019 15:40

C'est dans la nuit que tout se passe, quand le corps déconnecté de son cerveau qui le tient en éveil s'abandonne au néant, quant à l'extérieur rien n'altère sa sérénité, c'est dans la nuit que tout se passe. Les éléments primordiaux qui nous constituent nous 'parlent' et vous l'ignorez, le corps atomisé du Verbum qui nous anime s'exprime et vous ne le savez pas ! Un corps endormi est une plante, ni plus ni moins. Il vit et ne le sait pas. C'est regrettable car si, le sachant, il était à l'écoute de lui-même, il vous apprendrait, non seulement qui est 'dieu', mais aussi que cette nature dite 'divine' fait partie intégrante de nous-même. Dans un conte, Ylem, que vous trouverez sur Exodoxe, sous la rubrique : Contes et Récits, j'ai déjà évoqué cette caractéristique que j'ai appelé "la Volonté Intrinsèque d'Etre", la V.I.E. (1)

Cette V.I.E. constitue l'ensemble de notre univers, il n'y a rien en dehors d'elle pour la simple raison qu'elle est le Verbum atomisé constitutif de tout, du TOUT. Et voilà pourquoi certains d'entre nous, plus à l'écoute que d'autres, ont la 'connaissance infuse' ; et surtout pourquoi et comment les plantes - dépourvues de cerveau - semblent être dotées d'une intelligence qui stupéfie l'être humain : leurs capacités à s'adapter ou à se reproduire en dépit d'éléments extérieurs apparemment hostiles. (2)

Que cette méconnaissance ne vous désespère pas cependant, ce qui s'est exprimé en vous a laissé une trace qui, tôt ou tard, accédera au niveau de votre conscience. Il suffit que vous ayez appris son existence, ce qui est fait.


(1) Extrait d'Ylem : Tout est lumière mais à des stades plus ou moins évolués. Votre chair est lumière ; vos os sont lumière ; ces feuilles qui, dehors, bruissent sous le vent sont lumière ; ce vent lui-même est lumière. Ça, c'est un scoop ! Autre scoop, et pas des moindres : la lumière est non seulement déterminée, elle est aussi prospective ! Et vous le savez déjà, vous à qui j'ai dévoilé la 'volonté intrinsèque d'être' de l'Ontos (ici, le Verbum), volonté transmise aux ultimus (particules supposées fondamentales de la matière) donc à la lumière puis, par radiation, à la matière...Mais je n'irai pas plus avant, ce serait inutile. Il vous suffit de prendre note de la nature prospectiviste de la matière.

(2) ARTE a diffusé une série intéressante sur le sujet : La vie secrète des plantes (leur propagation, leur sexualité, leur génie).
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VERBUM (6)

Messagepar coriolan » 17 Mai 2019 17:04

J'allais m'endormir quand soudain une pensée m'assaillit sans crier gare : " C'est bien beau de prétendre que la V.I.E (Volonté Intrinsèque d'Être) anime tout ce qui vit, que devient-elle lorsque, précisément, celui qu'elle occupe (plante, animal, humain) disparaît : arbre mort, charogne, cadavre, etc. ? " La question m'interloqua et je ne sus, à premier abord, que répondre...

Alors, fidèle à mon habitude, je posai la question sur mon oreiller en priant Jao de bien vouloir faire son travail de nuit.

Au petit matin, avec le soleil levant qui inondait ma chambre, la question refit surface porteuse de sa réponse ; comme il m'y avait accoutumé, Jao s'était activé pour me donner satisfaction.

Mais... et vous, qu'en aviez-vous pensé ?

Et pourtant, c'était bien simple : La V.I.E. n'occupe pas un organe mais des composants d'organes. Or, qu'est-ce qui meurt ? Les organismes vivants et non leurs composants : les molécules, pas les atomes et encore moins les ultimus, particules élémentaires constitutives de ces derniers.

En conclusion, lorsqu'un organisme vivant meurt, la V.I.E. demeure jusqu'à ce que le hasard la fasse participer à une autre forme de vie où elle poursuivra sa raison d'être.

Un schéma pourrait illustrer mon propos jusqu'ici : à gauche, l'explosion du Verbum originel et la progression de son atomisation sous forme tourbillonnaire vers un point central qu'il constitue par sa présence (l'Univers). D'aucuns appelleront ça, le Père. Sur ce point central, un fourmillement de vies sous l'action de la V.I.E. (Les Fils). Puis, à droite, jaillissant de toutes ces formes de vies parvenues à l'acquisition d'un cerveau, la psyC (la psychosphère ou l'Esprit - dit 'saint' pour certains).

Ainsi, la finalité serait la psyC en vue d'une sorte de spiritualisation de la matière pour des raisons spécifiques au Père, au Verbum, et qui dépassent nos possibilités de compréhension puisque celles-ci concernent un stade qui n'est pas le nôtre, celui qui dans des milliards d'années succédera au stade de la 'matière'.

Toute hypothèse au-delà de ce constat ne peut être que fantaisiste mais, a contrario, l'hypothèse qui nous y a conduit vaut d'être retenue.
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VERBUM (7)

Messagepar coriolan » 18 Mai 2019 17:00

Lucie venait de parcourir en une heure à peine cette suite de "Verbum" que j'ai mis 60 ans à peaufiner ! Et elle me regardait d'un air goguenard en ne cessant de dire : "C'est fou ! Je n'y crois pas un seul instant. Comment peut-on écrire des choses pareilles ?" Ce qui était curieux pour moi, c'était ce rapport de 60 minutes de découverte du sujet avec 60 ans de recherches, de renoncements et de persévérance ! Rapport de 1 à plus de 500 000 ! Elle était 1, j'étais 500 000, et elle riait en se moquant de moi... ; que vouliez-vous que je répondisse à cela ? Rien. Alors je l'ai laissé rire ! En effet, il valait mieux pour elle qu'elle crût qu'avant de créer l'univers, un Dieu (mais 'dieu' de quoi ?) ait occupé le vide éternellement jusqu'à ce qu'il se décidât à créer... (nécessité soudaine, toquade, fantaisie ?) ou encore, plus scientifiquement, qu'avant l'existence du monde, le vide cosmique ne fut occupé que par une gouttelette de matière condensée (Ylem) qui aurait donné naissance à l’univers, le fameux big-bang indémontrable mais si commode.

On rit de ce qu'on peut... :lol:
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