L’aveuglement de la justice

Aux armes citoyens !

Modérateur: Guardian

L’aveuglement de la justice

Messagepar coriolan » 21 Déc 2011 12:25

« Une fois encore, une fois de plus, une fois de trop, une jeune fille de 13 ans a été monstrueusement assassinée, après avoir été violée, par un être dépravé, récidiviste, puisque s’étant déjà rendu coupable d’un viol pour lequel il avait été ‘puni’ de… quatre mois d’emprisonnement dans l’attente de son procès. Après quoi, cette bête sauvage de 17 ans avait été relâchée dans la nature, sous suivi médical et contrôle judiciaire, le pervers ayant été jugé ‘réinsérable’ et ‘non dangereux’.

On se demande quels inconscients peuvent émettre de telles appréciations, alors que la mère de la première victime, laquelle était parvenue à échapper de justesse, après son viol, aux griffes de ce prédateur extrêmement brutal, était elle-même convaincue que sa fille aurait été tuée si l’agresseur avait été au bout de son projet, et tout aussi certaine qu’il recommencerait et irait jusqu’au meurtre.

Lorsque je pense à cette jeune Agnès de Chambon-sur-Lignon, détruite à l’aube de son existence, alors qu’elle était sans doute emplie de joie de vivre et de grandes espérances, tout à coup plongée dans l’horreur, la terreur et la mort ; quand je pense à ses parents, soudain anéantis, alors qu’ils rêvaient pour elle un avenir de bonheur, et voués désormais pour la vie à une torture constante, j’avoue être saisi d’une rage sans limites. Et si les circonstances le permettaient, j’étranglerais le coupable de mes propres mains sans l’ombre d’une hésitation.

Quelqu’un qui me connaît mal

Un de nos lecteurs de longue date, que l’Ere nouvelle enthousiasme pour moitié et irrite pour une autre moitié et qui se vante d’être partisan de l’abolition de la peine de mort, me reproche mes prises de position à ce sujet et m’écrit, croyant trouver là un argument décisif, soit que je suis un lâche et un hypocrite si je m’en remets au système de la responsabilité de la mise à mort, soit que je suis un meurtrier en puissance si je suis prêt à jouer personnellement au bourreau. Ma réponse figure indirectement au paragraphe précédent

Il faut croire que ce lecteur ne m’a pas encore assez lu, sinon il saurait que j’assume totalement mes prises de position et, s’il le fallait, jusqu’à leurs manifestations concrètes. J’avais d’ailleurs écrit quelque part, il y a fort longtemps, que si la peine de mort était rétablie pour les assassinats d’enfants (et j’espère bien qu’elle le sera un jour) et si, dans le cas d’une condamnation, il s’avérait impossible de trouver un bourreau, je serais effectivement volontaire pour exécuter la sentence. Ce ne serait évidemment pas de gaîté de cœur, mais j’estime que nul ne doit se décharger sur autrui de ses responsabilités et des conséquences effectives de ses opinions.

De plus, si l’on veut évoquer la lâcheté, elle serait plutôt dans le fait d’accuser d’être un meurtrier celui qui ferait légitimement justice. Mais ce qui est lâche par dessus tout, c’est d’exposer des innocents à d’aussi épouvantables crimes, parce que l’on est incapable de prendre les précautions élémentaires pour empêcher de nuire des bipèdes dévoyés qui n’ont plus rien d’humain.

Principale coupable : le silence

Dans la tragédie de Chambon-sur-Lignon, la question qui s’impose est celle-ci : comment peut-on relâcher un violeur en internat au milieu d’un collège mixte sans avertir personne de ses antécédents criminels, même pas le directeur de l’établissement ? (Mais sur ce point, il y a controverse). J’espère que l’enquête qui est en cours à ce sujet déterminera les responsabilités judiciaires ou administratives et qu’elles seront sanctionnées. S’agit-il d’un oubli, au demeurant impardonnable, ou bien, pis encore, d’un choix délibéré de ne pas informer la direction du lieu d’accueil, sous prétexte de ne pas nuire à la réinsertion espérée du voyou ?

Certes, on peut se soucier des conséquences indéniables que pourraient avoir sur son avenir et ses relations avec autrui des informations concernant son passé. Mais cela peut-il être mis en balance avec les risques effroyables que l’on fait ainsi courir aux jeunes filles maintenues dans l’ignorance des pulsions criminelles susceptibles d’envahir soudainement un de leurs condisciples d’apparence normale ? La jeune Agnès aurait-elle accepté d’aller se promener dans les bois avec cet élève de quatre ans son aîné si elle avait su de quels abus il s’était déjà rendu coupable ? Certainement pas.

Je trouve absolument ahurissant que des cohortes de juges, d’avocats, de psychiatres, de psychologues, de sociologues se penchent avec sollicitude sur le sort passé, présent et futur des criminels et que personne, absolument personne ne portait le moindre intérêt aux victimes avant l’an 2000, où, sous la pression de plus en plus forte des associations de défense, une Délégation aux victimes a été créée au Ministère de l’intérieur. Désormais a lieu chaque année une rencontre officielle entre les animateurs des associations concernées et les autorités ministérielles. C’est évidemment un progrès, quoique je sois sceptique sur ses effets réels. Mais nous sommes encore très loin d’un véritable système de vigilance nationale dont l’objectif serait de préserver les victimes potentielles, c’est-à-dire toutes ces personnes paisibles et innocentes, et tout particulièrement les jeunes filles et les enfants, qui jouent, dansent, se promènent, courent, plaisantent, rient et ignorent que des bêtes fauves déguisées en humains les guettent, les épient et ne voient en elles que des proies.

Car toutes ces victimes en puissance, si elles ne peuvent ignorer qu’il existe effectivement des ‘méchants’ (la télévision leur en montre chaque jour), ne peuvent pas imaginer qu’une fois détectés et identifiés, ces prédateurs puissent être réinjectés dans la société par ceux-là même qui ont reçu mission de les empêcher de nuire. Et cette situation intolérable, qui fait que des familles entières sont jetées chaque jour en enfer, durera tant que les responsables du sort des coupables ne seront pas obsédés prioritairement par celui des futures victimes possibles, dont ils devraient imaginer chaque jour quels dangers les menacent. Là seulement se trouve la source de la sécurité et de la sûreté que l’Etat doit aux citoyens.
» P.L.
"Quand la prudence est partout, le courage n’est nulle part." (Désiré Joseph Mercier)
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