LES OUTRANCES DE LA PRESSE

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LES OUTRANCES DE LA PRESSE

Messagepar coriolan » 09 Mar 2014 14:01

"Affaires" Sarkozy, un seul coupable : la Presse !

Cette semaine qui s’achève a battu le record des mises à jour de scandales ou pseudo-scandales touchant de près ou de loin Nicolas Sarkozy. Je n'ose pas faire un rapprochement avec la proximité des échéances électorales (communales et européennes) mais je ne suis pas certain qu'une bonne partie de mes concitoyens ne cèdent à la facilité d'un tel rapport que rien ne justifie vraiment d'ailleurs...

C'est d'abord le "Point" qui ouvre le bal en affirmant que le président de l'UMP aurait favorisé, au détriment des finances de son parti, la société de communication Bygmalion fondée par deux de ses amis, qui auraient surfacturé leurs prestations pendant la campagne présidentielle de Sarkozy. Bien entendu François Copé se défend comme un beau diable mais le fait mal et… le mal est fait ! Bref, que cette information soit fondée ou non il en restera toujours quelque chose ! "La calomnie, monsieur, vous ne savez pas ce que vous dédaignez... " sur un air connu !

C'est ensuite le "Canard enchaîné" qui publie ce qu'il présente comme le verbatim d'un après-midi à l'Elysée, enregistré sur dictaphone le 27 février 2011 par l'ancien conseiller de Nicolas Sarkozy, Patrick Buisson. le Point avait déjà évoqué ces enregistrements quelques jours auparavant mais c’est le Canard enchaîné qui les offre en pâture à ses lecteurs !

Mercredi, le bal continue "d'un bout du monde à l'autre bout" sur un autre air connu qui sent le soufre. Après le Canard, le site Atlantico met en ligne quatre extraits sonores, datant du 26 février 2011, mêlant conversations politiques et privées ; on y découvre donc des appréciations indiscrètes des uns et des autres sur ces gens qui nous gouvernent.

Vendredi, en quadrille final du bal pour un week-end bien mérité, le quotidien "Le Monde" jette un nouveau pavé dans la mare : l'ex-chef de l'Etat, son avocat Thierry Herzog et deux de ses anciens ministres de l'Intérieur, Claude Guéant et Brice Hortefeux, ont été placés sur écoute pendant des mois par des juges enquêtant sur l'affaire du financement présumé, par l'ex-dictateur Kadhafi, de la campagne présidentielle de 2007 de Nicolas Sarkozy.

Ces écoutes illégales permettent aux juges investigateurs d'obtenir des renseignements sulfureux tels que, je cite : " l'ancien président aurait sollicité un haut magistrat du parquet général de la Cour de cassation qui l'aurait renseigné sur une procédure en cours en lien avec l'affaire Bettencourt. En échange, Nicolas Sarkozy serait intervenu pour l'aider à obtenir un poste à Monaco." Trafics d'influences, magouilles, etc... sur fond de ragots ! Verba volant... Satan n’en finit pas de conduire le bal !

Voilà une semaine bien remplie où l'on a vu comment les journalistes, en zélés serviteurs de la police et de la justice - voire de partis politiques - , ont su user au mieux de ce qu’ils appellent avec préciosité et onctuosité "la liberté de la presse". Eh bien, cela ne peut plus durer !

Cela ne peut plus durer car, tant que leur sens de la liberté s'exercera sur nos hommes politiques - 'pourrissables' comme le commun des mortels, donc naturellement pourris à la tête - le bon peuple se fera une raison, voire s’en amusera, mais que dira-t-il - et que pourra-t-il faire – s’ils s'acharnent un jour sur sa personne ? Là où la souillure est d'autant plus grande que la personne est plus petite ? Il y a chez les petites gens des taches qui sont indélébiles alors qu’elles n’atteignent pas les grands. C'est donc au Peuple, en qualité de dépositaire de la Justice rendue en son nom (ne l’oublions pas !), qu'il appartient à titre préventif et dans son intérêt, de remédier d'ores et déjà à ces abus d'usage de la liberté au bénéfice d’une seule catégorie d’individus, la Presse.

Principe général concernant la « LIBERTE », (art 4 de la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen) : « La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui : ainsi l’exercice des droits naturels de chaque homme n’a de bornes que celles qui assurent aux autres Membres de la Société, la jouissance de ces mêmes droits. Ces bornes ne peuvent être déterminées que par la Loi. »

Abstraction faite de toutes les considérations qui ont émaillé la vie judiciaire de notre pays depuis la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse, il faut s'en tenir à ce principe de base rappelé ci-dessus, s’en tenir et n’y déroger sous aucun prétexte : ce que je considère nuisible dans un article de presse doit amener à réparation du 'nuisible', quel que soit mon statut social. Et ce qui est valable pour moi l'est aussi pour monsieur Sarkozy.

La source d'information des journaux Le Point, le Canard enchaîné et le Monde étant supposée fiable, il appartenait à ces derniers d'en alerter le Parquet mais en aucun cas de publier ce qui leur semblait couler de source. Dans le pire des cas, le Parquet aurait diligenté une enquête et Nicolas Sarkozy mis en examen serait resté présumé innocent jusqu'au jugement de l'affaire. En publiant ses informations hors contrôle judiciaire, la Presse a révélé au public un présumé coupable, modifiant ainsi un processus électoral, voire une campagne présidentielle. A mon avis, c'est hautement condamnable.

Ce qui est valable dans ces cas extrêmes l'est également pour l’individu lambda mis en examen ou en cours de jugement, et dont le cas défraye la chronique par son originalité ou son horreur. Aucun commentaire ne devrait être possible dans la Presse tant qu’un jugement n’a pas été rendu ; l’honneur d’un innocent peut en dépendre.

En acceptant que la Presse se pose en juge nous courons le risque qu'elle se pose un jour en bourreau ! Car dès lors, pourquoi pas ?

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