Comme la vérole sur le bas clergé.

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Modérateur: Guardian

Comme la vérole sur le bas clergé.

Messagepar coriolan » 29 Déc 2009 17:59

Les associations caritatives se multiplient et viennent se greffer sur la misère humaine comme la vérole sur le bas clergé ! Sous couvert de la fameuse loi 1901, des petites structures s'inventent des raisons d'être toujours généreuses et, grâce à des subventions municipales, départementales, régionales et voire nationales, entourées de bénévoles au grand coeur, en profitent pour créer quelques emplois salariés au profit de petits copains... Façon comme une autre de faire baisser les statistiques du chômage tout en rémunérant des amis sur les fonds publics, c'est-à-dire en augmentant vos impôts personnels ! Salauds de pauvres, dit Jean Gabin, dans "La traversée de Paris" ? Salauds de para-pauvres, faut-il préciser en ce début de XXIème siècle.

Coluche a lancé les 'Resto' du coeur, idée généreuse et bien utile si l'on en croit la fréquentation des succursales en croissance illimitée. Mon épouse a fait partie de cette association qu'elle s'est empressée de quitter, dégoûtée ! Dégoûtée de la mentalité de la plupart des gens qui en usent, dégoûtée de devoir manger leurs restes pour ne pas les jeter : bananes tachées (ils n'aiment pas ça, les pauvres ; nous, si , forcément ! - on a même dû en faire de la confiture), yaourts à date de péremption atteinte (c'est se ficher d'eux ; moi, je les mange, forcément !), etc. tout à l'avenant. Aux alentours des lieux de distribution, les vrais pauvres pourraient faire leur marché à bon compte en ramassant les légumes que les pauvres assistés ont jetés parce que, pour les manger, il faut les éplucher et les faire cuire ! C'est du travail, tout ça ! Et un pauvre, ce n'est pas un travailleur car s'il était travailleur il serait moins pauvre ! Cruel paradoxe ! Oui, dégoûtée, ma chère femme, et je dois dire aussi un peu, beaucoup, jalouse quand, en faisant ses courses dans certaine grande surface elle a vu, hier encore, le cadi d'un 'coluchard' en train de préparer son réveillon de la St Sylvestre. Oui, jalouse ! La remarque qu'elle en fit à une assitance sociale amie lui valut cette réponse apitoyée : "Oh ! vous savez ! Pour une fois par an qu'ils peuvent faire la fête, les pauvres !"

Et ils savent la faire, la fête ! A voir la maison qui jouxte la mienne et qui, pour Noël, était illuminée comme un sapin, le "pauvre" qui l'habite sait manifester sa sainte joie au Fils de Dieu ! Il faut dire que ce n'est pas lui qui paye l'électricité mais le Conseil Général, autrement dit vous et moi ! Moi, comme tous les autres jours je suis resté dans le noir. Il faur dire que je suis un mécréant.

Dans la commune voisine, une autre idée généreuse a fleuri qui connaît un certain succès : le 'resto' itinérant. Ce n'est plus le pauvre qui vient solliciter, c'est le resto qui sollicite le pauvre (économie de pauvres chaussures !) et sillonne le canton. Alors les pauvres, pas fous, après avoir été au magasin, ils viennent aussi au camion puisqu'il n'y a pas de centralisation des pauvres (faut pas les ficher tout de même, on a sa dignité !). Le camion ? Loi 1901, bien sûr. Pas encore d'utilité publique, mais ça ne saurait tarder ! Alors j'ai une idée, je vais moi aussi créer une association ayant pour but de redonner un peu de chaleur à ces braves gens en allant le soir les border dans leur lit afin qu'ils prennent conscience qu'ils ne sont pas seuls au monde et qu'ils peuvent encore espérer de la bonté humaine. ABC : Au Bordeur de Coluchards, quelques subventions pour me permettre de caser des copains désireux d'arrondir leur fin de mois, une dizaine de bénévoles généreux (je verrai si ma femme est toujours disponible avec quelques-unes de ses copines aussi concons qu'elle), et moi comme Président pour m'assurer des frais de déplacement... L'est pas belle, la vie ?

Pour en terminer sur ce chapitre et mesurer l'évolution de notre société, en rédigeant mon lexicaduc je suis tombé sur un mot qui m'a laissé pantois et qui ne cesse de me turlupiner. Page 474 de mon Larousse en deux volumes de 1908, au mot 'dépôt', on peut lire ceci : "Dépôt de mendicité, établissement public où l'on nourrit les personnes sans ressources en les obligeant au travail." Hein ? Vous avouerez qu'en un siècle, il a vachement évolué le sens du mot 'dignité' !

Et on ira jusqu'où, comme ça ? :druid:
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