L'Algérie et la France

Formez vos bataillons

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Re: L'Algérie et la France

Messagepar JEL » 27 Avr 2009 17:24

Pour continuer encore un peu sur cette lancée, je vous invite à lire cet article que je découvre à l'instant, et qui répète l'effarement (cette fois-ci après-coup) ressenti après le 11/09 puis ca. 2005 avec le Patriot Act (je me souviens encore de cette juriste américaine interviewée sur Europe 1 qui était paniquée à la fois par cette loi et par le fait qu'aucun média US ne relayait les inquiétudes de ses collègues - tu parles d'une liberté de la presse) :
Une Amérique torturée, sur DeDefensa.org.

(Si les citations en anglais rebutent, les outils linguistiques de Google marchent bien.)
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Re: L'Algérie et la France

Messagepar coriolan » 19 Fév 2017 19:33

Sur "Boulevard Voltaire" de ce jour.
Auteur : Xavier Scott

On l’oublie souvent mais l’identité algérienne n’existait pas avant 1830.

Ces mots ne viennent pas d’un nostalgique de l’Algérie française mais de Ferhat Abbas, ex-leader FLN et président de la République algérienne du temps du GPRA.

On l’oublie souvent mais l’identité algérienne n’existait pas avant 1830. Jusqu’au VIIIe siècle, les populations qui y vivaient étaient d’origine phénicienne, berbère, romaine et de religion majoritairement chrétienne. Ce sont les Arabes, peuple nomade venant du Moyen-Orient, qui ont envahi toute l’Afrique du Nord et converti de force toutes ces populations. Ainsi, et après quelques siècles de domination arabo-islamique, il ne restait plus rien de l’ère punico-romaine.

Plus tard, au XVIe siècle, en profitant du chaos répandu par les Espagnols, mais aussi en soufflant habilement sur les nombreuses divisions existant entre les différentes tribus de la région, les Ottomans en prirent le contrôle avec Alger pour capitale.

C’est alors que se développa, pendant près de 300 ans, la piraterie barbaresque, arraisonnant tous les navires de commerce en Méditerranée, permettant, outre le butin, un trafic d’esclaves chrétiens, hommes, femmes et enfants.


Ainsi, dans l’Alger des corsaires du XVIe siècle, il y avait plus de 30.000 esclaves enchaînés.

Plusieurs tentatives de destruction de ces bases furent alors entreprises. D´abord par Charles Quint, à l’action duquel succédèrent les bombardements anglais, puis ceux des Néerlandais et même ceux de la jeune nation américaine également victime de ces perfidies…

Toutefois, seul le débarquement des troupes françaises en 1830 mit fin définitivement à trois siècles d’atrocités.


Par la suite, et à l’inverse des autres puissances colonisatrices, comme les Américains avec les Indiens ou les Britanniques avec les Aborigènes ou encore les Turcs avec les Arméniens, la France ne massacra pas les peuples qu’elle venait de conquérir. Au contraire, la France soigna, grâce à ses médecins, toute la population, amenant cette dernière de moins d’un million en 1830 à dix millions en 1962. De plus, la France draina, assécha, fertilisa des sols à l’abandon depuis des siècles, transformant une agriculture moyenâgeuse en une agriculture riche, prospère et exportatrice.

La France respecta aussi la langue arabe, l’imposant même au détriment du berbère, et respecta la religion musulmane.

Bien entendu, la France ne faisait pas dans la philanthropie, mais cela n’enlève rien au fait qu’elle a réussi à désarmer les différentes tribus et mis en place une infrastructure durable (encore utilisée aujourd’hui), qui a été capitale pour l’État naissant de l’Algérie. Par ailleurs, le nom même du pays a été donné par la France en 1839 : jusqu´alors, il était officiellement appelée « le pays de Barbarie ».

In fine, renier l’œuvre de la France, c’est logiquement renier l’Algérie en tant qu´État unifié et souverain.
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Re: L'Algérie et la France

Messagepar coriolan » 26 Fév 2017 14:13

L’avocate algérienne Zohra Mahi corrige le rédacteur en chef du Figaro Magazine
25 Feb, 2017 | 04:12 | 85

En réaction à un commentaire du rédacteur en chef du Figaro Magazine critiquant, de manière vile et haineuse, l’audace qu’a eue Emmanuel Macron pour mettre en cause la colonisation, l’avocate algérienne Zohra Mahi lui a adressé une longue lettre dans laquelle elle démonte un à un ses arguments. Elle décortique tous les crimes commis par l’armée coloniale française en Algérie, que l’auteur de l’article a tenté de détourner, pour aboutir à la conclusion que la France officielle est effectivement passible de la Cour pénale internationale (CPI) pour «crime contre l'humanité».

Dans cette leçon magistrale qui s’adresse en réalité à toute la classe politique française, et dont nous avons reçu une copie, la juriste analyse dans le détail les faits constitutifs du crime contre l’humanité et leur qualification juridique. Au fondement de ce crime : l’assassinat ciblé. Maître Zohra Mahi revient sur cette histoire, qui est d’actualité, des têtes de résistants algériens coupées par des officiers de l’armée française et envoyés au Musée de l’Homme à Paris dès les premières années de la colonisation. Elle cite les noms d’une dizaine de ces «indigènes» victimes d’assassinat ciblé. Elle rappelle, pour illustrer son propos, le sinistre palmarès d’un tueur en série, Lucien de Montagnac, qui «pour se changer les idées noires qui l’assaillaient, "coupait les têtes d’hommes comme on coupait les têtes d’artichaut", selon sa belle formule».

S’ensuivent les assassinats de masse, plus cruels et plus destructeurs les uns que les autres. Le premier grand massacre eut lieu 17 ans après l’occupation, à Zaâtcha. «La population de tout le ksar a été passée au fil de l’épée, hommes, femmes, enfants, vieillards. Tout a été rasé.» Selon le témoignage d’un colonel de l’armée d’occupation, cité en appui, il y eut plus de deux mille morts dans le seul ksar de Zaâtcha. «On marchait sur du sang, les cadavres empêchaient de passer. On dit que pendant longtemps, la ville sentit la mort et je ne suis pas sûr que l’odeur ait entièrement disparu. Quand on eut enfoui tous les morts, il ne resta plus personne dans la ville, exceptés les douze cents hommes de la garnison».

Au titre de génocide, il y a eu aussi les enfumades, dont la plus connue est celle d’Ouled Riyah avec ses 760 morts, toujours dans les premières années de la colonisation. «Qui a dit que l’idée de la chambre à gaz a jailli un beau jour du cerveau malade d’Hitler ?», s’interroge l’avocate ironiquement.

Troisième crime : la politique de la terre brûlée pour affamer les populations. Une idée inspirée par un rapport du «brillant théoricien de la démocratie», Tocqueville, nommé à la tête d’une commission parlementaire chargée de réfléchir sur la poursuite de la colonisation. Celle politique se résume à l’impératif de réduire les «indigènes» à la plus extrême pauvreté pour que la primauté du colon soit totale.

Parmi les innovations de la colonisation française, on trouve aussi les déportations, les regroupements forcés et la torture. L’auteur rappelle le cas des Algériens déportés en Nouvelle Calédonie «à la suite de procès tellement truqués que jusqu’à ce jour les scellés sont restés secrets et ne peuvent être consultés», et celui de la torture et des camps de regroupement, où l’on mourait «comme on mourait dans le camp d’Auschwitz ou de Sobibor».

A tous ces crimes s’ajoute une variété d’actes inhumains réduits par le journaliste du Figaro Magazine à des «pages grises» de la colonisation.

Sur un ton plus incisif, l’avocate dit ne pas avoir, en fait, besoin de se référer à des historiens «pour savoir que «nous étions 9 millions d’Algériens pour un million de pieds noirs et que dans une salle de classe de 30 élèves, nous étions deux élèves algériennes», ni pour savoir que son père est mort d’une diphtérie facilement guérissable grâce à un vaccin s’il avait pu être admis dans un hôpital.

Elle récuse l’idée véhiculée par tant d’auteurs français, à savoir que le pouvoir en Algérie a pris la peine de construire une «mythologie», en clamant que l’histoire vécue par les Algériens dans leur chair, se raconte, se transmet et se construit encore dans les familles.

Plus politique, l’avocate algérienne demande à ces Français bienpensants de cesser de soutenir «par lâcheté» que les Français d’origine algérienne n’aiment pas la France à cause d’une prétendue rancune liée à la guerre. «C’est vous, assénera-t-elle, qui les avez maintenus fermement en marge de votre société, c’est vous qui les haïssez et non l’inverse, car c’est vous qui détenez le pouvoir. Vous pensez et agissez à leur égard comme Goering "le droit est notre bon plaisir". Ils n’ont de droits que ceux que vous leur concédez», assène Maître Zohra Mahi.

Pour conclure, elle revient à cette polémique qui déstabilise l’élite française : «Croyez-vous vraiment que les phrases à la Macron vont nous convaincre que vous avez abandonné votre racisme structurel ou que vous nous avez couverts de bienfaits ?»

R. Mahmoudi


Calomniez, calomniez ! Il en restera toujours quelque chose ! pour parodier le Bazile de Beaumarchais. De Séville à Alger, rien de nouveau sous le soleil !
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Re: L'Algérie et la France

Messagepar coriolan » 06 Déc 2017 14:03

Un cauchemar depuis 1962 et qui se régénère...

Un article de Jacques GUILLEMAIN paru dans LA RIPOSTE LAÏQUE de ce jour :

https://ripostelaique.com/lalgerie-une- ... rance.html
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Re: L'Algérie et la France

Messagepar coriolan » 15 Sep 2018 18:13

Quelques rappels historiques à Macron, qui salit de nouveau la France et son armée
Publié sur Riposte laïque, le 14 septembre 2018 - par Jacques Guillemain

Après le sinistre épisode de la colonisation, devenue un “crime contre l’humanité”, sans la moindre référence à la magnifique œuvre civilisatrice de la France à travers le monde, Macron persiste et signe en faisant une nouvelle fois le procès de notre pays et de son armée.

Était-il nécessaire de remettre du sel sur les plaies jamais refermées de la guerre d’Algérie, avec l’affaire Audin ?

Était-il nécessaire de distiller encore plus de haine dans le cœur de nos jeunes immigrés franco-algériens, qui ne se sentent pas Français ?

Car les Algériens ne sont ni les Allemands, ni les Vietnamiens, avec lesquels nous avons fait la paix en regardant l’avenir, plutôt que le passé.

Le problème des Algériens est qu’ils nous font porter le chapeau de leurs échecs économiques, de leur ratage monumental de l’indépendance et du saccage de l’héritage colonial. Incompétence et corruption ont détruit le pays.

Mais face à ce lamentable naufrage du FLN, au pouvoir depuis 56 ans, un seul coupable jusqu’à la fin des temps : la France.

Aucun autre peuple au monde ne hait autant la France que les Algériens. Nous sommes les éternels responsables de leur débâcle.

C’est pourtant le pays qui bénéficie du plus grand nombre de visas tous les ans.

400 000 visas, de séjour ou touristiques, sont délivrés chaque année, soit deux fois plus qu’en 2012 ! Et les Algériens se plaignent que c’est insuffisant !

Rappelons qu’en 1962, l’Algérie était le pays le plus riche du continent avec l’Afrique du Sud. Agriculture exportatrice, pétrole, gaz et infrastructures ultra-modernes.

De tout cela, il ne reste qu’un champ de ruines, avec une jeunesse désœuvrée qui rêve de venir s’installer chez le colonisateur honni.

Et combien de combattants FLN coulent une retraite paisible en France ?

Le passé appartient aux historiens, pas aux politiques à la mémoire sélective.

Cette soif de repentance de Macron, toujours à sens unique évidemment, est un nouveau coup de poignard dans le dos de nos soldats, qui n’avaient pas demandé à être investis des pouvoirs de police pour combattre le terrorisme à Alger.

Il est facile de relire l’histoire d’une tragédie collective avec les lunettes roses de 2018. Macron ne sait que juger le passé hors de son contexte, faisant systématiquement le procès de la France, alimentant ainsi les rancœurs de ceux qui refusent de s’intégrer.

Mais ce n’est pas ce qu’on attend d’un président de la République. Ce qu’on attend, c’est un débat impartial sur une page d’Histoire douloureuse de notre pays.

En 1957, les attentats sont quotidiens à Alger, la stratégie du FLN étant de semer la terreur dans la population civile, tuant aveuglément hommes, femmes et enfants, Pieds-noirs et Algériens.

Investis des pouvoirs de police par le gouvernement, les paras de Massu gagneront la bataille d’Alger, pratiquant au besoin la torture pour obtenir les renseignements menant à l’arrestation des leaders FLN.

Oui, en Algérie, la torture a parfois fait partie des violences de la guerre.

De nombreux officiers se sont désolidarisés de ces pratiques pour des raisons morales. Mais nos paras de la 10e DP pouvaient-ils éradiquer le terrorisme d’Alger sans user de la torture ? Fut-elle efficace pour l’emporter et éviter d’autres attentats sanglants ?

Je n’ai pas la réponse, car seuls les paras de Massu pourraient répondre. Mais le fait est que la mission confiée par le gouvernement à nos soldats fut accomplie.

En déclarant que c’est “au nom de la République française que Maurice Audin a été torturé puis exécuté ou torturé à mort par des militaires qui l’avaient arrêté à son domicile”, Emmanuel Macron culpabilise nos soldats mais n’explique pas les raisons de cette arrestation.

Le jeune Audin était membre du PC algérien, interdit depuis 1955. Or, nous sommes en pleine guerre froide et rappelons que le PCF, aux ordres de Moscou, a toujours défendu la cause FLN, au même titre qu’il avait défendu la cause du Viêt-minh durant la guerre d’Indochine.

Dans nos guerres coloniales, le PCF a toujours été dans le camp anti-français.

Je cite Jean Sévilla :

L’appartement de Maurice Audin, à Alger, sert de cache et de relais aux militants et amis du PCA clandestin.”

Or, certains chefs militaires pensent que des attentats sont l’œuvre de communistes proches du FLN. Audin est arrêté. On ne le reverra plus.

Mais en choisissant l’affaire Audin pour faire le mea-culpa de la République, Macron commet une faute majeure qui ne peut que diviser la nation.

Car il oublie ainsi les victimes des attentats aveugles du FLN, il oublie le massacre des Pieds-noirs en juillet 1962 à Oran, il oublie les enlèvements de centaines de femmes françaises soumises aux pires atrocités, il oublie les 80 000 harkis et les musulmans restés fidèles à la France, victimes de la barbarie FLN après le cessez-le-feu.

http://babelouedstory.com/thema_les/dis ... /2053.html

La torture n’est pas une exclusivité de l’armée française en Algérie.

Le FLN fit bien pire.

http://parachutiste.18.rcp.free.fr/atrocite.htm (âmes sensibles, s’abstenir)

Car, si certains de nos militaires ont pratiqué la torture pour obtenir des renseignements des prisonniers, le FLN et l’ALN la pratiquaient par haine des Français, par cruauté et pour semer la terreur dans la population.

Jamais nos soldats ne se sont livrés à des actes de barbarie, à des atrocités innommables. La cruauté ne fut jamais de leur côté.

En 8 ans de guerre, aucun soldat français n’a éventré une femme enceinte ou cloué un bébé sur une porte. L’armée française n’était pas une horde de sauvages se livrant à des exactions gratuites. Ne renversons pas les rôles.

Si la pratique de la torture fut l’exception chez nos soldats, les scènes d’épouvante, les abominations et les monstruosités orchestrées par le FLN furent la règle.

Macron feint de l’ignorer, ou plutôt l’ignore, tant sa connaissance de l’Histoire est approximative.

On n’insistera jamais assez sur le martyre des harkis, suppliciés comme jamais, qui furent enterrés vivants, brûlés vifs, dépecés, émasculés, énucléés, démembrés.

Et combien de nos soldats ont-ils retrouvé un de leurs frères d’armes, horriblement torturé, les yeux crevés et les couilles dans la bouche ?

Je n’ai pas fait la guerre d’Algérie, mais j’imagine que la vue d’un frère d’armes supplicié de la sorte, doit sacrément relativiser la vision humaniste qu’un soldat occidental se fait des lois de la guerre !

La guerre d’Algérie fut une sale guerre, difficile, cruelle, comme beaucoup d’autres, oui. Mais si elle fut perdue politiquement, rendons hommage à nos soldats qui l’ont gagnée militairement.

Et rappelons qu’ils ont certainement fait cette guerre plus proprement que leurs ennemis, dont beaucoup furent totalement dépourvus d’humanité.

Quand l’Algérie reconnaîtra à son tour tous ses crimes, alors il sera possible d’apaiser le débat. Mais pas avant.

Car, à ce jour, les autorités algériennes n’ont jamais désavoué les méthodes terroristes et les actes de sauvagerie perpétrés par les combattants FLN.

Cette repentance à sens unique, que semble affectionner notre président, n’est qu’un aveu de faiblesse aux yeux des Algériens, mais elle est synonyme de trahison aux yeux de nos soldats et des patriotes français.

Environ 2 millions de soldats ont servi en Algérie, militaires d’active ou appelés du contingent.

27 500 d’entre eux ont été tués ou portés disparus, morts pour la France.

Ne trahissons pas leur sacrifice avec des actes de repentance irréfléchis, qui ne font qu’attiser la haine au lieu de panser les plaies.
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